Alors que les éventements de décembre 2010 et janvier 2011 semblent, par un processus contre-révolutionnaire savamment orchestré, avoir été effacés de la mémoire collective tunisienne, le groupe lyonnais  KUNTA met à l’honneur les mouvements contestataires qui ont redonné, l’espace d’un instant, sa dignité à la Tunisie et à l’Egypte.  C’est à travers son tire AOLAD, qui évoque  les 7 ans du conflit syrien perdurant à ce jour, et étouffant le rire des enfants de Damas, de Homs ou de Raqqa, que le groupe fera un clin d’œil à  la véritable Révolution tunisienne, celle qui fût assassinée le 14 janvier 2011.   En effet, c’est sur des images tournées en Tunisie, mais également en Egypte et au Liban que la chanteuse d’origine syrienne, Climène Zarkan, pose sa voix sur une musique hip-hop où se mêlent cuivres (Nans et Léo) et groove éthiopien. Un son ethnique mais surtout éthique qui rappelle que l’Art, et ici la musique, se doit avant tout d’être engagé. Dans face à face avec les paroles en langue arabe, Yovan, le leader du groupe, accompagné par Thomas à la batterie et Colin à la basse, assène un flow incisif  à travers lequel il porte un regard critique sur son époque et sur les enjeux internationaux qui font fi des populations civiles.   Cette volonté d’éveiller les consciences est présente dans le titre AOLAD, mais également dans les autres titres de l’album (dont la date de sortie est prévue pour le 2 novembre). Le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, le post colonialisme occidental et le capitalisme sauvage sont autant de sujet traités avec maestria par KUNTA. Des sujet qui ne sont pas sans rappeler les problématiques inhérentes à la Tunisie post 14 janvier : concessions pétrolières illégalement exploitées, ingérence du FMI et de la BCE dans les politiques budgétaires ou vente des institutions publiques aux investisseurs étrangers.   Le clip est réalisé par le talentueux Ghazi Frini , le prodige tunisien du Vjing, qui nous le décrira comme « un hommage à la jeunesse en mouvement, aux mouvements contestataires, à l’étincelle qui est partie de la Tunisie pour se propager partout dans le monde » avant d’ajouter « la dignité est un droit, continuons le combat !  » Ce combat perpétuel pour la Dignité humaine et pour la recherche de Liberté, Ghazi Frini en fait son quotidien. Il a, entre autre animé, un atelier à la maison d’arrêt de Lyon Corbas (2012) où il a repris avec les personnes incarcérées  « Je ne suis l’ombre de personne », performance qu’il avait initialement proposée à Tunis quelques années auparavant.   « Ce n’est pas parce qu’on est en prison qu’on est privé de libertés, et ce n’est pas parce qu’on est dans le civil qu’on est forcément libre » expliquera Ghazi Frini sur les ondes de Radio Nova. La liberté est un état d’esprit, un acte de résistance permanent face au diktat de la pensée unique et de la centralisation de la culture.  C’est cet acte de résistance que  KUNTA incarne, comme un battement de cœur qui bat et qui se bat. […]

La Révolution Tunisienne à l’honneur dans un clip de KUNTA


La politique agricole tunisienne ne semble pas échapper aux petits accords à travers lesquels lesquels l’occident assied son diktat économique. Si l’Algérie, a connu de nombreux embargo européens suite à des décisions  favorisant les producteurs algériens locaux aux intérêts européens ( embargos auxquels la Tunisie a d’ailleurs participé en 2016 en interdisant l’importation de produits algériens), le gouvernement tunisien lui courbe plus facilement l’échine. Pour exemple,  concernant la pomme de terre, alors que  16 janvier 2018 le ministre appelle à une politique de semences locales, il changera d’avis quelques mois plus tard, et signera un accord avec l’agence allemande de coopération internationale (GIZ) pour semer expérimentalement des pommes de terre allemandes. Ce 180° pourrait rester inexplicable, si le 13 février Youssef Chahed ne se trouvait pas à Berlin en visite officielle. Le 10 août 2018 la Ministre de l’agriculture annonce que  la production de pommes de terre saisonnières a atteint 250 mille tonnes contre 220 mille tonnes au cours de la saison précédente, soit une progression de 13,6%. L’UTAP (Union tunisienne pour l’agriculture et la pêche) en appelle donc les producteurs à constituer un stock afin de réguler le marché.  Pourtant, malgré cette croissance, la Tunisie a importé 5000 tonnes de pommes de terre ! Pourquoi une telle quantité alors que la production locale est en hausse ? Anis Kharbach, vice-président de l’UTAP, évoque une «suspicion de corruption» tout en sachant que ces 5000 tonnes sont inexploitables puisque contaminées par un virus. Faut-il regarder l’agenda international de Youssef Chahed, chef du gouvernement et accessoirement amis des multinationales agro-alimentaires,  pour trouver une éventuelle corrélation ? Ou les hauts fonctionnaires finiront-ils par avoir le courage d’expliquer aux tunisiens ce qui se passe en coulisse ? Pour le moment, c’est le black-out médiatique….mais c’est pas grave, on garde la patate ! La Rédaction

La Tunisie importe 5000 tonnes de pommes de terre contaminées


Aux haras néo coloniaux, les entraîneurs chouchoutent leur poulain respectif, et alors que la délégation américaine rencontre le cow-boy de Monsanto qui depuis quelques temps se fait pousser la barbe, Macron lui, brosse son boutentrain dans le sens du poil au box de la francophonie. C’est qu’il mise gros bébé Rothschild, et ses promesses de 2016 qui visaient à effacer la dette de la Tunisie envers la France (800 millions d’euros) ont été enfouies sous le fumier des intérêts financiers. Au tiercé Tunisien, la France mise toujours sur le cheval perdant, un « savoir faire » d’échec diplomatique, si cher à MAM et à Hakim Karoui : Macron veut poursuivre « la conquête de l’Afrique » à dos d’âne quasi centenaire, porteur de casseroles, lourdes comme les pénalités de l’affaire de la BFT (400 millions de dollars). Mais peu lui en importe, il veut s’élève en Rênes au pays des mulets stériles. L’heure de la saillie est proche. Et Macron, entraîneur d’entraîneuses, essaie encore de nous enculer à coup de cravache flatteuse. Mais son boutentrain n’est là que pour exciter la jument à grand coup d’effet d’annonce, Manu, tu devrais le savoir…il ne déverse pas ses semences OGM dans la croupe des nations indépendantes. Ça crins ton manège Manu ! (Oui nous nous permettons de t’appeler Manu car diplômés et indépendants, nous nous nourrissons sans financements étrangers. Quant à la Révolution nous l’avons déjà faite…). Lors de ta dernière visite, tu as refusé de galoper avec la société civile, préférant trotter dans ta charrette, et porter comme Iznogood la chechia de celui qui veut être calife à la place du calife, dans un pays qui n’est pas le tien. Ton cheval est perdant Manu, il va bientôt partir aux abattoirs de l’Histoire. Depuis 2011, la Tunisie veut un pur sang… tunisien et non un pantin de l’occident ! Alors attention Manu, car pour la photo finale, sur la ligne d’arrivée, tu risques encore de te prendre un doigt, de te prendre une ruade et de te retrouver les quatre fers en l’air, comme Sarkozy avant toi… La Rédaction

France à fric : Macron mise sur un cheval perdant



Alors que les agressions envers les personnes d’origines subsahariennes se multiplient en Tunisie, que les femmes issues de ces mêmes régions se retrouvent privées de leur passeport et contraintes à effectuer des ménages ou à se prostituer,  et que les facultés publiques affichent des tarifs exorbitants pour les étudiants étrangers,  la loi criminalisant le racisme  va être présentée demain en séance plénière  à l’ARP.  Selon Naoufel Jammali,  « les peines varieront entre 6 mois et un an de prison et seront accompagnées d’amendes allant de 500 à 1000 dinars. Des peines de 3 ans de prison et de lourdes amendes ont également été prévues pour les crimes graves » , ajoutant « il y a maintenant une reconnaissance qu’en Tunisie, il y a un problème de racisme ».  Face à ce problème, des voix se sont levées, et des artistes tels que Slah Mosbah ou  Anis Chouchène ont appelé à ce que cesse ce racisme qu’un  déni collectif tente de minimiser. Dans un pays où des mots comme « ka7louch » ou « oussif » sont employés par tous,  les élus n’ont jamais été pressés de lutter contre les préjugés raciaux. Pourtant la population noire représente le dixième de la population tunisienne et même le quart dans certaines régions du sud. Si la toile s’embrase à chaque fait divers,  le projet de loi quant à lui est passé complètement inaperçu auprès de l’opinion publique et de la société civile, hormis les quelques militants des droits de l’hommes tel que Minority Rights group International dont le représentant à Tunis s’est entretenu avec nous : قانون مناهضة العنصرية هو  ثمرة مجهودات و تحركات و احتجاجات الجمعيات المدنية المناهضة للتمييز العنصري و التي كانت قوة احتجاجية للمطالبة بتجريم الأعمال و الممارسات العنصرية و  بتعزيز مشروع عيش مشترك نحو إعادة الأمل و عدم المس من الكرامة الإنسانية للضحايا العنصرية و باستنكار كل مظاهر العنصرية الممنهجة و الغير ممنهجة من الأفراد المجتمع و من دولة. 9 أكتوبر 2108 هو اعتراف من الدولة على معاناة فئة من المجتمع.. اعتراف بتهميش فئة من المجتمع.. اعتراف بعدم تكفئ في الفرص.. هو اعتراف بحق انسان طل اقصاءه. هذا القانون هو مشرع انسان للذوي البشرة السوداء. La Rédaction, avec une pensée particulière aux « bidoun » d’Arabie Saoudite

Demain sera présentée à l’ARP la loi contre la discrimination ...


Monsieur le Ministre de l’éducation,      Après la célébration de la Journée mondiale des enseignants, je vous écris, Monsieur, cette lettre qui portera la voix de mes collègues soucieux quant à l’avenir de l’école, surtout depuis que vous avez été nommé à la tête de ce Ministère. J’ai vu hier les vidéos publiées sur la page de la Délégation de l’éducation de Sfax sans oublier les autres villes, où les élèves ont rendu hommage à leurs enseignants. C’était un moment très émouvant qui a permis, au moins, de reconnaître à sa juste valeur l’enseignant et de lui rendre son estime. D’ailleurs, si je n’avais pas consulté mon téléphone, je ne me serais jamais rendu compte de cet événement qui était si fade que personne n’en a parlé dans l’établissement où je travaille, à savoir le lycée secondaire 20 mars 1956 à Saida (gouvernorat de Sidi Bouzid). Je vous ai écouté lors de votre passage sur la Chaine Nationale pour une opération de communication qui, au lieu d’être consacrée aux décisions en faveur de l’école en proposant des réformes conséquentes – ce qui n’a jamais été envisagé –, a produit plutôt l’effet contraire. Hélas vous êtes devenu, suite à vos déclarations, la risée de tout le monde sur les réseaux sociaux. J’ai lu également le communiqué que votre Ministère a publié à l’occasion de la journée mondiale des enseignants. Je vous dis tout simplement que les contre-vérités sont comme la rosée qui disparaît à la première lueur de l’aube.     Ce ministère, qui est incontestablement le plus important, mérite mieux que cela et mieux que vous. Je ne m’attarderai pas sur vos propos disqualifiant à chaque fois ces braves hommes dont le courage, l’honnêteté et l’abnégation maintiennent encore debout cette école décadente et essayent de la redresser malgré les moyens très faibles. « J’étais ahuri, dites-vous, quand j’ai vu des enseignants écrire encore à la craie sur des tableaux ». J’ai pensé immédiatement au projet de votre prédécesseur, c’est-à-dire monsieur Néji Jalloul qui a promis une tablette à chaque élève, celui de la ville comme celui de la campagne. Je rappelle que, jusqu’à maintenant, personne n’a rendu compte du budget qui a été alloué à ce projet « très révolutionnaire ».     Monsieur le Ministre, quel serait donc le degré de votre étonnement si vous rendiez visite à mon établissement ? Les conditions sont lamentables dans cette commune. Vos fonctionnaires (votre délégué en l’occurrence) sont au courant et font la sourde d’oreille. Les syndicalistes ont publié un communiqué dans lequel ils ont informé l’opinion publique de la gravité de la situation. Nous avons entamé aussi une journée de grève le 24 septembre dernier (le collège et le lycée de la commune) sans qu’il y ait la moindre initiative de vos représentants.     La situation devient de plus en plus grave, voire dangereuse en l’absence d’hygiène dans les établissements. A qui incombe la responsabilité ? A vous en premier, à vos prédécesseurs et à la bêtise des politiques ensuite. Vous ne faites […]

Lettre ouverte à Monsieur Hatem Ben Salem, Ministre de l’éducation


يا أيها الرفاق يا أهل الشقاق و النفاق ألستم أنتم من استقبل الباجي بالورود و العناق ألستم أنتم من زكيتموه رغم ما بينه و النهضة من وفاق ألستم أنتم من قطع الطريق على  غيره و من الرفاق اليوم تخرج علينا من تسمت بأحزاب اليسار ،في ندوة صحفية للجنة تبحث في اغتيال ابن تونس البار، و تدعي أنها تمتلك الوثائق و الحجج الدامغة ،التي ستدين حركة النهضة و مؤسسات الدولة جامعة ،  ثم يتضح أن كل ما في الأمر أنها تؤكد و تصر، على أن لحركة الاخوان في تونس جهازا في السر، و هذا وحده كاف كدليل، بادخال شيح الاخوان السجن كفيل، لتخرج لنا جبهة قطاع الطرق في ثوب البديل، قبل  موعد الانتخابات بقليل ،دعوني أتسائل وحدي أليس حمة الرفيق العميل ؟ أليس توقيتكم هذا أكبر دليل ؟ هل نخصكم الباجي اليوم كي تقولو كل ما قيل ؟ أم هي الصدف ألتي وضعت بين أياديكم كل هذه الوثائق ؟ عما تتسائلون ؟ عن الغرفة السوداء ؟ أتعرفون من قتل الشهداء ؟ ما كل هذا الغباء ؟ توظيفكم للقضية سبب البلاء ؟ انتم تحاربون حزبا و لا تهتمون بمصير البلاد  ، و ما الغرفة السوداء غير الفساد ؟ فلماذا لا تحاربون الفساد ؟ فلماذا لا تنتصرون لكل العباد ؟ اذا أردتم معرفة من قتل شكري فعليكم بمعرفة من قتل الشهداء، ستقولون أنكم حددتم مكان الداء ؟ و لكن هل هذا بجديد ؟ قلتم ما قلنا ونعيد : لن نضيع في حق الشهيد، حتى اغتيل شكري بلعيد ،ومن ثمة رأينا كم  للسياسة عبيد الحكومة و المناصب همكم الوحيد عما تتسائلون ؟ عن الأجهزة السرية ؟ ألم يعش رفيقكم حمة عشر سنين في السرية ؟بدون راضية  مارس فيها العادة السرية ؟ أليست السرية خيار كل الحركات الثورية ؟ أليس ما تقدمونه استمناءات  فكرية ؟ و مالهم الا تكون لهم أجهزة تحميهم ؟ أيبقون مثلكم كل السهام ترميهم ؟ أبعد كل هذه الاغتيالات تتسائلون ؟ أتعتقدون حقا أنكم في دولة القانون ؟ ألم تروا أن كبير الاستعلامات و مديره مسجونون ؟ أحكم العسكر و العصابات أم دولة القانون ؟ رغم كل هذا أنتم ساكتون ؟ تدعون كشف الأسرار و لكنكم ربما غافلون ؟ كلا أنتم عارفون و لقد سمعنا الرحوي بالراديون ،تراه عالما بما كان    ينويه الشاهد الميبون ؟الستينجر و الليبيون ؟ الطائرة و المدنيون ؟فانظر الى النهضة و تعلم، كيف يكون التخطيط قبل أن تتكلم، فاذا مقاليد السلطة تتسلم ،ارنا ما أنت فاعل يا رفيق عما تتسائلون ؟ عن تواطئ الباجي في الاغتيال ؟ أم تستره على الجاني و الاحتيال ؟ ألم يقبض الباجي من الامارات المصفحات و المال ؟ رغم ذلك أيدتموه وقلتم المرزوقي من المحال ؟أليس ضربا من الخبال ؟ فقبل أن تتكلم اليوم ايها الرفيق، يا من كنت يومها   قاطع الطريق، تذكر أنك فقدت كل مصداقية، اليوم هي مسألة عصية ،لن تسترجع المصداقية ،و لن تسترجعها كل القوى اليسارية، الا بعد قطف رؤوس قادتكم الذين لا يؤمنون بالتعددية، فأين مؤتمراتكم الشعبية و أين قواعدكم الحزبية ؟ لستم اليوم الا شرذمة تبعية ،فلا يحق لكم اليوم السؤال، ان كان الباجي متورطا في الاغتيال، الا اذا اعتذرتم على الملأ لكل اليساريين عن فعلتكم الشنيعة عما تتسائلون ؟ بل أنا سائلكم ماذا أنتم فاعلون ؟ […]

يا أيها الرفاق يا أهل الشقاق و النفاق



Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut voir !   Dans les dernières vingt-quatre heures, une avalanche de documents concernant l’affaire de Moncef Kidhr, a circulé dans un mail contenant données de justice et/ou Ministère de l’intérieur et en option liens vers des séquences audio.   Les réactions ne se sont pas faites attendre et le F.B. Tunisien regorge de statuts/analyses preuves à l’appui. Nous n’avons jamais été dans une telle situation … déni et silence d’une part et stoïque volonté d’atteindre la vérité d’autre part … Chokri Belaid mérite bien une vérité. Ce qui m’a frappé singulièrement c’est la nuit de discorde au sein du M.I. Cela mérite bien un temps d’arrêt, une réflexion … cela mérite d’être élucidé avant de passer aux autres aspects de l’affaire. En effet c’est le point culminant de traîtrise de certains et bravoure et discipline d’autres haut-fonctionnaires du M.I. Venons en aux faits ! Lors de l’arrestation de Moncef Kidhr deux procédures parallèles ont été déclenchées par deux équipes distinctes du M.I. ; La première étant dans un rôle « naturel » et de proximité : Poste de Police d’EL Mourouj. ; La deuxième étant dans un rôle parallèle question de récupérer/intercepter les milliers de documents non encore broyés par la machine à disposition, dans les locaux de l’ « Auto-école » de Moncef Kidhr. Intéressons-nous à cette gestion des preuves impliquant la personne de M.K mais aussi de toute la hiérarchie secrète … Ennahdha – Branche armée. La manière de réception des documents saisis par les agents du M.I. a soulevé plus d’un questionnement : n’étant pas ordinaire ni naturelle ni classique, des dizaines de Kilos de documents appartenant au M.I. récupérés, ont installés la discorde entre Atef Omrani (de mèche avec la Nahdha) et les administrateurs des documents saisis qui se sont retrouvés à réceptionner des documents volés du M.I. … sans procédure de justice claire ni classique pour les répertorier : voilà on a retrouvé ça ! L’appellation de « Chambre noire » parait un peu trop exagérée, j’aurais préféré « Chambre de la vérité en sursis », la divulgation de son contenu aura des dégâts potentiellement irréversibles sur le haut commanditaire de l’assassinat de Chokri Belaid, sans doute Rached El Ghannouchi lui-même. Les papiers mis à notre disposition par l’équipe de défense de Chokri Bealaid, permettront, peut-être, de mieux comprendre un événement entouré de nombreuses couches d’intoxication de fantasmes et de contre-vérités. Tant que le gouvernement refusera de lever le secret sur les documents de la chambre de la vérité en sursis, cela alimentera la suspicion mais une chose reste certaine au demeurant rien qu’en se limitant aux data à disposition : Rached EL Ghannouchi semble bel et bien être le donneur d’ordre de l’assassinat de Chokri Belaid. Mohamed Anis BEN AZOUZ

M.I. : La Chambre de la vérité en sursis 


على اثر الندوة الصحفية التي انعقدت اليوم بتاريخ الثاني من أكتوبر 2019وجهت الجبهة الشعبية اتهامات لحركة النهضة بتورطها في اغتيال الشهيدين شكري بلعيد و  محمد البراهمي و كشفت عن جهاز امني سري لحركة النهضة مسؤول عن القيام بعمليات ارهابية و دعمت ذلك بوثائق سننشرها في هذا المقال حتى يتمكن التونسيون من الاطلاع عليها  . و كما كان متوقعا نفت النهضة جملة و تفصيلا كل الاتهامات الموجهة اليها و في رد صبياني أكدت ان الاتهامات لا تعدو أن تكون الا تغطية للفشل السياسي لحزب الجبهة الشعبية. سنترك الحرية كاملة للقارئ أن يطلع على هذه الوثائق و له سديد النظر و سنحاول أن نظع كل المعلومات في اطارها  حتى يتسنى لك أيها التونسي أن تفهم المشهد السياسي الوسخ الذي تعيشه بلادنا. يتضح بما لا مجال للشك فيه أن القطيعة الحاصلة بين الباجي القايد السبسي و النهضة بدت تفوح برائحة كريهة قد  تزكم أنوف المتتبعين للشأن السياسي و عل هذه القطيعة لا تزال تفرز لنا ماكان يفنده البعض أيام الحملة الانتخابية للباجي يوم قلنا أن تحالفه مع النهضة كان فقط من أجل مصلحته الشخصية و حلمه بمقعد الرئاسة فكيف روض الباجي العجوز الهرم حركة النهضة التي بايعته و دخلت معه في وفاق رغم انهما خطان متوازيان لا يلتقيان ؟ الباجي كان على علم بالأنشطة السرية لحركة النهضة   ما كشف اليوم في الندوة الصحفية من أن للنهضة جهازا أمنيا سريا لم يكن سرا للمطلعين أو للأمنيين الذين طالما نبهوا من خطورة ما تقوم به النهضة في الكواليس و محاولتها التغلغل في المؤسسة الأمنية و العسكرية قصد السيطرة التامة على كامل دواليب الدولة و البراهين التي تم تقديمها من مراسلات و أدلة كانت و لا تزال موجودة في وزارة الداخلية التونسية و لكن الارادة السياسية لم تكن تسمح بنشرها أو حتى تمكين القضاء منها طالما أن الباجي و النهضة مازالا في شهر العسل .   الجهاز السري لحركة النهضة تم اكتشافه أو ربما الوثيقة المصاحبة لم تكن المعلومة الاولى و تعود لسنة 2013 يوم تمكنت الشرطة العدلية بالمروج من اماطة اللثام  عن شبكة تجسس تابعة لحركة النهضة أحد عملائها هو المدعو مصطفى خضر و قد تقدمت السيدة ألفة بن ب بتقديم شكاية ضده و على اثر تحرك الاعوان الى المقر الذي كان يتسوغه تم التاكد من صحة معلومات الشاكية حيث كان مخبر النهضة يعدم في كميات هائلة من الوثائق السرية لوزارة الداخلية   و لكن ما  سيثير استغرابك أيها القارئ هو كيف تمكن هذا النهضاوي من طمس معالم الجريمة حيث تمكن بفضل اتصالات هاتفية بينما كان حيز التحقيق من الاتصال برئيس فرقة مكافحة الارهاب انذاك المدعو الخريجي الذي سارع بارسال فرقته و تنظيف المكان من كل دليل هنا نرى حجم الكارثة التي تعيشها بلادنا فأجهزة الدولة باتت مخترقة من حركة ارهابية تتجسس على وزارة الداخلية   و قد تمت سرقة الوثائق على مرحلتين من طرف المدير العام للمصالح المختصة آنذاك عاطف  العمراني ثم محمد الخريجي فقبل الحجز و قبل أن تتحرك فرقة الشرطة العدلية بالمروجات وعندما كان مصطفى خضر لا يزال موجودا بالمركز وبعد أن قام بجملة من الاتصالات الهاتفية، تنقلت أربعة سيارات إدارية تابعة لوزارة الداخلية بتعليمات من المدير العام للمصالح المختصة آنذاك عاطف العمراني إلى مقر مدرسة السياقة التابعة مصطفى خضر،وتمكن سائقو […]

ما خفي كان أعظم


Alors que les autorités ont feint de ne pas pouvoir anticiper les catastrophes naturelles, laissant les tunisiens livrés à eux-mêmes, qu’en est-il de la catastrophe organisationnelle et sanitaire qui se prépare au sein des hôpitaux tunisiens pour janvier 2019 ? En effet, suite à une décision unilatérale des autorités, qui réforment uniquement pour reformer sans évaluation des risques, le premier stage d’internat concernant les étudiants en médecine, s’est vu prolongé de deux mois en mai-juin 2018. Ce report a un effet boule de neige, puisque ces internes qui devaient effectuer leur résidanat en janvier 2019,  ne le feront qu’en mars, voire juillet pour certains. Dans les zones dites prioritaires qui manquent de Seniors, ce sont ces résidents en médecines qui assurent la majeure partie du travail,  supervisés par leurs Chef. Certains services, comme les services anesthésie-réanimation de Kairouan dont dépendent les blocs des deux hôpitaux de Kairouan, ne doivent leur survie qu’aux résidents. En janvier, qui va assurer ce service puisque les hôpitaux vont se voir amputer de plus de 600 résidents, toutes spécialités confondues ? Nous ne pensons pas que le chauffeur d’Imed Hammami va pouvoir assurer à lui seul le remplacement de plus de 20% des effectifs soignants. Après un courrier, envoyé au bureau national des collèges de spécialités, et resté sans réponse, l’Organisation Tunisienne des Jeunes Médecins a tiré le signal d’alarme à travers un communiqué officiel daté du 26 septembre. Nos ministres, qui se soignent à l’étranger, en ont fait fi. Que leur importe que des services hospitaliers soient contraints de fermer faute de personnel, que leur importe que les citoyens n’aient plus accès aux soins ni aux médicaments, l’important pour eux, c’est de s’en mettre plein les poches…..de sang sur les mains.   La rédaction      

