Souverainisme et nationalisme : Orient vs Occident


 

En Occident, les notions de souverainisme et de nationalisme sont souvent confondues.

La gauche de nos jours a peur du terme « souverainisme » car il est assimilé au nationalisme dont on connait les ravages à travers l’histoire en Europe. Or le souverainisme n’est que l’expression ultime de la démocratie : à savoir le droit des peuples de disposer d’eux-mêmes.

La République est par définition souveraine. Mais, l’intelligentsia néolibérale fait tout pour diaboliser le souverainisme en l’assimilant au nationalisme, créant ainsi un pseudo nouveau clivage entre les « progressistes », à savoir les mondialistes qui ne voient que du positif dans la dérégulation et l’ouverture des frontières économiques, et les nationalistes, i.e. les fachos.

C’est ainsi que dans la plupart des pays développés la gauche a laissé tomber les notions de souveraineté populaire et de défense des laissés pour compte afin de s’adapter à la nouvelle donne et d’accepter la domination de la loi du marché, tout en restant progressistes sur les mesures sociétales. L’extrême droite a donc récupéré les voix de ceux qui sont restés à la marge de la mondialisation.

 

 

En Orient, dans les pays dits du Sud, la notion de nationalisme ne renvoie pas aux mêmes fondements idéologiques du nationalisme européen, car la notion même d’Etat-nation est née avec l’avènement des indépendances.

Contrairement à l’Europe, où le nationalisme est l’expression du refus de la différence, qu’elle soit ethnique ou religieuse, le nationalisme oriental s’est construit pendant le processus de décolonisation et en opposition à l’impérialisme occidental.

Le but de la construction nationale en orient était avant tout de chasser l’occupant. Aujourd’hui encore, les pays faibles sont menacés par l’impérialisme occidental sous ses nouvelles formes (accords de libre-échange inégalitaires, guerres pour les ressources, armement de milices, etc …). Les notions de nationalisme et de souverainisme sont donc confondues.

 

Finalement, si le nationalisme ne peut être analysé qu’en fonction du contexte géographique et historique dans lequel il s’est construit, le souverainisme en revanche est une véritable idéologie et une conception de l’organisation politique et économique internationale.

 

Hakim Fekih