Lettre ouverte de Abdellaziz Belkhodja aux Politiciens


Historien et écrivain, Abdellaziz Belkhodja fut le Président du Parti Républicain duquel il démissionna en octobre 2011, pour se consacrer à son métier d’auteur et d’éditeur, en travaillant notamment sur l’histoire de la révolution pour publier, fin mars 2013, 14 janvier, l’enquête. C’est sur TAKRIZ qu’il a souhaité s’adresser à la classe politique à travers sa lettre ouverte.

Vous savez, pour la plupart d’entre vous (pour les autres, c’est même pas la peine de leur adresser la parole), que les solutions aux problèmes de la Tunisie existent, pourtant, vous n’en parlez même pas ou les évoquez si peu, alors que la Tunisie va droit vers le mur de la cessation de paiement.

Pour des raisons politiques, vous préférez éluder les problèmes, vous préférez naviguer en eaux troubles alors que le pays est déjà à terre, que la maladie, la faim, la misère, la haine, le suicide, l’exil et toutes les formes d’aliénation sont en train de croître de façon exponentielle.

Vous savez qu’avec 400 000 fonctionnaires en trop, L’État est devenu un boulet pour le pays, mais vous ne faites rien pour crever l’abcès.

Vous savez que le libéralisme sauvage va enrichir encore plus les riches, appauvrir les pauvres et éliminer cette classe moyenne qui à permis à la Tunisie de tenir debout.

Vous savez qu’il suffit simplement d’une volonté politique réelle pour éliminer le terrorisme et relancer tous les secteurs de l’économie.

Vous savez que des centaines de gros investisseurs veulent travailler en Tunisie et que c’est l’aveuglement du gouvernement et l’abominable mentalité de l’administration qui les éloignent chaque jour de ce pays.

Vous savez que si vous ne le faites pas, de l’Éducation jusqu’à la Santé, tout va tomber en ruine.

Vous savez que la corruption et la saleté ne sont qu’une question de discipline, une discipline que vous ne pouvez même pas appliquer à vous même ou à vos proches.

Vous savez que les capacités de ce pays sont énormes, mais vous continuez à les ignorer, rendant fous les gens capables.

Vous savez que ce qui cloche, c’est le mauvais esprit, la jalousie, les égos, l’envie, la méchanceté, la haine, la paresse. Mais vous perdurez dans votre hypocrisie et vos fausses certitudes, comme si tout allait s’arranger tout seul et qu’il ne s’agit que d’un mauvais cycle qui pas passer tout seul.

Réveillez-vous, ouvrez les yeux, dans quelques mois, on ne pourra même plus appliquer les solutions qui sont aujourd’hui encore possible.

Ce sera trop tard.

Trop tard !