Janvier 2019, une pénurie annoncée de médecins



أخيرا طل علينا الباجي بطلتو المعهودة امثال و اشعار وصحة رقعة مشهودة حكالنا كي العروي على جريدة و عصفور و عركتو مع رشودة  وقال أنو الشاهد قلب الفيستة و عمل بالمتسلفة مردودة تلوح في حجر النهضة و سرق للنداء نوابها القرودة يلوج على شرعية في برلمان عذريتو مفقودة يظهرلي حب يأكد انو النظام البرلماني لعبة مقدودة  خلاتو رئيس منتخب بصلاحيات محدودة لا ينجم ينحي الوزير الأول و لا يورث و لا فترتو ممدودة سألوه على الحلول باش تخرج تونس من هالطريق المسدودة قاللهم كي يطير الشاهد يطير ولدي و تولي الحلول وقتها  موجودة و كان على التوافق اليوم مبادرة مجبودة اليوم البلاد طاحت طيحة سوداء هذا ملخص حديث رئيسكم البوال حمر كي التفاح خدودة بعد ما هزكم للحلقوم الي تناكت فيه صيودة اليوم وضع منيك بلاد باركة الواحد بيعوه في جرودة  قريب يحبسو الشهاري و ما هي الا أيامات معدودة هذا حال شعب هو السبب في الحشية المرفودة ماكم انتخبتوه هاني شامت و كلمتي مقصودة نطلب من ربي يزيدكم طوفان و يمسحكم من وجودا هلكتو البلاد و خليتوا شبابها يتجاوز خلسة الحدودا و اليوم كي فقتوا  وليتوا تزعوكو و نفوسكم مغدودة. باهي نرجع بالتوالي للسنين الخوالي كي قلنا راهي النهضة لاعبتها بوهالي  ما تحبش على الرئاسة اما تجيها من تالي تعين المرزوقي و تحطلو الجبالي تتصالح مع الازلام و تعين المعتمد و الوالي و تقدم و توخر و تقول مانيش حزب اسلامي على خاطر تحب تتغلغل في  الدولة ووضعها البالي و من بعد رشحت الباجي الي ساندها من الأول حطتوا رئيس و خلاتو على جماعتو يتبول و تشقق النداء الى حزب موالي للنهضة تحول و زاد خرجولهم الامارات الي كانت تمول اتفرقع النداء ودفع ضريبة التوافق حتى وزيرهم الاول طلع اكبر منافق  طامع في الرئاسة و النهضة فيه توافق ديما من تالي وكل رئيس فيه ترافق, الكلو من الاسلام و الدين و ربي ومحمد,  الي خلاكم اتبعو في الشيخ بمخ امجمد, كي تنتخبوهم  في بالكم الحسنات ابدات تتلمد, يعطيكم و الله بعصبة في جهنم كلها  تتمرمد, عيشة مع الكفارا تقدم رفاهة بلا دين خير منكم, في أسفل السافلين  بالدين و بربكم وبزك امكم, زعمة المشكلة وين في دينكم و الا في تمخوير ترمكم ؟  قال و قيل قال يعن زبور ام الي جاب حديث رسلكم, لا قريتو الكتاب اما سمعتو كان المفتي و شيوخكم,  هلكتو البلاد دواكم كان طوفان قوي الكل يهزكم, افرحوا بالشهادة وانشاء الله ربكم يغرقكم كلكم, نعاودوا نبنيوا تونس و من جنتكم تفرجوا و موتو بغيظكم. اليوم هاكم جربتوا الدين , و شبعتوا بالخيرات و الفيضانات اجمعين, و زدتو رديتونا الكل مسلمين, ماعدا انا و بعض المشركين من المكرزين , و الدينار قريب يوصل اسفل السافلين , مالا نقولو امين ؟ نحب نفهم علاش الي يتبعوا في النهضة لها الدرجة منيكين ؟ اش عملتو بيه اسلامكم و تدخيل السلطة في الدين ؟ النهضة تحب على السلطة و ما عندهاش اقتصاديين ؟ علمائهم بزعامة شيخهم يعرفو كان يطبقوا خطط الانقلابيين , لا عندهم رؤيا واضحة لا مبادئ و في الاخر حتى مع المثليين ؟ ما هذا يا زبي  الى فين ماشين؟موش كان ولينا كلنا أيتام فرانسا رانا كلنا متزبرين ؟ الطوفان بعثو ربي لتونس باش الامور الكل تبان […]

كيفاش الباجي حشاهولكم للجواجي


L’argot, langage interne à un groupe social, est une façon de contourner les tabous instaurés par la société. Il témoigne d’une retenue à évoquer explicitement certaines réalités , en les désignant par un langage détourné, souvent imagé, dénué des connotations immédiates liées aux mots du registre habituel. Cela explique que le lexique argotique soit particulièrement riche dans certains domaines  telle que la sexualité.   Si l’utilisation d’une langue étrangère, notamment l’arabe a enrichi le lexique argotique avec des mots tels que  « maboul «  ou  « flouz « . La Tunisie et ses habitants vont s’illustrer, eux, en tant que trous du cul. En effet, à coté de « la rondelle », « le trou de balle  » ou « la pastille » trône en bonne place sur la liste des synonymes argotique du mot anus :   « l’œil de Gabés ».   Mais d’où vient donc cette expression ? Elle est née de la plume de Jean Genet qui la choisit comme titre initial de « Pompes Funèbres », (oeuvre où l’auteur propose une vision homo-érotisée d’Hitler, ainsi qu’un regard trouble sur les rapports qu’entretiennent la violence nazie et l’attirance sexuelle).  Cette expression renvoie sans doute aux souvenirs de ses années  de légion étrangère et/ou de ses escapades en Afrique du nord, des bordels portuaires et de ses ébats homosexuels, mais cela n’est que suppositions. La seul chose qui soit sûre, c’est qu’espérer que, depuis 1948, nous avons évolué et que nous ne sommes plus des « trous du cul », ce serait se mettre le doigt dans l’oeil…..de Gabès bien entendu.            

« L’oeil de Gabés », une expression pour désigner un trou du ...


On a souvent présenté le système Ben Ali comme un système mafieux basé sur une forte répression policière, sans se demander si la peur était le seul facteur de cette obéissance populaire et cette résilience à l’oppression.  Dans son livre « la force de obéissance » , Béatrice Hibou (directrice de recherches au CNRS, attachée au Centre d’études et de recherches internationales – Sciences Po) a pourtant apporté, en 2006, une autre analyse de la situation politique Tunisienne, à travers le prisme de l’économie politique et d’un système de dépendance entre un Etat dominant et un peuple obéissant, voire adhérant. Ce mécanisme d’assujettissement est avant tout basé sur une économie d’endettement à laquelle se greffe la fiscalité, la gestion des privatisations, l’organisation de la solidarité et de l’aide sociales. C’est cet ensemble de facteurs qui crée le processus de dépendance mutuelle entre dirigeants et dirigés. La répression et le contrôle policier apparaissent alors moins centraux que les arrangements, les accommodements, les petites ruses calculées, les compromissions au jour le jour, les instrumentalisations réciproques garantissant la légitimation quotidienne du régime. Toute l’économie tunisienne est basée sur l’endettement. La classe qui se veut bourgeoise n’est en réalité que la classe ayant les « garanties » (c’est un bien grand mot) pour pouvoir obtenir des crédits, et/ou facilités de paiements auprès des banques, des fournisseurs ou même des commerces. L’économie d’endettement apparaît comme « une question de culture des deux côtés » : une culture de la connaissance et de la renommée – on continue à prêter sur un nom.  Ce mode de gouvernance ne peut survivre sans un travail normalisateur, voire partisan des appareils de l’Etat ( administration centrale, justice…).C’est ce travail de funambule qui a été effectué depuis l’indépendance qui fait qu’il est bon de survivre en Tunisie. Or lors de sa dernière inspection, le FMI vient de sonner la fin de la récréation. Ce glas a été sonné le 5 juin 2018, la circulaire 2018-06 de la BCT qui incorpore le taux de change comme un nouveau paramètre dans le calcul du ratio de solvabilité des banques. Au vu de la chute abyssale du dinar tunisien, il n’est pas nécessaire d’être expert pour comprendre ce que cela signifie.  Mais cela n’est que le début de la faillite annoncée des PME et de la dévalorisation en bourse des entreprises plus conséquentes. Car il suffit de lire  entre les lignes les conclusions du FMI pour comprendre leurs injonctions : « Money and credit have continued to increase rapidly and the dinar has depreciated further, which will likely create new inflationary pressures in the months ahead »  (Les liquidités et le crédit ont continué à augmenter rapidement et le dinar s’est encore déprécié, ce qui créera probablement de nouvelles pressions inflationnistes dans les mois à venir) : LIMITEZ LES OCTROIS DE CRÉDITS ! Certains y verront ici une bonne chose, puisque cela permettrait, selon les gourous du FMI, de limiter l’inflation. Mais la question est de savoir si l’on pourra survivre à une telle mesure qui, sans nul doute, sera imminente et non progressive, puisque c’est la condition sinequanone au […]

Limitation de l’octroi des crédits : la mort annoncée du ...



En plein débat sur l’égalité successorale qui divise les moralisateurs des deux bords, Habib Ayeb, géographe, professeur à Paris et au Caire et auteur réalisateur à qui l’on doit le documentaire Couscous, les graines de la dignité , a décidé de hausser le débat en y ajoutant, à chaud, quelques éléments sociologiques et anthropologiques qui semblent faire défaut aux ronds de cuir qui nous gouvernent, et dont la méconnaissance de la réalité n’est plus à démontrer. En réponse au papier rédigé par Abou Yaareb Marzouki et repris à des fins tantôt religieuses tantôt laïques, il s’exprime*, car la vie n’est pas qu’arithmétique :      Au delà des questions purement religieuses, Abou Yaareb Marzouki pose ici une véritable question qu’il ne traite hélas qu’à travers ses lunettes de philosophe islamiste : Les risques de fragmentation et donc de disparition du « capital » familial que l’égalité dans l’héritage entre les hommes et les femmes peut engendrer. L’auteur fait une différence entre les propriétés foncières (agricoles) et les propriétés artisanales, industrielles… en soulignant que les risques sont différents selon le cas concerné (agricole ou non agricole). Mais bizarrement, il donne moins d’importance à l’héritage familial foncier qu’il considère, à tort, comme « évident ». J’aurais souhaité apporté une réponse académique, mais le temps me manque. Aussi ai-je décidé de n’apporter que des éléments de réflexion, nécessaires pour dépasser la polémique et alimenter le débat.  Mes convictions personnelles ne remettent nullement en doute le droit à l’égalité successorale, mais cela ne devrait pas interdire une réflexion sérieuse sur les conséquence d’une telle évolution dans la société tunisienne. J’ai choisi ici de traiter les conséquences sur le foncier agricole, dans un contexte caractérisé par la pauvreté paysanne généralisée et par la fragmentation de la terre agricole, elle même produite par la pauvreté paysanne et non pas par les normes sociales et religieuses de l’héritage. Dans le contexte social de la société rurale tunisienne (hors grands propriétaires fonciers-agricoles)  faite de petits paysans dont la surface moyenne des propriétés ne dépasse pas les 5 hectares, la terre agricole « privée » (les terres « tribales » étant régies par des normes tribales locales plus complexes) est régie par deux droits superposés : les droits de propriété et le droit d’usage. C’est généralement le droit d’usage qui est la règle. Pour éviter la fragmentation excessive de la propriété, la terre est le plus souvent confiée, en droit d’usage,  au garçon qui n’a pas de revenus sécurisés et qui est resté vivre au village. La répartition des coûts de production et des bénéfices (argent ou produits) se font selon les règles habituelles du fermage ou du métayage, et selon les relations familiales internes. Ce fonctionnement qui vise d’abord à protéger l’intégrité de la propriété (du capital) familiale n’annule pas les règles de l’héritage dictées par l’interprétation faite des sources religieuses (aux garçons le double de ce qui revient aux filles). Mais dans la pratique, c’est beaucoup plus complexe parce que la société ne fonctionne pas selon les règles de l’arithmétique. Généralement les relations humaines, entre frères et sœurs, […]

Egalité successorale, qu’en sera-t-il des petites terres agricoles privées ?


La mort de Slim Bagga a divisé les internautes entre ceux qui ont la mémoire courte, refusant de voir la vérité en face et ceux qui, forts des faits, sont traités de complotistes. Depuis 2011, règlements de compte et mises au silence forcé se succèdent dans une Tunisie sans foi ni loi, où règnent les clans. Ces morts, plus suspectes les unes que les autres jalonnent ce que l’on nous a demandé d’appeler « transition démocratique ». Une information en chassant l’autre, il nous a semblé important de rappeler les faits et de dresser cette liste non exhaustive afin que ces dossiers ne soient pas tous jetés dans les abysses de notre amnésie collective ou classés sans suite. 26.02.2011,  Lasmar Trabelsi, chef de la brigade criminelle, pendaison ( nez cassé et marques au poignets) 02.01.2012, Abdelfattah Amor, avocat, président de la commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation, crise cardiaque 18.10.2012 Lotfi Nagh, membre de la coordination Nidaa Tataouine, crise cardiaque (lynché à mort en public vidéo à l’appui) 31.12.2012, Tarek Mekki, homme politique et opposant historique, crise cardiaque 10.01.2013, Habib Babbour, membre de la coordination Nidaa Tataouine, crise cardiaque 06.02.2013, Chokri Belaïd, homme politique de gauche, mort par balles 06.04.2013, Faouzi Ben M’rad, avocat membre de la commission de défense de Chokri Belaïd, crise cardiaque 25.07.2013, Mohamed Brahmi, homme politique de gauche, tué par balles 22.01.2014, Mohamed Allouche, député et secrétaire général du parti 3eme choix, crise cardiaque 16.04.2014, Sabri Ziadi, avocat chargé du dossier Ennahdha et Nourredine Brihmi, pendaison 02.06.2014, Najib Jendoubi, lieutenant à la sûreté nationale, pendaison 09.10.2014, Montassar Matri, secrétaire général de l’union des syndicats des forces sécuritaires, crise cardiaque ( au lendemain de ses accusation contre Bhiri) 10.04.2016, Abderazak Hammami, avocat secrétaire général du PTPD, crise cardiaque 14.08.2018, Responsable de la migration clandestine ayant causé la mort de dizaines de migrants aux larges Karkhena, crise cardiaque ( à la veille du procès) 29.08.2018, Slim Bagga, journaliste, accident de voiture ( 3 semaines après avoir annoncé son retour) Le décès de Cherif Jeballi, avocat, empoisonné par une substance radio active, viendra hélas bientôt compléter cette liste non exhaustive…mais bien réelle. A vous de voir. La Rédaction

Tunisie : silence, on tue…


Cette nuit, aux alentours de minuit, on a tué Slim Bagga ! On a tué le courage d’une plume effrontée qui, depuis 1994 osait s’attaquer aux dessous du pouvoir, aux Ben Ali et surtout aux Trabelsi. Depuis Paris où il vivait, il informait pour éveiller les consciences sur cette mascarade politico-familiale qui ont fait de la Tunisie la République  bananière dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Depuis Paris, il avançait à visage découvert sur les papier qu’il écrivait de sa plume acerbe, trébuchant parfois, mais toujours debout. Certains diront qu’il était tenu informé depuis le Palais….soit…comme les vieux flics qui, pour obtenir la vérité, flirtent avec le grand banditisme, les journalistes peuvent également chercher leurs sources dans les bas-fonds du pouvoir. Et Slim Bagga était ce vieux flic qui n’hésitait pas à user de la violence des mots pour obtenir la vérité. Le 9 août, devant une Tunisie en ruine, Slim a eu la nausée, et il leur a dit aux « politiques amateurs et mafieux » aux « scribouillards verreux » et aux « maquignons affairistes » qu’il revenait ! Il les avait prévenus qu’il allait les dénoncer, « sans répit ». Il ne va sans dire que lorsqu’un journaliste annonce qu’il va éradiquer la pègre et leurs journaleux, c’est que cela fait déjà pas mal de temps qu’ils est en possession de documents et d’informations . Corruption ?  Alliance avec des forces étrangères ? Politique de la terreur ? Nous ne le saurons peut-être jamais, car ils l’ont empêché d’écrire…en maquillant leur censure létale par un éclatement de pneu. Ils avaient déja tenté le 28 avril 2013 de le tuer, mais il avait survécu. « Dire la vérité même si ça coûte, surtout si ça coûte »  telle était sa devise…la vérité lui aura coûté, cette fois ci, la vie.   La Rédaction    

Ils ont eu l’Audace, ils ont tué Slim Bagga !



Alors que le pays en est encore à ses balbutiements en terme de droits, de constitutionnalité et de législation, le rapport dit « colibe » évoque la nécessité de légiférer contre l’appel et l’assistance au suicide, et ce au nom du droit sacré à la vie et de l’intégrité des corps.  Cependant, alors que les charlatans et autres gourous mystiques pullulent comme de la gangrène et exercent frauduleusement une médecine de comptoir au nom d’Allah le guérisseur, un phénomène de plus en plus inquiétant touche la Tunisie : la vente et l’injection illégales de produits pharmaceutiques sous couvert du sport.    Pratique illégale de la pharmacie et de la médecine  L’exercice de la pharmacie est strictement encadré en Tunisie par de très nombreux textes, notamment par la loi n° 73-55 du 3 août 1973, fixant les conditions relatives aux diplômes requis afin de pouvoir s’inscrire auprès du Conseil de l’ordre des pharmaciens. L’ordre des pharmacien a le pouvoir de saisir peut saisir les tribunaux par voie de citation directe, sans préjudice de la faculté de se porter, s’il y a lieu, partie civile dans toute poursuite intentée par le procureur de la République. Cependant, il n’en est rien.   Il suffit d’effectuer une recherche sur facebook pour tomber sur ce genre de publication qui ne semblent choquer personne A noter que sur la liste des médicaments, car il s’agit bien de  « produits destinés à traiter une affection médicale grâce aux principes actifs qu’il contient », on peut retrouver : Le Stanabol :  utilisé chez l’homme pour le traitement de l’anémie et de l’angio-oedème héréditaire. Il est également utilisé chez l’animal pour stimuler le développement musculaire, la production de globule rouge  la densité des os ou l’appétit d’animaux affaiblis. L’Oxandrolone : dérivé synthétique de la testostérone, il est utilisé pour pour le traitement de l’hépatite alcoolique, le syndrome de turner et la perte de poids causée par le VIH. Le Hydrochlorure d’Ephédrine :  utilisée en intraveineuse contre l’hypothension et la diminution la concentration de lipides dans le sang, elle a pour effet secondaires :  des hémorragies cérébrales, des troubles psychiatriques ou encore des arythmies cardiaques qui peuvent à leur tour entraîner des infarctus du myocarde. Nous reviendrons plus tard sur cette substance. Le Clenbutérol : produit vétérinaire utilisé pour traité les infections broncho-pulmonaires chez les chevaux, est vendu en toute transparence sur la toile tunisienne. Les femmes l’utilisent pour maigrir, et les sportifs, en période de sèche afin d’atteindre un taux de graisse au plus bas sans perdre trop de muscle. Une pratique qui relève du dopage et qui n’est pas sans risque ( tremblements, des maux de tête, agitation, insomnies, sautes d’humeur, une augmentation de la quantité de transpiration et surtout une augmentation des risques d’accidents cardiaques et cérébraux). L’Oxymétholone : indiquée dans le traitement d’anémies aplasiques, elle a pour effet secondaires l’œdème, la prise de poids rapide, le priapisme, les modifications de couleur de peau, les dysuries,  les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales, la perte d’appétit, l’ictère, la gynécomastie….. La Méthandienone quant à elle provoque des lésions du foie Si la Loi […]

Tunisie : la mort en ligne


Il y a 20  ans, jour pour jour, mourrait Lounés Matoub, le Rebel. 78 balles pour des chansons, pour un art engagé, épris de Liberté. Du fédéralisme (qui pour lui était l’unique solution dans un pays volontairement divisé par les séquelles du colonialisme) à la laïcité, ce fervent défenseur des Libertés s’est attaqué à l’hymne nationale algérienne (Tabratt i lhukem), symbole d’un pays gangrené par une guerre fratricide entre les généraux corrompus et les islamistes sanguinaires. Incarcéré pour la première fois pour avoir osé demandé une cigarette au procureur lors d’un procès, Matoub devient vite le symbole de politiquement incorrect où la provocation est brodée de poésie et de littérature, unique échappatoire dans un pays où l’avenir est morose.  Guerrier des notes et des refrains au curare, il se produira sur scène en treillis militaire pour affirmer sa volonté de combattre avec les armes qui sont siennes. Traité par les journaux occidentaux de fasciste, blessé par balles à bout portant par la police algérienne, Lounés Matoub continuera à sa battre jusqu’à ce 25 juin 1998 où il fut assassiné. Par les islamistes ?  Par les généraux ? sans doute les deux, car tout comme en Tunisie, le pouvoir en place et les islamistes s’alimentent l’un l’autre pour détruire le Pays et la liberté d’expression… En cette journée TAKRIZ a souhaité reprendre le texte de sa lettre au Président ,  » Monsieur le Président, C’est avec un coeur lourd que je m’adresse à vous. Ces quelques phrases d’un condamné étancheront peut-être la soif de certains individus opprimés. Je m’adresse à vous avec une langue empruntée, pour vous dire, simplement et clairement, que l’Etat n’a jamais été la patrie. D’après Bakounine, c’est l’abstraction métaphysique, mystique, juridique, politique de la patrie. Les masses populaires de tous les pays, aiment profondément leur patrie, mais c’est un amour réel, naturel, pas une idée: un fait. Et c’est pour cela que je me sens franchement le patriote de toutes les patries opprimées » La Rédaction

78 balles pour une chanson, 25.06.98 Matoub nous quittait…


Le cours du dinar et les taux d’intérêt déchainent les experts cathodiques et facebookiens. Tout le monde y va de ses évidences et de sa recette miracle. Loin de moi ce travers car je ne suis pas sans savoir que l’économie en général et la politique monétaire en particulier, sont tout sauf des sciences exactes. Le Gouvernement et la Banque Centrale : Selon son nouveau statut, l’une des deux missions principales de la Banque Centrale de Tunisie est de veiller à la stabilité des prix (inflation). A travers les taux de refinancement offerts aux banques, la BCT contrôle l’importance du volume des crédits que ces banques peuvent accorder et delà la création monétaire et l’inflation. Si la BCT estime que le risque d’inflation est élevé et décide en conséquence de réduire l’expansion du volume des crédits, les particuliers qui ont besoin de ces crédits vont devoir différer leurs dépenses de consommation ou d’investissement, les entreprises qui ont besoin de ces crédits vont devoir ralentir leur activité ou reporter à plus tard leurs investissements et globalement, la croissance de l’économie nationale peut se trouver ralentie. Avant la promulgation en 2016 du nouveau statut de la BCT, le gouvernement confronté à ce risque de ralentissement de l’économie pouvait faire pression sur la BCT et lui imposer de desserrer les vannes du crédit. Dorénavant, la BCT est indépendante et peut ne pas satisfaire aux injonctions du gouvernement. La loi bancaire part du principe qu’une BCT indépendante du gouvernement et donc du pouvoir politique en matière de conduite de politique monétaire est une garantie pour le citoyen et l’économie nationale contre les risques d’inflation nés de mauvaises décisions d’un pouvoir politique trop souvent préoccupé par des considérations électorales. En répartissant les rôles entre une BCT en charge de l’inflation et un gouvernement en charge de la croissance et de l’emploi, la loi bancaire a cherché à poser les bases d’une croissance non inflationniste. La BCT a été dotée des moyens s’opposer à une politique budgétaire laxiste du gouvernement par une politique monétaire restrictive. Cette indépendance sera très utile chaque fois qu’un gouvernement sera tenté d’acheter des voix d’électeurs en dépensant de l’argent qu’il n’a pas. A la BCT de préserver cette indépendance et d’en faire bon usage. Pour ma part, j’estime que la loi bancaire de 2016 présente des faiblesses au niveau de la composition du conseil chargé de la politique monétaire où les opérateurs économiques me paraissent insuffisamment représentés par rapport aux représentants de l’Etat, ce qui en pratique réduit l’indépendance souhaitée de la BCT par rapport au gouvernement. Ainsi, alors que la loi interdit à la Banque Centrale de financer le Trésor Public, nous constatons qu’en pratique cette interdiction est contournée. Les banques souscrivent aux émissions de Bons du Trésor lancées par l’Etat, mais comme elles n’ont pas suffisamment de dépôts de clientèle pour financer ces achats, elles vont demander à la BCT des refinancements que celle-ci est contrainte de leur accorder parce qu’elle n’est pas réellement indépendante du gouvernement. Dans les circonstances […]

Politiques budgétaire et monétaire: le grand écart



Élevé par l’assistance publique, devenu anarchiste au lycée, Albert  Albert, dit Libertade, s’installe à Paris et fréquente l’équipe du Libertaire. Personnage haut en couleur, cet anarchiste individualiste se présentera au élection en 1904 comme candidat abstentionniste, et met en accusation le système, mais également ceux qui y participent, invectivant avec des mots « takriz » ceux qui oppressent et ceux qui suivent. La Rédaction a souhaité lui rendre hommage en republiant ce texte qui a été placardé sur les murs de Paris lors des législatives de 1906, car chacun des mots déposés ici, est taillé sur mesure pour la carrure chétive du citoyen tunisien qui a vendu un soulèvement populaire pour le plaisir de participer à une mascarade politique  !  « C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime. Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ? Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries. Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ? Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, – par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, – par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ? Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales. Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes ! Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ? Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi […]

Le criminel c’est l’électeur !


Février 2018, suite à la sanction européenne plaçant la Tunisie dans la liste noire des pays exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, Chédly Ayari, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s’est vu gentillement limogé, histoire de calmer un peu les esprits. En Tunisie s’en est ainsi, solidarité oblige, on vole en bande mais on ne tombe qu’en solo. Voici que pointe le bout de son nez Marouane Abbassi, petit chouchou maghrébin de la banque mondiale, alors que Hakim Ben Hammouda, préssenti pour le poste, pleure toutes les larmes de son corps.  Allez, c’est parti, au boulot Marouane, et au pas de course s’il te plait, car il te faut appliquer à la lettre la lettre de recommandation du FMI sinon Christine va se fâcher ! Et c’est parti : le 5 mars , le taux d’intérêt directeur de BCT passe de 5 à 5,75 %, et le 13 juin, lors de sa réunion périodique, le conseil d’administration de la BCT le révise à la hausse de 100 point de base, passant de 5,75 à 6,75 %, et cela pourquoi ? pour limiter l’inflation….du moins parait-il. Depuis, tout a été dit, tout et son contraire, car tout le monde s’est vu expert. Mais commençons par le commencement : Les Banques Centrales ont deux taux principaux : Un taux d’intérêt auquel la banque centrale prête des fonds aux banques commerciales. Un taux de dépôt qui « rémunère » les dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale. Ces dépôts sont typiquement les réserves obligatoires, à savoir une partie des dépôts des clients des banques commerciales que ces dernières doivent déposer à la banque centrale (encore faut-il que ce soit le cas). Augmenter le taux d’intérêt tel que ça a été fait aura deux impacts dans un pays comme la Tunisie dont l’économie informelle est énorme :  Le premier impact est l’augmentation de l’inflation alors qu’on prétend vouloir la limiter. Le second impact est la baisse de l’investissement. Mais alors que faire ? TAKRIZ a posé la question à  Montacer Ben Cheikh, docteur es sciences économiques et maître de conférence « La solution est simple. La banque centrale aurait pu augmenter le taux des réserves obligatoires limitant ainsi la capacité des banques commerciales à accorder des crédits et à augmenter l’offre monétaire. En limitant l’offre monétaire, on baisse nécessairement les prix à la consommation ! Ensuite, la banque centrale aurait pu baisser son taux de dépôt. La BCT peut fixer un taux de dépôt négatif comme c’est le cas de la Banque Centrale Européenne par exemple dont le taux de dépôt est de -0.4%. Ainsi, la banque centrale ne rémunère plus les banques commerciales sur leurs dépôts, mais prélève des droits de garde » Mais augmenter les réserves obligatoires, n’est-ce pas créer une pénurie de liquidités  ? « Augmenter le taux des réserves obligatoires revient à transférer des liquidités des banques commerciales vers la Banque Centrale. Les liquidités ne vont pas disparaître du circuit économique dans ce cas. Les liquidités ne disparaissent essentiellement que lorsqu’elles […]

A quoi joue la Banque Centrale ?


