Poésie et Résistance !


Parce que de tout temps, la Poésie engagée a été une arme d’instruction massive, elle a marqué aux vers rouges les périodes sombres de l’Histoire.  De Serge Pey, soutenant la révolte des indiens du Chiapas, à Pablo Neruda, en passant par Aimé Césaire ou Abdelatif Laabidi, les poètes engagés sont des soldats de la rime qui meurent pour certains sur le champs d’une bataille littéraire où chaque mot est un coup porté à l’ordre que l’on veut établi. Comme le disait Sartre dans Qu’est-ce que la littérature, écrire, « c’est se jeter dans la bataille ».

 

Rencontre littéraire Centre culturel de Sousse « Inspiration plus »                   Avenue sadok Moukadem Yahia Samedi 27 octobre, 16h

 

 

Loin des flonflons de la Cité de la culture, tapis dans le maquis du centre culturel « inspiration plus » de Sousse, Mohamed Bedoui, Taoufik Baba, Fredj Ben Nasr et Othman Baba résistent en déclamant leur patriotisme à la lueur de l’espoir d’une révolution permanente, celle de l’art engagé. Une rencontre littéraire à ne pas rater samedi 27 octobre à Sousse, durant laquelle le patriotisme de Frej Ben Nasr résonnera comme autant de « dégage » dans une Tunisie gangrenée par l’opportunisme et le carriérisme ambiant :

حب الخضراء يجمعنا « 

كوصايا الوالد

للولد قسما بترابك يا وطني

بسماءك هلت بالبرد

سنطهر أرضك من دنس

ونصون العين من الرمد

ونرد الكيد على فئة

فيزولوا جفاء كالزبد

وتظل عصيا ونغني 

 « نحن العشاق الى الابد

 

Il n’y a plus de Patrie, juste des partis qui se partagent une nation écartelée entre l’obscurantisme et une débauche importée. On ne lit plus, on like, on ne peint plus, on poste, sur les réseaux sociaux des images éphémères qui se meurent  sur un fil d’actualité qui s’égraine comme le sable de la mémoire collective. Où sont les artistes, les intellectuels, les penseurs, les tribuns ? Où sont les plumes, les pinceaux ? Où est l’art engagé ?
Où est l’art qui crie, décrit et écrit les pages de l’Histoire ? Taoufiq Baba :

 

بلاد شباب يريد كرامة « 

و خبزا دون أن تمدّ له الأيادي

شباب مشى طويلا على الأقدام

يجمّع أصواتا تردّد وتنادي

ارحل ارحل و دعنا وحدنا

نقاوم جيوب الفساد

رحل من أرادوه يرحل

وعاد الينا من كان في الإبعاد

جاء يركب الأحداث

يدّعي الإصلاح والصّلاح

يعتلي الكراسي و المناصب

يشتري الأصوات دون مزاد

يوظّف من لا يستحقّ وظيفا

و يهدر أموالا دون تعداد

 « آه و آه يابلادي بلادي

 

Une révolution culturelle est nécessaire dans un pays où les repères sont devenus ceux au sein desquels les bandits de la Républiques se terrent et brûlent notre terre. Cette Révolution, Othman Baba y croit, dans La nuit ne sera pas longue, allégorie de l’obscurantisme dans lequel la Tunisie est plongée. De sa plume naît la lumière et l’espoir :

« Ce pays, le mien, le notre

Étendue immense de cris,

De colère,

De courroux et de désarroi

On le refera ! »

« Nos mots sont des lances… L’essentiel c’est de ne jamais baisser les bras » nous confie-t-il…

La lutte continue !

La Rédaction