art


Alors que les paillettes et le tapis rouge bon marché des JCC fait de la Tunisie un mirage de bourgeoisie clinquante, Nasreddine Shili ( l’homme au déngri et à la baguette du 14 janvier) vient mettre un grand pied dans ce décor de pacotille et d’hypocrisie pour faire place à une réalité dérangeante, celle des bas-fond de la Tunisie où se mêlent drogue, violence, insalubrité et homosexualité. Une Tunisie oubliée, qui pourtant, il y a 8 ans s’est battue pour avoir l’unique droit d’exister.        Dans le quartier de Bab Jdid, deux hommes, Rzouga et Fanta squattent un vieil hammam désaffecté. Sur le froid glacial des céramiques cassées par le temps, comme autant de vie brisées,  ils se réchauffent le coeur et le corps, en vivant une histoire d’amour rythmée par la prise de stupéfiant et d’excès de violence,  liées aux effets secondaires d’une prise de produits psychoactifs dévastateurs.  Car ce sont des fragments de vie dévastées qui sont mises en scène dans ce film où le réalisateur vomit la réalité au visage du spectateur aux oeillères, une réalité telle qu’elle a été avalée, sans être digérée.  Une réalité que l’on n’ose même pas nommer, tout comme le titre français ou anglais du film où le mot « subutex » est littéralement absent et où seul l’ancien titre « tranche de vie » est mis en avant. Une aberration lorsque l’on sait que le film est classé comme long métrage documentaire, à savoir comme un « film de caractère didactique ou informatif qui vise principalement à restituer les apparences de la réalité ».  D’ailleurs à l’heure où la rédaction écrit, la fiche du film a littéralement disparu du site des JCC.  Peut-être que l’image de deux hommes dans un hammam dérange-t-elle dans un pays où l’homosexualité est un délit ? * Depuis le 14 janvier, la nomenklatura tunisienne a trahi. Elle se plait à jouir sous les caresses des médias étrangers en simulant une « exception tunisienne » qui en réalité n’est que prostitution. On parle de cinéma, de liberté d’expression, de multipartisme et de tolérance… Mais où sont passées les revendications de la Révolution ? Où est cette dignité tellement souhaitée ? Une chose est sûre, Rzouga et Fanta n’y ont pas droit à cette dignité pour laquelle 300 personnes sont mortes. Ils squattent des lieux abandonnés, vivotent dans un pays qui se prétend civilisé mais où le traitement de l’hépatite C est un parcours du combattant et où les rayons de la pharmacie centrale sont vides.  Depuis la fermeture du centre «Espoir» de Jbel Oust en 2011, les utilisateurs de drogues injectables (UDI) n’ont plus accès à un centre de sevrage. Seules quelques associations, comme l’association Jeunesse et vie à Sfax, les accompagnent et les aident à combattre la dépendance, dans un pays considéré comme un marché de la drogue à ciel ouvert.  Si l’ecstasy, la cocaïne, les amphétamines, la kétamine ou le LSD sont des drogues qui sont de plus en plus accessibles, les médicaments de substitution, la drogue du pauvre, ( Parkizol, Temesta et Subutex) envahissent le marché parallèle, […]

SUBUTEX de Nasreddine Shili, plus qu’un film, un cri d’alarme ...


Quelques heures après l’attentat qui a secoué le centre ville de Tunis, un appel sur les réseaux sociaux  invitait les artistes à envahir l’avenue Habib Bourguiba, comme pour montrer que la vie continuait et que jamais la terreur, tant souhaitée, ne s’installerait sur ce qui fût, un certain 14 janvier, l’avenue d’un peuple épris de Liberté. Loin du discours défaitiste et fataliste du Chef de l’Etat qui martèlera son impuissance face un un terrorisme qui, il l’espère, ne fera pas disparaître la Tunisie, la jeune plasticienne Nadya Zarrougui répond à l’appel et organise un événement devant le théâtre municipal le 30 octobre à 18h, y conviant artistes et âmes libres au cri de  « FAITES LA RUE ! »   « Parce que tous les événements ont été récupérés par les politiciens, place aux libres !  Les bombes sont faites pour tagguer sur les murs le cri de notre Liberté et non pour semer la mort et la terreur.  Les artistes sont les seuls qui peuvent lutter contre l’obscurantisme ! A coup de pinceau, à coup de mots ! A pas de danse combattre les pas de bottes ! Occupez les rues, occupez Habib Bourguiba demain. Chantez, dansez, riez : vivez comme vous l’avez toujours fait : VIVEZ LIBRES ! Venez avec vos notes, vos mots et vos couleurs !  Mais venez ! »  Il n’en fallait pas plus pour que plus de 1000 artistes répondent présents à cette appel du coeur qui veut battre et se battre contre l’obscurantisme. Appelée à déclamer des poèmes d’Aimé Césaire, Saadia Mosbah, icône de la lutte contre le racisme en Tunisie, répond immédiatement présent :  « Je crierai son prénom mille et une fois… Aimé… Aimez… Aimer et je conjuguerai le verbe à tous les temps… et j’y ajouterai un autre temps … L’infini… » nous dit-elle, déterminée.  Alors que l’ensemble des commerces de l’avenue Habib Bourguiba ferment, la Librairie el Kitab décide de rester ouverte « nos portes resteront toujours ouvertes malgré tout, nous ne nous laissons pas faire facilement. Stand up for tunisia » . Un symbole de résistance dans cette lutte continue de la raison contre la folie meurtrière, ou le désespoir, qui pousse l’Homme à vouloir tuer d’autres Hommes.  La Résistance par l’Art, pour faire exploser les consciences comme l’a symbolisé l’artiste Mounir Fatmi avec son oeuvre représentant une jeune femme portant une ceinture de livres, prête à faire sauter les carcans culturels dans lesquels on voudrait nous enfermer.  « A l’image de la Tunisie, les JCC, lieu de liberté et de résistance ne plieront pas devant les porteurs de projets obscurantistes et fidèles à leurs convictions continueront à clamer haut et fort que seule la culture est un rempart infranchissable contre l’ignorance et les entreprises mortifères.  Le terrorisme aujourd’hui est un phénomène global et malheureusement personne n’est à l’abri » affirme Néjib Ayed (directeur des JCC) dans un communiqué,  » le festival aura lieu et célébrera les valeurs de tolérance, d’ouverture et de la vie face au nihilisme » suivi du hashtag #nopasaran, « ils ne passeront pas », slogan des républicain en lutte contre les nationalistes franquistes.     Car non, […]

