TAkRIZ appelle à la libération de Georges Ibrahim Abdallah


Condamné injustement pour avoir combattu les forces d’occupation de son pays, Georges Ibrahim Abdallah entamera, ce 24 octobre 2018, sa 35ème année d’incarcération sous le numéro d’écrou 2388/A221. Libérable depuis 1999 selon le droit français, une dizaine de demandes de remise en liberté sont, depuis, restées lettres mortes  en raison des pressions des autorités américaines et israéliennes. Pourtant, en 2003, la juridiction régionale de Pau autorise sa libération, mais Dominique Perben, ministre de la Justice, s’y opposera fermement.

Sur El Jazeera, Maître Vergès, son avocat, expliquait :

« Georges Ibrahim Abdallah est l’un des Hommes que je respecte le plus. Il est impliqué dans des attentats  contre des agents du Mossad et de la CIA. Son pays était occupé. A son procès, il a refusé de répondre, en disant « vous êtes complices de ceux qui ont envahi mon pays ». Il a été condamné à la prison à vie, mais, en France, la prison à vie dans son cas c’est 15 ans. Et au bout de 15 ans il a le droit de demander une liberté conditionnelle. Cette liberté conditionnelle lui a été refusée. Et avec quels arguments ? Le States Departement américain a osé dans une note écrite dire (NDR courrier daté du 9 mars 2007)   » le gouvernement des Etats Unis exprime sa ferme opposition quant à éventualité d’une mise en liberté conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah ». Les Etats Unis se sont comportés envers la France comme un pays protecteur vers un protectorat. (…) Les autorités françaises sont soumises à l’influence d’Israël et des Etats Unis. (…) Le Général de Gaulle n’aurait jamais accepté que la France se comporte envers les Etats Unis comme un pays soumis. (…) Il s’agit de savoir si la France, par rapport aux Etats Unis est un pays indépendant ou bien une fille soumise c’est à dire une prostituée. (…) Ceux qui gouvernent la France aujourd’hui se comportent envers les Etats Unis comme une prostituée envers un proxénète, et cela est intolérable, et le cas de Georges Ibrahim Abdallah illustre parfaitement cette situation. »

 

 

 

En 2013, au son de « Hollande Assassin », des centaines de Tunisiens se sont mobilisés devant l’ambassade de France pour réclamer la libération de Georges ibrahim Abdallah.  Pourtant, alors que la Justice Française continue à se prostituer, Macron,lui, ne semble pas connaitre le plus ancien prisonnier d’opinion européen qui croupit dans les geôles française. Alpagué par la foule, lors de sa visite officiel en Tunisie le 1er février 2018, de « libérer Georges Ibrahim Abdallah »,  Macron, benêt s’étonne « mais qui est-ce ? » , « pourquoi demandent-ils ça » ?

Vous avez la mémoire bien courte Monsieur Macron, car en 2012, vous étiez bel et bien secrétaire général adjoint de l’Elysée dans le cabinet de François Hollande, alors que le premier ministre de l’époque, Manuel Valls, a refusé en 2013 de signer l’arrêté d’expulsion obligatoire pour l’application d’une libération que le tribunal d’application des peines venait d’accorder Georges Ibrahim Abdallah. Hillary Clinton aurait-elle plus de pouvoir à l’Elysée que Jupiter lui-même ? Sans doute puisque vous l’avouez d’une soumise voix :  » ce n’est pas la France qui… » Terminez votre phrase Monsieur Macron, « Ce n’est pas la France qui décide de sa propre Justice ? » 

 

