La Presse en Tunisie, entre collabo et déporté difficile d’y voir clair


 

Dessin de Nidhal Ghariani pour TAKRIZ magazine

Avec son « mais foutez nous la paix quand même MERDE «  jeté à la figure d’un journaliste français en mars 2015,  lors de la visite de François Hollande, et son tristement célèbre  » barra rahazz » de novembre 2014, Béji Bey avait donné le ton :

Les journalistes, moi je leur pisse à la raie !

Les scandales se suivent et se ressemblent, car personne n’a le droit de remettre en question le Bey de Carthage. Un choix s’offre alors aux organes de Presse : redevenir les courtisans qu’ils étaient ou se battre contre le despotisme du vieille acariâtre.

Durant les mouvements sociaux de la première semaine de janvier, les deux clans se sont opposés :

  • Les journalistes réprimés, arrêtés, harcelés comme en témoignent les communiqués des différentes ONG pour la liberté de la Presse

Communiqué de la FNACC : « […] Michel Picard, correspondant français de RFI, qui couvrait la visite du président tunisien Béji Caïd Essebsi à Ettadhamen, à l’ouest de Tunis. Les policiers lui ont d’abord interdit de discuter avec les personnes rassemblées pour l’inauguration d’une maison des jeunes par Béji Caïd Essebsi. Le journaliste s’est donc éloigné pour mener à bien ses interviews. Un homme, refusant de décliner son identité, l’a saisi par le bras et l’a emmené près d’un véhicule de l’armée. Après avoir attendu 15 minutes sans obtenir aucune information, le journaliste a décidé de reprendre son travail.
Plus tard, alors qu’il s’apprêtait à partir, une voiture de la Garde nationale l’a interpellé. Au poste, Michel Picard, dûment accrédité par l’Etat tunisien, a dû répondre à des questions concernant le fait qu’il était non accompagné. Si l’échange est resté courtois, le journaliste a dû signer un document en arabe, sans traduction officielle, avant d’être autorisé à partir [….] ».

Communiqué de Reporter sans frontière  décrivant les pressions sur les journalistes et l’arrestation de Mathieu Galtier : « Ces violations de la liberté d’informer commises par des représentants des forces de l’ordre sont inadmissibles pour un état démocratique comme la Tunisie, déclare Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement les manifestations qui ont lieu actuellement dans le pays. Nous appelons les autorités à ne pas entraver leur travail.”

Communiqué d’Amnesty International

  • Les sites dits « médiatiques » comme Tunisie Numérique qui s’est illustré par son instrumentalisation de l’information :

 

Sauf que voilà, les journalistes étrangers ( peut-être quelques journalistes tunisiens également) sont des journalistes professionnels, avec une déontologie, une éthique et avec internet la diffusion de l’information est telle, que le fait d’acheter la collaboration des médias numériques ne suffit plus au vieil homme de Carthage pour influencer l’opinion. Soit, reprenons les bonnes vieille méthodes de Ben Ali  !

 

1. On remet l’ATCE en place pour encadrer voire acheter les journalistes étrangers 

 

2. On accuse le Presse étrangère de vouloir mettre le chaos dans le pays

 

3. On censure !

 

Alors oui, il y a eu une journée de la colère de la Presse en Tunisie suite aux agissements de Béji Bey et de sa cours, mais tant que cette Presse oppressée ne prendra pas parti clairement contre les médias partisans et courtisans, elle aura beau afficher sa colère à travers des communiqués du SNJT et feindre son indépendance, elle ne sera jamais totalement respectée !

 

La Rédaction