Artistes, faites la rue ! le 30 octobre 18h


Alors que les éventements de décembre 2010 et janvier 2011 semblent, par un processus contre-révolutionnaire savamment orchestré, avoir été effacés de la mémoire collective tunisienne, le groupe lyonnais  KUNTA met à l’honneur les mouvements contestataires qui ont redonné, l’espace d’un instant, sa dignité à la Tunisie et à l’Egypte.  C’est à travers son tire AOLAD, qui évoque  les 7 ans du conflit syrien perdurant à ce jour, et étouffant le rire des enfants de Damas, de Homs ou de Raqqa, que le groupe fera un clin d’œil à  la véritable Révolution tunisienne, celle qui fût assassinée le 14 janvier 2011.   En effet, c’est sur des images tournées en Tunisie, mais également en Egypte et au Liban que la chanteuse d’origine syrienne, Climène Zarkan, pose sa voix sur une musique hip-hop où se mêlent cuivres (Nans et Léo) et groove éthiopien. Un son ethnique mais surtout éthique qui rappelle que l’Art, et ici la musique, se doit avant tout d’être engagé. Dans face à face avec les paroles en langue arabe, Yovan, le leader du groupe, accompagné par Thomas à la batterie et Colin à la basse, assène un flow incisif  à travers lequel il porte un regard critique sur son époque et sur les enjeux internationaux qui font fi des populations civiles.   Cette volonté d’éveiller les consciences est présente dans le titre AOLAD, mais également dans les autres titres de l’album (dont la date de sortie est prévue pour le 2 novembre). Le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, le post colonialisme occidental et le capitalisme sauvage sont autant de sujet traités avec maestria par KUNTA. Des sujet qui ne sont pas sans rappeler les problématiques inhérentes à la Tunisie post 14 janvier : concessions pétrolières illégalement exploitées, ingérence du FMI et de la BCE dans les politiques budgétaires ou vente des institutions publiques aux investisseurs étrangers.   Le clip est réalisé par le talentueux Ghazi Frini , le prodige tunisien du Vjing, qui nous le décrira comme « un hommage à la jeunesse en mouvement, aux mouvements contestataires, à l’étincelle qui est partie de la Tunisie pour se propager partout dans le monde » avant d’ajouter « la dignité est un droit, continuons le combat !  » Ce combat perpétuel pour la Dignité humaine et pour la recherche de Liberté, Ghazi Frini en fait son quotidien. Il a, entre autre animé, un atelier à la maison d’arrêt de Lyon Corbas (2012) où il a repris avec les personnes incarcérées  « Je ne suis l’ombre de personne », performance qu’il avait initialement proposée à Tunis quelques années auparavant.   « Ce n’est pas parce qu’on est en prison qu’on est privé de libertés, et ce n’est pas parce qu’on est dans le civil qu’on est forcément libre » expliquera Ghazi Frini sur les ondes de Radio Nova. La liberté est un état d’esprit, un acte de résistance permanent face au diktat de la pensée unique et de la centralisation de la culture.  C’est cet acte de résistance que  KUNTA incarne, comme un battement de cœur qui bat et qui se bat. […]

La Révolution Tunisienne à l’honneur dans un clip de KUNTA



Takriz s’est beaucoup amusé en regardant Klem Ennes en cette soirée du 18 avril 2018….  Tout commence avec une bande annonce censurée parce qu’elle montre un torse nu d’homme, puis c’est un hommage à la palme d’or de 1967 qui est pointée du doigt avec l’affiche de « l’Amour des hommes ».  Mais vous ne pouviez pas le savoir puisque votre abyssale ignorance de pseudo-chroniqueurs ne pouvait reconnaître ici le clin d’oeil à Michelangelo Antonioni et son chef-d’oeuvre Blow-up :   On ne s’improvise pas critique lorsque que l’on ne différencie pas les genres cinématographiques et que l’on confond un cinéma d’auteur, comme l’est le cinéma de Mehdi Ben Attia (à la fois réalisateur et scénariste) et une comédie dramatique à la sauce ramadanesque tout juste bon à amuser la ménagère de plus de 50 ans.   On ne s’improvise pas cinéphile  lorsque que l’on cantonne un acteur à un stéréotype figé en 2013, lorsque que l’on assimile des têtes d’affiche à du « dopage », ou lorsque notre seule référence culturelle est Abdellaziz el Aroui ou une pièce de théâtre qui date de 1921.   On ne s’improvise pas philosophe de l’érotisme et de la pornographie sans avoir lu au préalable Marie-Anne Paveau, Jean Jacques Pauvert ou Ruwen Ogien.   On ne s’improvise pas psychologue et on ne peut comprendre la courbe du deuil lorsque l’on n’a jamais lu de livre de sa vie, ni les écrits d’Elisabeth Kübler-Ross. Car l’Amour des hommes c’est la quête de sens et d’un renouveau, ultime étape de l’acceptation de la perte.   On ne s’improvise pas linguiste en parlant de pornographie sans en comprendre le sens premier. Car la pornographie est une science qui étudie la prostitution et l’utilisation actuelle du terme n’est qu’une perception qui a évolué avec une industrie de production cinématographique ayant pour unique visée l’excitation sexuelle du spectateur. Faut-il pour les réalisateurs tunisiens faire comme Serge Korber et réaliser sous pseudonyme pour pouvoir exercer son art en toute liberté?  Comme l’a si bien dit en introduction Rochdi Belgesmi : « nous voulons évoluer ! »  mais votre ignorance nous en empêche… Mais nous allons arrêter de perdre notre temps avec vous et nous allons conclure ici avec les mots d’Elyes Baccar qui s’est exprimé à votre égard dans  TAkRIZ: « Malheureusement, comme le décrit Umberto Eco, dans « la guerre des faux », certains médias jouent ce jeu du « faire semblant » : celui d’apparaître comme des connaisseurs sans avoir de véritables connaissances, d’être émetteurs d’avis-verdict sans fines analyses, ou d’être de simples casseurs, sans réel motif hormis celui du « buzz »… » car contrairement à Taieb :   « Vous êtes l’ennemi de l’art et de la Liberté » !   La Rédaction

