Ce soir, pas de STRING à la cinémathèque : tenue correcte exigée….


La « Cité de la Culture », autrement appelée ramasse merdes pour collabo artistiques, ouvre ses portes , ou plutôt les ferme violemment à ceux qui osent créer en toute liberté.  

 

 

Claudia Cardinal, native de Tunisie, ouvrira en grandes pompes, ce soir,  la cinémathèque où elle est à l’honneur  avec une rétrospective de « ses plus beaux films » lit-on sur l’affiche. 

Alors que la Tunisie sort tout juste d’une polémique quant à la censure de « Call me by your name », pourtant oscarisé, TAKRIZ a été surpris d’apprendre que le film de MEHDI BEN ATTIA, « Le Fil », où la belle italienne joue le rôle de Sara, mère d’un jeune homosexuel marsois revenu au pays après le décès de son père, n’a pas été programmé. 

Au lieu de cela « Chaîne d’or », court métrage réalisé sous la colonisation française, fera les belles heures  d’une soirée inaugurale durant laquelle la culture tunisienne tient sans doute à rendre honneur aux chaînes ( furent-elles d’or) qui la maintiennent sous le joug du politiquement correct. 

La question se pose alors du pourquoi ? Pourquoi ce film, tunisien, récompensé aux USA, ne fait-il pas parti de la rétrospective dédiée à Claudia Cardinal ?  En 2010, Abir Bannani, qui y joue l’un des rôles féminins, confiait dans une interview  «Avant le tournage en Tunisie, le ministère de la Culture a mis une condition de ne pas projeter le film en Tunisie». Cette injonction est-elle encore d’actualité aujourd’hui, alors que la liberté d’expression est un droit constitutionnel ? 

Lorsque Claudia Cardinal a été contactée par les organisateurs de ce non-événement, elle a spontanément évoqué « Le Fil » de MEHDI BEN ATTIA et a orienté ses interlocuteurs vers la production afin qu’ils se procurent une copie de l’oeuvre. L’enthousiasme initiale céda vite la place à l’homophobie de rigueur, et ce dés la lecture du synopsis. En effet, sitôt leurs petits minois pudibonds confrontés à la réalité filmée de l’homosexualité tunisienne, tous les prétextes étaient bons pour faire machine arrière : l’absence de projecteur 35 mm, un manque de communication, et même l’absence de lecteur Blu-Ray .

 

Au final, caché derrière le masque de la mauvaise foi , Hichem Ben Ammar fera imprimer le programme sans le film aux senteurs de pêché qui pourtant aurait fait écho au symbole phallique de l’architecture des lieux. 

Mohamed Zine El Abidine, sinistre des affaires culturelles et Hichem Ben Ammar, directeur de la Ciné-australopithèque vont surement nous expliquer que « tous les films de l’actrice ne pouvaient être projetés » . Permettez-nous d’en douter et de penser que c’est uniquement le sujet, les scènes de baisers non simulés et les rapports physiques explicites qui privent le cinéma tunisien d’être à l’honneur ce soir, et de céder la place au cinéma colonial.  

La cinémathèque est présentée par les médias comme  une institution permettant « de susciter la curiosité et l’intérêt des jeunes à l’égard des films de patrimoine, de collecter et conserver les copies et négatifs de films ». Il semble qu’il ait été omis de préciser que pour y rentrer, une tenue correct était exigée et que le port du STRING y soit banni  !

 

 

 

Tite Souris TAKRIZ