Mais nous n’en voulons pas à votre amnésie passagère Monsieur Macron, car en 1982 et en 1985, vous étiez sans doute trop occupé à travailler vos cours de français, avec votre maîtresse, pour vous intéresser à la politique internationale. Et bien soit,  les Tunisiens seront toujours là pour vous rappeler que cette guerre du Liban, c’est également la nôtre, et hormis les valeureux tunisiens partis combattre, 18 de nos compatriotes ont été assassinés sur notre sol par les raids israéliens lors de l’opération jambe de bois visant le siège de l’OLP. Eh oui Monsieur Macron, les pairs de Georges Ibrahim Abdallah ont trouvé refuge sur notre territoire souverain (ne vous en déplaise),  pendant que l’armée de Tsahal assiégeait Beyrouth. D’ailleurs, le 14 juillet en face d’une ambassade de France entourés de barbelés, bunker colonialiste, devant lequel ceux que vous faites semblant de soutenir mendient un visa, nos voix se sont élevées encore une fois, et elles s’élèveront tant que la Résistance, incarnée par Georges Ibrahim Abdallah, ne sera pas libérée, et que la Loi ne sera pas appliquée.

 

Manifestation de soutien, 14 juillet 2018, Tunis

La France emprisonne la Résistance à l’occupation et à la répression, elle enferme la liberté et le devoir de se dresser contre les exactions, la France, celle que votre personne incarne, emprisonne arbitrairement l’opinion politique de celui qui est pour nous tout un symbole !

Alors, Manu ( oui, nous pouvons vous appeler Manu puisque nous sommes indépendants et que nous avons fait une Révolution) ne venez pas vous pavaner dans nos ruelles avec votre Chéchia, ne venez pas, avec vos discours paternalistes saluer ce que le « savoir faire français » si cher à MAM a voulu empêcher, gardez votre francophonie souveraine et vos élans de sympathie populiste envers un président grabataire et quasi centenaire, et

 

LIBEREZ GEORGES IBRAHIM ABDALLAH !

 

Nous laisserons le mot de la fin à Françoise Vergès, nièce de Maître Vergès, militante des droits de l’Homme et membre du comité de soutien de Georges Ibrahim Abdallah qui confiera à TAkRIZ  :

« Georges Ibrahim Abdallah en prison depuis 1987 est toujours prisonnier alors qu’il est libérable depuis 1999 selon la loi française. Cet acharnement montre qu’ici il n’est pas question de justice, d’ailleurs en a t’il jamais été question? Georges Ibrahim Abdallah doit être libre! »

 

 

La Rédaction 

 

 

Nous tenions à republier la lettre que Georges Ibrahim Abdallah nous a envoyé le 15.04.2011. Depuis sa prison, il s’adressait à nous, Tunisiens, en ces mots :

« En l’espace de quelques semaines tout un monde a changé : du Maroc au Yémen, de la Tunisie à Oman, de la Jordanie à l’Irak et à Bahreïn, de l’Algérie à la Syrie et au Liban. (…) C’est toujours vrai : si les conditions sont bonnes « une étincelle peut mettre le feu à la plaine » et du coup, celle-ci n’est plus ce qu’elle était ; elle a complètement changé, et tout le monde ou presque est pris au dépourvu… Qui aurait pu imaginer, il y a seulement quelques mois (…) que la peur change de camp.

Rien ne sera plus comme avant ; ni les baltagia et autres nervis des régimes en place depuis une éternité, ni les milliers des moukhabarat  ou autres services de répression ne pourront endiguer le torrent révolutionnaire des masses populaires. (…) Camarades, de derrière ces abominables murs où je me trouve depuis un certain temps, je ne peux qu’être admiratif et quelque peu émerveillé devant l’ampleur de ce mouvement et l’émergence devant nos yeux de ce monde arabe nouveau.

Bien entendu, à partir d’une prison, il est toujours assez difficile de saisir la complexité d’un processus révolutionnaire en cours, à plus forte raison si l’on se trouve à l’aube d’une nouvelle époque. (…) Camarades, ensemble nous vaincrons, et certainement ce n’est qu’ensemble que nous vaincrons ! 

À bas les dictateurs et leurs régimes capitalistes ! 

À bas les impérialistes et leurs chiens de garde ! 

Non à toutes les interventions militaires impérialistes sous n’importe quelle forme ! 

Honneurs aux martyrs et aux masses populaires en lutte ! 

Ensemble, camarades, nous vaincrons ! 

Mes salutations les plus chaleureuses à vous tous, camarades ! »