Boycott des municipales


Avant de se ruer vers les listes et les urnes, il convient tout d’abord de savoir pourquoi on va voter ?

Vous allez me répondre que c’est un devoir citoyen, qu’une Révolution a eu lieu pour que les Tunisiens puissent avoir des élections libres ?

FAUX, la Révolution a eu lieu pour que plus jamais un système de privilèges ne s’installe dans le pays, or ce système est encore là. Les têtes ont changé, mais le système est le même. Une classe de nantis, issu du même cercle « wassiliste » et de nahdhaoui dirigent le pays, se nomment et se rendent services, s’assurant à tous une retraite dorée pour le moment où le pays coulera.

 

Alors pourquoi aller voter ? Pour équilibrer le pouvoir centraliser à Carthage  ?

FAUX, et pour cela il s’uffit de lire la loi :

« Article 141 : Le Haut Conseil des collectivités locales est un organisme représentatif des conseils des collectivités locales. Son siège se situe en dehors de la capitale. Le Haut Conseil des collectivités locales examine les questions relatives au développement et à l’équilibre entre les régions, et émet son avis sur les projets de loi relatifs à la planification, au budget et aux finances locales ; son Président peut être invité à assister aux délibérations de l’Assemblée des représentants du peuple. La composition et les attributions du Haut Conseil des collectivités locales sont fixées par loi. Le Haut Conseil régional ne peut qu’émettre un avis. 

La municipalité, d’après la loi, n’est qu’une administration parmi d’autres, elle est rattachée au ministère de l’intérieur et n’aura donc aucun pouvoir de décision significatif.

Dans son intervention du 22 janvier 2018, le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, a estimé que « si tout va bien, la décentralisation prendrait 27 ans en Tunisie ». Soit 3 plans successifs de 9 ans. Êtes-vous donc  certains que votre vote va changer quelque chose ?

 

 

 

Voter pour un programme ?

Soit imaginons que vous alliez voter pour X parce qu’il prévoit de créer un centre sportif dans lequel vous souhaitez à l’avenir y mettre vos enfants. Noble choix que le votre. Mais vous êtes vous demandé comment votre maire va financer ce projet ( si toutefois il tient sa promesse électorale, ce qui serait un miracle) ? Y a-t-il des impôts locaux en Tunisie qui assureraient l’indépendance des élus locaux financièrement ? NON 

Au mieux le Maire va demander un financement aux ministères des collectivités locales ( à Tunis) et attendre….qu’on lui dise NON, faute de moyens.

 

 

Alors pourquoi ? Pour qui aller voter ?

La stratégie actuellement préconisée contre Ennahdha est de voter utile. On nous explique aussi que vous contrer les partis politiques il faut voter citoyens et prioriser les listes d’indépendants. On se dispense de réfléchir au fond de l’offre politique en ne votant que pour faire barrage, on vote non pour ses convictions, mais contre ceux de l’autre. L’élu est tout sauf élu au sens propre, large, philosophique et politique du terme. Il est avide de notoriété et de pouvoir factice que votre bulletin de vote lui donne.

Pourquoi participer à cette mascarade pour crier, durant tout le mandat, au détournement de la volonté populaire, à la corruption de celui ou celle sensée nous représenter, de crier à la fraude électorale ou de vociférer contre les privilèges de cet élu que l’on avait cru un instant intègre ?

Vous allez nous dire qu’il s’agit ici d’un procès d’intention envers des personnes que nous ne connaissons pas ? NON  le Maire ne sera que la vitrine d’une démocratie de pacotille. Il sera le symbole erroné d’une décentralisation de façade, juste bon à montrer au monde qu’en Tunisie on vote et que la citoyenneté est respectée.

Non l’abstention n’est pas une forme de lâcheté, c’est au contraire un choix politique dûment réfléchi. Celui qui s’abstient c’est celui qui gueule dans le silence des urnes :

« Vos élus ne me représentent pas ! Votre système ne me représente pas ! »

Le taux de participation est le garant de la légitimité du système, c’est lui et lui seul qui permet aux élus et à ceux qui nous dirigent de crier haut et fort qu’ils sont à leur place parce que la majorité du peuple en a décidé ainsi. Le pouvoir qu’ils exercent à mauvais escient sur nous, ce sont les électeurs qui leur donnent. Il suffit de voir le cas de Yassine Ayari, oui il a été élu, mais pas un jour ne passe sans que lui soit rappelé qu’il ne représente que 300 personnes sur les dizaines de milliers d’inscrits. Autrement dit, il ne représente PERSONNE, et il ne peut parler au nom des Tunisiens vivant en Allemagne, malgré ce rôle de façade que sa fonction lui donne.

Si vous êtes épris de Liberté, n’allez pas légitimer, par votre vote, votre future prison constitutionnelle à travers laquelle ce système mafieux vous jette des cacahuètes !  

BOYCOTTEZ LES MUNICIPALES !