Alors que la carrière de Azza Besbess a été mise à mal par la ministre de la jeunesse et des sports, Mejdouline Cherni, et que Ons Jabeur est toujours en attente d’une prise en charge d’une partie de ses frais, TAkRIZ a souhaité s’entretenir avec Naïm Barhoumi, champion de culturisme, dont le palmarès ferait pâlir d’envie n’importe quel sportif. Maintes fois champion de Tunisie, Naïm Barhoumi porta haut les couleurs de son pays en remportant, entre autre, le titre de Mister univers WABBA en 2015, et la médaille de bronze aux championnats du monde IFBB en 2016. Pour unique reconnaissance de l’Etat dont il a pourtant été l’ambassadeur : le mépris. Sollicité par la France, il refuse pourtant toutes les propositions qui lui sont faites, dans l’espoir que les autorités reconnaissent son travail autrement qu’à travers un coup de com’ médiatique via lequel ils  espèrent redorer leur image. De son métier de pompier, Naïm Barhoumi arbore son profond respect pour la vie humaine et pour la prévention. Il souhaite mettre en place une campagne de prévention contre les produits dopants utilisés par nos jeunes, avec le soutien du ministère de la jeunesse et des sports, mais ses cris d’alarmes restent à ce jour sans réponse. Fraîchement revenu d’une exhibition à Cologne, Il nous explique :        Avant toute chose, puisque vous acceptez de nous donner cet interview et que nous sommes en pleine polémique autour de la mort de Omar Laabidi, nous souhaitons enfin savoir…. confirmez-vous le fait que vous avez été naturalisé français pour acte de bravoure, en ayant sauvé deux personnes de la noyade ?  Effectivement, c’était deux personnes qui, en état d’ivresse se sont faites braquées par des tiers, et qui ont préféré sauter dans la Seine plutôt que de se faire poignarder. Elles ne savaient pas nager, je les ai ramenées à la rive, tout simplement. C’est pour cela que je n’appellerai pas cela « acte de bravoure », mais un simple devoir citoyen.     Parlons un peu de l’actualité, alors que nos ambassadeurs ridiculisent notre diplomatie en offrant de l’huile d’olive et des dattes  aux politiciens européens, les sportifs, qui avec les artistes sont les plus grands ambassadeurs de la Tunisie à l’étranger, eux, sont totalement ignorés par le gouvernement…Ons Jabbeur, Azza Besbes….vous.  A votre avis, pourquoi ? En fait j’ai envie de vous répondre en vous montrant cette photo. Voilà pourquoi les affaires étrangères et les officiels travaillent : pour faire des photos. En novembre 2016, Youssef Chahed est venu avec une délégation consulaire tunisienne sur mon lieu de travail. Jusqu’alors, je n’avais jamais croisé quiconque, et encore moins Mohamed Ali Chihi, l’ancien ambassadeur de Tunisie en France, qui sourit ici au second plan.     Sur France 24 sport, vous avez porté haut les couleurs du patriotisme qui habitent les sportifs, en criant haut et fort que votre amour pour la Tunisie ne vous permet pas de porter du « bleu blanc rouge ». Votre désarroi est resté sans réponse de la part des autorités. […]

Naïm Barhoumi, ce héros ignoré



Au lendemain de la manifestation qui s’est tenue sur l’avenue Habib Bourguiba en mémoire au jeune Omar Laabidi, ultras des North Vandales tué par la police d’Etat, TAkRIZ a voulu s’entretenir avec Mickaël Correia autour de son livre : Une Histoire Populaire du Football. Journaliste indépendant, Mickaël Correia participe entre autre à l’élaboration collective du mensuel C.Q.F.D : « ce qu’il faut détruire ». Dans son livre, parut en mars 2008, l’auteur rappelle que le football est avant tout un sport populaire, un creuset de résistance, autour duquel est née une contre-culture contestataire. Emancipation du monde ouvrier, fin du colonialisme, montée du féminisme ou révolution Tunisienne : à chaque fois, le football était présent.   Salut Mickaël, dis moi, CQFD a, et ce dès décembre 2010, suivi les mouvements sociaux qui ont « dégagé » Ben Ali. Nous nous sommes d’ailleurs longuement entretenus avec vous  en avril 2011. Est-ce que ce sont le rôle des Leaders, des Dodger’s et des Vandales  (club africain) ou des zapatistes (Espérance Sportive de Tunis) puis le rôle des ultras égyptiens qui t’a donné l’idée d’écrire ce livre ? Quel a été le déclic ?  Ce ne sont ni les ultras tunisiens ni les ultras égyptiens mais les supporters turcs qui ont servi d’étincelle à l’écriture de ce livre. En mai 2014, je suis parti pour CQFD à Istanbul afin de suivre les Carsi, le groupe de supporters ultra du Besiktas. Ces supporters sont réputés pour leur esprit contestataire et ils ont été en première ligne lors du mouvement de la place Taksim en 2013 qui s’est mué en vague protestataire contre le régime autoritaire d’Erdogan. Les Carsi m’ont vraiment politiquement bouleversé et suite à un reportage , je me suis penché de plus près sur l’histoire des ultras, sur leur rôle dans la chute des dictatures en Tunisie puis en Egypte en 2011 et de fil en aiguille, je me suis aperçu qu’il y avait matière à produire un livre qui abordait le football comme un creuset de résistances populaires et comme un instrument d’émancipation. Lorsque TAKRIZ a appelé à la révolution, nous nous sommes dit que ce n’était pas les petits bourgeois de Tunis, qui pleuraient dés qu’ils avaient un ti bobo qui allaient pouvoir affronter les chiens en matraque de Ben Ali. Il nous fallait des « guerriers » agguéris pour occuper la rue, et c’est pour cela que nous nous sommes rapproché des groupes d’ultras afin de « faire foule pour renverser le monde ». Dans ton livre, tu décris le foot comme une pièce de théâtre classique avec ses 3 unités, ne penses-tu pas que le sport c’est aussi la guerre avec ses armées, ses chants et ses étendards ?  C’est plus compliqué que ça. L’éthique sportive que promeut le pouvoir et les institutions est celle du fair-play. Une éthique par essence aristocratique, qui est un prolongement de l’art de la chevalerie (et donc de la guerre) et où, plus que le résultat final, c’est l’honneur de l’individu qui doit être mis en avant. Mais la vraie éthique populaire ce n’est pas cela, c’est […]

Une Histoire populaire du football : carton rouge et drapeau ...


Takriz s’est beaucoup amusé en regardant Klem Ennes en cette soirée du 18 avril 2018….  Tout commence avec une bande annonce censurée parce qu’elle montre un torse nu d’homme, puis c’est un hommage à la palme d’or de 1967 qui est pointée du doigt avec l’affiche de « l’Amour des hommes ».  Mais vous ne pouviez pas le savoir puisque votre abyssale ignorance de pseudo-chroniqueurs ne pouvait reconnaître ici le clin d’oeil à Michelangelo Antonioni et son chef-d’oeuvre Blow-up :   On ne s’improvise pas critique lorsque que l’on ne différencie pas les genres cinématographiques et que l’on confond un cinéma d’auteur, comme l’est le cinéma de Mehdi Ben Attia (à la fois réalisateur et scénariste) et une comédie dramatique à la sauce ramadanesque tout juste bon à amuser la ménagère de plus de 50 ans.   On ne s’improvise pas cinéphile  lorsque que l’on cantonne un acteur à un stéréotype figé en 2013, lorsque que l’on assimile des têtes d’affiche à du « dopage », ou lorsque notre seule référence culturelle est Abdellaziz el Aroui ou une pièce de théâtre qui date de 1921.   On ne s’improvise pas philosophe de l’érotisme et de la pornographie sans avoir lu au préalable Marie-Anne Paveau, Jean Jacques Pauvert ou Ruwen Ogien.   On ne s’improvise pas psychologue et on ne peut comprendre la courbe du deuil lorsque l’on n’a jamais lu de livre de sa vie, ni les écrits d’Elisabeth Kübler-Ross. Car l’Amour des hommes c’est la quête de sens et d’un renouveau, ultime étape de l’acceptation de la perte.   On ne s’improvise pas linguiste en parlant de pornographie sans en comprendre le sens premier. Car la pornographie est une science qui étudie la prostitution et l’utilisation actuelle du terme n’est qu’une perception qui a évolué avec une industrie de production cinématographique ayant pour unique visée l’excitation sexuelle du spectateur. Faut-il pour les réalisateurs tunisiens faire comme Serge Korber et réaliser sous pseudonyme pour pouvoir exercer son art en toute liberté?  Comme l’a si bien dit en introduction Rochdi Belgesmi : « nous voulons évoluer ! »  mais votre ignorance nous en empêche… Mais nous allons arrêter de perdre notre temps avec vous et nous allons conclure ici avec les mots d’Elyes Baccar qui s’est exprimé à votre égard dans  TAkRIZ: « Malheureusement, comme le décrit Umberto Eco, dans « la guerre des faux », certains médias jouent ce jeu du « faire semblant » : celui d’apparaître comme des connaisseurs sans avoir de véritables connaissances, d’être émetteurs d’avis-verdict sans fines analyses, ou d’être de simples casseurs, sans réel motif hormis celui du « buzz »… » car contrairement à Taieb :   « Vous êtes l’ennemi de l’art et de la Liberté » !   La Rédaction

Quand l’ignorance s’invite en guest star des plateaux télé


قبل ما تبدى تقرى القصيدة زيد نقطة على اخر كل حرف و احسب روحك جاي من وراء البلايك من منطقة قاحلة و انتي قارح و اتخيل روحك تجاوب في عبد الرحمان الكافي وزبوبيتو و انتي تحكيلو على    وضع تونس اليوم :بعد نفيس باهي من شيشتي  انقول عليت في المخروقة   ماشروش الازرق قعدونا فوقا حبار غالي عليهم   و انتخاباتهم كي العادة مسروقا باش تربح النهضة و النداء    و الشعب يقطع عروقا قعدهم بن علي على الكوكا اليوم يقعدوا على البوقا من غير ما تحشيه في الحبار احشيه في الغقوقا خليهم يمشوا ينيكو بأحزابهم كل واحد ليه صندوقا نحبوا بترولنا و ضونا  و غازنا و ملحنا و محروقا لا تجيبها انتخابات و برلمان و لامشروع مرزوقا و لا البسكلات و لا خراك طرطور انشقت شقوقا ولا الجعبة و لا الوطد قعدت كان تقطع في طروقا و لا الخرخاري و لا النواب نساوين لساناتها مطلوقا هاي جابتلكم وثايق خيرلك تمسحي بيهم المخروقا لا تنفخيلي كرارزي و لا كرارز الي فدو خلوقا   نضرب بالكف و الشلبوق والصرفاق و الصرفوقا و مانفهم كان ثورة و زنوس مايلة كلها مشنوقا لانحاسب سارق و لا نديرلا  محكمة تحميلا حقوقا نصلبا و نشرب من دما ولحما ناكلا  و نذوقا علي عملتو في بلادي وشبابها و عمر مات مغروقا روحا طلعت في واد بالغرم بوليس وراه لحوقا قالولا تعلم عوم و يصارع في الموت شهادتا منطوقا يا قاتل الروح وين تروح جريمتك موثقا موثوقا اصحابي مكشخين انيابهم و مانحب كان عتوقا تفاهمنا على الماتراك في غقوقكم مرشوقا  اما الي حرق و هج و بعد غربة جبدا شوقا لبلادفيها قحاب تحب تورث و موبنة صرامها مفلوقا نقولا اقعد في بلاد الرومي خيرلك من رجيم معتوقا اشكون هالميبون الي يفتي في بلادكم بفسوقا زيتونة ولت بطيخ و هالمفتي لبسوه بخنوقا جيبولا عصبة سيدا الشيخ و الباجي و هيدوقا نهضة و نداء في دارهم الكبيرة قحابهم  مطلوقا بسيس و بن تيشة و قراش الكل ترمها مرتوقا ماعاد عندي وسع بال باش انكمل حكاية الزروقا تكريز تركن سكن في ريوسنا المغلقة مغلوقا و نفوس ضايقة من وضعكم المنيك مخنوقا حرية و كرامة و التشغيل استحقاق كلمات منطوقا لشعب ناسي  منيك ماشي لانتخابات بثورتنا مسبوقا La rédaction

الزبوبية الزرقة



L’Etat tunisien dépense chaque année plus qu’il ne perçoit. Tel un compte bancaire, il est à découvert (c’est ce qu’on appelle un déficit). Pour combler ce déficit, il a deux solutions : augmenter ces recettes, et lorsque cela n’est pas possible, emprunter aux banques. Sauf que voilà, les banques ne prêtent pas à taux zéro. En juin 2017, la dette publique s’élevait à 66,7% du PIB pour atteindre 71,4% du PIB, soit 76,1 milliards de dinars en 2018. Or plus la dette augmente, plus les intérêts pour la rembourser sont élevés et… plus la dette augmente. Cercle vicieux dans lequel les gouvernement successifs se sont engouffrer et à travers lequel ils ont vendu le pays.    

Le surendettement pour les nuls


  Il fait fi de vos lois, de votre bienséance,  A la barbe et au nez, il se rit de la peur,  Fils de la Liberté, enfant de l’insolence :  Il n’a ni Dieu, ni Maître, mais juste un doigt d’honneur !      La rédaction    

Génération TAKRIZ


    Alors que Harim el Soltane, objet de propagande turque, hypnotise le Tunisien, un scénario identique se joue à Carthage entre le Calife et son odalisque Sicilienne. Forte de ses expériences passées avec Bourguiba ou Ben Ali, Béji Caïd el Pippa*, comme on la surnommait dans le harem politique, avait durant 5 ans satisfait tous les désirs de son maître afin d’être hissée au rang de favorite. Considérée par ses rivales d’Afek ou de l’U.P.L. comme une experte de la prostitution mondiale, Béji Caïd el Pippa était la seule qui avalait……tout ce que le Calife pouvait déverser dans la gorge profonde d’un peuple à la crédulité abyssale. Dans des vas et viens décisionnels, elle flattait le Calife et prenait plaisir à faire gonfler son orgueil, afin de garder son fauteuil d’osier et d’oseille, pendant que le Maître était en guerre contre toute forme de civilisation. Et si la Religion est l’opium du peuple, Béji Caïd el Pippa quant à elle,  est le kif du Tunisien !       La Rédaction * La Rédaction a choisi de traduire « el Sebsi », longue pipe fine composée d’une tige en bois et d’une tête en argile, par le mot PIPPA. Toute connotation sexuelle est bien évidemment indépendante de notre volonté initiale.      

La putain du Calife



31.03.2018, un match de foot comme il y en a tant…quelques échauffourées entre supporters et soudain c’est le drame. Armée de ses us, de sa matraque et de la haine qui l’anime, la police tunisienne profite de l’effervescence ambiante pour s’en prendre violemment aux ultras. Pris au piège dans une enceinte où le gaz lacrymogène rend l’air irrespirable, certains tentent de s’enfuir. Ce fut le cas de Omar Laabidi, jeune lycéen de 19 ans, qui souhaitait juste regarder un match de foot, et décompresser avant de reprendre les révisions de son baccalauréat. Omar quitte le stade tant bien que mal pensant trouver refuge dans la forêt mitoyenne. Mais c’était sans compter sur l’acharnement des forces du désordre. Les policiers poursuivent l’enfant, c’est une question d’honneur, ils doivent l’attraper : mort ou vif. La traque se poursuit sur 2 kilomètres jusqu’à la frontière naturelle de Oued Mediane. Mourir noyé ou subir les exactions policières ? La noyade ou la torture ? Car l’enfant ne sait hélas pas nager. Il fait un pas en avant puis se retracte. « Je ne sais pas nager » hurle-t- il à ses bourreaux. Le sarcasme des uniformes est à son comble. « Apprends donc à nager » lace l’un d’eux…poussé, Omar Laabidi chût dans le fleuve qui se fera tombeau, assassiné par une police d’Etat qui, à jamais impunie, n’a de cesse de tuer la Liberté. Un supporter meurt, assassiné par la police. Nous somme en novembre 2007 sur une aire d’autoroute. Gabriele Sandri tombe sous les balles d’un policier. Le supporter de la Lazzio s’effondre et l’Italie s’embrase face au silence fracassant d’un État méprisant. On ne meurt pas de la même façon que l’on porte un maillot de foot ou un uniforme. Et ce tant en Italie qu’en Tunisie. Alors que quelques mois plus tôt, le championnat avait été arrêté pour la mort du policier Filippo Raciti tué lors du derby Catane-Palerme, à peine une minute de silence fut elle tenue pour le jeune ultra. En Tunisie, alors que la mort d’un policier agressé au couteau devant le parlement a fait les beaux jours de la presse locale et des médias internationaux, la mort d’Omar Laabidi passe quasiment inaperçue, si ce n’est à travers quelques pages facebook de supporters endeuillés. Comme en Italie, la mort et le mépris d’un État complice, unit les amoureux du ballon rond. Les supporters parlent d’une même voix, et dénoncent l’injustice. Mais alors qu’en Italie les ultras ont hurlé leur colère, en Tunisie ce ne fut qu’un léger murmure inaudible, cantonné aux réseaux sociaux. Quelques actions symboliques, une pétition virtuelle, et une campagne de hachtag à travers le monde, nous sommes bien loin de la prise de position, sans concession, des supporters italiens. Les rues sont silencieuses et seul une flamme, s’allumant dans un battement de coeur au lieu du drame, a marqué cette journée de commémoration des martyrs. Faudra-t-il à la Tunisie une énième autre victimes de la violence policière pour la rue dise enfin « stop » ? Nous nous questionnons, et […]

Omar Laabidi, le Gabriele Sandri tunisien ?


  Lascivement allongée sur son drapeau froissé de la veille, les jambes écartées en guise de bienvenue, la campagne des municipales se donne au plus offrant, sous l’œil impudique des smartphones qui filment la scène en amateur. Dans cette tournante où les partenaires (politiques, financiers, sectaires ou commerciaux) se délectent de ses oranges rondes et juteuses,  la Tunisie se laisse politiquement caresser par les médias qui la font jouir d’une liberté d’expression……hélas simulée. A la fenêtre de cet hôtel de passes politique, Nidaa décide de se présenter en tenancier de  الدار الكبيرة, ancien boxon de la rue el Jazira, et Beji, fort de l’expérience de ces ancêtres, offre pipe et calumet  à qui fera partie de cette grande maison….close.     La Rédaction 

Municipales : Mi-pute, Mi soumise


Le sport a toujours été une arme, et ce, tant sur la scène économique que politique, il suffit pour cela de ne citer que le « onze de l’indépendance » auquel  Hammadi Khaldi, joueur du stade tunisien, a participé.  C’est à cause de cette force de frappe, de cette capacité à mobiliser, que nos hommes d’affaires et politiciens tentent depuis toujours d’avoir le monopole du football tunisien, et ce afin de contrôler le peuple et l’argent généré par les manifestations sportives. En effet, le gouvernement tunisien n’a toujours eu qu’un seul adversaire contre lequel il ne pouvait rien. Il ne s’agit ni des opposants politiques qui, lorsqu’ils de terrent en Tunisie sont entretenus avec largesse par ses hommes d’affaires, et sinon sont exilés. Il ne s’agit pas de l’UGTT qui, vitrine d’une opposition de façade, ne cherche que son intérêt propre. Il ne s’agit encore moins de cette société civile, financée à grand coup de donations zabaliennes. La seule force d’opposition, qui de manière hebdomadaire, a affronté dans un corps à corps, souvent létal, le régime policier, ce sont les amoureux du ballon rond. Appelés casseurs ou hooligans par la presse qui jusqu’à aujourd’hui reste teintée de mauve, tifosi par les médias frileux, ou figure de proue de la révolution tunisienne par des historiens comme Mickael Correia, qui, de son regard objectif a suivi les événements de décembre 2010 et janvier 2011, les supporters des diverses équipes du football tunisien, sont la bête noire de l’ordre établi, et c’est pour cela que Majdouline Cherni aboie à grand coup de huis clos. Cependant, ce que le gouvernement oublie c’est que si le sport est une arme politique, c’est avant tout une arme populaire qui n’appartient qu’au peuple. En effet, si les mouvements de contestation en Tunisie ont commencé en 2008 avec le bassin minier, la Révolution a réellement commencé le 8 avril 2010, lors des affrontements entre les supporters de l’Espérance et la police de Zaba. Ce soir là, au journal télévisé de 20h, le ministre de l’intérieur s’affiche en général déchu, rendant visite à ses troupes battues. « Le pays a compris que, s’il le souhaitait, il pouvait battre l’Etat policier qui avait été instauré » se confiera Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ultras de la Curva Sud. Le gouvernement s’entête. Et le 1er mai 2010, pour la première fois, de l’Histoire du championnat tunisien, le Derby tunisois opposant l’Espérance Sportive Tunisienne au Club africain en huis-clos. Les espris s’enflamment et en aout 2010, alors que les pseudos intellectuels tunisiens appelaient à la réélection de Ben Ali  pour 2014 une campagne de Tags effectuée par les zapatistes de l’Espérance sportive de Tunis, envahit les rues de Tunis. Les affrontements dans les rues entre supporters et forces de l’ordre se font de plus en plus violents, et le club africain , en septembre 2010 appelle ses fans à la révolution imminente, car comme ils le chanteront ils « n’oublieront jamais le derby en huis-clos, le message est trés clair, c’est les supporters qui commandent puisqu’ils ont de l’autorité dans […]

Les ultras, pionniers de la Révolution Tunisienne



En quoi réside notre devoir de citoyen, lorsqu’un jeune lycéen, supporter du club africain,  meurt en martyr , assassiné par la police, et ce dans un pays où cette même jeunesse a versé son sang pour une révolution que les ancêtres ont volée ? Avant d’avancer ici-même un semblant de réponse, replaçons nous dans le contexte.   Nous, jeunesse Tunisienne, nous sommes gouvernés par celui, qui alors que le corps encore chaud des martyrs jonchaient le sol, a nier publiquement l’existence des snippers et donc la Révolution même. Son Prédécesseur, Foued Mbazaa, a pourtant confirmé leur existence. La justice également a confirmé leur existence dans le rendu de jugement accusant Mohamed Sebti Ben Mesbeh Ben Mohamed Mabrouk, officier n°655, tireur d’élite de l’armée de terre.   Nous vivons dans un pays où ce même président a fait passer, en force et par sa seule décision, une loi de réconciliation nationale, offrant à nos bourreaux, à ceux qui ont volé le pays, violé nos soeurs et ruiné la Tunisie, une totale impunité.   Nous vivons dans un pays où la Loi n’a aucune valeur puisqu’elle est bafouée par un « Etat d’Urgence » permanent grâce auquel la Justice peut être établie selon les intêrets de nos dirigeants.   Nous vivons dans un pays où le tribunal militaire règne en maître absolu. Instance où seule l’opacité est Loi, elle enferme, isole et réduit au silence quiconque voudrait parler, allant jusqu’à fermer des pages facebook et arrêter des internautes.   Nous vivons dans un pays où la seule « instance » officiellement habilitée à nous donner un éclairage sur le passé, a été bâillonnée par un parlement corrompu.   Nous vivons dans un pays où ce même parlement, a feint d’écrire une constitution pour ensuite nous ôter le droit de nous exprimer ou de vivre libre. Nous vivons dans un pays où il n’y a pas de cour constitutionnelle, unique garant du droit.    Nous vivons dans un pays où, 7 ans après, la liste des martyrs n’est toujours pas officialisée.   Nous vivons dans un pays où le gouvernement paie des historiens pour effacer l’Histoire et la réécrire à son avantage.   Nous vivons dans un pays où le Tribunal administratif décide d’effacer l’Histoire en blanchissant les terroristes.   Nous vivons dans un pays où les assassinats politiques restent impunis et où les avocats sont réduits au silence.    Nous vivons dans un pays où Omar Laabidi a été sauvagement assassiné, noyé dans la vase et la boue, par une police d’Etat. A l’heure où ces mots se font parole, aucun ministre ni représentant du pouvoir en place n’a pris la peine, ne serait-ce que par respect aux morts et à leur famille, de prendre la parole et de nous accorder le respect qui nous est dû.    Nous vivons dans un pays où la ministre de la jeunesse et des sports, Majdouline Cherni, après avoir marchandé avec la mémoire de son frère, traite ceux qu’elle est sensé défendre de « terroristes ».    Nous vivons dans un pays où […]

Omar Laabidi a été assassiné, et nous maintenant, on fait ...


        Il était plein de vie. Il était jeune et beau… Il vécut en Homme libre, et mourut en Tifo :  Le stade pour cercueil,  et le fleuve en tombeau, Innocente victime de ces enfants d’salauds.             Tite souris TAKRIZ    

R.I.P. Omar


Alors que le corps de Omar Laabidi, North Vandals, ultra du Club Africain vient d’être mis en terre après avoir été assassiné par des policiers, TAKRIZ a souhaité s’entretenir avec les Ultras afin de leur offrir la possibilité de s’exprimer ouvertement. Depuis des années, les médias consensuels refusent de leur donner la parole, et les cantonnent au rang de voyous  et de casseurs sans foi ni loi. C’est loi d’être le cas, et Maître Ben Meftah, porte parole des Ultras de l’Espérance sportive de Tunis en est le contre-exemple. C’est avec toute la verve et le calme qui sied à sa profession qu’il a accepté de se confier à nous.    C’est la première fois que les ultras toute équipe confondue, acceptent de communiquer avec les médias, via un porte-parole. Comment expliquez-vous ce changement de stratégie ? Avant toute chose, je profite de l’occasion pour dénoncer le meurtre d’un jeune supporter clubiste samedi dernier suite à une poursuite policière,  et  pour exiger des sanctions exemplaires pour les fautifs. La curva sud présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt : « Que Dieu le tout puissant lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel paradis. » Quant à ce que vous appelez « changement de stratégie », après la révolution, les groupes sont passés par un passage à vide pour plusieurs raisons : huis clos, interdiction d’entrée aux stades, puis réduction du nombre des tickets, interdiction des déplacements . Tous ceci a engendré des moments de doutes et de vide. Un manque de confiance terrible s’est installée, petit à petit, au sein des groupes. A un moment donné la situation a dégénéré et il y a eu des affrontements quasi hebdomadaires dans les stades et parfois ailleurs entre les différents groupes d’ultras : Affrontements bien entendu retransmis en directe la plupart du temps. Ces affrontements ont été utilisés par le Ministère de l’intérieur et plusieurs autres intervenants afin de ternir l’image des groupes, ce qui a énormément nuit aux groupes. Par ailleurs, la Tunisie post-révolution s’est caractérisé d’une part par la faiblesse de l’Etat, de l’autre par l’absence de stratégie fiable. C’est pour cela que les forces de l’ordre de la Deuxième République ont choisi cette solution de facilité qui est de reprendre les anciennes méthodes répressives de la politique de Ben Ali contre les groupes d’Ultras : violence, arrestations arbitraires, interdictions d’entrée aux stades, humiliations…. Face à cette situation, les groupes ont fait leurs mea-culpa, ils se sont soudés et ont décidé de commencer une nouvelle ère. Afin de contrer la désinformation et de montrer leur vrai visage, un visage d’artistes et d’artisans, de militants voulant vivre leurs passion en toute Liberté, afin de balayer cette légende urbaine de criminels sauvages, dans une époque où le pouvoir appartient au média, ils ont décidé de communiquer avec eux.  Si j’ai été choisi, c’est que je suis un enfant du virage au sein duquel j’ai vécu durant toute ma jeunesse. J’ai leur confiance car je connais ce mouvement, et ils savent je le […]

Entretien avec Me Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ...