Quand l’ignorance s’invite en guest star des plateaux télé


Sorti en salle hier dans l’Hexagone, Vent du Nord de Walid Mattar redonne à la Tunisie, ses lettres de prolétariat que tant ont bafouées pour quelques sollicitudes et les bonnes grâces du pouvoir en place. Dans un jeu de miroir au tain de mondialisation, le Réalisateur dresse ici le parcours de deux hommes, dont les destins sont liés par le même moyen de production et les mêmes ronds de cuir obsédés par le rentabilité et la productivité.  Vent du Nord, un docu-fiction ? Avec un taux de chômage et de pauvreté élevés, une espérance de vie moindre que dans la moyenne nationale française, les ouvriers des usines automobiles, les mettalos, ou autres manœuvres des Hauts de France sont les oubliés des politiques de relance frileusement ébauchées par les gouvernements successifs. Dés 2000, la situation de la région s’est fortement dégradée, et les revenus, avant redistribution, sont les plus faibles de France.  Chômage, maladies causées par l’exploitation des mines, pauvreté…un Redeyf à la française où le pauvre doit rester pauvre, l’exploité doit rester exploité et où il est interdit de rêver d’un avenir meilleur sous peine d’être violemment réprimé. Si le Réalisateur a choisi, comme cadre tunisien de sa fiction, la Banlieue sud de Tunis  afin de rendre un hommage à sa ville natale, c’est toute la classe populaire tunisienne qui est représentée ici. Ceux là même qui ont fait la Révolution, et qui restent, comble de l’ingratitude, les oubliés de ces néo-politiciens qui omettent, par péché d’orgueil, ceux grâce à qui ils peuvent s’exprimer aujourd’hui. Alors que le film, car c’est bien d’une fiction qu’il s’agit ici, offre au spectateur des prises de vues magnifiques, des dialogues empreints d’un humour certain, et une bande originale sublime composée par Malek Saied, cette impression de plongée en apnée dans la vie de ces oubliés sociaux donne à l’oeuvre une impression de docu-fiction où l’injustice et le système D tiennent les rôles principaux. Certaines séquences, souvent portées par une musique, nominée au festival international du film d’Aubagne, qui nourrit l’image de sa tragi-poésie, sont des photographies à part entière, qui apportent cette touche de Beau dans un environnement où l’recherche de l’esthétique cède la place à la survie. Le quotidien des « oubliés » « Le café de l’avenir » où Foued tue l’ennuie, et qui n’est pas sans rappeler « le café olympique » de Condamnation, fait écho au bar P.M.U. qui ponctue la vie d’Hérvé. Dans cette société de consommation, les loisirs se font rares pour ceux qui ne peuvent se les payer. Des feux d’artifices, une fête foraine occasionnelle ou le cabaret dans lequel on dépense, pour le plaisir des yeux, la moitié de son salaire, sont autant d’échappatoires de fortune dans une vie morose où l’enfant n’a d’autre choix que la play-station ou les balançoires vétustes, rouillées par l’air marin. Alors pour oublier on boit : le p’tit blanc ou le Koudia bon marché (qui reste pourtant trop cher), le mauvais mousseux ou la Celtia, partenaire des nuits solitaires. Heureusement les amis sont là. Ces amis […]

Vent du Nord : une fable libertaire sur la vie ...


La femme, enfermée dans les seuls rôles que la société tunisienne lui octroie : sagement voilée, danseuse de cabaret, garçon manqué ou fliquette fonctionnaire dans un uniforme qui lui est imposé. C’est par ce triste constat que s’ouvre le film de Mehdi Ben Attia : l’Amour des Hommes, où une jeune veuve, photographe encouragée par un beau-père mécène, à la fois patriarche et progressiste, décide de reprendre goût à la vie en posant son regard de femme sur des corps d’hommes. Une film sans dessous-dessus  Mehdi Ben Attia bouscule ici le cinéma tunisien où un sein dénudé et une cuisse offerte ont été la marque de fabrique d’une production cinématographique, dite provocante, mais qui, au fil des ans, s’est meut en recette prête à l’emploi pour films réchauffés au gout de déjà vu. L’Amour des hommes est un coup de pied donné, avec maestria, à cette complaisante facilité à laquelle, néanmoins, le réalisateur a tenu à rendre hommage. Si l’affiche du film n’est pas sans rappeler celle de de Blow-up, chef d’oeuvre d’Antonioni, l’apparition de Ferid Boughdir ou l’affiche des Silences du Palais glissée dans les décors, sont autant de clins d’œil à ces aînés qui, selon Mehdi Ben Attia, « ont ouvert la voie à une génération de cinéastes, en ayant, en quelque sorte, inventé le cinéma tunisien ». « On ne va jamais assez loin dans la provocation, il faut le secouer ce pays, ce sont des endormis » explique Si Taëb (joué avec brio par Raouf Ben Amor) à la jeune photographe. Des mots qui pourraient être ceux du réalisateur, également scénariste, qui a décidé de secouer les codes jusqu’à les inverser. Ici la femme dirige ses modèles masculins dans une bienveillance injonctive où se mêlent à la fois  l’arrogance d’une femme-maîtresse et la sensibilité à fleur de peau d’une artiste, écorchée par la vie et les deuils successifs. L’homme devient un objet de désir sur papier glacé, dont les gestes et les poses sont guidés par la main experte d’Amel.  Celle-ci les déshabille comme on met à nu une âme pour en découvrir la beauté cachée afin de l’exposer. Dans une Tunisie machiste où la femme doit encore se battre pour exister, c’est l’héroïne du film qui fait exister l’homme à travers son objectif. Créateur, elle aura entre ses mains jusqu’au pouvoir de vie ou de mort sur ce beau père pourtant représenté comme l’archétype du Seigneur, et qui, durant tout le film, donnait l’impression de la faire vivre. Hafsia Herzi incarne cette femme que l’on s’interdit d’être, cette femme libre d’exprimer son désir, libre d’aller jusqu’au bout de ses passions, si dérangeantes soient-elles  dans une société où l’hypocrisie s’est faite Loi. Portrait d’une société Au delà ce cet hymne à la Liberté, L’Amour des Hommes dresse, avec justesse, le portrait de la société tunisienne dans toute sa dualité. Alors que le spectateur est invité à s’asseoir autour de la table d’une maison bourgeoise, entretenue comme un musée par une mère qui tente de combler le vide de ses journées entre […]

L’Amour des Hommes : une bombe dans le paysage cinématographique ...



