Archives du jour : 22 juin 2018


Le cours du dinar et les taux d’intérêt déchainent les experts cathodiques et facebookiens. Tout le monde y va de ses évidences et de sa recette miracle. Loin de moi ce travers car je ne suis pas sans savoir que l’économie en général et la politique monétaire en particulier, sont tout sauf des sciences exactes. Le Gouvernement et la Banque Centrale : Selon son nouveau statut, l’une des deux missions principales de la Banque Centrale de Tunisie est de veiller à la stabilité des prix (inflation). A travers les taux de refinancement offerts aux banques, la BCT contrôle l’importance du volume des crédits que ces banques peuvent accorder et delà la création monétaire et l’inflation. Si la BCT estime que le risque d’inflation est élevé et décide en conséquence de réduire l’expansion du volume des crédits, les particuliers qui ont besoin de ces crédits vont devoir différer leurs dépenses de consommation ou d’investissement, les entreprises qui ont besoin de ces crédits vont devoir ralentir leur activité ou reporter à plus tard leurs investissements et globalement, la croissance de l’économie nationale peut se trouver ralentie. Avant la promulgation en 2016 du nouveau statut de la BCT, le gouvernement confronté à ce risque de ralentissement de l’économie pouvait faire pression sur la BCT et lui imposer de desserrer les vannes du crédit. Dorénavant, la BCT est indépendante et peut ne pas satisfaire aux injonctions du gouvernement. La loi bancaire part du principe qu’une BCT indépendante du gouvernement et donc du pouvoir politique en matière de conduite de politique monétaire est une garantie pour le citoyen et l’économie nationale contre les risques d’inflation nés de mauvaises décisions d’un pouvoir politique trop souvent préoccupé par des considérations électorales. En répartissant les rôles entre une BCT en charge de l’inflation et un gouvernement en charge de la croissance et de l’emploi, la loi bancaire a cherché à poser les bases d’une croissance non inflationniste. La BCT a été dotée des moyens s’opposer à une politique budgétaire laxiste du gouvernement par une politique monétaire restrictive. Cette indépendance sera très utile chaque fois qu’un gouvernement sera tenté d’acheter des voix d’électeurs en dépensant de l’argent qu’il n’a pas. A la BCT de préserver cette indépendance et d’en faire bon usage. Pour ma part, j’estime que la loi bancaire de 2016 présente des faiblesses au niveau de la composition du conseil chargé de la politique monétaire où les opérateurs économiques me paraissent insuffisamment représentés par rapport aux représentants de l’Etat, ce qui en pratique réduit l’indépendance souhaitée de la BCT par rapport au gouvernement. Ainsi, alors que la loi interdit à la Banque Centrale de financer le Trésor Public, nous constatons qu’en pratique cette interdiction est contournée. Les banques souscrivent aux émissions de Bons du Trésor lancées par l’Etat, mais comme elles n’ont pas suffisamment de dépôts de clientèle pour financer ces achats, elles vont demander à la BCT des refinancements que celle-ci est contrainte de leur accorder parce qu’elle n’est pas réellement indépendante du gouvernement. Dans les circonstances […]

Politiques budgétaire et monétaire: le grand écart