Archives du jour : 18 novembre 2018


  En Occident, les notions de souverainisme et de nationalisme sont souvent confondues. La gauche de nos jours a peur du terme « souverainisme » car il est assimilé au nationalisme dont on connait les ravages à travers l’histoire en Europe. Or le souverainisme n’est que l’expression ultime de la démocratie : à savoir le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes. La République est par définition souveraine. Mais, l’intelligentsia néolibérale fait tout pour diaboliser le souverainisme en l’assimilant au nationalisme, créant ainsi un pseudo nouveau clivage entre les « progressistes », à savoir les mondialistes qui ne voient que du positif dans la dérégulation et l’ouverture des frontières économiques, et les nationalistes, i.e. les fachos. C’est ainsi que dans la plupart des pays développés la gauche a laissé tomber les notions de souveraineté populaire et de défense des laissés pour compte afin de s’adapter à la nouvelle donne et d’accepter la domination de la loi du marché, tout en restant progressistes sur les mesures sociétales. L’extrême droite a donc récupéré les voix de ceux qui sont restés à la marge de la mondialisation.     En Orient, dans les pays dits du Sud, la notion de nationalisme ne renvoie pas aux mêmes fondements idéologiques du nationalisme européen, car la notion même d’Etat-nation est née avec l’avènement des indépendances. Contrairement à l’Europe, où le nationalisme est l’expression du refus de la différence, qu’elle soit ethnique ou religieuse, le nationalisme oriental s’est construit pendant le processus de décolonisation et en opposition à l’impérialisme occidental. Le but de la construction nationale en orient était avant tout de chasser l’occupant. Aujourd’hui encore, les pays faibles sont menacés par l’impérialisme occidental sous ses nouvelles formes (accords de libre-échange inégalitaires, guerres pour les ressources, armement de milices, etc …). Les notions de nationalisme et de souverainisme sont donc confondues.   Finalement, si le nationalisme ne peut être analysé qu’en fonction du contexte géographique et historique dans lequel il s’est construit, le souverainisme en revanche est une véritable idéologie et une conception de l’organisation politique et économique internationale.   Hakim Fekih

Souverainisme et nationalisme : Orient vs Occident


En 2010, un projet de loi était présenté à la Knesset, prévoyant qu’un accord de paix ne pourra être signé avec un pays arabe que s’il inclut des compensations aux réfugiés juifs originaires de ce pays. Une nouvelle loi qui officialise, donc, la compensation arabe aux réfugiés juifs « obligés », d’une manière ou d’une autre, de quitter ou d’abandonner leurs maisons. Quelques jours plus tard, Victor Jean Claude Cohen, Français originaire de Sfax, ouvrait discrètement Immoconsul Tunisie, une agence décrite dans les médias israéliens comme  mandatée pour« faire des recherches d’archives dans les tribunaux en Tunisie afin de retrouver la trace de biens et de titres de propriété considérés comme perdus à jamais par leurs propriétaires, en autres les juifs tunisiens. Elle s’emploie aussi à rechercher les titres de propriété des biens immobiliers auprès des différents cadastres ou d’autres organismes d’état en Tunisie dans le cas ou les propriétaires les auraient perdus. » Avait également été inaugurée en 2007  l’agence AXYS à Sousse, une agence créée pour rechercher les ayants droit des anciennes familles européennes et Israéliennes (souvent les mêmes) de Tunisie ayant eu des biens coloniaux lorsque le pays était à vendre. De 2010 à 2014 la fouille des archives auprès des tribunaux et des cadastres, le recensement des biens et la recherche des ayants droits bat son plein pendant que le tunisien lui tente tant bien que mal de recenser la liste de ses martyrs morts durant la révolution.  Le 30 novembre 2014 est  votée à la Knesset israélienne, une « loi de commémoration de l’expulsion des juifs des terres d’Islam », officialisant la volonté des politiques sionistes de se réapproprier les terres et les biens qu’ils ont, pour beaucoup, abandonnés volontairement en 1948 pour se rendre en Israël. Cette date, non choisie au hasard, correspond aux émeutes anti-juives qui ont éclaté à Aden au Yémen au lendemain du vote de l’ONU sur la partition de la Palestine mandataire. 2014, c’est également l’année où le nom de René Trabelsi est pour la première fois évoquée en tant que ministre du tourisme, mais la pression populaire a retardé l’échéance. Sans doute fallait-il plus de temps pour faire accepter à la population l’inacceptable : la normalisation. En décembre, le ton monte. « Israël porte plainte contre des pays arabes, dont la Tunisie qui ont poussé les juifs à l’exil en 1948 » pouvait-on lire en titre des médias tunisiens. « Le Premier ministre israélien a souligné que l’objectif de cette plainte est de récupérer les biens et les richesses des quelque 850.000 juifs qui vivaient dans ces pays, qui les avaient chassés par la force en 1948, pour rejoindre l’Etat d’Israël, alors nouvellement créé ».  Qu’en est-il vraiment ? En 1948, la Tunisie est sous protectorat Français, et les départs se faisait de leur plein gré dans le cadre de l’«alyah» à travers des agences juives. La victimisation comme arme de guerre d’opinion, à travers des articles dont le vocabulaire employé rappelle celui employé pour décrire la Shoah, et le terme de « etnic cleansing » (nettoyage ethnique) est lancé.  Sans doute la LICRA avait-elle pour mission d’en […]

Le projet Tunisraélien : la réappropriation des terres et biens ...