La « Cité de la Culture », autrement appelée ramasse merdes pour collabo artistiques, ouvre ses portes , ou plutôt les ferme violemment à ceux qui osent créer en toute liberté.       Claudia Cardinal, native de Tunisie, ouvrira en grandes pompes, ce soir,  la cinémathèque où elle est à l’honneur  avec une rétrospective de « ses plus beaux films » lit-on sur l’affiche.  Alors que la Tunisie sort tout juste d’une polémique quant à la censure de « Call me by your name », pourtant oscarisé, TAKRIZ a été surpris d’apprendre que le film de MEHDI BEN ATTIA, « Le Fil », où la belle italienne joue le rôle de Sara, mère d’un jeune homosexuel marsois revenu au pays après le décès de son père, n’a pas été programmé.  Au lieu de cela « Chaîne d’or », court métrage réalisé sous la colonisation française, fera les belles heures  d’une soirée inaugurale durant laquelle la culture tunisienne tient sans doute à rendre honneur aux chaînes ( furent-elles d’or) qui la maintiennent sous le joug du politiquement correct.  La question se pose alors du pourquoi ? Pourquoi ce film, tunisien, récompensé aux USA, ne fait-il pas parti de la rétrospective dédiée à Claudia Cardinal ?  En 2010, Abir Bannani, qui y joue l’un des rôles féminins, confiait dans une interview  «Avant le tournage en Tunisie, le ministère de la Culture a mis une condition de ne pas projeter le film en Tunisie». Cette injonction est-elle encore d’actualité aujourd’hui, alors que la liberté d’expression est un droit constitutionnel ?  Lorsque Claudia Cardinal a été contactée par les organisateurs de ce non-événement, elle a spontanément évoqué « Le Fil » de MEHDI BEN ATTIA et a orienté ses interlocuteurs vers la production afin qu’ils se procurent une copie de l’oeuvre. L’enthousiasme initiale céda vite la place à l’homophobie de rigueur, et ce dés la lecture du synopsis. En effet, sitôt leurs petits minois pudibonds confrontés à la réalité filmée de l’homosexualité tunisienne, tous les prétextes étaient bons pour faire machine arrière : l’absence de projecteur 35 mm, un manque de communication, et même l’absence de lecteur Blu-Ray .   Au final, caché derrière le masque de la mauvaise foi , Hichem Ben Ammar fera imprimer le programme sans le film aux senteurs de pêché qui pourtant aurait fait écho au symbole phallique de l’architecture des lieux.  Mohamed Zine El Abidine, sinistre des affaires culturelles et Hichem Ben Ammar, directeur de la Ciné-australopithèque vont surement nous expliquer que « tous les films de l’actrice ne pouvaient être projetés » . Permettez-nous d’en douter et de penser que c’est uniquement le sujet, les scènes de baisers non simulés et les rapports physiques explicites qui privent le cinéma tunisien d’être à l’honneur ce soir, et de céder la place au cinéma colonial.   La cinémathèque est présentée par les médias comme  une institution permettant « de susciter la curiosité et l’intérêt des jeunes à l’égard des films de patrimoine, de collecter et conserver les copies et négatifs de films ». Il semble qu’il ait été omis de préciser que pour y rentrer, une tenue correct était exigée et que le […]

Ce soir, pas de STRING à la cinémathèque : tenue ...





Né d’un triste constat, quant aux chiffres constants du chômage dans la région du Grand Tunis, Vision Solidaire est un projet visant à sortir les jeunes de leur situation sociale précaire, de les éloigner des risques de délinquance voire de terrorisme, de leur apprendre un métier d’avenir et d‘améliorer l’image des quartiers difficiles en Tunisie. Ce projet a été mis en place par  La Maison de l’Image, un lieu indépendant dédié à l’image, sous toutes ses formes: photographie, vidéo, cinéma et nouveaux médias. A la fois lieu de rencontre, un espace de formation et de résidence pour les artistes, le lieu était prédestiné à accueillir ces jeunes en quête de qualification et  d’estime. Le projet a été financé par la Fondation DROSOS, qui a  pour mission de permettre aux personnes en situation précaire de mener une vie dans la dignité. Un appel à candidature a donc été lancé le 17 mars 2017 et 30 jeunes âgés de 20 à 28 ans ont pu bénéficier grâce à la maison de l’image à une formation qualifiante.  A compter du 18 janvier 2018, cinq formations sont proposées : La photographie :Les participants à cette formation seront préparés à devenir des professionnels de la prise de vue, du tirage et de la retouche photographique. La formation leur apportera un bagage technique solide permettant à la créativité de s’exprimer pleinement. La vidéographie :Les participants à cette formation aborderont l’ensemble des techniques de la vidéo. Elle leur permettra de maîtriser l’intégralité du processus de production d’un film : tournage, montage, mixage et diffusion afin d’être autonomes et opérationnels très rapidement. L’infographie et design graphique:Les participants à cette formation seront aptes à conceptualiser et créer des produits de communication allant de la conception d’identité institutionnelle, de supports d’information à la création d’emballage. L’illustration et animation 2D : La formation permettra aux participants de maîtriser les différentes techniques des bases traditionnelles du dessin ainsi que la maitrise des outils contemporains de création.  Les participants à cette formation auront un profil de créatif et de technicien de l’image fixe et animée afin de travailler dans différents domaines allant de la conception de livres jeunesses, couvertures d’ouvrage  jusqu’à l’animation 2D de différentes images numériques tels que les décors, personnages, objets. Webdesign et design interactif :Les participants à cette formation seront capables de réaliser des sites et des applications web ergonomiques avec un graphisme professionnel et des langages de programmation adéquats. Suite à la formation, un accompagnement dans l’insertion à la vie professionnelle leur sera accordé grâce aux partenaires de la Maison de l’Image. Les participants à la première promotion sont actuellement en stages dans des organismes partenaires de la Maison de l’Image (Tunivisions, Tuniscop, Digital Mania, Propaganda Production, Ideo, Fares JemaiStudio, Al Jaseera, Tunis Afrique Presse.) Tous sont pratiquement assurés d’obtenir un emploi à l’issue de leur formation théorique et pratique. Certains se sont déjà distingués en  remportant des prix, notamment, Nesrine Maalem, lauréate du prix catégorie réflexe des 24h photo organisé par le club Photo de Sfax en août 2017 ainsi que Sarra Khammouma, Noureddine […]