Sorti en salle hier dans l’Hexagone, Vent du Nord de Walid Mattar redonne à la Tunisie, ses lettres de prolétariat que tant ont bafouées pour quelques sollicitudes et les bonnes grâces du pouvoir en place. Dans un jeu de miroir au tain de mondialisation, le Réalisateur dresse ici le parcours de deux hommes, dont les destins sont liés par le même moyen de production et les mêmes ronds de cuir obsédés par le rentabilité et la productivité.  Vent du Nord, un docu-fiction ? Avec un taux de chômage et de pauvreté élevés, une espérance de vie moindre que dans la moyenne nationale française, les ouvriers des usines automobiles, les mettalos, ou autres manœuvres des Hauts de France sont les oubliés des politiques de relance frileusement ébauchées par les gouvernements successifs. Dés 2000, la situation de la région s’est fortement dégradée, et les revenus, avant redistribution, sont les plus faibles de France.  Chômage, maladies causées par l’exploitation des mines, pauvreté…un Redeyf à la française où le pauvre doit rester pauvre, l’exploité doit rester exploité et où il est interdit de rêver d’un avenir meilleur sous peine d’être violemment réprimé. Si le Réalisateur a choisi, comme cadre tunisien de sa fiction, la Banlieue sud de Tunis  afin de rendre un hommage à sa ville natale, c’est toute la classe populaire tunisienne qui est représentée ici. Ceux là même qui ont fait la Révolution, et qui restent, comble de l’ingratitude, les oubliés de ces néo-politiciens qui omettent, par péché d’orgueil, ceux grâce à qui ils peuvent s’exprimer aujourd’hui. Alors que le film, car c’est bien d’une fiction qu’il s’agit ici, offre au spectateur des prises de vues magnifiques, des dialogues empreints d’un humour certain, et une bande originale sublime composée par Malek Saied, cette impression de plongée en apnée dans la vie de ces oubliés sociaux donne à l’oeuvre une impression de docu-fiction où l’injustice et le système D tiennent les rôles principaux. Certaines séquences, souvent portées par une musique, nominée au festival international du film d’Aubagne, qui nourrit l’image de sa tragi-poésie, sont des photographies à part entière, qui apportent cette touche de Beau dans un environnement où l’recherche de l’esthétique cède la place à la survie. Le quotidien des « oubliés » « Le café de l’avenir » où Foued tue l’ennuie, et qui n’est pas sans rappeler « le café olympique » de Condamnation, fait écho au bar P.M.U. qui ponctue la vie d’Hérvé. Dans cette société de consommation, les loisirs se font rares pour ceux qui ne peuvent se les payer. Des feux d’artifices, une fête foraine occasionnelle ou le cabaret dans lequel on dépense, pour le plaisir des yeux, la moitié de son salaire, sont autant d’échappatoires de fortune dans une vie morose où l’enfant n’a d’autre choix que la play-station ou les balançoires vétustes, rouillées par l’air marin. Alors pour oublier on boit : le p’tit blanc ou le Koudia bon marché (qui reste pourtant trop cher), le mauvais mousseux ou la Celtia, partenaire des nuits solitaires. Heureusement les amis sont là. Ces amis […]

Vent du Nord : une fable libertaire sur la vie ...


La femme, enfermée dans les seuls rôles que la société tunisienne lui octroie : sagement voilée, danseuse de cabaret, garçon manqué ou fliquette fonctionnaire dans un uniforme qui lui est imposé. C’est par ce triste constat que s’ouvre le film de Mehdi Ben Attia : l’Amour des Hommes, où une jeune veuve, photographe encouragée par un beau-père mécène, à la fois patriarche et progressiste, décide de reprendre goût à la vie en posant son regard de femme sur des corps d’hommes. Une film sans dessous-dessus  Mehdi Ben Attia bouscule ici le cinéma tunisien où un sein dénudé et une cuisse offerte ont été la marque de fabrique d’une production cinématographique, dite provocante, mais qui, au fil des ans, s’est meut en recette prête à l’emploi pour films réchauffés au gout de déjà vu. L’Amour des hommes est un coup de pied donné, avec maestria, à cette complaisante facilité à laquelle, néanmoins, le réalisateur a tenu à rendre hommage. Si l’affiche du film n’est pas sans rappeler celle de de Blow-up, chef d’oeuvre d’Antonioni, l’apparition de Ferid Boughdir ou l’affiche des Silences du Palais glissée dans les décors, sont autant de clins d’œil à ces aînés qui, selon Mehdi Ben Attia, « ont ouvert la voie à une génération de cinéastes, en ayant, en quelque sorte, inventé le cinéma tunisien ». « On ne va jamais assez loin dans la provocation, il faut le secouer ce pays, ce sont des endormis » explique Si Taëb (joué avec brio par Raouf Ben Amor) à la jeune photographe. Des mots qui pourraient être ceux du réalisateur, également scénariste, qui a décidé de secouer les codes jusqu’à les inverser. Ici la femme dirige ses modèles masculins dans une bienveillance injonctive où se mêlent à la fois  l’arrogance d’une femme-maîtresse et la sensibilité à fleur de peau d’une artiste, écorchée par la vie et les deuils successifs. L’homme devient un objet de désir sur papier glacé, dont les gestes et les poses sont guidés par la main experte d’Amel.  Celle-ci les déshabille comme on met à nu une âme pour en découvrir la beauté cachée afin de l’exposer. Dans une Tunisie machiste où la femme doit encore se battre pour exister, c’est l’héroïne du film qui fait exister l’homme à travers son objectif. Créateur, elle aura entre ses mains jusqu’au pouvoir de vie ou de mort sur ce beau père pourtant représenté comme l’archétype du Seigneur, et qui, durant tout le film, donnait l’impression de la faire vivre. Hafsia Herzi incarne cette femme que l’on s’interdit d’être, cette femme libre d’exprimer son désir, libre d’aller jusqu’au bout de ses passions, si dérangeantes soient-elles  dans une société où l’hypocrisie s’est faite Loi. Portrait d’une société Au delà ce cet hymne à la Liberté, L’Amour des Hommes dresse, avec justesse, le portrait de la société tunisienne dans toute sa dualité. Alors que le spectateur est invité à s’asseoir autour de la table d’une maison bourgeoise, entretenue comme un musée par une mère qui tente de combler le vide de ses journées entre […]

L’Amour des Hommes : une bombe dans le paysage cinématographique ...


Les esprits s’échauffent sous le soleil de plomb qu’ils tentent, charlatans alchimistes, de nous faire passer pour de  l’or. Ils savent que la « faim » est proche. Apeurés, ils s’agitent dans leur cage dorée de l’ARP et se mordent mutuellement. Vautours autour du cadavre d’une Nation en décomposition, ils tentent d’arracher, à coup de prises de bec,  un dernier lambeau de « chers » payés pour ce qu’ils valent. L’odeur du sang des victimes de la Révolution sèche sur le trottoir de l’Histoire où ces charognards vont finir, se prostituant pour quelques pièce du théâtre dans lequel ils ont joué. Des cadavres de martyrs, ils n’en veulent pas. Leur liste les hante et jamais elle ne sera officialisée. Fantômes de la Vérité dérangeante, ils sont de ces âmes damnées que l’on ne peux dévorer sans vomir ce qu’on est.  Nos morts hantent les lieux, et lorsque l’obscurité et l’obscurantisme des rapaces affamés s’élèvent devant les professeurs pervers du pacte de Carthage, ils secouent leur chaîne, comme en un dernier râle, pour leur rappeler que jamais ils ne seront en paix. Ne jamais oublier, ne jamais pardonner.  Les esprits s’échauffent sous le soleil de plomb des « balles » masquées et maquillées en accident, et l’odeur nauséabonde des excréments élus, votés et nominés se mêlent à l’odeur du jasmin. Ils étouffent dans un relent amère, enfermés dans le mensonge qu’ils ont arrosé à grand coup d’urée médiatique.  Après avoir rôdé sur le cadavre du pays qu’ils ont sciemment assassiné, les voilà en train de se dévorer mutuellement. Cannibales politiques, ils sont réduits à leurs plus vils instincts. Reptiliens, rampants comme les larves d’une mouche à viande, qui se dandinent tant bien que mal pour avancer entre ses pairs qu’ils n’auront jamais.  Qu’il est jouissif ce spectacle pour celui qui a su rester sur les hauteurs d’âme  : la mise à mort imminente de ces anthropophages dont ils ne restera au final que des eaux usées dans l’égout de l’Histoire.  La Rédaction   

Les charognards



La « Cité de la Culture », autrement appelée ramasse merdes pour collabo artistiques, ouvre ses portes , ou plutôt les ferme violemment à ceux qui osent créer en toute liberté.       Claudia Cardinal, native de Tunisie, ouvrira en grandes pompes, ce soir,  la cinémathèque où elle est à l’honneur  avec une rétrospective de « ses plus beaux films » lit-on sur l’affiche.  Alors que la Tunisie sort tout juste d’une polémique quant à la censure de « Call me by your name », pourtant oscarisé, TAKRIZ a été surpris d’apprendre que le film de MEHDI BEN ATTIA, « Le Fil », où la belle italienne joue le rôle de Sara, mère d’un jeune homosexuel marsois revenu au pays après le décès de son père, n’a pas été programmé.  Au lieu de cela « Chaîne d’or », court métrage réalisé sous la colonisation française, fera les belles heures  d’une soirée inaugurale durant laquelle la culture tunisienne tient sans doute à rendre honneur aux chaînes ( furent-elles d’or) qui la maintiennent sous le joug du politiquement correct.  La question se pose alors du pourquoi ? Pourquoi ce film, tunisien, récompensé aux USA, ne fait-il pas parti de la rétrospective dédiée à Claudia Cardinal ?  En 2010, Abir Bannani, qui y joue l’un des rôles féminins, confiait dans une interview  «Avant le tournage en Tunisie, le ministère de la Culture a mis une condition de ne pas projeter le film en Tunisie». Cette injonction est-elle encore d’actualité aujourd’hui, alors que la liberté d’expression est un droit constitutionnel ?  Lorsque Claudia Cardinal a été contactée par les organisateurs de ce non-événement, elle a spontanément évoqué « Le Fil » de MEHDI BEN ATTIA et a orienté ses interlocuteurs vers la production afin qu’ils se procurent une copie de l’oeuvre. L’enthousiasme initiale céda vite la place à l’homophobie de rigueur, et ce dés la lecture du synopsis. En effet, sitôt leurs petits minois pudibonds confrontés à la réalité filmée de l’homosexualité tunisienne, tous les prétextes étaient bons pour faire machine arrière : l’absence de projecteur 35 mm, un manque de communication, et même l’absence de lecteur Blu-Ray .   Au final, caché derrière le masque de la mauvaise foi , Hichem Ben Ammar fera imprimer le programme sans le film aux senteurs de pêché qui pourtant aurait fait écho au symbole phallique de l’architecture des lieux.  Mohamed Zine El Abidine, sinistre des affaires culturelles et Hichem Ben Ammar, directeur de la Ciné-australopithèque vont surement nous expliquer que « tous les films de l’actrice ne pouvaient être projetés » . Permettez-nous d’en douter et de penser que c’est uniquement le sujet, les scènes de baisers non simulés et les rapports physiques explicites qui privent le cinéma tunisien d’être à l’honneur ce soir, et de céder la place au cinéma colonial.   La cinémathèque est présentée par les médias comme  une institution permettant « de susciter la curiosité et l’intérêt des jeunes à l’égard des films de patrimoine, de collecter et conserver les copies et négatifs de films ». Il semble qu’il ait été omis de préciser que pour y rentrer, une tenue correct était exigée et que le […]

Ce soir, pas de STRING à la cinémathèque : tenue ...


Alors que tous les indicateurs sont au rouge, le peuple lui continue à sortir le drapeau blanc et son doigt bleu.  Il faudrait attendre les municipales, non, attendre 2019…mais sait-on de quoi demain sera fait ?  Les rapports se suivent et se ressemblent :  Le Droit de manifester piétiné  Des violences policières impunies  La Liberté de la Presse bafouée   Une économie à la dérive  L’indice démocratique qui recule   L’émancipation de la femme remise en cause  Refus de lutter contre la corruption L’impunité des Islamistes qui menacent à tout vent  Un Etat et une administration qui financent le terrorisme Des partis politiques qui refusent la transparence financière   Nos enfants meurent dans un fracas médiatique suivi d’un silence d’action, les médecins hospitaliers craquent, les cerveaux partent exercer à l’étranger et les plus démunis meurent en Méditerranée… Et nous, nous attendons pacifiquement que les choses passent, que le temps passe et qu’il corrige spontanément sans que nous n’ayons à bouger ce qui est. Qui est responsable de la situation actuelle ? Car il y a bien un responsable à tout cela ? Est-ce les politiciens corrompus qui ne servent que leur propre intérêt ? Est-ce les électeurs qui ont légitimé de par leur vote ces mêmes politiciens qu’aujourd’hui ils critiquent ? Ou est-ce ceux qui pensaient, influencé par une campagne médiatique sans précédent, qu’une Révolution pouvait être pacifique ?  La situation est trop grave pour que nous nous jetions respectivement la responsabilité : Nous sommes tous responsables, et nous continuons à l’être à travers notre passivité, notre acceptation et cette léthargie que nous tentons d’estomper à travers des statuts facebook.  Une seule question se pose aujourd’hui : Quel pays voulons nous laisser à nos enfants ?  La Rédaction        

EDITO 25.02.2018


  Nièce du grand avocat Maître Vergés, fille et petite fille de politiciens militants des droits de l’Hommes, Françoise Vergès a prêté sa plume à TAKRIZ pour nous expliquer en quoi et pourquoi l’insurrection est un droit qui fait de l’Homme un citoyen conscient. Soutien inconditionnel à la libération de Georges Abdallah, elle a sourit en voyant le Président Macron se faire alpaguer dans les rues de Tunis, et elle tenait, à travers ses mots, à soutenir ceux qui encore et toujours luttent… Chaque jour, à chaque moment, quelque part, une résistance s’élève contre les conséquences de la contre-révolution menée par des dirigeants corrompus, xénophobes ou racistes, par les multinationales, la finance, l’impérialisme et le capitalisme qui présente de nouveaux défis mais nous met aussi en face de choses « vieilles comme le monde ». En effet, si les peuples font face à ce qu’ils ont toujours connu – exploitation, dépossession, prédation, vol, viol – ils sont confrontés à une accélération produite par les nouveaux besoins du capitalisme, par la précarité et la vulnérabilité accrue des peuples du Sud à cause des politiques internationales, des guerres par proxy, du changement climatique, par l’extension de l’industrie du soin et des services qui réclament des femmes raciséés. Pour imaginer de nouvelles théories, il faut écrire une nouvelle histoire, a dit Cedric Robinson, auteur de Black Marxism. Ce que font peuples, minorités, femmes, depuis des siècles, ce qu’ont fait Aimé Césaire, Frantz Fanon, Amilcar Cabral, Angela Davis et des milliers de théoricien.nes, et tant de poètes, écrivains, cinéastes, musiciens. Je ne vais que proposer ici quelques points pour contribuer à cette vaste bibliothèque de la résistance. Au 16ème siècle, l’Europe divise le monde entre vies qui comptent et vies qui ne comptent pas, entre nature à protéger et nature à exploiter. Dans leur pays, les puissances européennes disciplinent peu à peu les forces sociales qui s’opposent à la privatisation des biens communs, au servage, à l’exploitation des enfants par une répression féroce et en leur proposant de devenir des européens dont la vie s’améliorera grâce à l’asservissement de peuples, la destruction de leurs cultures, villes, savoirs, grâce à des pratiques d’appropriation et des pratiques racistes. Avec la « découverte du Nouveau Monde », l’Europe invente une nature sans coût (notion proposée par le sociologue Jason Moore), qui se reproduirait naturellement à l’infini, qui serait là pour servir ses intérêts économiques.  L’humanité (en fait le monde européen) aurait reçu l’assurance que la nature lui a été donnée pour être à son service, et si des ressources s’épuisent, il suffit d’aller plus loin. Extraction minières, déforestation, destruction de villes, accompagnent cette entreprise. Contemporaine de cette nature sans coût À cette remarque de Moore, j’ajoute la notion de travail sans coût, et qui produit aussi l’assurance qu’une source d’une main d’œuvre est à disposition, sur laquelle le droit de mort s’exerce librement, et que cette source ne se tarira pas. Après le génocide des peuples qui habitaient les Amériques et Caraïbes, les Etats d’Europe se tournent vers le continent africain et en font […]

Le droit à l’insurrection de Françoise Vergès



Avant de se ruer vers les listes et les urnes, il convient tout d’abord de savoir pourquoi on va voter ? Vous allez me répondre que c’est un devoir citoyen, qu’une Révolution a eu lieu pour que les Tunisiens puissent avoir des élections libres ? FAUX, la Révolution a eu lieu pour que plus jamais un système de privilèges ne s’installe dans le pays, or ce système est encore là. Les têtes ont changé, mais le système est le même. Une classe de nantis, issu du même cercle « wassiliste » et de nahdhaoui dirigent le pays, se nomment et se rendent services, s’assurant à tous une retraite dorée pour le moment où le pays coulera.   Alors pourquoi aller voter ? Pour équilibrer le pouvoir centraliser à Carthage  ? FAUX, et pour cela il s’uffit de lire la loi : « Article 141 : Le Haut Conseil des collectivités locales est un organisme représentatif des conseils des collectivités locales. Son siège se situe en dehors de la capitale. Le Haut Conseil des collectivités locales examine les questions relatives au développement et à l’équilibre entre les régions, et émet son avis sur les projets de loi relatifs à la planification, au budget et aux finances locales ; son Président peut être invité à assister aux délibérations de l’Assemblée des représentants du peuple. La composition et les attributions du Haut Conseil des collectivités locales sont fixées par loi. Le Haut Conseil régional ne peut qu’émettre un avis.  La municipalité, d’après la loi, n’est qu’une administration parmi d’autres, elle est rattachée au ministère de l’intérieur et n’aura donc aucun pouvoir de décision significatif. Dans son intervention du 22 janvier 2018, le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, a estimé que « si tout va bien, la décentralisation prendrait 27 ans en Tunisie ». Soit 3 plans successifs de 9 ans. Êtes-vous donc  certains que votre vote va changer quelque chose ?       Voter pour un programme ? Soit imaginons que vous alliez voter pour X parce qu’il prévoit de créer un centre sportif dans lequel vous souhaitez à l’avenir y mettre vos enfants. Noble choix que le votre. Mais vous êtes vous demandé comment votre maire va financer ce projet ( si toutefois il tient sa promesse électorale, ce qui serait un miracle) ? Y a-t-il des impôts locaux en Tunisie qui assureraient l’indépendance des élus locaux financièrement ? NON  Au mieux le Maire va demander un financement aux ministères des collectivités locales ( à Tunis) et attendre….qu’on lui dise NON, faute de moyens.     Alors pourquoi ? Pour qui aller voter ? La stratégie actuellement préconisée contre Ennahdha est de voter utile. On nous explique aussi que vous contrer les partis politiques il faut voter citoyens et prioriser les listes d’indépendants. On se dispense de réfléchir au fond de l’offre politique en ne votant que pour faire barrage, on vote non pour ses convictions, mais contre ceux de l’autre. L’élu est tout sauf élu au sens propre, large, philosophique et politique […]

Boycott des municipales



Dix ans ont passé depuis le révolte de Gafsa et du bassin minier de Redeyef, évènement considérable, annonciateur de la révolution qui allait emporter le pays trois années plus tard. Au printemps 2008, je me vois encore rédigeant un premier article sur la Tunisie pour Mediapart. Ce média, qui venait tout juste de naître, fut interdit en Tunisie dès le lendemain de la publication de ce papier -titré : « La Tunisie, nouveau nid de l’Islam radical ? ». J’y pointais les méthodes d’intimidation et de mystification de l’opinion publique internationale propre à la dictature tunisienne et posait la question de son rôle dans l’essor du mouvement jihadiste local. La répression était alors totale. Personne ne croyait encore la chute de Ben Ali possible. L’horizon paraissait immuable, les Tunisiens n’étaient pas prêts pour la démocratie, lisais-je régulièrement dans les commentaires laissé par les internautes. Comme ceux du Monde diplomatique et d’autre médias indépendants, mes articles critiques envers le régime tunisien étaient alors traduits et diffusés à l’aide de proxi par les gens de Nawaat ou de Takriz. Un autre temps, une même culture de résistance. Dix années ont passées, mais en Tunisie, cette culture n’a pas disparue. Certes, les souvenirs joyeux du printemps 2011 paraissent aujourd’hui bien loin. Après avoir célébré la révolution puis le vote de la constitution en 2014, l’enthousiasme international s’est peu à peu évanoui, anesthésié par la politique inerte de deux partis trop occupés à ménager une coexistence tactique, un consensus bâti sur mesure pour se maintenir à la tête de l’Etat et empêcher qu’émerge une alternative solide. Deux partis au pouvoir qui ont à la fois mis en péril la justice transitionnelle nécessaire à l’examen de cinquante années de dictature, et enterré le plan de développement économique régional qui manque à la Tunisie depuis l’indépendance. Le résultat de cette politique était écrit d’avance : En cet hiver 2018 se multiplient dans les médias internationaux les témoignages de désespoir d’une part importante de la jeunesse tunisienne, et sa volonté affirmée de s’en prendre à un « système » que ni Ennahda ni Nida Tounes n’ont souhaité attaquer de front, et qu’ils incarne désormais. Un « système » qui, comme au temps de la dictature, ne prend pas la jeunesse tunisienne en considération. La révolution, dont ils ont pourtant été les premiers promoteurs, n’est tout simplement pas arrivée jusqu’à eux, nous disent ces Tunisiens. Leur horizon semble, hélas, toujours immuable, et leur désir d’évasion, toujours aussi grand. Les ressorts de la révolution sont pourtant toujours là. La société civile tunisienne est aujourd’hui bien plus forte qu’il y a dix ans. Mieux structurée autour d’ONG efficaces, telle Bawsala, qui lutte pour plus de transparence au sein de l’Assemblée, elle est l’aiguillon d’un champ politique incapable pour l’heure de répondre aux aspirations des Tunisiens. En Tunisie, aujourd’hui comme il y a dix ans, c’est bien la société qui incarne l’avant-garde. Sa mobilisation ne peut être ignorée par un pouvoir qui se sait de plus en plus faible. La période d’ici aux prochaines élections municipales sera à nouveau […]

La Révolution, toujours vivante, Pierre Puchot



En cette période électorale, le “devoir citoyen” d’aller voter se conjugue à toutes les sauces et à tous les statuts. Mais sait-on seulement ce que veut dire être citoyen ? Si on se contente de la définition donnée, être citoyen c’est avoir des devoirs et des droits au sein d’une citée donnée. Or depuis janvier 2011, on ne nous parle que de devoirs, ce que nous nous devons de faire pour aller vers un soutien inconditionnel à l’ordre imposé : celui d’aller voter pour légitimer le garant de ce dit-ordre, celui de s’engager dans le mieux-être du pays en agissant, souvent de manière bénévole, dans des actions “citoyennes” pour palier aux manquements du dit-ordre, ou celui de payer des impôts pour permettre à l’ordre de financer son assise sur le citoyen. Cercle vicieux de la soumission, premier pas d’une dictature démocratique où chacun tisse avec allégresse la corde qui lui lie les poignets, menottes faites d’exigences partagées devenues évidences, et contre lesquelles il devient impensable de lutter. Mais où est donc la clef de ces menottes ? Où sont donc nos droits de citoyens ? Où est notre droit à la santé ? Celui à l’éducation ou à l’information ? Où est notre droit à la transparence des dépenses publiques ? Notre droit au rassemblement, à la Culture ?Notre droit à une Justice équitable, notre droit d’être dans l’individualité qui est nôtre ? Sommes-nous contraints de n’être que citoyen dans le devoir d’épauler l’Ordre établi ? D’alimenter de notre soumission active ce que Rousseau appelait le “contrat social” imposé par nos politiques, d’appuyer l’intérêt général édité par Ennahdha et Nidaa, parce que ceux-ci sauraient mieux que nous-même quels sont nos besoins ? Celui qui, toujours selon Rousseau nous “oblige à être libre” ? Est-ce qu’être citoyen c’est se soumettre à la volonté du pouvoir en place, sous couvert d’un intérêt général qui ne serait en réalité que l’intérêt de l’Ordre ? Un intérêt qui leur serait « utile » comme l’était le vote qui a mené Sebsi à Carthage ? Non, car être citoyen c’est penser avant tout à l’intérêt collectif et non à celui du pouvoir qui est différent du nôtre. Être citoyen c’est informer et s’informer, car il ne peut y avoir de liberté sans conscience et que la conscience citoyenne se forge à coup de réflexion. Être citoyen c’est oser demander “pourquoi” et oser répondre “non” lorsque cela dessert intérêt général. C’est exiger que le travail pour lequel les élus sont payés soit orienté vers le mieux-être de tous ou, le cas échéant, imposer par n’importe quel moyen leur démission. Être citoyen c’est être le garant de la Démocratie à travers des actions et des plaidoyers, c’est pointer du doigt les dysfonctionnements du Pouvoir et, par n’importe quel moyen, pousser celui-ci à prendre le chemin pour lequel il a été mandaté. Être Citoyen c’est penser au collectif, car les besoins de l’autre aujourd’hui peuvent être les nôtres demain. Le Pouvoir établi est entre les mains d’Hommes non citoyens puisqu’ils […]

Qu’est-ce qu’être Citoyen ?


