Archives du jour : 10 avril 2018


31.03.2018, un match de foot comme il y en a tant…quelques échauffourées entre supporters et soudain c’est le drame. Armée de ses us, de sa matraque et de la haine qui l’anime, la police tunisienne profite de l’effervescence ambiante pour s’en prendre violemment aux ultras. Pris au piège dans une enceinte où le gaz lacrymogène rend l’air irrespirable, certains tentent de s’enfuir. Ce fut le cas de Omar Laabidi, jeune lycéen de 19 ans, qui souhaitait juste regarder un match de foot, et décompresser avant de reprendre les révisions de son baccalauréat. Omar quitte le stade tant bien que mal pensant trouver refuge dans la forêt mitoyenne. Mais c’était sans compter sur l’acharnement des forces du désordre. Les policiers poursuivent l’enfant, c’est une question d’honneur, ils doivent l’attraper : mort ou vif. La traque se poursuit sur 2 kilomètres jusqu’à la frontière naturelle de Oued Mediane. Mourir noyé ou subir les exactions policières ? La noyade ou la torture ? Car l’enfant ne sait hélas pas nager. Il fait un pas en avant puis se retracte. « Je ne sais pas nager » hurle-t- il à ses bourreaux. Le sarcasme des uniformes est à son comble. « Apprends donc à nager » lace l’un d’eux…poussé, Omar Laabidi chût dans le fleuve qui se fera tombeau, assassiné par une police d’Etat qui, à jamais impunie, n’a de cesse de tuer la Liberté. Un supporter meurt, assassiné par la police. Nous somme en novembre 2007 sur une aire d’autoroute. Gabriele Sandri tombe sous les balles d’un policier. Le supporter de la Lazzio s’effondre et l’Italie s’embrase face au silence fracassant d’un État méprisant. On ne meurt pas de la même façon que l’on porte un maillot de foot ou un uniforme. Et ce tant en Italie qu’en Tunisie. Alors que quelques mois plus tôt, le championnat avait été arrêté pour la mort du policier Filippo Raciti tué lors du derby Catane-Palerme, à peine une minute de silence fut elle tenue pour le jeune ultra. En Tunisie, alors que la mort d’un policier agressé au couteau devant le parlement a fait les beaux jours de la presse locale et des médias internationaux, la mort d’Omar Laabidi passe quasiment inaperçue, si ce n’est à travers quelques pages facebook de supporters endeuillés. Comme en Italie, la mort et le mépris d’un État complice, unit les amoureux du ballon rond. Les supporters parlent d’une même voix, et dénoncent l’injustice. Mais alors qu’en Italie les ultras ont hurlé leur colère, en Tunisie ce ne fut qu’un léger murmure inaudible, cantonné aux réseaux sociaux. Quelques actions symboliques, une pétition virtuelle, et une campagne de hachtag à travers le monde, nous sommes bien loin de la prise de position, sans concession, des supporters italiens. Les rues sont silencieuses et seul une flamme, s’allumant dans un battement de coeur au lieu du drame, a marqué cette journée de commémoration des martyrs. Faudra-t-il à la Tunisie une énième autre victimes de la violence policière pour la rue dise enfin « stop » ? Nous nous questionnons, et […]

Omar Laabidi, le Gabriele Sandri tunisien ?


  Lascivement allongée sur son drapeau froissé de la veille, les jambes écartées en guise de bienvenue, la campagne des municipales se donne au plus offrant, sous l’œil impudique des smartphones qui filment la scène en amateur. Dans cette tournante où les partenaires (politiques, financiers, sectaires ou commerciaux) se délectent de ses oranges rondes et juteuses,  la Tunisie se laisse politiquement caresser par les médias qui la font jouir d’une liberté d’expression……hélas simulée. A la fenêtre de cet hôtel de passes politique, Nidaa décide de se présenter en tenancier de  الدار الكبيرة, ancien boxon de la rue el Jazira, et Beji, fort de l’expérience de ces ancêtres, offre pipe et calumet  à qui fera partie de cette grande maison….close.     La Rédaction 

Municipales : Mi-pute, Mi soumise