Vision Solidaire : ART, professionnalisation et avenir


Les classes ont été stratifiées mais la lutte des classes n’est pas devenue archéologique. La finance a érigé la bourgeoisie en mur de l’apartheid face à ceux qui ne rentrent pas dans le rang : pauvres, marginaux, fous, immigrés, réfugiés, sans domiciles… En un mot, les Autres. Pour le bourgeois, deux tâches essentielles ont été assignées à la naissance et lui ont été ingurgitées par l’hypercapitalisme à travers le sein de la cellule familiale (qui n’est autre qu’une cellule cancéreuse pour les libertés individuelles).   1 – La tâche du colon. Les empires ont utilisé les européens pour coloniser l’Amérique en lieu et place de ses habitants originels les amérindiens. Les sionistes ont utilisé les juifs pour coloniser la Palestine en lieu et place de ses habitants originels les palestiniens. L’hypercapitalisme utilise la classe moyenne pour coloniser autant de territoires qu’elle peut en lieu et place de leurs habitants originels ceux qui ne rentrent pas dans le rang. C’est communément appelé gentrification. 2 – La tâche du vampire. Les bourgeois contre les aristocrates puis les bolcheviks contre les tsaristes. Mais l’hypercapitalisme est plus subtil, il invente un rempart à la colère populaire : la classe moyenne. Cet entre-deux classes qui suce jusqu’à la moelle la lutte des individus quand ils s’insurgent contre la finance qui les gouverne. C’est toujours communément appelé révolution. En réalité, c’est l’abolition de l’idée même de révolution dans les méandres d’une classe moyenne servile qui noie avant même son arrivée à la rive de l’hypercapitalisme, toute velléité contestataire.   Cette classe moyenne est tenue en laisse par le spectacle il est vrai mais pas seulement. Toute une organisation sociale sophistiquée fabrique des consommateurs dociles et aseptisés, des petits soldats involontaires et perpétuels. Cette organisation est dirigé par plusieurs corps de métiers d’autorité : soldats, policiers, juges, professeurs, psychiatres, urbanistes… Il n’y a pas que la prison qui soit une prison : les écoles, les asiles et les rues le sont tout autant. Ce sont là les avant-gardes du fascisme hypercapitaliste. L’individu est dés la naissance noyauté par le capitalisme à travers la cellule familiale (qui n’est autre qu’une cellule cancéreuse pour la liberté individuelle).   Sur quel mode opère l’aliéné de classe moyenne ? Sur l’accumulation. Multiplier ce qu’on peut autant qu’on peut de n’importe quelle manière qu’on peut. C’est la doctrine de base. Aucun sens au clonage biologique puisque les êtres humains sont devenus des clones sociaux. Car l’aliéné de classe moyenne est lui-même une accumulation du même pour la finance. La bourgeoisie est l’armée de réservistes de la finance mondiale. La révolution ne pourra s’accomplir que si elle s’attaque en tout premier lieu à la bourgeoisie locale, avant même la finance mondiale.   Le même sens dans la même rue dans la même pensée dans le même corps. Ordre des choses.   Rien ne peut se produire si ce qui se produit n’est pas comestible, c’est-à-dire commercialisable, par le Capital. Puis rejeté, c’est-à-dire déféqué, par le Capital sur la voie publique. Le masque de Guy Fawkes est la propriété […]

MANIFESTE DESTRUCTIVISTE


Tout le monde le sait, le premier ambassadeur d’un pays à l’étranger est l’Artiste. Quelle plus belle vitrine que l’Art dans toute sa splendeur. Tout le monde le sait, oui, tout le monde sauf l’ambassadeur, son excellence Monsieur Poivre d’Arvor, qui était sans doute trop occupé à monter sur les dromadaires de la brigade saharienne.  Aaaah sacré chameau cet Olivier ! Nous sommes et resterons un pays du tiers monde tant que nos artistes seront traités avec autant de mépris. Skander Beldi, alias Flask est un jeune artiste tunisien. Designer-produit, caricaturiste, créateur, peintre, ce touche à tout, boulimique de travail, a préparé ses valises pour se rendre au vernissage de son exposition parisienne à la Fondation de la Maison de Tunisie. Ces petites nénettes des années 80, punk à souhait, se faisaient une joie de faire du shopping avec leur papa, et de choisir leur petites tenues sexy ( qui d’ailleurs ont fait l’objet d’une censure sur mosaïque FM). Oui mais voilà, si les œuvres ont été accueillies à bras ouvert, ce fût à bras d’honneur que l’artiste se vit refuser l’accès à son vernissage, et à bras le corps qu’il tenta de trouver une solution à cette situation plus qu’humiliante, tant pour lui que pour la Tunisie. Skander Beldi, ses valises et ses crayons à la main, a tout essayé pour obtenir le visa d’entrée à sa propre exposition. Il a pris contact avec TLS , prestataire de service qui « recueille pour le compte des autorités françaises, les demandes de visas » un peu partout au Maghreb, et il lui a été répondu que ces derniers ne pouvaient rien faire et par un courrier standard lui expliquaient qu’il devait attendre pour obtenir un rendez-vous. Soit peu importe, il va contacter la Fondation de la maison de la Tunisie : renvoyé vers TLS. Appeler l’institut français de coopération « allez voir TSL ». TLS, TLS, TLS mais qui sont ces gourous qui décident si oui ou non un artiste à le droit de participer en temps et en heure à un événement auquel il est convié, son événement de surcroit ?  Le 28 juin dernier, l’ambassade de France en Algérie a mis fin au contrat avec TSL suite à la gronde des usagers, à quand un changement de prestataire pour la Tunisie ? Au final Skander Beldi a regardé l’inauguration de son vernissage par le biais d’une vidéo postée sur FB, bien installé sur son canapé Tunisien. Toutes ces nénettes étaient à Paris, en train de faire la fête, orphelines mais applaudies. Restait à coté de lui sa fille chérie, poupée qui fait  » non non non non non », un peu comme TLS. Fort heureusement, Skander Beldi prend avec beaucoup de distance cette mésaventure et répond, sur TAKRIZ magazine avec beaucoup d’humour que au final, c’est pas lui qui a raté quelque chose, mais bien les français  !