 Le monde des mortels a connu bien des horreurs. Tant de massacres engendrés par une espèce avide de pouvoir. Les frontières sont les preuves probantes et incontestables du mal qui a été fait, des plaies ouvertes imprégnées par le sang versé. Ce sang coule à flot à la surface de notre Terre Mère. Le petit peuple est toujours sacrifié afin d’asservir une poignée de dirigeants. En vérité, les masses sont volontairement gouvernées par des Etats voyous. Quant a l’Etat central qui occupe cette fraction de la planète, il outrage un président ni mort ni vivant. Un Etat militaire, qui au détriment du peuple, clame l’islam comme religion et bannit toute forme de liberté de pensée ou d’expression. Cependant, contre toute attente, il autorise le droit de culte qui peut-être reconnu ou non ! Cela va des humeurs de ce même Etat schizophrène, entièrement responsable du nivellement de tant de générations. En effet, ce système empêche toute forme de progression. Dans l’ambre, le combat continue au cœur de ce berceau qui maintient à flot nos vies souillées par des lois sordides, contradictoires et complètement  révoltantes. Des lois imposées à chaque citoyen et citoyenne qui n’ont aucun sou pour graisser la patte aux gros ventres qui ont usurpés ce territoire qu’ils nomment « Algérie ». Corruption, oppression et abus de pouvoir sont à l’ordre du jour sur cette partie du globe. L’Histoire des peuples Nord-africains a été ensevelie sous les débris d’une postérité raturée. Le dur  labeur de l’état vers une aliénation certaine, s’est peu à peu enraciné dans les entrailles de l’éducation des enfants de demain.     Nous évoluons discrètement sous cet air vicié. Contraints de s’identifier parfois, sans nulle hostilité manifestée. On se sent profondément terrien. Sans appartenance aucune. On existe, mais toutefois fragmenté. En agonie, face à la presque vie imposée dans un linceul de conformité. Pris au piège de nous-mêmes, où chaque concept, chaque notion à créer ou à inventer, émane de l’Homme pour l’Homme afin de dominer ou de libérer. Bien des penseurs nous ont fait vibrer et bien d’autre enrager. Des civilisations aux connaissances et aux croyances d’hier,  jusqu’aux conceptions de demain. Tant d’avancées nous ont ouverts les yeux et tant d’enseignements nous ont rendus absurdes. Si un pas vers l’avant se façonne, cent en arrière sont inéluctables pour servir l’intérêt d’une minorité impitoyable et sans pitié. Tout précepte, toute croyance, théorie ou concept ne sont que des notions qui étendent vers une appartenance quelconque. Une forme de cellule intellectuelle qui conserve notre cerveau dans un état fœtal « conscient dans l’inconscience ». La soif de domination de certain propulse d’autres sur une vague d’insurrection.     Depuis le début de l’Histoire de l’humanité, l’Homme a clairement démontré que notre espèce est le cancer qui range sa propre chair. À défaut de changement,  la nature reprendra ses droits. Car esclave de ses propres créations, il court vers sa propre destruction mais aussi, de milliers d’autres. L’urgence est universelle. La  révolution d’aujourd’hui est de RENAÎTRE, de mettre en place une  alternative toute a fait nouvelle, […]

Le cimetière des vivants, fédération anarchiste algérienne




  Avec son « mais foutez nous la paix quand même MERDE «  jeté à la figure d’un journaliste français en mars 2015,  lors de la visite de François Hollande, et son tristement célèbre  » barra rahazz » de novembre 2014, Béji Bey avait donné le ton : Les journalistes, moi je leur pisse à la raie ! Les scandales se suivent et se ressemblent, car personne n’a le droit de remettre en question le Bey de Carthage. Un choix s’offre alors aux organes de Presse : redevenir les courtisans qu’ils étaient ou se battre contre le despotisme du vieille acariâtre. Durant les mouvements sociaux de la première semaine de janvier, les deux clans se sont opposés : Les journalistes réprimés, arrêtés, harcelés comme en témoignent les communiqués des différentes ONG pour la liberté de la Presse Communiqué de la FNACC : « […] Michel Picard, correspondant français de RFI, qui couvrait la visite du président tunisien Béji Caïd Essebsi à Ettadhamen, à l’ouest de Tunis. Les policiers lui ont d’abord interdit de discuter avec les personnes rassemblées pour l’inauguration d’une maison des jeunes par Béji Caïd Essebsi. Le journaliste s’est donc éloigné pour mener à bien ses interviews. Un homme, refusant de décliner son identité, l’a saisi par le bras et l’a emmené près d’un véhicule de l’armée. Après avoir attendu 15 minutes sans obtenir aucune information, le journaliste a décidé de reprendre son travail. Plus tard, alors qu’il s’apprêtait à partir, une voiture de la Garde nationale l’a interpellé. Au poste, Michel Picard, dûment accrédité par l’Etat tunisien, a dû répondre à des questions concernant le fait qu’il était non accompagné. Si l’échange est resté courtois, le journaliste a dû signer un document en arabe, sans traduction officielle, avant d’être autorisé à partir [….] ». Communiqué de Reporter sans frontière  décrivant les pressions sur les journalistes et l’arrestation de Mathieu Galtier : « Ces violations de la liberté d’informer commises par des représentants des forces de l’ordre sont inadmissibles pour un état démocratique comme la Tunisie, déclare Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement les manifestations qui ont lieu actuellement dans le pays. Nous appelons les autorités à ne pas entraver leur travail.” Communiqué d’Amnesty International Les sites dits « médiatiques » comme Tunisie Numérique qui s’est illustré par son instrumentalisation de l’information :   Sauf que voilà, les journalistes étrangers ( peut-être quelques journalistes tunisiens également) sont des journalistes professionnels, avec une déontologie, une éthique et avec internet la diffusion de l’information est telle, que le fait d’acheter la collaboration des médias numériques ne suffit plus au vieil homme de Carthage pour influencer l’opinion. Soit, reprenons les bonnes vieille méthodes de Ben Ali  !   1. On remet l’ATCE en place pour encadrer voire acheter les journalistes étrangers    2. On accuse le Presse étrangère de vouloir mettre le chaos dans le pays   3. On censure !   Alors oui, il y a eu une journée de la colère de la Presse en Tunisie suite aux agissements de Béji Bey et […]

La Presse en Tunisie, entre collabo et déporté difficile d’y ...


Né d’un triste constat, quant aux chiffres constants du chômage dans la région du Grand Tunis, Vision Solidaire est un projet visant à sortir les jeunes de leur situation sociale précaire, de les éloigner des risques de délinquance voire de terrorisme, de leur apprendre un métier d’avenir et d‘améliorer l’image des quartiers difficiles en Tunisie. Ce projet a été mis en place par  La Maison de l’Image, un lieu indépendant dédié à l’image, sous toutes ses formes: photographie, vidéo, cinéma et nouveaux médias. A la fois lieu de rencontre, un espace de formation et de résidence pour les artistes, le lieu était prédestiné à accueillir ces jeunes en quête de qualification et  d’estime. Le projet a été financé par la Fondation DROSOS, qui a  pour mission de permettre aux personnes en situation précaire de mener une vie dans la dignité. Un appel à candidature a donc été lancé le 17 mars 2017 et 30 jeunes âgés de 20 à 28 ans ont pu bénéficier grâce à la maison de l’image à une formation qualifiante.  A compter du 18 janvier 2018, cinq formations sont proposées : La photographie :Les participants à cette formation seront préparés à devenir des professionnels de la prise de vue, du tirage et de la retouche photographique. La formation leur apportera un bagage technique solide permettant à la créativité de s’exprimer pleinement. La vidéographie :Les participants à cette formation aborderont l’ensemble des techniques de la vidéo. Elle leur permettra de maîtriser l’intégralité du processus de production d’un film : tournage, montage, mixage et diffusion afin d’être autonomes et opérationnels très rapidement. L’infographie et design graphique:Les participants à cette formation seront aptes à conceptualiser et créer des produits de communication allant de la conception d’identité institutionnelle, de supports d’information à la création d’emballage. L’illustration et animation 2D : La formation permettra aux participants de maîtriser les différentes techniques des bases traditionnelles du dessin ainsi que la maitrise des outils contemporains de création.  Les participants à cette formation auront un profil de créatif et de technicien de l’image fixe et animée afin de travailler dans différents domaines allant de la conception de livres jeunesses, couvertures d’ouvrage  jusqu’à l’animation 2D de différentes images numériques tels que les décors, personnages, objets. Webdesign et design interactif :Les participants à cette formation seront capables de réaliser des sites et des applications web ergonomiques avec un graphisme professionnel et des langages de programmation adéquats. Suite à la formation, un accompagnement dans l’insertion à la vie professionnelle leur sera accordé grâce aux partenaires de la Maison de l’Image. Les participants à la première promotion sont actuellement en stages dans des organismes partenaires de la Maison de l’Image (Tunivisions, Tuniscop, Digital Mania, Propaganda Production, Ideo, Fares JemaiStudio, Al Jaseera, Tunis Afrique Presse.) Tous sont pratiquement assurés d’obtenir un emploi à l’issue de leur formation théorique et pratique. Certains se sont déjà distingués en  remportant des prix, notamment, Nesrine Maalem, lauréate du prix catégorie réflexe des 24h photo organisé par le club Photo de Sfax en août 2017 ainsi que Sarra Khammouma, Noureddine […]

Vision Solidaire : ART, professionnalisation et avenir


Alors que la B.C.T. a décidé de mettre les préservatifs sur la liste des produits de seconde nécessité, nous avons décidé de vous offrir une petite histoire de la capote. Ainsi si vous avez une panne lors de vos ébats pourriez vous combler le vide avec une discussion autour du condom. Ce sont les égyptiens qui, en premier, ont décidé de couvrir leurs bites avec un étui de lin, momifiant ainsi leur pharaonique membre dans l’espoir de tenir les maladies d’Anus-bis loin de leur sexe en érection. Tout au long de l’Antiquité, où les orgies étaient monnaies courantes, nous retrouvons des représentations ma foi fortes intéressantes quant à l’utilisation de ses protections de tissus que l’on devait laver après chaque éjaculation. Mais c’est en Asie, autour du X éme siècle, que l’on va commencer à joindre l’utile à l’agréable. En Chine, le préservatif, en papier de soie, sera huilé pour pénétrer la chair offerte de nos jolies petites chattes aux yeux bridés, quant au Japon (où la taille de l’engin n’est pas connue pour être comparée à un Katana) ce sont des capotes en écailles de tortue, les Kabuta-Gata, qui seront utilisées. Ces godemichés creux, s’enfilant tantôt sur la queue tantôt sur le doigts, ajoutèrent une rigidité somme toute appréciées par les Geishas avides de plaisirs solitaires. « Demum cum coiverit ponat supra glandem et recurrat praeputium » Bravo ! vous venez de lire un extrait du premier article scientifique consacré à la capote. Si on traduit ces mots barbares de Fellope  » c’est seulement lorsqu’il aura des rapports qu’il le place sur le gland en faisant revenir le prépuce », on se demande quel est le mode d’emploi pour les verges circoncises. En velours, en lin ciré ou en boyaux d’animaux – d’où l’expression « Je veux juste que tu puisses kiffer jusqu’à l’aube, donc vas-y monte sur mon Saint Denis funk » ( NDR ah non, merde, ça c’est Joe Star, excusez nous pour cet égarement) – la fashion week du Condom a fait les beaux jours des tapis rouges des cours d’Europe. Mais comme le dis l’age « le plastique c’est fantastique », merci donc Monsieur Goodyear qui produisit la première capote en caoutchouc, suivit de Monsieur Mc Intosh dans son usine d’imperméables. Produit économique et écologique puisque lavable et réutilisable, le préservatif était garanti 5 ans. Il avait donc de longs jours devant lui ( ou de longues nuits, tout dépend comment on prend la chose). Société de consommation oblige, le préservatif va vite devenir un objet à usage unique dans un contexte où le SIDA devient le mal du siècle et où tout comme en Tunisie, aimer peut être fatal ( non non nous ne reviendrons pas sur l’affaire du bisou)  » Gant de vénus »  chez Shakespeare, ou  » sac à peau de Venise » pour le Marquis de Sade, les métaphores ont jalonné les ébats littéraires et ont fait le tour du monde « capotes anglaises », « frensh letters » ou « Der Pariser », des lits adultères. Cependant de toutes les expressions qui ilustres ces quelques […]

La petite Histoire du préservatif



Parce que la Tunisie est au bord de la faillite. Parce que les tunisiens ne mangent plus à leur faim. Parce que le pays est gouverné par des séniles et des incompétents. Parce que la reconstruction du pays sera plus dure si on laisse faire. Pour toutes ces raisons , nous appelons à la désobéissance civile . La désobéissance, comme acte public non violent décidé en conscience, contre les lois imposées par le gouvernement tunisien s’impose aujourd’hui, nous appelons à une insurrection pacifique des consciences, c’est à dire la non soumission au modèle qui nous est imposé par un gouvernement bâtard composé d’obscurantistes et de pseudo progressistes. L’Histoire de la Tunisie est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Le Tunisien ne s’est jamais hissé au rang de citoyen. Au fond toujours les mêmes procédés, la même injustice sociale, le même régionalisme, les mêmes politiques économiques, et toujours les mêmes têtes au sommet de l’État. Nous voulons la dignité, comme l’a voulue notre première révolution,  c’est à dire la valeur publique qui doit lui être conférée par la République. Nous voulons la dignité et nous croyons son existence incompatible avec le pouvoir tunisien en place, qui s’est « réconcilié » avec nos bourreaux d’hier et les éternelles forces de l’obscurantisme.   Arrêtons de lutter contre toutes ces lois  qu’ils nous imposent, et dégageons les définitivement.   Le temps n’est plus à la parole mais à l’action.   Le pouvoir est entre nos mains, notre responsabilité citoyenne ne peut se limiter à mettre un bulletin dans l’urne, on ne peut laisser notre pays à la dérive, il faut agir avant qu’il ne soit trop tard : Qu’est ce qu’on attend ?    Waterman

Edito 14.01.2018


Je pense que je suis arrivée à un point de dégoût et de mépris envers ceux qui ne veulent toujours pas nous écouter et sont encore obstinés à nous écraser, que je n’ai plus mais alors là, plus du tout la moindre envie d’argumenter ou d’expliquer mes propos. Autrement dit, fhemetou wala yedekom ! C’est bon ! Basta ! On s’en fout royalement et on vous emmerde en long et en large ! Vous savez quoi ? Nous n’allons plus attendre vos soutiens ni vos  approbations ! Et vous savez quoi ? Crevez ! Ça sera mieux ! Et en silence aman ! Assez de chialer pour des bourdes dont vous êtes les premiers responsables !  Crevez ! Ça sera votre seul vrai sacrifice aux générations futures ! Je suis sérieuse rahou, nous ne voulons plus, mais plus jamais nous voudrions continuer à débattre avec vous, sourds, connards, têtus et trouillards. Oui vous qui nous avez gavés de  » La démocratie « ,  » La constitution »,  » La transition politique « ,  » Le gouvernement d’union nationale « ,  » le consensus mon cul « ,  » La réforme de l’intérieur « ,  » La résistance civique « .  Et quand on vous dit, ils vont nous enculer, vous répondez en balbutiant : Mais elle serait quoi l’alternative ?! Nous n’avons pas le choix ! Vous fermez les yeux et le coeur et vous vous obstinez à rester dans vos repères de perdants et de looser !  Eh bien, l’alternative est que je vous emmerde tous car vous n’allez, de toute façon, pas comprendre. Nous vous avons appelé à soutenir le peuple. Au lieu de ça, vous avez soutenu les partis politiques. Nous vous avons prié de maintenir la pression pour réformer la police, la justice, l’économie, l’éducation, l’environnement … par le terrain et le travail collectif. Vous avez préféré les cafés politiques enfermés à huit-clos à théoriser sur la révolution et à rédiger des manifestes politiques dont personne, à part vous, pourrait deviner l’utilité. Nous vous avons déclaré notre amour de la révolution ! Vous nous avez jeté les pierres de la transition politique ! On vous a tendu la main quand nous avons occupé le Bardo pour sauver ce qui reste à sauver. Vous nous avez tourné le dos sous prétexte de l’urgence vitale d’expulser les islamistes du pouvoir. Et vous avez fait quoi après ? Vous avez troqué notre révolution contre votre passé puant à l’image de vos idéaux moisis.   Nous vous avons pardonné ! Nous vous avons rappeler la Rue et les exigences de s’organiser autrement et sans hérarchie et individualisme. Vous vous êtes moqués de nous ! Vous nous avez traité de révolutionnistes et d’adolescents qui n’ont pas les pieds sur terre ! Et encore une fois, nous vous avons donné une leçon de discipline, d’horizontalité, d’engagement désintéressé et de dévouement infaillible aux revendications révolutionnaires ! #ManichMsamah en est le parfait exemple ! Et vous ? Qu’avez vous fait pour sauver la révolution? Bande de trouillards, de conservateurs, de dogmatiques, […]

#FechNestanew #Mkarza : le dernier coup de gueule !  


Les classes ont été stratifiées mais la lutte des classes n’est pas devenue archéologique. La finance a érigé la bourgeoisie en mur de l’apartheid face à ceux qui ne rentrent pas dans le rang : pauvres, marginaux, fous, immigrés, réfugiés, sans domiciles… En un mot, les Autres. Pour le bourgeois, deux tâches essentielles ont été assignées à la naissance et lui ont été ingurgitées par l’hypercapitalisme à travers le sein de la cellule familiale (qui n’est autre qu’une cellule cancéreuse pour les libertés individuelles).   1 – La tâche du colon. Les empires ont utilisé les européens pour coloniser l’Amérique en lieu et place de ses habitants originels les amérindiens. Les sionistes ont utilisé les juifs pour coloniser la Palestine en lieu et place de ses habitants originels les palestiniens. L’hypercapitalisme utilise la classe moyenne pour coloniser autant de territoires qu’elle peut en lieu et place de leurs habitants originels ceux qui ne rentrent pas dans le rang. C’est communément appelé gentrification. 2 – La tâche du vampire. Les bourgeois contre les aristocrates puis les bolcheviks contre les tsaristes. Mais l’hypercapitalisme est plus subtil, il invente un rempart à la colère populaire : la classe moyenne. Cet entre-deux classes qui suce jusqu’à la moelle la lutte des individus quand ils s’insurgent contre la finance qui les gouverne. C’est toujours communément appelé révolution. En réalité, c’est l’abolition de l’idée même de révolution dans les méandres d’une classe moyenne servile qui noie avant même son arrivée à la rive de l’hypercapitalisme, toute velléité contestataire.   Cette classe moyenne est tenue en laisse par le spectacle il est vrai mais pas seulement. Toute une organisation sociale sophistiquée fabrique des consommateurs dociles et aseptisés, des petits soldats involontaires et perpétuels. Cette organisation est dirigé par plusieurs corps de métiers d’autorité : soldats, policiers, juges, professeurs, psychiatres, urbanistes… Il n’y a pas que la prison qui soit une prison : les écoles, les asiles et les rues le sont tout autant. Ce sont là les avant-gardes du fascisme hypercapitaliste. L’individu est dés la naissance noyauté par le capitalisme à travers la cellule familiale (qui n’est autre qu’une cellule cancéreuse pour la liberté individuelle).   Sur quel mode opère l’aliéné de classe moyenne ? Sur l’accumulation. Multiplier ce qu’on peut autant qu’on peut de n’importe quelle manière qu’on peut. C’est la doctrine de base. Aucun sens au clonage biologique puisque les êtres humains sont devenus des clones sociaux. Car l’aliéné de classe moyenne est lui-même une accumulation du même pour la finance. La bourgeoisie est l’armée de réservistes de la finance mondiale. La révolution ne pourra s’accomplir que si elle s’attaque en tout premier lieu à la bourgeoisie locale, avant même la finance mondiale.   Le même sens dans la même rue dans la même pensée dans le même corps. Ordre des choses.   Rien ne peut se produire si ce qui se produit n’est pas comestible, c’est-à-dire commercialisable, par le Capital. Puis rejeté, c’est-à-dire déféqué, par le Capital sur la voie publique. Le masque de Guy Fawkes est la propriété […]

MANIFESTE DESTRUCTIVISTE




Quel ne fut l’étonnement des auditeurs de Radio Med, mecredi 10 janvier , en entendant un ministre, et donc un représentant du gouvernement, s’exclamer  » le couffin du citoyen contient des légumes et de la viande. Que faut-il faire ? Y ajouter du vin ? «  Ce mépris assumé, raillé sur les réseaux sociaux, et comparé à celui de Marie-Antoinette demandant à ce qu’on offre des brioches au peuple soulevé, fait écho au silence tout aussi méprisant du Président de la République qui pour une fois depuis sa prise de fonction brille (par son absence) ! Mabrouk Korchid, girouette politique à l’ascension fulgurante et inexpliquée ( non non non, son ascension n’a rien à voir avec le fait qu’il était l’avocat de Baghdadi Mahmoudi et/ou qu’il a tous les dossiers relatifs à la torture des yousséffistes ! Ah ces adeptes de la Théorie du complots !?) ne ferait-il pas mieux de s’occuper des pots-de vin que de s’occuper du vin que le citoyen verse ou pas dans le verre déjà bien rempli du TAKRIZ ambiant ? La rédaction tient quand même à signaler que l’augmentation sur les boissons alcoolisées ne touche que la production locale puisque le prix des liqueurs importées est aujourd’hui en deçà des prix de 2010. Sans doute le buveur de Celtia ou de Koudia est-il plus apte à être surtaxé que le buveur de Chivaz… Une chose est sûre, Mabrouk Korchid devrait mettre de l’eau dans son vin plutôt que de l’huile sur le feu….et s’il n’en a pas, TAKRIZ sera heureux de lui offrir une bouteille de « légmi », compte tenu que l’alcool à 90, comme tous les produits pharmaceutiques, est également hors de prix ! Allez, sans rancune, et SANTÉ !   La Rédaction

Mabrouk Korchid : du parpaing, du vin et du Boursin


Tout commence sur un écran, le même qui est en face de vous actuellement et sur lequel vous êtes en train de lire ces lignes. Deux jeunes tunisiens, convaincus que leur pays est devenu libre et que l’on peut s’exprimer sans craindre le bâton, se questionnent, et laissent libre court à leurs pensées. Une caricature de trop, celle du prophète Mohamed, et tout bascule :  Plainte, harcèlement, condamnation, tortures, incarcération pour l’un et emprisonnement pour l’autre, le cauchemar se fait réalité dans une Tunisie muselée par une société où obscurantisme et l’intolérance se font lois. Aujourd’hui c’est l’exil, la solitude et le poids de traumas qu’ils ne pourrons jamais lester. Actuellement la Tunisie est dans une impasse, car personne n’ose proposer. Tout le monde se tait ou, au mieux, suit. On craint intérieurement de se faire railler sur les réseaux sociaux, on a peur que nos propos choquent et que l’on se fasse pointer du doigt comme un agitateur qui pourrait être accusé de « trouble à l’ordre public ». Car nos pensées sont publiques et les réseaux sociaux sont devenus ordre, rigidité et bienséance. Mais qu’est-ce que l’ordre public ? Juridiquement, cela signifie la « paix publique », or nous pouvons nous interroger quant au bienfondé de cette extension à  la pensée et l’expression de celle-ci. Est-ce que le seul fait de réfléchir peut porter préjudice à la quiétude imposée ? Ne sommes nous pas libre d’ébranler les postulats que nous imposent la société et déposer nos réflexions sur un profil qui nous appartient ? L’ordre public est-il l’euphémisme d’une morale puritaine ou celui d’une pensée unique ? Nous avons eu depuis 2011, de nombreux exemples de censures parées de légitimité : une censure populaire ( l’affaire Nadia El Fani, l’affaire Nesma et Persépolis, l’affaire radio Shams) et une censure étatique ( l’arrestation de Hamadi Khlifi ou celles de blogueurs appelant à la destitution du pouvoir en place ) et une auto-censure latente qui bride toutes création tant spirituelle qu’artistique. Jabeur Mejri a osé affirmer qu’il pensait différemment, il a osé croire que sa pensée lui appartenait et qu’il pouvait échanger sur son réseau social avec des personnes qui souhaitaient échanger sur un sujet aussi sensible que l’Islam et la croyance. Il a osé et en a payé le prix fort. TAKRIZ va, pour la première fois s’auto-censurer et se taire, pour le laisser parler :      

Liberté d’expression, arrestation et torture, témoignage de Jabeur Mejri



Chers confrères, Camarades de la honte, Vous êtes encore une fois sur la sellette en battant tous les records de l’indignité. Mieux encore que nos tarés de politiciens, vous savez endosser le froc du flic et du bigot et êtes prêts à lâcher vos petits dictateurs de poche, quand la nation a besoin de votre servilité. Je vous écris pour vous dire que je comprends votre combat et vous félicite d’avoir tombé tous les masques de la vilenie et de l’indigence. Comme vous, entre la honte qui sauve et la honte qui tue, j’ai choisi d’être un caméléon. J’ai écrit à gauche, puis au centre, ensuite à droite et jusqu’aux extrêmes confins d’un pouvoir pervers et sans nom. Je suis même allé, comme vous, dans toutes les télés pontifier le public avec les foutaises et les âneries que mes maîtres me dictaient. Comme vous, j’ai bien été recadré par mon connard de boss pour promouvoir n’importe quelle tendance, pourvu que ça nous rapporte à tous les deux. A vrai dire, c’est bien plus confortable que de trimbaler des convictions, des principes, de la déontologie et autre objectivisme ringard. Bref, tous ces boulets, dont nous nous sommes délestés, vous et moi, assez tôt, dieu soit loué, à l’école du pseudo-journalisme d’où nous sommes sortis bardés de diplômes ès-filouterie. N’est-ce pas qu’ils nous font rire nos concitoyens, une poignée d’emmerdeurs, qui réclament de nous, à cor et à cri, de reconquérir notre quatrième pouvoir pour faire contre-pouvoir. Quelle farce!  Ce pouvoir, nous l’avons bel et bien ; et il se trouve même que nous en abusons pour multiplier les possibilités de manipulation, de fraude, d’escroquerie et de tromperie. Car nous avons des intérêts à protéger, des affaires à réaliser et des profits partagés avec nos complices de toujours. Plus extraordinaire encore, notre fameuse révolution a permis de diversifier nos pourvoyeurs et nous réservons, maintenant, nos faveurs à ceux qui ont les moyens de les payer. Désormais, nous sommes l’incarnation de l’arrogance, de la duplicité, de l’opportunisme et de la corruption. Et croyez-le, personne ne peut nous enlever ce pain béni. Quant à la critique, retournons-là contre les insoumis, cette poignée de losers qui galèrent jour et nuit, mais qui finiront bien par lâcher prise. Camarades de la honte, serrez les dents et unissez les rangs de notre belle servilité. Avec mes salutations scélérates Signé Journaleux

Lettre ouverte d’un journaliste à ses confrères de la Honte


  L’acte du don d’organes et de tissus provenant de donneurs  vivants, liens primaires (généralement la famille), et cadavériques, liens secondaires, qui peut être qualifié de don moderne est un acte altruiste sans  aucune contrepartie. Il est  non lucratif  et ne transgresse pas le code de l’éthique.  Il demeure pour l’instant l’unique alternative thérapeutique  susceptible de sauver des vies humaines, et est considéré, à ce titre, comme étant un acte généreux , noble et héroïque permettant d’assurer la continuité de la vie. Au delà des mots Il est évident que, compte tenu de la dégradation prévisible de la santé du client dialysé et ce  malgré une certaine amélioration durant la dernière décade, de la qualité des soins, le  recours à la greffe est l’unique  alternative autorisant la continuité de la vie et par là , la reprise d’une vie normale. Or dans notre pays qui a entamé les greffes rénales en 1986, c’est l’amer constat d’échec de ce flou programmatique relatif à la politique de sensibilisation au don d’organes auquel on fait face depuis plusieurs années, avec une pénurie importante d’organes face à une demande sans cesse croissante et ce eu égard à l’augmentation de l’indicateur de la moyenne de vie du Tunisien d’une part et de  l’augmentation des centres de dialyse d’autre part. Aussi, la dangerosité de cette réduction progressive de l’offre  et les répercussions financières sur la caisse de la CNAM  doivent obligatoirement  inciter tous les intervenants à redoubler d’efforts, autorité publique, structure d’appui et associations citoyennes  à approfondir la réflexion sur les  causes profondes de cette absence d’adhésion  du citoyen Tunisien au don d’organes.   Causes fondamentales de cette grave pénurie La complexité structurelle de la société tunisienne, ouverte voire progressiste  pour certains , recluse ,conservatrice et recroquevillée sur elle-même  pour d’autres .Ce conservatisme allié à  l’absence d’une production  culturelle  qui a été isolée du processus du développement global ont fini par engendrer  une certaine indigence  culturelle. La  répression politique exercée  depuis plus de six décades sur la population , la frustration générée par le culte de la personnalité, l’élitisme grégaire et l’atmosphère  dépressive qui s’en suit ont aggravé de fait  le quotidien des gens La prise en main de la communication par la courroie de transmission du parti état à travers  l’élitisme a  également grandement desservi les intérêts  d’une frange de cette population malade La désinformation volontaire ou involontaire de la part de certains milieux médicaux, paramédicaux et médiatiques due au manque de formation continue Le refus  depuis des décennies, en raison de l’architecture verticale et répressive du pouvoir politique , de l’autorité publique et de l’élite d’ une politique participative par le biais de la consultation et de la concertation a  laissé le Tunisien toutes catégories confondues confronté à une aridité informationnelle. La négligence volontaire de la communication et de l’information, préférant glorifier les responsables en amont plutôt que les acteurs en aval (associations citoyennes d’insuffisants rénaux, de greffés et de donneurs) La faiblesse de la dynamique du site Web dynamique  du Centre National de […]

Don d’organes, l’inertie du gouvernement




Tout le monde le sait, le premier ambassadeur d’un pays à l’étranger est l’Artiste. Quelle plus belle vitrine que l’Art dans toute sa splendeur. Tout le monde le sait, oui, tout le monde sauf l’ambassadeur, son excellence Monsieur Poivre d’Arvor, qui était sans doute trop occupé à monter sur les dromadaires de la brigade saharienne.  Aaaah sacré chameau cet Olivier ! Nous sommes et resterons un pays du tiers monde tant que nos artistes seront traités avec autant de mépris. Skander Beldi, alias Flask est un jeune artiste tunisien. Designer-produit, caricaturiste, créateur, peintre, ce touche à tout, boulimique de travail, a préparé ses valises pour se rendre au vernissage de son exposition parisienne à la Fondation de la Maison de Tunisie. Ces petites nénettes des années 80, punk à souhait, se faisaient une joie de faire du shopping avec leur papa, et de choisir leur petites tenues sexy ( qui d’ailleurs ont fait l’objet d’une censure sur mosaïque FM). Oui mais voilà, si les œuvres ont été accueillies à bras ouvert, ce fût à bras d’honneur que l’artiste se vit refuser l’accès à son vernissage, et à bras le corps qu’il tenta de trouver une solution à cette situation plus qu’humiliante, tant pour lui que pour la Tunisie. Skander Beldi, ses valises et ses crayons à la main, a tout essayé pour obtenir le visa d’entrée à sa propre exposition. Il a pris contact avec TLS , prestataire de service qui « recueille pour le compte des autorités françaises, les demandes de visas » un peu partout au Maghreb, et il lui a été répondu que ces derniers ne pouvaient rien faire et par un courrier standard lui expliquaient qu’il devait attendre pour obtenir un rendez-vous. Soit peu importe, il va contacter la Fondation de la maison de la Tunisie : renvoyé vers TLS. Appeler l’institut français de coopération « allez voir TSL ». TLS, TLS, TLS mais qui sont ces gourous qui décident si oui ou non un artiste à le droit de participer en temps et en heure à un événement auquel il est convié, son événement de surcroit ?  Le 28 juin dernier, l’ambassade de France en Algérie a mis fin au contrat avec TSL suite à la gronde des usagers, à quand un changement de prestataire pour la Tunisie ? Au final Skander Beldi a regardé l’inauguration de son vernissage par le biais d’une vidéo postée sur FB, bien installé sur son canapé Tunisien. Toutes ces nénettes étaient à Paris, en train de faire la fête, orphelines mais applaudies. Restait à coté de lui sa fille chérie, poupée qui fait  » non non non non non », un peu comme TLS. Fort heureusement, Skander Beldi prend avec beaucoup de distance cette mésaventure et répond, sur TAKRIZ magazine avec beaucoup d’humour que au final, c’est pas lui qui a raté quelque chose, mais bien les français  !

