Algérie


Il y a 20  ans, jour pour jour, mourrait Lounés Matoub, le Rebel. 78 balles pour des chansons, pour un art engagé, épris de Liberté. Du fédéralisme (qui pour lui était l’unique solution dans un pays volontairement divisé par les séquelles du colonialisme) à la laïcité, ce fervent défenseur des Libertés s’est attaqué à l’hymne nationale algérienne (Tabratt i lhukem), symbole d’un pays gangrené par une guerre fratricide entre les généraux corrompus et les islamistes sanguinaires. Incarcéré pour la première fois pour avoir osé demandé une cigarette au procureur lors d’un procès, Matoub devient vite le symbole de politiquement incorrect où la provocation est brodée de poésie et de littérature, unique échappatoire dans un pays où l’avenir est morose.  Guerrier des notes et des refrains au curare, il se produira sur scène en treillis militaire pour affirmer sa volonté de combattre avec les armes qui sont siennes. Traité par les journaux occidentaux de fasciste, blessé par balles à bout portant par la police algérienne, Lounés Matoub continuera à sa battre jusqu’à ce 25 juin 1998 où il fut assassiné. Par les islamistes ?  Par les généraux ? sans doute les deux, car tout comme en Tunisie, le pouvoir en place et les islamistes s’alimentent l’un l’autre pour détruire le Pays et la liberté d’expression… En cette journée TAKRIZ a souhaité reprendre le texte de sa lettre au Président ,  » Monsieur le Président, C’est avec un coeur lourd que je m’adresse à vous. Ces quelques phrases d’un condamné étancheront peut-être la soif de certains individus opprimés. Je m’adresse à vous avec une langue empruntée, pour vous dire, simplement et clairement, que l’Etat n’a jamais été la patrie. D’après Bakounine, c’est l’abstraction métaphysique, mystique, juridique, politique de la patrie. Les masses populaires de tous les pays, aiment profondément leur patrie, mais c’est un amour réel, naturel, pas une idée: un fait. Et c’est pour cela que je me sens franchement le patriote de toutes les patries opprimées » La Rédaction

78 balles pour une chanson, 25.06.98 Matoub nous quittait…


 Le monde des mortels a connu bien des horreurs. Tant de massacres engendrés par une espèce avide de pouvoir. Les frontières sont les preuves probantes et incontestables du mal qui a été fait, des plaies ouvertes imprégnées par le sang versé. Ce sang coule à flot à la surface de notre Terre Mère. Le petit peuple est toujours sacrifié afin d’asservir une poignée de dirigeants. En vérité, les masses sont volontairement gouvernées par des Etats voyous. Quant a l’Etat central qui occupe cette fraction de la planète, il outrage un président ni mort ni vivant. Un Etat militaire, qui au détriment du peuple, clame l’islam comme religion et bannit toute forme de liberté de pensée ou d’expression. Cependant, contre toute attente, il autorise le droit de culte qui peut-être reconnu ou non ! Cela va des humeurs de ce même Etat schizophrène, entièrement responsable du nivellement de tant de générations. En effet, ce système empêche toute forme de progression. Dans l’ambre, le combat continue au cœur de ce berceau qui maintient à flot nos vies souillées par des lois sordides, contradictoires et complètement  révoltantes. Des lois imposées à chaque citoyen et citoyenne qui n’ont aucun sou pour graisser la patte aux gros ventres qui ont usurpés ce territoire qu’ils nomment « Algérie ». Corruption, oppression et abus de pouvoir sont à l’ordre du jour sur cette partie du globe. L’Histoire des peuples Nord-africains a été ensevelie sous les débris d’une postérité raturée. Le dur  labeur de l’état vers une aliénation certaine, s’est peu à peu enraciné dans les entrailles de l’éducation des enfants de demain.     Nous évoluons discrètement sous cet air vicié. Contraints de s’identifier parfois, sans nulle hostilité manifestée. On se sent profondément terrien. Sans appartenance aucune. On existe, mais toutefois fragmenté. En agonie, face à la presque vie imposée dans un linceul de conformité. Pris au piège de nous-mêmes, où chaque concept, chaque notion à créer ou à inventer, émane de l’Homme pour l’Homme afin de dominer ou de libérer. Bien des penseurs nous ont fait vibrer et bien d’autre enrager. Des civilisations aux connaissances et aux croyances d’hier,  jusqu’aux conceptions de demain. Tant d’avancées nous ont ouverts les yeux et tant d’enseignements nous ont rendus absurdes. Si un pas vers l’avant se façonne, cent en arrière sont inéluctables pour servir l’intérêt d’une minorité impitoyable et sans pitié. Tout précepte, toute croyance, théorie ou concept ne sont que des notions qui étendent vers une appartenance quelconque. Une forme de cellule intellectuelle qui conserve notre cerveau dans un état fœtal « conscient dans l’inconscience ». La soif de domination de certain propulse d’autres sur une vague d’insurrection.     Depuis le début de l’Histoire de l’humanité, l’Homme a clairement démontré que notre espèce est le cancer qui range sa propre chair. À défaut de changement,  la nature reprendra ses droits. Car esclave de ses propres créations, il court vers sa propre destruction mais aussi, de milliers d’autres. L’urgence est universelle. La  révolution d’aujourd’hui est de RENAÎTRE, de mettre en place une  alternative toute a fait nouvelle, […]

Le cimetière des vivants, fédération anarchiste algérienne