Artiste ? va te rhabiller !



  Dans les coulisses d’un sortie en salle de Vent du Nord ,prévue pour le 10 janvier en Tunisie et le 28 mars en France, Walid Mattar,  se confie à TAKRIZ magazine. Entre ses débuts et les problématiques qui lui tiennent à cœur, Walid Mattar est revenu sur certains événements qui ont pu secouer l’actualité post 14 janvier dans le monde du cinéma, et sur la liberté acquise des scénaristes et réalisateurs grâce à une Révolution qui se veut à la fois politique et numérique.          Vous êtes tombé dans le cinéma comme Obelix, quand vous étiez petit. Dès 1993, vous adhériez à la fédération tunisienne des cinéastes amateurs. Qu’est ce qui vous a poussé vers cette voie  ? Disons que ce fût un pur hasard. J’avais 13 ans, et lorsque que l’on n’aime ni les cafés ni le rami, il n’y a pas grand chose à faire sur Hammam Ilf. Au collège et je suis tombé sur une affiche, accrochée par Kamel Staali alors membre de la F.T.C.A. du club  Hammam Ilf , et qui proposait un stage photo. J’ai foncé tête baissée pour rompre avec l’ennui dans lequel j’étais confiné. Après ce stage, nous avons eu une formation cinéma, puis nous avons réalisé quelques films collectifs. En parallèle, j’ai effectué un master en productique, pensant en faire ma carrière et lassant le cinéma une place de hobby, de passion. J’ai travaillé un an comme ingénieur, mais j’ai très vite compris que cela n’était pas possible. Après le Cuirassé Abdelkrim, je suis partie en France pour parfaire mon expérience pratique d’une licence en art du spectacle : j’ai appris sur le tas et j’éprouvais le besoin d’approfondir mes connaissances artistiques en histoire du Cinéma, en analyses de films… Depuis je n’ai jamais quitté cette passion dévorante. J’ai enchainé les boulots alimentaires et la réalisation de documentaires, de court-métrages pour en arriver aujourd’hui à mon premier long métrage  Vent du Nord. Vos films sont les photographies d’une société en lutte contre le système en place.  Est ce que Hervé, perdant son travail après la délocalisation de son usine en Tunisie, les jeunes du Cuirassé Abdelkrim, ou le héros de Baba Noël, migrant économique contraint d’accepter les impératifs d’un marché du travail (parallèle), sont une seule et même personne ? Même si il n’y a pas de thème récurrents dans mes films, il est vrai que les protagonistes sont souvent des personnes issues du bas de l’échelle sociale. Ce sont des gens qui luttent contre l’injustice, une lutte pour la survie, des personnes qui se battent contre un système absurde. Ce système, puissant, rogne les libertés pourtant fondamentales de chacun. La liberté de travailler, c’est le cas d’Hervé dans Vent du Nord, la liberté de se déplacer, inscrite dans la déclaration universelle des droits l’Homme dans le Cuirassé Abdelkrim, la liberté de rendre heureux ses enfants dans Offrande. La liberté de vivre dignement, tout simplement. Vous avez exercé, en tant que scénariste et réalisateur, avant et après 2011, avez […]

Un vent du Nord souffle sur Takriz : entretien avec ...


Ne tournons pas autour du pot : je suis contre la liberté d’expression. La liberté d’expression, ce n’est pas du tout dans nos traditions, c’est nul, ça fait de la peine et ça ne sert à rien. L’être humain vit beaucoup mieux sans. Depuis qu’on a inventé ce truc, les gens s’expriment sans cesse, à tort et à travers. Et pour quel profit ? Quel résultat ? Franchement, vous trouvez que la condition humaine s’est améliorée ? Depuis qu’on a le droit de parler, on a avancé en matière de connaissance de la Vérité ? Non, Michel Foucault l’a dit avant moi, à chaque fois que l’on emploie un mot, on trahit la chose qu’il désigne. La parole est douloureusement imprécise, vague, réductrice. À bas l’expression en toute liberté ! Vive le silence, et vive la parole contrainte, aliénée, opprimée. Au moins, avec cette parole là, on sait à quoi s’en tenir : elle est fausse et dangereuse, mais elle ne raconte pas partout qu’elle apportera son salut à l’humanité. Je distinguerais deux catégories de personnes à qui la liberté d’expression cause des torts considérables : d’une part, il y a ceux qui parlent, librement donc, sans réfléchir. Ils sont terribles, ceux-là. Vous les connaissez, ils disent n’importe quoi, sur n’importe quoi, et en général ça dure longtemps. En plus, depuis le début du Vingt et unième siècle, ils ont Facebook, Instagram et tout un tas de merveilles qui permet à leur expression libre de s’épanouir et de résonner au-delà du cercle de leurs intimes. Et puis, il y a ceux qui réfléchissent avant de s’exprimer. Ceux-là, qui sont sans doute minoritaires, sont encore pires. Ils passent leur vie à se demander ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. Toujours à l’écoute de leur voix intérieure, ils alimentent la machine à produire du blabla. Quelle perte de temps. Pourquoi les gens s’expriment-ils ? Pourquoi ne gardent-ils pas leurs impressions et leurs opinions pour eux ? Je sais que vous pensez que je plaisante, que je fais l’intéressant. Après tout, je fais des films, et en plus on dit que ce sont des films « d’expression personnelle ». J’ai réalisé Le Fil, qui est vraiment un film libre dans son expression. Et puis Je ne suis pas mort, pareil, et L’Amour des hommes, je ne vous parle même pas de la liberté d’expression qu’il y a dans L’Amour des hommes. C’est vrai. Je bats ma coulpe. La vérité, je vous l’avoue, c’est que je cherche à atteindre un idéal de cinéma sans aucune liberté dans l’expression, et je n’y parviens pas pour le moment. J’essaierai encore. Un jour, je le sais, j’arriverai à faire un film qui n’exprimera rien du tout. Ce jour-là, je crois, j’espère, je serai remarqué à Hollywood. Joyeux anniversaire à TAKRIZ qui a fait beaucoup pour la liberté d’expression en Tunisie ( en croyant bien faire, je crois). Mehdi Ben Attia  