Artiste ? va te rhabiller !



Napoléon avait qualifié Talleyrand (Noble de Naissance, Prêtre et ecclésiastique de formation, révolutionnaire en 1789 et député de la constituante, Ministre sous Napoléon, et Président du gouvernement à la restauration de la royauté) de « tas de merde dans un bas de soie » Quel rapport avec nos politiciens de la Tunisie post révolutionnaire me direz-vous ? Et bien il suffit de regarder et de voir que l’ensemble de nos politiciens pour voir qu’ils sont aussi opportunistes que Talleyrand …. Nous sommes gouvernés par des tas de merde dans un bas de soie : Des intégristes islamopithèques ont su accaparer tous les rouages de l’état et retourner leur vestes pour s’accrocher au pouvoir en faisant des pseudo-concessions sur leurs principes charia-istes… en donnant à la société civiles des miettes de libertés et en imposant en catimini un mode de vie axé sur la sacro-sainte morale arabo-musulmane… sans oublier de servir leurs propres intérêts (pécuniaires) avec un enrichissement qui laisse rêveur … Capitalisme rime avec islamisme, « qatarisme » et « turkisme » … Une gauche décapitée à la mort de Chokri Belaid qui s’embourgeoise et se disperse comme en témoigne le relooking Brushingué de la poupée qui ne sait que dire « Non » .. Le mari de l’autre. Un recyclage des anciens RCD qui sont devenus subitement de vrais révolutionnaires sous la conduite d’un commis de l’état bourguibien et benaliste… apparemment ce parti a su récupérer toute l’ivraie et laisser le bon grain …. Et nous voilà, pauvre peuple, en 2018, pressé comme des citrons par une fiscalité oppressante et tondus par une inflation galopante … Nous voilà en train de payer le train de vie du gouvernement et des gouvernants qui lui ne se sent pas concerné par la crise… l’austérité, non mais !!!? il y a le prestige de l’état à maintenir …. Nous voilà en train de rembourser via nous impôts, les dettes du pays contractées depuis 2011 … Nous voilà en train de payer les 200 000 emplois fictifs créés par la troïka islamopithèque … Nous avons les dirigeants que l’on mérite (me direz-vous)… Mais savions nous que nous allions trouver de la Merde dans le bas de soie de la révolution de la brouette ?   Le Grand Masturbateur TAkRIZ  

« De la merde dans un bas de soie »



العشق الصّافي لا يرعوي ولا يرتدع ولا يتراجع أبدا . حتّى متى ادلهمّت الأنواء وتلبدّت الظّلمة وقلّ الرّفيق. العشق الصّافي لا يقهروإن عسر.  وحبّ الكلمة عشق. ومثله احترام الذّات وتمسّك المتمسّك بإنسانيته وبميزة المواطنة الحقّة .ومثلهما الإصرار على أن تكون الدّنيا قوس قزح. والحرّية عشق أو لا تكون. عشق مطلق. الحرّية – كما زقزقة العصافيركما إيناع الزّهر والشّجر كما النّسائم العليلة كما انبثاق البهرة فجرا كما الأغنية يصدح بها راع في خلاء لاخلاء فيه أو صيّاد ليس حوله سوى الموج – لا ترتدّ أبدا .  وحدهم الطّغاة والمتسلّطون والجهلة وعديمو الضّمير والطّمّاعون لا يفقهون أنّ العشق لا يملى ولا يفرض ولا يوجّه ولا يغلب وأنّ الحرّية لا تقنّن ولا تؤطّرولا تعلّب ولا تحبس. والكلمة تحلّق وإن خال الجلاّد أنّه قصّ أجنحتها والنّبت الطيّب حتّى من الصّخر يخرج والسّماء البديعة لا ترهبها السّجون تطلّ عليها من عليائها والفكر حتّى في أعتى المنافي ينساب ويمرح. أينما كنتم اصخوا بأسماعكم تغنّي لكم الحرّية  وحين تضيق بكم أنفاسكم اصمدوا ولا تنساقوا لليأس تمدّ لكم الحرّية يدها وكلّما خفت النّور في أعينكم لا تهلعوا بل ركّزوا يزوركم قوس قزح ويحضنكم الجمال الجميل ويهدهدكم غد بديع.  ذات كتاب قال « سارق الطّماطم » : « اقرؤوا ما كتبه سجناء النّظام – شعرا وشهادات وروايات ورسائل – تجدوه سحرا وعواطف وصدقا وسكّرا وانطلاقا وتجديفا في بحار رائقة وشمسا حنونة وسلامة طويّة وعزما صلدا وانعتاقا و…حرّية. يعاتبنا كثيرون كلّما قال أحدنا إنّ في السّجن حرّية. ويسخط علينا البعض الآخركلّما صرّح مصرّح منّا أنّه لم يعش البتّة الحرّية كما عاشها سجينا. أنا عاشق البحر والنّسائم الرّقيقة وبسمات الأطفال وشهقات اللّذّة المتقاسمة والآفاق الّتي لا يحدّها حدّ وبراءة جيلنا أو غباءه أصرّ الّلحظة على أن أؤكّد أنّنا لم نعش الحرّية كما عشناها مطلقة سجناء لا قبل السّجن ولا بعد التّحرّر منه . »          

اقرؤوا ما كتبه سجناء النّظام


نساوين متخمرة مع ضرب الطبل تحل شعرها و ورا ظهرها تلوي يداها ,رجال تتبسم و اتبع بعينها, كلمة سر تتڨال لكل مرا في وذناها, يسخن الطبال اطيح تشطح على ركاباها ,هبطت تتصكك مصروعة ريڨتها تكشكش , داخت هزوها للمقصورة في عرڨها تفور حطوها على سرير اخضر,مسبولة تتبسم تڨول حضرت ساعتها, زادة شوية و خرجت تحكي عملى جدها اللي جاها وصلت للموت وهو اللي حياها حال العام ،حال العام فتڨت و زادت في جبتها سمنت وولو حاسدينها على زيادتها، كثر الحديث على هالمرا و قصتها ، فتحت وزيانتة و زادة من تحت المحرمة خرجت قصتها ، سفسراها طايح على كتافها ، ولات في العام تزور مرتين ايد فاها ڨفة فاها شمعات و بخور و يد فاها ڨصعتها، تمشي تضوي شمعة و تهبط دمعة، تدعي لجدها يطفي النار اللي ماكلتها ، تعدات اشهر تستنى و جدها ما جاهاش في المنام، و المرا زادت نارها و ليعتها،بقات الفام تتحدث على سبتها…و الناس، تڨول فوڨ جبح نمال دافنين صرتها، ناس تڨول ماكنها جن و ناس تڨول هبلوها وهي مزالت حليلتها ، المرا لا عندها لا و لاد و لا تلاد براسها تبوم ، راسها راس جارتها يغزلو في الصوف ،و كل خطرة و خطرتها ، على مجبد اك العام وهي تحكي على السبة تڨول صارت اليوم, توا سبعة سنين لتالي.. عرضهم راجل درويش و ناس تڨول بوهالي سلم و ڨالهم قاصدكم ,رجل لڨدام و رجل لتالي ,ڨتلو تحدث، ڨالها، جاتني فلانة بنت فلان في المنام و سماها و الحكاية جابها بالمعنى و الحديث علاها ، فجعت المرا و غيمة سماها و شدتها غصة و بكت بكية و جارتها معاها، سكتتها و مسحتلها دميعاتها في حوالاها …و شدت الطريق وين تهزها رجلاها شڨت الخلى كيما تحدثو علاها، و مزال الحديث ما وفاش… شڨت الخلى وين تهزها رجليها و ثوب الكتان اللي كان ساترها عراها و المشي حفاها ودماها وصلت لدوار فارغ فيه كان النساء و الا الصغار و الكبار اماليه في الحج غايبين، دخلت علاهم مفجوعة تاعبة عطوه حويرات تمر ڨتلهم ما عيني في تمر شربيت ماء تكفيني، و مضرب و غطى يدفاها بعد ما للمشي و البرد كلى عظامها غطوها و بقات عزوز منهم تحت راسها فايقة معاها، تسمع فاها وكل مرة هاك المرا تهتري في المنام تجبد اسم، و تتحدث بالصوت علي صار علاها.. و تهبط دميعات في هاك الليلة.. و العزوزة تتصنت تسبح و تسمع و تميل في راسها، على كل حكاية جبدت علاها حلت فمها تشمتت و من بعد غاضتها خممت خممت.. في كل كلمة بالكلمة و في كل خطرة و سبتها و هالمرا مزالت صغيرة و حليلتها، درويشة و بوهالية و صغرها هازها ، حمل الزمان و الرجال الصبر!! ، برا الصباح رباح ،هكا مخها شار علاها، هزتها عيناها رڨدت و زادت حلمت باها، فاقت مع الفجاري تهف لجارتها عود حطب في يداها، تنادي يا فلانة كانك فايقة اطلعيلي نحموا العافية، ڨلتلها هاني جاية الحزام واحل في الخلال تخبل.. هاني جاية ما نبطاش ڨالتلها هاني سبڨتك..، بقات العزوزة تطيب في كسرى، حظرت لولة مع خلوط جارتها ڨلتلها عڨداك، لڨم النار بالوڨيد، نخطف روحي لظيفة نفطرها، هزتلها كسيرة و شوية زيت هذاكا اللي قادرين عليه.. فيقتها و مدتهملها ، ڨلتلها كول هز […]

« دوائر -قطرة اخرى من « دوائر#


عمرو في الأربعين هكّاكة. يخدم خلّاص في الكار. على روحو. حشّومي و عاقل و ما يدور بحال حدّ. خدمة، قهوة، دار. حياتو تردّد حاصيلو. اما هو ديما يتبسّم. كان القرابلو يعرفو الّي هو ماهوش يتبسّم أما هذيكة الفورمة متاع فمّو. ما تتبدّلش. يظهر يتبسّم اما هو في الحقيقة يحبّ يردّ. عندو 5 و الا 6 صحاب اهوكا يقابلهم بعد الخدمة. صحابو ديما يلعبوا بروموسبور، محنة عندهم. كان هو ما يحبّش و يقلّهم نعرف ما عنديش زهر و ما نوكّلش صغاري الحرام. كلّ يوم يهبّط كابوسان يقعد يترشّف فيها بالصوت و يتلمّط في كعبة كعك و يتفرّج في صحابو يلعبوا في طرح رامي. يكرّزهم بالأصوات الّي يعمل فيهم بفمّو، اما حتّى واحد لا ينبزوا على خاطرو زوّالي و معقّد. و كيف يتجبدوا أوراق البروموسبور، الجماعة ياخذوا رايو. الماتشات الّي يسألوه عليهم ماخذة في الخاطر ديما يجيو صحاح. اما شيّ! قلّك ألف و أعوذ بالله! نعيش بالحلال و نقعد على قدّي و ما ندورش بالقمار. امشي يا زمان و إيجا يا زمان، نهار كيف النهارات الكلّ، قاعد على الكرسي متاعو في الكار، طلعت بنيّة حليلتها. صحيح معرّس و عندو صغار و يحبّ يعيّشهم بالحلال، اما الغريزة متاع التحرّش الجنسي ديما تغلب. حاصيلو شدّ هاك الطفلة يغمزلها و يخرّج في لسانو و يدخّل فيه بسرعة باش يفهّمها الّي كلّ شيّ ممكن و لا حياء في الكار ياخي مشاتلو تجري و وقفت قدّامو و صاحت « شبيك سي الورل تخرّجلي في لسانك ؟ تحبّ نطيّحلك قدرك و إلّا كيفاش ؟ فهّمني تراه ! » ياخي صاحبنا قعد يغزرلها ساكت و يتبسّم. بالطبيعة هي ما في بالهاش الّي هذيكة ملامحو الطبيعية ياخي عطاطو داودي حتّى من سائق الحافلة مالقدّام سمع صوت الخدّ متاع زميلو. صحيّبنا مسكين ترهوج و بدى يصيح وحدو « قدّم الوسط فارغ! قدّم الوسط فارغ!  » و هو يتبسّم. عدّى النهار الكلّ على الحالة هاذي لين كمّل الخدمة. تعدّى للقهوة يكركر في ساقيه، يلقى صحابو مكرّزين. ما سألهمش علاش مكرّزين، اما هوما سألوه على الصوابع الّي في وجهو. قلّهم مالنّوم. حتّى واحد لا كذّبوا كيف العادة على خاطرو زوّالي و معقّد. في وسط القعدة فهم من كلامهم الّي هوما مكرّزين من قانون المالية و الزيادات و كيفاش الدنيا غلات. زاد كرّز. و بينو بين روحو قال كان جيت مركانتي راني ما كليتش صرفاڤ من عند فرخة اليوم. و قرّر وقتها باش يلعب بروموسبور اوّل مرّة في حياتو. صحابو اعوام يلعبو و حتى مرّة لا ربحوا، اما هو لا تفهموا خايف يخسر و الا خايف يربح. الحاصل شرى ورقة و عمّرها كيف ما جا. من غير تخمام. يعرف الّي هي حكاية متاع زهر موش امور ثقافة. و ما قال لحتّى واحد الّي هو جرّب. صبّ الوريقة و طفّى الضوّ. و قعد يستنّى في نهار الأحد. نهار الأحد فاق مالنّوم بعد ما خرجوا النتايج. ما حبّش يشوفهم قبل ما يعمل قهوة و كعكة بالصوت. بعد ما كمّلهم و خلّى شطر القهوة في شلاغمو، يلقى روحو خاسر. و من نهارتها ماعادش ينجّم يتكلّم. بكش. اما قعد يتبسّم. صحابو ما فهموا شيّ. قالو لازم من قانون المالية الجديد، و الّا مالكعك Hamza BOUALLEGUE

إنّ بعد العسر




Si la révolution Tunisienne a influé sur bien des choses, elle a surtout enrichi le vocabulaire des internautes de mots, nés des médias occidentaux, et que tout un chacun s’est mis à employer de ci de là, sans trop comprendre ce qu’ils signifiaient. Nous avons eu tour à tour «  transition démocratique », «technocratie », mais surtout « maçouni ». Ah les francs-maçons…..qui n’a pas vu des triangles se dessiner de manière perverse dans l’architecture urbaine, ou qui n’a pas cherché à voir dans une photo, un signe que X ou Y appartienne à cette loge ? Connue de tous et pourtant tant fantasmée, la Franc-maçonnerie  s’est retrouvée au centre de tout débat stérile. La spontanéité des événements de décembre 2010 et janvier 2011 a été telle qu’il fallait bien trouver une explication autre que le « Takriz » généralisé….alors pourquoi pas les francs-maçons ? Après tout, ils ont bien été aux premières « loges » de la déclaration d’indépendance des USA et de la Révolution française, alors pourquoi pas nous ?  Si la Franc-Maçonnerie tunisienne est une réalité qui remonte à la fin du 19émé siècle et qui perdure de nos jours sous des vitrines associatives tel que l’ATUGE, qu’en est-il réellement ? Les francs-maçons influent-ils sur les débats actuels de société et sur nos politiques ? Autant de questions soulevées ici….mais commençons par le commencement…il était une fois….la Franc-Maçonnerie tunisienne : Qu’est-ce que la Franc Maçonnerie ?   Il n’y a pas de définition de la Franc-maçonnerie. Chaque obédience (courant) a sa définition qui lui est propre. La Tunisie étant, comme nous allons l’expliquer, sous l’influence du Grand Orient de France (GODF), nous allons ici présenter leur définition propre, inscrite dans leur constitution « institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, qui a objet la recherche de la vérité, de l’étude de la morale et la pratique de la solidarité » . Née au XVIIème siècle en Ecosse, la Franc-Maçonnerie est une organisation qui regroupe en son sein des personnes parrainées par leurs pairs afin qu’elles travaillent à des réflexions sur la société dans laquelle elles vivent. Sorte de « Think-tank » hiérarchisé au sein duquel un rite initiatique et symbolique (NDR : on s’amuse comme on peut) permet à chaque membre de gravir les échelons et de se la péter lors des repas de famille. Théâtralisée (accessoires, mise en scène, costumes et répliques au vocabulaire pompeux) les réunions maçonniques ont attisé la curiosité, puis la convoitise. Au fils des ans, c’est devenu « the place to be » et le droit d’entrée, sans couple exigé, se faisait de plus en plus sélectif, jusqu’à devenir une réunion de riches et de puissants (NDR : si tant est que l’on puisse différencier les deux). Durant ces réunions, se discutent des thèmes tels que la laïcité, l’égalité des sexes, la fraternité, et les notions de liberté. Mais ce qui s’y discute surtout c’est le moyen d’imposer les idées maçonniques au sein de la (des) société(s).  « Liberté, solidarité, laïcité, égalité »….tiens tiens….cela ne vous dit rien ? Non, Bouazizi n’était pas franc-maçon, attendez ! Allons-y étape par étape. Oui, la franc Maçonnerie existe en Tunisie, mais […]

Franc Maçonnerie en Tunisie : Entre mythe et réalité


 » Au combat de chaque tunisienne et de chaque tunisien à vivre dans un pays libéré des ténèbres de l’obscurantisme et des griffes des suceurs de sang. » Othman BABA Enterre ta colère sous mes paupières Lourdes de rêves et de sommeil, Enfouis tes cris aux creux de mes mains Tendues vers demain, Tendues vers l’oubli Et que danse sur le seuil de ma nuit Ton courroux légitime qui agite tes reliefs Et soulève tes vallons. Mon corps d’enfant vieilli avant l’âge trouve refuge Dans les soubresauts De ta poitrine que soulèvent les vents Porteurs de mauvaises nouvelles. A l’aube, ta danse deviendra cavalcade Et tes cris hurlements. Ton souffle chaud et assoiffé embrasera le firmament. Le soleil naissant sera le messager  de ceux qui ont perdu la voix De ceux qui ne trouvent pas la voie De ceux qui ici et là-bas Bousculent les certitudes Piétinent les tabous Et abhorrent la mauvaise foi Ma tête est assez large pour abriter Le silence, le vacarme la vie et le trépas Ma tête est assez large pour concevoir un pays   Où tarissent les larmes Où s’éclipsent les peurs Où fuse la joie Et renaît l’espoir. Ce pays, le mien, le notre Étendue immense de cris, De colère, De courroux et de désarroi On le refera !   Othman Baba , Peinte et poète à qui l’on doit notamment « Peut-être » aux éditions Badaoui, mêle plume et pinceau pour donner sa vision du monde.

La nuit ne sera pas longue, de Othman Baba



La classe politique titube, elle est ivre de pouvoir et d’argent. Remplissant son verre (et contre tous) à grand pot de vin qu’elle se verse dans une bacchanale où s’excitent MAUV-iettes et MAUV-ais. Se servir, plutôt que servir son pays et son peuple, telle est la devise de ces élus déviants, ou devrais-je dire d’Evian, qui font mine-éral d’être des saints-nourriciers. Le politicien ment en toute sincérité de son ignorance et de son incompétence, et il « Satan » à une légitimité validée par les élections et les érections d’un peuple en admiration devant les costards trois pièces qu’aucune presse ne veut tailler, par peur d’être privé de financements opaques, comme le son leurs collants de pute médiatique.    Les politiques,  cons-d’hommes et de femmes, sensés nous protéger, sont perforés, et les réservoirs de la BCT vidés ! Ils ne nous donnent qu’une illusion de Démocratie. S’il faut neuf mois pour mettre bas un bâtard issu de viol, il aura fallu 7 ans pour que la Tunisie se réveille d’une épisiotomie contre-révolutionnaire qui a déchiré tout espoir d’avenir. Le subtil vote utile s’est introduit dans la chair pour lacérer de sa lame rouillée, souillée, vielle de 92 ans, la mémoire de ceux qui sont morts pour la Patrie. Antiquités sorties du formol afin de rassurer la ménagère de plus de 50 ans, la Pro-stat et les pro des stat’ erronés dirigent et s’érigent en sauveurs, violeurs des droits, de l’Homme qu’ils ne sont pas eux-mêmes. Dans cette orgie politique, tout est songe et mensonges : illusion et désillusion d’un électorat désabusé car abusé, baiser de Judas sur le mont tunisien des oliviers où le Tunisien a été livré, pour 50 ducats, à ses créanciers.  Crucifié sur la potence de la maigre pitance, le Tunisien va-t-il renaitre ? Est-ce la résurrection de la Révolution ? La réponse est de savoir si le Peuple va tendre la deuxième joue après la gifle qu’il a reçu en pleine gueule… Tite Souris TAKRIZ

Politique : orgie et trahison


Avant toute chose, nous voulions remercier tous nos lecteurs et les amis de Takriz qui ont contribué anonymes ou pas au site. Nous leur souhaitons une très bonne année en espérant que le « takriz » diminuera, surtout chez les jeunes tunisiens.   C’est ainsi que nous avions commencé notre édito en décembre 2002, ainsi que nous l’avions commencé en décembre 2009… Nous voilà aujourd’hui en 2018, 20 ans se sont écoulés depuis que TAKRIZ a jeté sur la société, la politique et le net tunisien son premier pavé. Nous sommes en 2018, et le TYREX du net tunisien s’est une fois de plus réveillé sous les coups répétés de l’injustice et de l’oppression. Durant ces 20 années, nous avons vécu, tour à tour, 10 années de censures, 3 années de lutte acharnée qui ont mené vers le départ de Ben Ali, et vers ces 7 dernières années de désillusion. Dans une Tunisie, restée au temps du jurassique, nous avons connu la prison, la torture, l’espoir d’une Révolution aujourd’hui volée et d’un rêve de liberté confisqué par les dinosaures édentés de la politique. Mais nous nous réveillions pour crier notre étouffement ! En écrivant ces mots, j’ai une pensée pour mon compagnon de route, Foetus, qui, d’où il est, veille :  » Le Tyrex est de nouveau lâché, plus rien ne vas l’arrêter, tu verras, tu seras fier de nous ! Ceux de 98 sont là aussi, y’a Ptyx  et Corsai!re qui reprennent le navire. » J’ai également une pensée pour toi Zou. Oui, je sais, les tunisiens aiment à t’appeler « Ettounsi », mais pour moi, tu resteras « ZOU » à jamais. Paix à ton âme l’ami Zouhair, si TAKRIZ est encore vivant, c’est aussi pour toi, pour qu’à jamais tu restes ancré dans la mémoire des internautes, et dans le coeur des tiens. En écrivant ces mots, mes pensées s’envolent vers tant de choses: colère, tristesse, envie et rage…tout se bouscule. Je n’y arrive pas, c’est trop d’émotions pour moi. Alors je dirai juste : A Vous  A ceux qui sont morts A ceux qui veulent vivre A ceux qui espèrent A ceux qui crèvent A ceux qui rêvent     Waterman

Édito 20 ans


  Dans les coulisses d’un sortie en salle de Vent du Nord ,prévue pour le 10 janvier en Tunisie et le 28 mars en France, Walid Mattar,  se confie à TAKRIZ magazine. Entre ses débuts et les problématiques qui lui tiennent à cœur, Walid Mattar est revenu sur certains événements qui ont pu secouer l’actualité post 14 janvier dans le monde du cinéma, et sur la liberté acquise des scénaristes et réalisateurs grâce à une Révolution qui se veut à la fois politique et numérique.          Vous êtes tombé dans le cinéma comme Obelix, quand vous étiez petit. Dès 1993, vous adhériez à la fédération tunisienne des cinéastes amateurs. Qu’est ce qui vous a poussé vers cette voie  ? Disons que ce fût un pur hasard. J’avais 13 ans, et lorsque que l’on n’aime ni les cafés ni le rami, il n’y a pas grand chose à faire sur Hammam Ilf. Au collège et je suis tombé sur une affiche, accrochée par Kamel Staali alors membre de la F.T.C.A. du club  Hammam Ilf , et qui proposait un stage photo. J’ai foncé tête baissée pour rompre avec l’ennui dans lequel j’étais confiné. Après ce stage, nous avons eu une formation cinéma, puis nous avons réalisé quelques films collectifs. En parallèle, j’ai effectué un master en productique, pensant en faire ma carrière et lassant le cinéma une place de hobby, de passion. J’ai travaillé un an comme ingénieur, mais j’ai très vite compris que cela n’était pas possible. Après le Cuirassé Abdelkrim, je suis partie en France pour parfaire mon expérience pratique d’une licence en art du spectacle : j’ai appris sur le tas et j’éprouvais le besoin d’approfondir mes connaissances artistiques en histoire du Cinéma, en analyses de films… Depuis je n’ai jamais quitté cette passion dévorante. J’ai enchainé les boulots alimentaires et la réalisation de documentaires, de court-métrages pour en arriver aujourd’hui à mon premier long métrage  Vent du Nord. Vos films sont les photographies d’une société en lutte contre le système en place.  Est ce que Hervé, perdant son travail après la délocalisation de son usine en Tunisie, les jeunes du Cuirassé Abdelkrim, ou le héros de Baba Noël, migrant économique contraint d’accepter les impératifs d’un marché du travail (parallèle), sont une seule et même personne ? Même si il n’y a pas de thème récurrents dans mes films, il est vrai que les protagonistes sont souvent des personnes issues du bas de l’échelle sociale. Ce sont des gens qui luttent contre l’injustice, une lutte pour la survie, des personnes qui se battent contre un système absurde. Ce système, puissant, rogne les libertés pourtant fondamentales de chacun. La liberté de travailler, c’est le cas d’Hervé dans Vent du Nord, la liberté de se déplacer, inscrite dans la déclaration universelle des droits l’Homme dans le Cuirassé Abdelkrim, la liberté de rendre heureux ses enfants dans Offrande. La liberté de vivre dignement, tout simplement. Vous avez exercé, en tant que scénariste et réalisateur, avant et après 2011, avez […]

Un vent du Nord souffle sur Takriz : entretien avec ...



