Indigestion médiatique


Il fut un temps où le peuple avait soif de Liberté et de Dignité. Aujourd’hui il se contente de boire la pisse que lui servent les médias numériques. Une pisse contaminée par une absence totale de travail d’investigation et par une autocensure de ces même médias qui tremblent devant l’éventualité d’une condamnation. Big Brother is watching you, et si il est Orwell moins le quart au pays de l’info, l’État d’urgence se charge d’égrainer le temps dans le sablier du tribunal militaire. La Presse s’empresse de se bâillonner elle-même dans un exercice BDSM de bondage où les liens se partagent et se likent dans l’anti-chambre du Donjon Facebook. Soumis à son maître, le 4eme pouvoir n’existe pas en Tunisie. Ne se donne à la lecture qu’un semblant de journalisme qui se contente d’écarter ses lignes pour offrir des informations décongelées : un titre, racoleur, comme une pute sur le trottoir du net, et un contenu, aussi vide que les couilles d’un retraité après une heure de branlette.

Facebook est devenu le centre névralgique de ce que nous consommons jusqu’à l’indigestion : un fast-food, au menu duquel sont proposés selfies mégalo et statuts d’intello. On copie, on consomme, et on colle, on se gave comme une oie, bien loin du Capitole : rien n’est digéré. Nos doigts, souillés par ce touché anal médiatique, s’engouffrent au fond de notre gorge pour nous aider à vomir l’information que nous resservons à notre tour aux 5000 amis qui applaudissent devant cet exploit culinaire et littéraire : de la merde ! On nous sert de la merde et nous nous en nourrissons avec une boulimie scatophile, heureux de cette liberté nouvelle qui nous a été donnée à grandes mares de sang. Mais après tout qu’est ce que la vie de plus de 300 personne devant le plaisir de manger goulûment les excréments numériques de ces milliers d’incontinents rectaux au sphincter défoncé par la connerie ambiante.

Nourriture spirituelle au goût de fumier politique, composte où se mêlent jasmin fané et cadavres en décomposition, dans le jardin d’une révolution violée. 

 

Tite souris TAkRIZ