Liberté d’expression par Mehdi Ben Attia


                                                         « Joyeux anniversaire takri-Z »   Je ne suis pas le seul, à sentir en ce moment plus que jamais, la fin approcher… Au bout de 7ans de Révolution, la boucle semble vouloir se boucler. Les jeux sont presque faits. La machine infernale affiche un bouton « ON » et on attend juste le doigt de celui qui va appuyer en premier. 7ans, car il fallait bien que ce soit sous le signe du sept de Zaba, que les mauvais et les « mauveux » se passent discrètement le mot. Cette congrégation s’est enrichie de l’ennemi d’hier, Zaballah qui participe désormais au festin, et qui compte le moment venu, avec toute la bande réunie, lapider, massacrer, et se débarrasser une bonne fois pour toute de cette salope de Révolution. Alors qui va appuyer en premier ? Je veux croire encore, comme sous Ben Ali, que la plume, le verbe et le rire auront raison de la machine. Alors, comment ne pas voir la renaissance de Takriz en ce moment trouble de l’Histoire, comme un signe inespéré et un clin d’œil de Boukornine. Et comment moi, modestement moi Z, qui a été biberonné au lait de Takriz, il y a 20 ans, pourrait rester indifférent à cet appel du ventre. Takriz m’avait aussi ouvert ses colonnes et c’est sous ma première plume anonyme de PTYX, que j’avais rédigé mes premiers coups de gueule. Que ce 20ième anniversaire de la naissance de Takriz, soit le catalyseur de la nouvelle guerre que nous déclencherons contre la machine. Aux anciens et aux anciennes, ceux et celles qui sont rentrés dans les rangs, ceux et celles qui de guerre lasse ont abandonné la lutte, c’est le moment ou jamais de rependre le e-maquis !

Clin d’oeil de Z pour les 20 ans de sa ...



Maintenant que les ardeurs se sont calmées et que les esprits ont à priori repris leur bon sens, je souhaite revenir sur un épisode qui m’a véritablement marqué en 2017, à savoir la sortie de Tunis by Night et son rapport avec certains médias en Tunisie. Au-delà de la paternité de ce film, je souhaite m’exprimer en toute harmonie avec mes valeurs du respect et en toute adéquation avec une problématique qui a une grande importance pour moi : à savoir l’urgente question de la critique cinématographique dans les médias en Tunisie. Je me demande simplement ceci : Où est passé la véritable critique cinématographique dans nos médias ? Quand je parle de la critique cinématographique j’entends bien celle qui s’apparente de l’école francophone d’André Bazin, François Truffaut, Jean Collet… Jusqu’à Charles Tesson, Alain Bergala et Serge Daney. Une critique qui compose son verbe à travers la sensibilité artistique et la connaissance cinématographique. Une vision pénétrante à travers le prisme de l’histoire du cinéma qui va au-delà du cinéma pour rencontrer la sociologie, la philosophie, la psychologie, l’ethnologie et l’art dans toutes ses formes. Dans cette dernière expérience de Tunis by Night, j’ai été confronté en une très grande mesure à des : Donneur de leçons sans contenus. Des frustrés de la réalisation sans connaissance solide du sujet en question. Des émetteurs d’avis superficiels présentés comme vérités ultimes. Des accusateurs, dictateurs de gout, s’exprimant avec grand dégout. Des « Si j’étais à ta place… » Des « t’aurai du faire… » Des apprentis penseurs qui « pensent » comme si le fait de compliquer un propos en le rendant hermétique au lecteur, leur donne plus de crédit. Dans toute cette cacophonie médiatique sans résultats utiles ni vrai apprentissage, il fallait se contenter de la « grande » satisfaction de passer à la télé ou le « grand privilège » d’être interviewé pour un journal. Certains « critiques » ont pensés que j’avais du mal à accepter la critique.  La vérité j’adôôôôre la critique, comme dirait « Chouchou », quand elle : UNE CRITIQUE. Je n’ai pas besoin de dire que j’ai grandi avec « Qu’est-ce que le cinéma » de Bazin, « les films de ma vie » de Truffaut, « la création selon Fellini » de Collet  ni prendre en photo les piles des Cahier du cinéma, pour justifier ma connaissance des bases élémentaires de la critique cinématographique. Je reconnais qu’avoir simplement des références cinématographiques ne fait de nous un connaisseur, mais ne avoir une vraie connaissance approfondie fait de celui qui prétend exercer ce métier, un aventurier sans boussole ou un chimiste sans la table de Mendeleïev. Ce qui est surprenant dans tout cela, c’est la tribune qui est réservée à certains apprentis sorciers et à partir de laquelle ils jouissent de ce plaisir d’être des donneurs de leçons ou des juges d’instruction. Leur influence est malheureusement de taille, même si à force de répéter la même mélodie avec le même vocabulaire, la même tonalité, les mêmes terminologies, la même stratégie de dénigrement, les mêmes stratégies de glorification, elle finit par te donner la nausée tellement ça sent le faux et le […]

Critique ? Vous avez dit Critique ? par Elyes ...