Ne tournons pas autour du pot : je suis contre la liberté d’expression. La liberté d’expression, ce n’est pas du tout dans nos traditions, c’est nul, ça fait de la peine et ça ne sert à rien. L’être humain vit beaucoup mieux sans. Depuis qu’on a inventé ce truc, les gens s’expriment sans cesse, à tort et à travers. Et pour quel profit ? Quel résultat ? Franchement, vous trouvez que la condition humaine s’est améliorée ? Depuis qu’on a le droit de parler, on a avancé en matière de connaissance de la Vérité ? Non, Michel Foucault l’a dit avant moi, à chaque fois que l’on emploie un mot, on trahit la chose qu’il désigne. La parole est douloureusement imprécise, vague, réductrice. À bas l’expression en toute liberté ! Vive le silence, et vive la parole contrainte, aliénée, opprimée. Au moins, avec cette parole là, on sait à quoi s’en tenir : elle est fausse et dangereuse, mais elle ne raconte pas partout qu’elle apportera son salut à l’humanité. Je distinguerais deux catégories de personnes à qui la liberté d’expression cause des torts considérables : d’une part, il y a ceux qui parlent, librement donc, sans réfléchir. Ils sont terribles, ceux-là. Vous les connaissez, ils disent n’importe quoi, sur n’importe quoi, et en général ça dure longtemps. En plus, depuis le début du Vingt et unième siècle, ils ont Facebook, Instagram et tout un tas de merveilles qui permet à leur expression libre de s’épanouir et de résonner au-delà du cercle de leurs intimes. Et puis, il y a ceux qui réfléchissent avant de s’exprimer. Ceux-là, qui sont sans doute minoritaires, sont encore pires. Ils passent leur vie à se demander ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. Toujours à l’écoute de leur voix intérieure, ils alimentent la machine à produire du blabla. Quelle perte de temps. Pourquoi les gens s’expriment-ils ? Pourquoi ne gardent-ils pas leurs impressions et leurs opinions pour eux ? Je sais que vous pensez que je plaisante, que je fais l’intéressant. Après tout, je fais des films, et en plus on dit que ce sont des films « d’expression personnelle ». J’ai réalisé Le Fil, qui est vraiment un film libre dans son expression. Et puis Je ne suis pas mort, pareil, et L’Amour des hommes, je ne vous parle même pas de la liberté d’expression qu’il y a dans L’Amour des hommes. C’est vrai. Je bats ma coulpe. La vérité, je vous l’avoue, c’est que je cherche à atteindre un idéal de cinéma sans aucune liberté dans l’expression, et je n’y parviens pas pour le moment. J’essaierai encore. Un jour, je le sais, j’arriverai à faire un film qui n’exprimera rien du tout. Ce jour-là, je crois, j’espère, je serai remarqué à Hollywood. Joyeux anniversaire à TAKRIZ qui a fait beaucoup pour la liberté d’expression en Tunisie ( en croyant bien faire, je crois). Mehdi Ben Attia  

Liberté d’expression par Mehdi Ben Attia


                                                         « Joyeux anniversaire takri-Z »   Je ne suis pas le seul, à sentir en ce moment plus que jamais, la fin approcher… Au bout de 7ans de Révolution, la boucle semble vouloir se boucler. Les jeux sont presque faits. La machine infernale affiche un bouton « ON » et on attend juste le doigt de celui qui va appuyer en premier. 7ans, car il fallait bien que ce soit sous le signe du sept de Zaba, que les mauvais et les « mauveux » se passent discrètement le mot. Cette congrégation s’est enrichie de l’ennemi d’hier, Zaballah qui participe désormais au festin, et qui compte le moment venu, avec toute la bande réunie, lapider, massacrer, et se débarrasser une bonne fois pour toute de cette salope de Révolution. Alors qui va appuyer en premier ? Je veux croire encore, comme sous Ben Ali, que la plume, le verbe et le rire auront raison de la machine. Alors, comment ne pas voir la renaissance de Takriz en ce moment trouble de l’Histoire, comme un signe inespéré et un clin d’œil de Boukornine. Et comment moi, modestement moi Z, qui a été biberonné au lait de Takriz, il y a 20 ans, pourrait rester indifférent à cet appel du ventre. Takriz m’avait aussi ouvert ses colonnes et c’est sous ma première plume anonyme de PTYX, que j’avais rédigé mes premiers coups de gueule. Que ce 20ième anniversaire de la naissance de Takriz, soit le catalyseur de la nouvelle guerre que nous déclencherons contre la machine. Aux anciens et aux anciennes, ceux et celles qui sont rentrés dans les rangs, ceux et celles qui de guerre lasse ont abandonné la lutte, c’est le moment ou jamais de rependre le e-maquis !

Clin d’oeil de Z pour les 20 ans de sa ...


Figure de la révolte populaire qui a soulevé le bassin minier de Redeyef en 2008, vous avez été arrêté et torturé. Vous avez connu l’exil, un statut de réfugié politique….Gardez vous encore des séquelles de cette période ? De la détention et de la torture qui ont duré de longs mois passés dans une dizaines de prisons tunisiennes, je garde encore des blessures difficiles à cicatriser, d’autant plus que mes tortionnaires sont toujours en liberté. Toutefois, j’essaie de transcender ces épreuves à travers l’écriture. J’essaie de construire au fil des dernière années un témoignage, sous une forme plutôt littéraire, qui me permettrait à la fois d’affronter mes traumatismes les plus refoulés et d’éclairer les gens sur cette facette obscure et sadique du régime de Ben Ali afin que la vérité ne soit pas oubliée. Quant à mon expérience en tant que réfugié politique, elle fut riche, extraordinaire car elle m’avait permis de rencontrer de formidables camarades et amis en France, qui m’ont soutenu et aider à retrouver petit à petit mon équilibre. Le moment crucial de ce parcours d’exilé fut, après maints rassemblements de soutien au soulèvement révolutionnaire, la manifestation du 15 janvier 2011 à Paris: nous étions plus de 30 milles dans la rue à fêter la chute de Ben Ali, à peu près le même nombre de personnes qui s’étaient soulevés à Redeyef en 2008. En mai 2014, alors que vous manifestiez devant le ministère de l’intérieur pour la libération de l’un de vos camarade de lutte vous avez été violemment battus par les forces de l’ordre. Qu’en est il aujourd’hui de la plainte qui a été déposée ? Je n’avais pas déposé de plainte à cette occasion. Nous faisions campagne pour la libération de notre ami et camarade et il ne fallait pas détourner l’opinion publique de notre cause principale. Je me suis donc contenté des excuse d’un cadre du Ministère de l’Intérieur. Par contre, j’ai bel et bien déposé une plainte contre mes tortionnaires de 2008, le procureur a entendu ma déposition mais plus de nouvelles depuis deux ans. Je patiente sans désespérer, je ne suis pas prêt à lâcher l’affaire ! Aujourd’hui vous vous évoluez sur les planches dans une pièce de Jaafar Guésmi. Est ce que l’art est pour vous un nouveau mode de lutte ? Expliquez nous. Jaafar m’a plutôt offert l’opportunité de travailler avec lui en tant qu’assistant à la mise en scène. C’est une expérience extrêmement riche en enseignements et en rencontres humaines et artistiques qui dure depuis plus d’un an. La pièce est aussi bien une allégorie poignante de la Tunisie postcoloniale, avec ses complexités et ses contradictions, qu’une réflexion sur le quatrième art, où le jeu théâtral d’une pléthore de comédiens brillants s’allie aux performances fabuleuses de jeunes circassiens tunisiens. Une tournée internationale est prévue pour 2018. Sinon, pour répondre à votre question: je crois que l’art, et l’art vivant en particulier est un mode de lutte et un catalyseur de conscience collective très important. Il permet de communiquer […]

Moudhafer Laabidi se confie à TAKRIZ



Que dire lorsque l’on a rien à dire ? Que cette question me tombe fatalement dessus à propos de cette Tunisie bien aimée dont je conte tant et tant de fois depuis notre première rencontre en 2010 non pas les mérites- ils vont de soi- mais les injustices –elles ne vont pas de soi- n’est pas la conséquence que trop de mots ont été dits. Non. Tout- ou presque- pourtant a été formulé depuis 7 ans maintenant. Des théories qui verraient la main de forces crypto-américaines occultes derrière la chère Révolution à ceux qui pourfendaient la Troïka comme responsable des maux de la Tunisie depuis au moins la fin du monde ottoman (« Non non je vous assure Ben Jaafar n’a pas participé aux accords de Sykes-Picot » « Qu’est-ce que vous en savez l’islamo-gauchiss- avec deux S- vous vous ne vous rendez pas cooompte – avec trois O- de ce qu’ILS –en majuscule- font ? »), mes oreilles ont dû faire un tri héroïque de ce qui remontait au cerveau. Les palmes de la mauvaise foi étant remportées de main de maître par certains depuis Paris, il ne faut voir dans ma phrase précédente aucune pique à l’adresse de certains des meilleurs esprits de la banlieue nord de Tunis. La densité du commentaire post-révolutionnaire atteignant la couche d’ozone par concentration de forces contraires dans un espace pourtant réduit, poser une caméra revenait à créer un espace de respiration, de réorganisation possible et momentanée de ma pensée dans les chutes d’un évènement . Et surtout déjà percevoir que la lutte serait une course à l’épuisement. Voilà, c’est cela n’avoir rien à dire : commencé à être rattrapé dans la course à l’épuisement. D’une pensée qui tente de réorganiser le trop-plein du présent en 2011, me voici devenu entretemps un œil qui cherche en 2017 chez ses contemporains en Tunisie ce qui s’est peu à peu, sans que je n’y prenne suffisamment garde, ré-enfouit. Un peu comme regarder un poste de télévision éteint sous un portrait de BCE alors que la rue gronde d’un silence bruyant, et me demander quand j’aurai l’envie d’aller ouvrir la fenêtre pour écouter ce qui se passe dehors. Alors voilà, il me faut maintenant poser ma caméra dehors, filmer ce que je ne vois pas, le présent. Et attendre que l’image de l’avenir s’y incarne, un peu à la manière d’une photo dans son bain révélateur, et dont chaque touche se dessine bien avant de se compléter. Bref, j’observe, mais aujourd’hui je n’ai rien à dire.

Que dire quand on n’a rien à dire ?


    في التسعينات، كانت فمة قصة مصورة مصرية (أو كوميكس كيما يقولو غادي) إسمها « المواطن المطحون ». السيد هذا وضعيتو تالمون منيكة أصل، ولى يشبه لهيكل عظمي، ما عندوش معدة ومرمدينو في الخدمة وفي الشارع وفي حياتو الشخصية. هالمواطن المطحون هذا هو توصيف باهي ودقيق للمواطنين اللي عايشين ديكتاتورية. كتونسي كان يعاني من الديكتاتورية، مشكلة المواطنين المطحونين كانت أساسية عندي، خاطر المطحون ما يتكلّمش على حقو، المطحون بسهولة يولّي طحان والخليط يخلي صاحب الطاحونة أو زميمهم (الطحانة) عاملو بشرعو وينيك في البلاد والعباد.   فلسفيا، إنجمو نتسائلو :   من هم ؟ من وراءهم وماهي أهدافهم ؟ شكون جاء قبل ؟ المطحون والطحان وإلا زميمهم ؟ وهل أنو المطحون مسؤول على الوضعية متاعو وهل أن يستاهل الشلابق والبزق اللي ينيك فيهم كل نهار وهو يكشّخ ؟   المطحون زوز أنواع سيدي خويا. المطحون الأول هو مطحون جاهل، موش بمعنى سبّة، لكن بمعنى أنو ما يعرفش. المطحون ما يعرفش اللي البوليس ما عندوش الحق يدخلو زوز صوابع خاطر رشقتلو في العشية معد كاس نعناع أخضر. المطحون ما يعرفش اللي عرفو في الخدمة ما عندوش الحق يحل سروالو عليه ويتبول عليه بالواقفة منغير حتى سبب. المطحون هذا عادة ما يقلب العنف والتمرميد اللي هابط على ظهرو في مجالات أخرى ما عندها حتى علاقة بالمجال اللي يهز فيه في العصبة يوميا. مثلا، المطحون تلقاه مغروم بالكورة للطولة، ويكره أي جمهور موش تابعو، وتنجم تبدل الكورة بالدين مثلا، ويولي يكره جمهور الشيعة، وكيف يفد يتعدى يولي يحاول يطحن في مواطنين مطحونين أخرين، عادة ما يكونو مواطنات مطحونة، فيهبط على مرتو بالضرب، ويمرمد أختو خاطرها ممكن عندها صاحبا أما ياخو المصروف من عندها وهات من هاك اللاوي. المواطن المطحون موش عارف ربي وين مدّيه، وخاصة ما يعرفش اللي موش كان هو مطحون، هذاكا علاش ما يخممش حتى نهار باش يتلم مع مطحونين اخرين باش يوقفو زميم الطحانة عند حدّو.   المواطن المطحون من الصنف الثاني هو الصنف الخطير. هو الصنف اللي تالمون تشبّع بقيم الطحين والتكربيس وفهم اللي عادة ما المطحونين يبلّعو أفامهم وموش فاهمين أنهم هوما الأغلبية، هاذم يولي كيما يقولو الاخوة التروتسكيين « كومبرادور » ولا في أمريكا « الزنوج المناصرين للعبيد ». يعني، في عوض أنهم يفيقو على وضعهم، دورهم الأساسي يولّي أساسا إقناع المطحونين الأصليين أنو ما ينجموش يحسنو حالتهم، أنو « ليس بالإمكان أحسن مما كان »، و »ربي باش يعوضلهم على التمرميد »، أو المقارنات الفاشلة من نوع شوف الصومال ومسلمي بورما وإسكيمو دوز وإحمد ربي على ما عطاك. طبعا زادة فمة منطق التخويف والترهيب من أي محاولة تغيير، « رد بالك فلان توزّر » ولا « هذاكا تبعث وراء الشمس » خاطر تكلّم وفضح المستور، وإلا منطق « خلي أهل البلاء في البلاء ». المطحونين هاذم برتبة طحان مستقبلي باش تلقاهم زادة مع أي فكرة « عامة أو سائدة » كيما الإعدام وحق البوليسية في ضرب المجمرين وضد المثلية وضد وضد وضد. هدف المطحون هو أنو يولي طحان وأنو زميم الطحان يحسسو أن يفرق على المطحون العادي وأنو الطحين متاعو وصّلو باش يرتقي في سلّم الطحين.   نوصلو توة للختام والجواب على السؤال : أش نعملو مع دين ربّهم ؟ بالنسبة للمطحون الأول فالحل واضح : نيك حطلو أمبولة ضو في عينيه، عيّط عليه في أي فرصة، أقرصو من أحناكو (باش ما نقولوش بلاصة […]

ولا تقربوا المطاحن ما ظهر منها وما بطن


Maintenant que les ardeurs se sont calmées et que les esprits ont à priori repris leur bon sens, je souhaite revenir sur un épisode qui m’a véritablement marqué en 2017, à savoir la sortie de Tunis by Night et son rapport avec certains médias en Tunisie. Au-delà de la paternité de ce film, je souhaite m’exprimer en toute harmonie avec mes valeurs du respect et en toute adéquation avec une problématique qui a une grande importance pour moi : à savoir l’urgente question de la critique cinématographique dans les médias en Tunisie. Je me demande simplement ceci : Où est passé la véritable critique cinématographique dans nos médias ? Quand je parle de la critique cinématographique j’entends bien celle qui s’apparente de l’école francophone d’André Bazin, François Truffaut, Jean Collet… Jusqu’à Charles Tesson, Alain Bergala et Serge Daney. Une critique qui compose son verbe à travers la sensibilité artistique et la connaissance cinématographique. Une vision pénétrante à travers le prisme de l’histoire du cinéma qui va au-delà du cinéma pour rencontrer la sociologie, la philosophie, la psychologie, l’ethnologie et l’art dans toutes ses formes. Dans cette dernière expérience de Tunis by Night, j’ai été confronté en une très grande mesure à des : Donneur de leçons sans contenus. Des frustrés de la réalisation sans connaissance solide du sujet en question. Des émetteurs d’avis superficiels présentés comme vérités ultimes. Des accusateurs, dictateurs de gout, s’exprimant avec grand dégout. Des « Si j’étais à ta place… » Des « t’aurai du faire… » Des apprentis penseurs qui « pensent » comme si le fait de compliquer un propos en le rendant hermétique au lecteur, leur donne plus de crédit. Dans toute cette cacophonie médiatique sans résultats utiles ni vrai apprentissage, il fallait se contenter de la « grande » satisfaction de passer à la télé ou le « grand privilège » d’être interviewé pour un journal. Certains « critiques » ont pensés que j’avais du mal à accepter la critique.  La vérité j’adôôôôre la critique, comme dirait « Chouchou », quand elle : UNE CRITIQUE. Je n’ai pas besoin de dire que j’ai grandi avec « Qu’est-ce que le cinéma » de Bazin, « les films de ma vie » de Truffaut, « la création selon Fellini » de Collet  ni prendre en photo les piles des Cahier du cinéma, pour justifier ma connaissance des bases élémentaires de la critique cinématographique. Je reconnais qu’avoir simplement des références cinématographiques ne fait de nous un connaisseur, mais ne avoir une vraie connaissance approfondie fait de celui qui prétend exercer ce métier, un aventurier sans boussole ou un chimiste sans la table de Mendeleïev. Ce qui est surprenant dans tout cela, c’est la tribune qui est réservée à certains apprentis sorciers et à partir de laquelle ils jouissent de ce plaisir d’être des donneurs de leçons ou des juges d’instruction. Leur influence est malheureusement de taille, même si à force de répéter la même mélodie avec le même vocabulaire, la même tonalité, les mêmes terminologies, la même stratégie de dénigrement, les mêmes stratégies de glorification, elle finit par te donner la nausée tellement ça sent le faux et le […]

Critique ? Vous avez dit Critique ? par Elyes ...




Certes, la révolution dite du jasmin nous a apporté des libertés, dont la liberté d’expression, les régimes dictatoriaux nous ayant muselé durant plus d’un demi-siècle. Un acquis inestimable, et espérons-le irréversible. Mais faut-il se contenter d’une liberté institutionnelle, purement formelle ? Non, sans hésitation. C’est maintenant dans nos têtes qu’il faut la faire, la révolution. La vraie liberté n’est pas un cadeau tombé du ciel, c’est le fruit d’un long travail sur soi-même, d’une conquête intérieure. C’est briser la gangue de fer du formatage des parents, de l’école, de la rue et des copains, dans lequel on nous a enfermé depuis l’enfance, nous délester du poids des conventions sociales qui nous a écrasé. Dynamiter les préjugés, les tabous et les interdits, dont on nous a ligotés. La vraie liberté, ce n’est pas déblatérer, pérorer, faire le paon sur les écrans de télévision, après être passé chez le coiffeur pour se faire faire un brushing. C’est arrêter d’applaudir à se peler la paume des mains et apprendre à s’indigner, à s’insurger et à clamer son désaccord. Apprendre à décrypter la langue de bois des discours officiels, à retourner les cartes diffusées par les médias – nationaux ou étrangers – pour découvrir ce qu’elles cachent. Ignorer la doxa et son cortège de morale préfabriquée ( ce que Nietzsche appelait la moraline ) et fabriquer sa propre morale avec ses valeurs intériorisées. La liberté est le combat de toute une vie, exigeant vigilance et ténacité. On ne naît pas homme ( ou femme ) libre, mais on peut le devenir. 30.12.2017 Ali Bécheur

La conquête par Ali Bécheur


Vous savez, pour la plupart d’entre vous (pour les autres, c’est même pas la peine de leur adresser la parole), que les solutions aux problèmes de la Tunisie existent, pourtant, vous n’en parlez même pas ou les évoquez si peu, alors que la Tunisie va droit vers le mur de la cessation de paiement. Pour des raisons politiques, vous préférez éluder les problèmes, vous préférez naviguer en eaux troubles alors que le pays est déjà à terre, que la maladie, la faim, la misère, la haine, le suicide, l’exil et toutes les formes d’aliénation sont en train de croître de façon exponentielle. Vous savez qu’avec 400 000 fonctionnaires en trop, L’État est devenu un boulet pour le pays, mais vous ne faites rien pour crever l’abcès. Vous savez que le libéralisme sauvage va enrichir encore plus les riches, appauvrir les pauvres et éliminer cette classe moyenne qui à permis à la Tunisie de tenir debout. Vous savez qu’il suffit simplement d’une volonté politique réelle pour éliminer le terrorisme et relancer tous les secteurs de l’économie. Vous savez que des centaines de gros investisseurs veulent travailler en Tunisie et que c’est l’aveuglement du gouvernement et l’abominable mentalité de l’administration qui les éloignent chaque jour de ce pays. Vous savez que si vous ne le faites pas, de l’Éducation jusqu’à la Santé, tout va tomber en ruine. Vous savez que la corruption et la saleté ne sont qu’une question de discipline, une discipline que vous ne pouvez même pas appliquer à vous même ou à vos proches. Vous savez que les capacités de ce pays sont énormes, mais vous continuez à les ignorer, rendant fous les gens capables. Vous savez que ce qui cloche, c’est le mauvais esprit, la jalousie, les égos, l’envie, la méchanceté, la haine, la paresse. Mais vous perdurez dans votre hypocrisie et vos fausses certitudes, comme si tout allait s’arranger tout seul et qu’il ne s’agit que d’un mauvais cycle qui pas passer tout seul. Réveillez-vous, ouvrez les yeux, dans quelques mois, on ne pourra même plus appliquer les solutions qui sont aujourd’hui encore possible. Ce sera trop tard. Trop tard !

Lettre ouverte de Abdellaziz Belkhodja aux Politiciens



Tous les hommes naissent libres, s’exclament les défenseurs des libertés, alors que les humains naissent tous avec un cordon ombilical qui a servi à les faire vivre dans le ventre d’une maman, leur apportant nourriture et oxygène. Briser cette dépendance se fait en coupant le cordon ombilical avec une pince spéciale. Un acte violent qui provoque chez l’enfant le premier traumatisme et le plonge dans un état de détresse et de stress… C’est peut-être la raison pour laquelle on n’a jamais vu, depuis la création de l’espèce humaine, un nouveau-né, rire et applaudir sa venue au monde. Bien au contraire, ils pleurent jusqu’au spasme du sanglot, hurlent de tout leur corps et crient ouaaaaan, ouéééééén, et ce langage commun veut tout simplement dire : Eh merde ! je débarque chez les bruts, les bêtes et les méchants… Après des mois où il a mené tranquillement une vie intra-utérine aquatique, la première violation de la liberté ne se fait pas attendre : On va empêcher par tous les moyens ce bébé de pleurer, de communiquer et d’exprimer au bout de ses larmes son indignation… Un bataillon formé de la mère, du père, des frères et sœurs s’il y’en a, des infirmières, de la mamy si elle est encore en vie, du papy du côté du père, des cousines, des copines, des voisines, de la nounou qui va se faire des sous, et je ne sais qui d’autres… Un bataillon avec des hommes et des femmes, grands, forts et féroces qui s’agitent, s’excitent et des fois s’insultent pour stopper les larmes du bébé et l’empêcher de crier. ـ أميّ علاش يبكي؟؟؟… ـ استناني ساعة لاهية في راجلك ما عرفش يهزّو … شعرة لا قسملوا كرومتو… البهيم يقعد طول عمرو بهيم وكي تكثر عليه البهامة يتحوّل لبgرة… قتلوا أذنّلوا في وذنو باش يطلع مالذريّة الصالحة… قالي أناهو مالآذانات… نعرف كان متاع « الصلاة خير لكم من النوم  » وقتها نبدا مروّح مالسهرية… وتخلط الحماة يديها فارغة… والنافسة ينـّgز عليها قطّوس نفاس… وتاكل بعضها… وأك المولود الجديد يمرمطوا فيه من يد ليد… دزّولوا البزّولة في فمّو… دوّشولوا…. نشّفولوا … لعّقوه وقمّطولوا صىرّتو كيما يقمّطوا البيبيات الكل…  مشطولوا شعرو على جنب كيما الصغار الكل… رشّوه بالقوارص متاع الصغار الكل… علّقولوا مسّاك فيه خمسة وحوتة وحطّوا تحت المخدّة حصن الحصين كيما يعملوا العربان الكل… لبّسوه حوايج بلا لون… لا جوهري لا غبرة على خاطروا في كرش اموا كل ما تعمل écho يغطّي أعضاؤو التناسلية … كان يحبّ يطلع ما يشبّه لحتى حدّ وحتى شيّ…  كان يحبّ يطلع حرّ… فهم نهارتها إلّي الحريّة صعيبة وبحرها غارق وسومها غالي … يعطيوك إسم… وإنت ساكت… تكره مطعم الحليب… تشرب وإنت ساكت… ريحة القوارص تجيبلك الردّان… يفوّحولك وإنت ساكت… يلبّسوك على كيفهم… وإنت ساكت… يعطيوك ورقة وأقلام زيّانة ويقولولك صوّر … تخربش الورقة وإنت ساكت… وتكبر… وتقول توّه انّجم نبكي… تحشم بدموعك… نستنى حتى تسكّر على روحك بيت… وتبكي في الظلام… وإنت ساكت وتفرعن… وتولّي عندك راي وعندك موقف… يطرّد الليل النهار…وإنت ساكت ويمشي في بالك إلّي الحرية انّك تكون خارج زنزانة… غرفة توقيف… خارج السرب… السّيستام… خارج La pensée savante, intelligente, les règles, […]

L i b e r t é … Ce mensonge ...


