La Révolution Tunisienne à l’honneur dans un clip de KUNTA


Alors que les éventements de décembre 2010 et janvier 2011 semblent, par un processus contre-révolutionnaire savamment orchestré, avoir été effacés de la mémoire collective tunisienne, le groupe lyonnais  KUNTA met à l’honneur les mouvements contestataires qui ont redonné, l’espace d’un instant, sa dignité à la Tunisie et à l’Egypte.  C’est à travers son tire AOLAD, qui évoque  les 7 ans du conflit syrien perdurant à ce jour, et étouffant le rire des enfants de Damas, de Homs ou de Raqqa, que le groupe fera un clin d’œil à  la véritable Révolution tunisienne, celle qui fût assassinée le 14 janvier 2011.

 

En effet, c’est sur des images tournées en Tunisie, mais également en Egypte et au Liban que la chanteuse d’origine syrienne, Climène Zarkan, pose sa voix sur une musique hip-hop où se mêlent cuivres (Nans et Léo) et groove éthiopien. Un son ethnique mais surtout éthique qui rappelle que l’Art, et ici la musique, se doit avant tout d’être engagé. Dans face à face avec les paroles en langue arabe, Yovan, le leader du groupe, accompagné par Thomas à la batterie et Colin à la basse, assène un flow incisif  à travers lequel il porte un regard critique sur son époque et sur les enjeux internationaux qui font fi des populations civiles.

 

Cette volonté d’éveiller les consciences est présente dans le titre AOLAD, mais également dans les autres titres de l’album (dont la date de sortie est prévue pour le 2 novembre). Le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, le post colonialisme occidental et le capitalisme sauvage sont autant de sujet traités avec maestria par KUNTA. Des sujet qui ne sont pas sans rappeler les problématiques inhérentes à la Tunisie post 14 janvier : concessions pétrolières illégalement exploitées, ingérence du FMI et de la BCE dans les politiques budgétaires ou vente des institutions publiques aux investisseurs étrangers.

 

Image extraite du clip AOLAD

Le clip est réalisé par le talentueux Ghazi Frini , le prodige tunisien du Vjing, qui nous le décrira comme « un hommage à la jeunesse en mouvement, aux mouvements contestataires, à l’étincelle qui est partie de la Tunisie pour se propager partout dans le monde » avant d’ajouter « la dignité est un droit, continuons le combat !  »

Ce combat perpétuel pour la Dignité humaine et pour la recherche de Liberté, Ghazi Frini en fait son quotidien. Il a, entre autre animé, un atelier à la maison d’arrêt de Lyon Corbas (2012) où il a repris avec les personnes incarcérées  « Je ne suis l’ombre de personne », performance qu’il avait initialement proposée à Tunis quelques années auparavant.

 

« Ce n’est pas parce qu’on est en prison qu’on est privé de libertés, et ce n’est pas parce qu’on est dans le civil qu’on est forcément libre » expliquera Ghazi Frini sur les ondes de Radio Nova. La liberté est un état d’esprit, un acte de résistance permanent face au diktat de la pensée unique et de la centralisation de la culture.  C’est cet acte de résistance que  KUNTA incarne, comme un battement de cœur qui bat et qui se bat.

 

 

 

 

 

La Rédaction