Plus que jamais, le temps des raves est arrivé. La musique est résistance.  Résistance par le son.  Résistance à la médiocrité.  Résistance a la mort.  Par les fréquences que nous délivrons, nous artistes électroniques, nous bouleversons l’ordre établi de la morosité ambiante et de la léthargie stagnante. Nous avons un devoir de proposer une réponse a cela. Ceci est notre responsabilité.  Les vibrations sonores que nous proférons à l’audience sont notre arme et notre ode a la vie. Nous propageons nos sons pour que les gens dansent, pour qu’ils se sentent vivants. La danse c’est la vie et nous sommes les maitres de cérémonies.  C’est notre droit humain de faire écouter nos musiques et de les partager autour de nous. Nos fréquences sont notre réponse a ce monde et a ce pays que nous aimons. Notre pays, notre patrie, nos terres et nos espaces publics. L’espace public nous appartient. c’est notre droit citoyen et il est de notre responsabilité et devoir d’y propager nos fréquences qu’on passe tant de temps à sculpter et a choisir afin que l’audience en jouisse. Stop à la médiocrité des ondes commerciales. Stop à l’assujettissement à la publicité, au chiffre d’affaires et au taux d’audiences faites sur la médiocrité. Créons une révolution sonore sans attendre qu’elle nous soit autorisée. A nous de la prendre.  Il en va de notre dignité.  Il en va de notre existence. Créez des Raves.  Créez des lieux de fête.  Créez des espaces.  Créez des Raves. Rave ! The Soundboy TAKRIZ

Rave people, rave !


  Pour un parfait comploteur machiavélique super-puissant et capable de manipuler le monde entier, il n’y a rien de plus facile, ni de plus compliqué que de renverser un dictateur aussi insignifiant que zaba. Ah ! je le dis tout de suite : pour renverser zaba, un bon coup d’Etat classique, à l’ancienne, avec une équipe restreinte et une exécution rapide et furtive, aurait largement suffi. Mais pour les fayots du régime, qui continuent à porter la farine alors qu’il n’y a plus de blénali, c’est impossible que le gars dans lequel ils avaient misé leur froc et leur cul pouvait sauter en un mois comme un vulgaire l’un d’eux. Pour eux, c’est impossible qu’ils soient aussi nuls et que tout leur saute à la gueule sans rien voir venir, voire il se pourrait qu’ils aient été les idiots utiles de leur propre farce. Alors ils inventent une explication des débiles qu’ils sont : le complot selon leur dissonance cognitive de misérables lèches-trous-du-cul c’est un coup en 325 bandes sur 10 millions de boules et sans faire tomber la noire en même temps que la blanche. Voilà : le comploteur machiavélique super-puissant pouvait très bien allonger quelques zéros à une bande d’opportunistes parmi les chiens qui tournaient autour de leur clébard-en-chef et ça aurait très bien fonctionné. Mais il a préféré se dire : « Tiens ! Et si je faisais plutôt un plan complètement WTF qui pouvait foirer sur un rien et qui, s’il réussit, fera de la Tunisie une démocratie ? » Ah oui, Parce qu’en plus, c’est bien connu, les comploteurs adorent les démocraties et détestent les dictatures et régimes mafieux et crapuleux qui concentrent les pouvoirs dans une seule main de marionnettiste. Sérieux ! Un citoyen à Sidi-Bouzid se met le feu, son clan se vénère et déboule tout niquer. Les clans autour, qui sont tout aussi véners, se mettent à tout niquer aussi. Et comme il n’y a rien à niquer dans ce bled, à part le régime, alors c’est le régime qui se fait niquer. Forcément, zaba, qui ne veut pas que son régime se fasse niquer, envoie ses zombies en riposte et raconte à qui veut le croire qu’il combat des terroristes. Mais comme ces terroristes n’ont pas la gueule de terroristes et que tout le monde a vu ça sur facebook, alors les régions proches, qui sont aussi remontées, déboulent tout niquer, toujours forcément le régime, vu qu’il y a toujours rien dans ces zones-là à part ça. Alors zaba se croit malin et envoie plus de zombies et continue à raconter des conneries que seuls ses fayots continuent de gober, croyant qu’à force d’y croire ça allait devenir vrai. Et vu qu’ils gobaient ses conneries et qu’il lui disaient merci, zaba a cru en retour que ça roulait pour lui. Du coup ça se vénère encore plus en Tunisie et encore plus partout. La boule de neige qui rase tout sur son passage devient de plus en plus grosse et atteint les régions […]

C’est l’histoire d’une boule qui devenait de plus en plus ...



Artiste reconnue, vous figurez comme une figure libre de la jeunesse tunisienne, c’est également ce que représente Aziza dans le film TUNIS BY NIGHT. Pensez vous que la Tunisie post 14 janvier est une Tunisie libre ? La Tunisie post 14 janvier est sans doute plus libre que celle d’avant. Cette liberté est encore fragile, d’autant plus intimidée par un contexte de crise socio-économique et d’une pression émanant de la divergence des projets sociétaux existants au sein de la société comme au sein de la classe politique. Le retour des vieilles pratiques est très inquiétant surtout qu’il est accompagné par la présence de certaines figures du passé avec presque autant de pouvoir qu’avant. Il est fort probable que tout cela soit un passage obligé, nous sommes des funambules traversants ce fil fin et coupant mais il faut bien arriver a bon port, enfin il faut y croire, et puis vous êtes là !   Que pensez vous de la hausse de 6% sur les produits culturels prévue par la loi finance 2018 ? Honnêtement en ce qui concerne la hausse sur les produits culturels, je n’arrive pas à me faire un avis « juste ». Car nous ne sommes pas à ça près, le chantier des reformes culturelles est bien plus complexes. En Tunisie, nous les artistes, nous n’avons pas de statuts, pas d’assurance et pas d’institutions qui permettent une paie ou un travail régulier. Partout dans le monde, être artiste c’est se confronter perpétuellement à cette précarité ( faire un saut dans le vide et accepter des hauts très hauts et des bas très très bas), vous imaginez ce que cela peut être en Tunisie ? La production artistique est organiquement liée aux subventions de l’État et n’est pas sur le point de devenir autonome. La culture est encore centralisée (ce chapitre à lui seul nécessite des pages) et en considérant la situation économique, la culture (cinéma théâtre danse arts plastiques…) est sans doute en ce moment un luxe qu’une grande partie des tunisiens ne peut pas se permettre. Le retour de TAKRIZ va également se faire sur la scène politique. Si nous vous nommions ministre de la Culture, quelle serait votre première réforme ? Je ne pense pas un jour être intéressée par ce poste mais si jamais vous me le proposez, la première reforme serait de trouver, créer, inventer, des fonds pour remettre les théâtres et les cinémas a Tunis et en région dans un état correcte (ou les créer la où ils n’existent pas) pour accueillir des spectacles et des films et ainsi, pousser à une production régulière et rentable (avec une billetterie soutenue par l’État pour les plus démunis, je n’invente rien hein!). Il faut faire travailler de manière plus importante les gens de la culture et faire parvenir cette culture partout en Tunisie, avec un vrai réseau de distribution nationale et un vrai accompagnement des projets culturels, jusqu’au moment ou ça joue devant un public. La culture doit être représentée partout dans de bonnes conditions. Je […]

Amira Chebli se confie à TAKRIZ


De France 2  à Arte en passant par CNN, RFI ou TV5 monde, William Irigoyen est un nom que l’on ne présente plus dans le milieu du journalisme. Il dépose ses mots, toujours très justes, sur de nombreux journaux : Le Monde diplomatique, L’Orient littéraire, La Cité... Mais William Irigoyen est également écrivain, on lui doit Jeter le JT – Réfléchir à 20h est-il possible, aux éditions François Bourin, où il dit rêver d’ « une sorte de Vatican II de la grand-messe télévisée ».  Lorsque nous lui avons proposé d’écrire pour TAKRIZ, il a été prudent, mais son volontarisme a fini par prendre le dessus sur toutes les questions qu’il a pu se poser. Le voici donc sur TAKRIZ magazine. C’était le 14 janvier 2011. Ce jour-là, la Tunisie tournait une page de son histoire. Sous la pression du mouvement de contestation populaire qui avait débuté quelques mois plus tôt à Sidi Bouzid le président d’alors, Zine el-Abidine Ben Ali, quittait la scène politique. Après vingt-trois ans de règne musclé, l’autocrate déchu prenait la fuite avec sa femme. Direction : l’Arabie Saoudite. Bien que me trouvant à distance de notre voisin méditerranéen, j’ai vécu tout cela en direct. Le soir même, en effet, je présentais Arte Info, rendez-vous quotidien d’actualité sur la chaîne franco-allemande. Moncef Marzouki, qui allait bientôt devenir numéro un de son pays d’origine, était alors en duplex de son exil français. En lien permanent avec sa patrie, il nous fît le récit des événements. Nous avions prévu trois minutes d’entretien. La discussion dura bien plus. Grâce à cet envoyé spécial – qui n’en était pas un – nous avions l’impression, nous autres Français et Allemands, d’être auprès des Tunisiens, ceux-là même qui, disait-on, avaient été les premiers à vouloir emporter le monde arabe vers un printemps radieux. Nous sentions l’ivresse démocratique d’un peuple qui exigeait des changements profonds, des conditions d’existence plus décentes, une vie meilleure en somme. Sept ans après, une question se pose. Tout cela est-il arrivé ? N’étant pas un spécialiste de ce pays, je laisse à d’autres le soin de répondre. Takriz a sa petite idée là-dessus. Mais peut-il l’exprimer ? Jusqu’à il y a peu, je l’avoue, je ne connaissais pas ce webzine, porté semble-t-il par des maquisards de la liberté. Par la grâce des réseaux sociaux, voilà qu’un beau jour, je reçois une proposition d’écrire ces quelques lignes. Un honneur pour le journaliste apprenant l’arabe que je suis, qui plus est fils d’un pied-noir ayant vécu une partie de sa vie à Sfax. Mais un honneur auquel je réponds par la prudence. Suis-je bien sûr de savoir où je mets les pieds ? Mon interlocutrice me rassure, m’envoie des articles et des liens internet. Les recoupant avec mes propres informations je juge par moi-même. Cette prudence, je la revendique. Il ne faut jamais foncer, tête baissée. Je regarde donc, tente d’en apprendre encore sur ce média mystérieux. Il est peut-être question, lis-je sur le net, que certaines personnes liées à Takriz jouent, à l’avenir, un […]

Takriz de nouveau à l’abordage par William Irigoyen


Il fut un temps où le peuple avait soif de Liberté et de Dignité. Aujourd’hui il se contente de boire la pisse que lui servent les médias numériques. Une pisse contaminée par une absence totale de travail d’investigation et par une autocensure de ces même médias qui tremblent devant l’éventualité d’une condamnation. Big Brother is watching you, et si il est Orwell moins le quart au pays de l’info, l’État d’urgence se charge d’égrainer le temps dans le sablier du tribunal militaire. La Presse s’empresse de se bâillonner elle-même dans un exercice BDSM de bondage où les liens se partagent et se likent dans l’anti-chambre du Donjon Facebook. Soumis à son maître, le 4eme pouvoir n’existe pas en Tunisie. Ne se donne à la lecture qu’un semblant de journalisme qui se contente d’écarter ses lignes pour offrir des informations décongelées : un titre, racoleur, comme une pute sur le trottoir du net, et un contenu, aussi vide que les couilles d’un retraité après une heure de branlette. Facebook est devenu le centre névralgique de ce que nous consommons jusqu’à l’indigestion : un fast-food, au menu duquel sont proposés selfies mégalo et statuts d’intello. On copie, on consomme, et on colle, on se gave comme une oie, bien loin du Capitole : rien n’est digéré. Nos doigts, souillés par ce touché anal médiatique, s’engouffrent au fond de notre gorge pour nous aider à vomir l’information que nous resservons à notre tour aux 5000 amis qui applaudissent devant cet exploit culinaire et littéraire : de la merde ! On nous sert de la merde et nous nous en nourrissons avec une boulimie scatophile, heureux de cette liberté nouvelle qui nous a été donnée à grandes mares de sang. Mais après tout qu’est ce que la vie de plus de 300 personne devant le plaisir de manger goulûment les excréments numériques de ces milliers d’incontinents rectaux au sphincter défoncé par la connerie ambiante. Nourriture spirituelle au goût de fumier politique, composte où se mêlent jasmin fané et cadavres en décomposition, dans le jardin d’une révolution violée.    Tite souris TAkRIZ

Indigestion médiatique





Je suis énervé J’ai perdu mon arme Ma camera de poing Le jour où j’ai rejoint Par mes poèmes sans point Les 20 ans des révoltés Est-ce juste un hasard Ou bien le prix d’être fêtard Vivre le noir et agiter tard Big Brother n’a pas de répit Et il ne fait pas dans l’oubli Plus rien à perdre Ramassons nos histoires L’Utopie reste le seul chemin !     MACH 26.12.2017

Les 20 ans des révoltés par Mahmoud Chalbi





Ghazi Beji et Jabeur Mejri, ont été accusés le 5 mars 2012 d’ «atteinte à l’ordre public », «transgression à la morale» et «apport de préjudice à un tiers». Tout deux ont été condamnés à 7 ans et six mois de prison et 1200 dinars d’amende. Tout cela pourquoi ? pour avoir partagé leurs idées sur Facebook. Athéisme, critique de l’Islam, ces deux jeunes ont vu leur vie basculer pour avoir osé croire que la Tunisie post 14 janvier était la Tunisie de la liberté retrouvée. Si Jabeur s’est fait arrêter et a purgé sa peine (quoique gracié), Ghazi lui, a été jugé par contumace. Il est parvenu à fuir la nouvelle dictature Tunisienne, devenu le premier réfugié politique de la Révolution du Jasmin vite fané. TAKRIZ a souhaité laisser à Ghazi une tribune libre sur son magazine, et en c’est 20 ans de lutte pour liberté de la parole et de la pensée. Après 23 ans de censure, voilà le 14 janvier 2011 la chute du régime. Tout à commencé après la révolution du jasmin, le vent de la liberté souffle . Cela faisait 4 ans à l’époque que j’étais au chômage et j’avais espoir que la révolution nous apporte du travail et plus de liberté ! Mais voilà, à la fin de l’année 2011, les barbes commencent à pousser comme des champignons et les discours des intégristes religieux se multiplient : la révolution du travail et de la Liberté est récupérée par les Frères Musulmans, financés par l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite. Dés début 2012 je commence à recevoir des  menaces de mort à cause d’un livre que j’ai écrit «  l’illusion de l’islam ». Le 5 mars 2012 mon ami, athée, Jabeur Mejri est arrêté à Mahdia pour athéisme.3 Jours plus tard, sous les menaces salafistes et activement recherché par la police, j’étais obligé de quitter la Tunisie vers l’inconnu à la recherche de cette Liberté que je n’ai pas trouvé dans mon pays d’origine. Je n’ai pas envie de revenir sur mon exil : des mois de marche à travers plusieurs pays du d’Afrique du Nord aux Balkans, des nuits passées dans les forêts et les montagnes serbes. J’ai traversé 11 pays avant d’arriver en France : Tunisie – Libye – Algérie -Turquie – Grèce – Macédoine – Serbie – Roumanie – Hongrie – Autriche – Suisse – France. Des bombes en Libye, jusqu’à la famine en Europe de l’Est, j’ai tout connu, à ce à cause de ce que j’ai pu écrire ou dire. Liberté vous me dites ? De quelle liberté s’agit-il ? Ce n’est que que grâce aux aides financières de ma famille et des militants j’ai pu croiser que j’ai survécu. Je profite du fait que TAKRIZ m’offre c’est espace de liberté pour m’exprimer et les remercier un à un : – Ma famille – Tewfik Allal et Brigitte Bardet Allal / Fethi Benslama (Manifeste de la liberté) – Feu Abdelwaheb Meddeb ( Radio France culture) – Mouheddine Cherbib (FTCR […]

Témoignage : Ghazi Beji, réfugié politique en France pour avoir ...





    "Je suis donc par principe heureux d'apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l'heure actuelle, est trop peu présent sur la place.   Je suis attaché à la liberté de penser et de s’exprimer. Même si j’avais des réserves quant au contenu de certaines paroles, j’applaudis toujours à leur présence, pour autant qu’elles soient sincères et favorables à la révolution; Je suis donc par principe heureux d’apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l’heure actuelle, est trop peu présent sur la place. Vous exprimerez sans doute des positions avec lesquelles je ne serai pas toujours d’accord. Mais, comme j’ai eu l’occasion de le dire, je serai toujours avec la liberté d’expression et de débat, contre toutes les limitations qu’on voudra y mettre . Je renouvelle donc mon souhait de longue vie à votre site, le suivrai avec intérêt, et, si cela se présente, je n’hésiterais pas à y apporter des contributions, en vous autorisant par avance à reproduire tout ou une partie de se que j’ai pu publier ou de ce que je pourrais produire dans l’avenir. Gilbert Naccache

Gilbert Naccache pour Takriz



Qui n’a pas rêvé d’épouser une jeune vierge effarouchée qui aura attendu, dans la frustration de ses longues nuits d’hiver, que vous déboursiez des dizaines de milliers de dinars en fêtes pompeuses et offrandes nuptiales pour vous céder le Sacré Graal de son Hymen encore intact. Cela fait cher le centimètre carré de membrane, mais peu importe, vous aurez l’honneur d’avoir été le premier (surement pas le dernier) à avoir eu avec elle une pénétration vaginale. En ce qui concerne les autres types de pénétrations, les voix du Seigneur vous resterons impénétrables. Car si votre dulcinée s’est faite défoncée le cul sur la banquette arrière d’une voiture de location, vous n’en saurez jamais rien, et ce malgré tous les crédits bancaires que vous allez pouvoir contracter pour acheter sa virginité. C’est qu’elle est rusée la garce, et vous bien crédule par la même occasion, elle avait prévu le coup (de bite) et s’était assurée son image de « bent 3ayla » en acceptant de ne donner que son fessier dans l’attente de l’anneau marital. La bouche pleine du foutre de la veille, elle a crié son douloureux plaisir à son premier amour, (pas assez riche pour sa famille, mais bien mieux pourvu que vous), sans que jamais vous n’en sachiez ce qu’il en est.  Pendant que vous vous masturbiez devant votre écran sur cette levrette saccadée jouée par une blonde pulpeuse aux seins siliconés, celle qui allait devenir votre femme goutait, elle, au plaisir bien réel de la chair et mettait à « mâle » la frustration imposée par notre société pudibonde. Plus efficace que les points de suture, quoique plus douloureux lorsque cela est pratiqué de manière sauvage, la sodomie est la clef, pour toute les filles, d’un mariage réussi dans un pays qui rime avec hypocrisie et où  devoir conjugal rime avec vaginal.   Tite Souris TAKRIZ

Sodomie, la clef d’un mariage réussi


L’actualité nous rattrape et on est fou de rage. Les échouages d’énormes quantités de petits poissons sur nos plages de Mahdia à Zarsis. Déjà, quelques jours auparavant, Les iles kerkennah ont vu leurs plages inondées d’hydrocarbures et les dégâts socio-économiques sur les pêcheries fixes de type Charfia sont énormes . Ajoutez à cela la mortalité répétitive des poissons dans la baie de Monastir. La pollution marine dans nos eaux n’a plus besoin de démonstration. Devant une telle ampleur du désastre, on assiste comme d’hab’ à cette incapacité maladive des ministères de tutelle d’anticiper, d’apporter des réponses et de proposer une stratégie à long terme pour une gestion durable et responsable de nos ressources. Malgré l’engagement de la Tunisie aux conventions et autres accords internationaux, rien n’y fait. Ce n’est plus la peine d’envoyer encore des « cadres » a des missions a travers le monde pour encore « adhérer » et « s’engager » … quand on n’a pas les couilles d’appliquer la loi dans son propre bled. Quand, à part Éole, des mafias font la pluie et le beau temps dans nos ports de pêche. Quand les agents chargés d’appliquer la loi sont, pour la plupart, corrompus jusqu’à l’os. Quand des « grandes usines de la mort », inland et outland, sont intouchables a Gabes, a Sfax, a Kasserine et ailleurs. On comprend pourquoi la situation est devenue chaotique et ingérable pour les incapables de dirigeants, des couilles molles, qui comme on le dit ici « ma yia3irfou rabbou khra ken wa9it idhou9ouh »   Avant que le gouvernement n’évoque un pseudo risque d’attentat concernant le problème avec le petit état bédouin des EAU, il a été question de l’expulsion de quelques émirs tourbillonnés venus braconner l’outarde chez nous. C’est vrai qu’ils sont habitués, comme leurs semblables de la même sous région pétrolière et gazifière, à venir exterminer ce qui reste de notre faune désertique. Ces énergumènes qui ont pris du volume après le printemps arabe en tant bras financiers de la politique yankee, s’appuyaient sur une nouvelle nomenklatura dirigeante pour s’adonner à leur sport favori : Le braconnage. En expulsant les émiratis et en accueillant à bras, et fesses ouvertes, des quataris juste après, les représailles ne se sont pas faites attendre. Toujours avec leurs convois d’une dizaine de 4×4, protégés par l’armée et par une unité spéciale de la garde nationale, munis d’autorisations de toutes sortes et de toutes les couleurs (même el omda est partie prenante), il est interdit de les approcher, que dire d’appliquer la loi. Aux dernières nouvelles les quataris, avec à leur tête le demi frère de leur grand manitou, sont dans un lieu dit مخروقة Makhrouga à 130 km au Sud de Tataouine. Armés jusqu’aux dents avec leurs 5 « faucons sacrés »  introduits illégalement en Tunisie et gardés par des serviteurs Indiens. les brigadiers de la chasse de la région ne peuvent pas les approcher que dire de les verbaliser ni même de vérifier les identités des braconniers venus de ce maudit golfe. Bien que dans les autorisations il y est stipulé de « Ne […]

TAKRIZ écologique


Dans toutes les avant premières du film, un peu partout en France les premiers questions étaient toujours : est ce que le film va sortir en Tunisie, comment va t il être perçu, quels étaient les réactions des autorités, est ce qu’il y a eu de la censure etc… Comme si cela était normal voire espéré. Et notre réponse était toujours la même : non seulement il n’y a eu aucune censure d’aucune sorte, que nous avons écrit ce que nous avons voulu et tourné ce qu’on écrit, mais en sus nous avons été soutenu par le Ministère de la culture qui a été le premier financeur du film, et le plus important en montant. Depuis, le film est sorti en Tunisie après avoir été présenté au festival de Carthage, et là encore aucune pression, aucune réaction négative (de la police par exemple). Pour moi il est absolument évident qu’il y a là un signe indéniable que les choses ont changé car cela n’aurait pas été possible avant la révolution.  

Nadim Cheikhrouha, producteur de la Belle et la Meute, pour ...



شكراً شكراً للسبعة أو ثمانية وزراء إلي تداولوا على وزارة الصحة منذ بداية الثورة، على قراراتهم العظيمة و حوكمتهم الرشيدة. شكراً للعاملين بالوزارة إلي كل واحد فيهم أتعس من صاحبه، و إلي حد منهم ما يعطيك صرف من عدل. شكراً من عند الإطار الطبي و الشبه طبي و المواطنين على تفانيكم و تطويركم لقطاع الصحة في طونص إلي أصبحت اليابان و فرانسا و إنجلترا غايرين منو. شكراً على الفاسدين إلي رجعتوهم يخربوا في سبيطارات صفاقس، إلي يدخلولك بنت عمك تخدم بلاش مناظرة و يعطيوك السبيطار تقيم فيه حفلات زفاف و يهزوا الملاين من الدوايات من الصيدلية لرواحهم وقت إلي المرضى ما خلطوش عليهم. شكرا على قانون المعدات الثقيلة إلي بدلتوه و عطيتو به الحق لرجال الأعمال و الكناترية يصولوا و يجولوا و يحلوا مصحات في زك المدن الكبار و فيهم معدات طبية ثقيلة من غير إحترام قاعدة الشرط العددي للسكان . شكراً على حالة السبيطارات إلي السقف فيها مقعور، و الجرابع تحوس فيهم، و المعدات ملصقة بالسكوتش و الميزانية ما تسمحش بش تصلحوهم ، أما إلي تلقاو فلوس بش تبدلوا الريدوات الكل متاعهم بStore ألومنيوم. شكراً على « تطوير » الدراسات الطبية، إلي زدتوها عام ثم زوز، في خرق واضح للقانون، و حد ما را. شكراً على دبلوم الدكتوراه في الطب إلي تحبو تنحيوه، خاطر طونس زايدة كرزة على باقي دول العالم و تنجم تنحي الديبلوم المستعرف بيه عالميا و تعوضو بحاجة من الحيط، بلعاني بش تمنع الطبة يخرجوا للخارج و تزيد تنكحلهم تكوينهم. شكراً على الصيدلية المركزية إلي ولات أفرغ من مخاخكم، و إلي كل نهار نسمع بدواء آخر تقطع منها. شكراً على ميزانية الصحة إلي نتصورها قريب تولي أقل من ميزانية وزارة الشؤون الدينية. شكراً على أفكار المشاريع الجبارة كبناء 3 كليات طب جديدة، و احنا الطبة حاليا حايرين فيهم و بالرغم حتى من هروبهم للخارج أما قعدوا فما 10% منهم بطالة. كان نقعد نشكر فيكم على المكتسبات إلي حققتوهم ما نسكتش، و نقعد نشكركم صباحا مساء و يوم الأحد. لذا بش نختم رسالة الشكر متاعي ببيت شعر للأديب جلال بريك : « علاش نسكر أنا ؟        تي مو من زبور أم الهم متع زك أمكم »   Docteur TAKRIZ

رسالة شكر من طبيب تونسي


Le journaliste et grand opposant à Ben Ali, Taoufik Ben Brik est un ami de longue date de TAKRIZ. Il est contre cette campagne de diabolisation de ce groupe qu’il considère comme l’un des derniers contre pouvoir, aujourd’hui, en Tunisie, si ce n’est le seul, à l’heure où tout le monde « a fait allégeance » au pouvoir en place. « Ce sont des jeunes qui militent pour la liberté d’expression et qui refusent l’injustice. S’ils usent parfois de violence, c’est pour répondre à celle plus importante dont fait usage la police et derrière elle le système ». Il ajoute qu’il a connu des membres de TAKRIZ quand il était déjà à Paris, qui sont venus lui rendre visite à l’époque de Ben Ali. Il est resté en contact depuis, avec eux. « Ce sont mes amis les plus proches » déclare-t-il, en poursuivant  » ce sont les seuls à dire non à tous les abus ». Qu’on arrête alors de les dénigrer ! »  

Coup de Gueule de TBB en soutien à Takriz