Tous les hommes naissent libres, s’exclament les défenseurs des libertés, alors que les humains naissent tous avec un cordon ombilical qui a servi à les faire vivre dans le ventre d’une maman, leur apportant nourriture et oxygène. Briser cette dépendance se fait en coupant le cordon ombilical avec une pince spéciale. Un acte violent qui provoque chez l’enfant le premier traumatisme et le plonge dans un état de détresse et de stress… C’est peut-être la raison pour laquelle on n’a jamais vu, depuis la création de l’espèce humaine, un nouveau-né, rire et applaudir sa venue au monde. Bien au contraire, ils pleurent jusqu’au spasme du sanglot, hurlent de tout leur corps et crient ouaaaaan, ouéééééén, et ce langage commun veut tout simplement dire : Eh merde ! je débarque chez les bruts, les bêtes et les méchants… Après des mois où il a mené tranquillement une vie intra-utérine aquatique, la première violation de la liberté ne se fait pas attendre : On va empêcher par tous les moyens ce bébé de pleurer, de communiquer et d’exprimer au bout de ses larmes son indignation… Un bataillon formé de la mère, du père, des frères et sœurs s’il y’en a, des infirmières, de la mamy si elle est encore en vie, du papy du côté du père, des cousines, des copines, des voisines, de la nounou qui va se faire des sous, et je ne sais qui d’autres… Un bataillon avec des hommes et des femmes, grands, forts et féroces qui s’agitent, s’excitent et des fois s’insultent pour stopper les larmes du bébé et l’empêcher de crier. ـ أميّ علاش يبكي؟؟؟… ـ استناني ساعة لاهية في راجلك ما عرفش يهزّو … شعرة لا قسملوا كرومتو… البهيم يقعد طول عمرو بهيم وكي تكثر عليه البهامة يتحوّل لبgرة… قتلوا أذنّلوا في وذنو باش يطلع مالذريّة الصالحة… قالي أناهو مالآذانات… نعرف كان متاع « الصلاة خير لكم من النوم  » وقتها نبدا مروّح مالسهرية… وتخلط الحماة يديها فارغة… والنافسة ينـّgز عليها قطّوس نفاس… وتاكل بعضها… وأك المولود الجديد يمرمطوا فيه من يد ليد… دزّولوا البزّولة في فمّو… دوّشولوا…. نشّفولوا … لعّقوه وقمّطولوا صىرّتو كيما يقمّطوا البيبيات الكل…  مشطولوا شعرو على جنب كيما الصغار الكل… رشّوه بالقوارص متاع الصغار الكل… علّقولوا مسّاك فيه خمسة وحوتة وحطّوا تحت المخدّة حصن الحصين كيما يعملوا العربان الكل… لبّسوه حوايج بلا لون… لا جوهري لا غبرة على خاطروا في كرش اموا كل ما تعمل écho يغطّي أعضاؤو التناسلية … كان يحبّ يطلع ما يشبّه لحتى حدّ وحتى شيّ…  كان يحبّ يطلع حرّ… فهم نهارتها إلّي الحريّة صعيبة وبحرها غارق وسومها غالي … يعطيوك إسم… وإنت ساكت… تكره مطعم الحليب… تشرب وإنت ساكت… ريحة القوارص تجيبلك الردّان… يفوّحولك وإنت ساكت… يلبّسوك على كيفهم… وإنت ساكت… يعطيوك ورقة وأقلام زيّانة ويقولولك صوّر … تخربش الورقة وإنت ساكت… وتكبر… وتقول توّه انّجم نبكي… تحشم بدموعك… نستنى حتى تسكّر على روحك بيت… وتبكي في الظلام… وإنت ساكت وتفرعن… وتولّي عندك راي وعندك موقف… يطرّد الليل النهار…وإنت ساكت ويمشي في بالك إلّي الحرية انّك تكون خارج زنزانة… غرفة توقيف… خارج السرب… السّيستام… خارج La pensée savante, intelligente, les règles, […]

L i b e r t é … Ce mensonge ...



Plus que jamais, le temps des raves est arrivé. La musique est résistance.  Résistance par le son.  Résistance à la médiocrité.  Résistance a la mort.  Par les fréquences que nous délivrons, nous artistes électroniques, nous bouleversons l’ordre établi de la morosité ambiante et de la léthargie stagnante. Nous avons un devoir de proposer une réponse a cela. Ceci est notre responsabilité.  Les vibrations sonores que nous proférons à l’audience sont notre arme et notre ode a la vie. Nous propageons nos sons pour que les gens dansent, pour qu’ils se sentent vivants. La danse c’est la vie et nous sommes les maitres de cérémonies.  C’est notre droit humain de faire écouter nos musiques et de les partager autour de nous. Nos fréquences sont notre réponse a ce monde et a ce pays que nous aimons. Notre pays, notre patrie, nos terres et nos espaces publics. L’espace public nous appartient. c’est notre droit citoyen et il est de notre responsabilité et devoir d’y propager nos fréquences qu’on passe tant de temps à sculpter et a choisir afin que l’audience en jouisse. Stop à la médiocrité des ondes commerciales. Stop à l’assujettissement à la publicité, au chiffre d’affaires et au taux d’audiences faites sur la médiocrité. Créons une révolution sonore sans attendre qu’elle nous soit autorisée. A nous de la prendre.  Il en va de notre dignité.  Il en va de notre existence. Créez des Raves.  Créez des lieux de fête.  Créez des espaces.  Créez des Raves. Rave ! The Soundboy TAKRIZ

Rave people, rave !


Artiste reconnue, vous figurez comme une figure libre de la jeunesse tunisienne, c’est également ce que représente Aziza dans le film TUNIS BY NIGHT. Pensez vous que la Tunisie post 14 janvier est une Tunisie libre ? La Tunisie post 14 janvier est sans doute plus libre que celle d’avant. Cette liberté est encore fragile, d’autant plus intimidée par un contexte de crise socio-économique et d’une pression émanant de la divergence des projets sociétaux existants au sein de la société comme au sein de la classe politique. Le retour des vieilles pratiques est très inquiétant surtout qu’il est accompagné par la présence de certaines figures du passé avec presque autant de pouvoir qu’avant. Il est fort probable que tout cela soit un passage obligé, nous sommes des funambules traversants ce fil fin et coupant mais il faut bien arriver a bon port, enfin il faut y croire, et puis vous êtes là !   Que pensez vous de la hausse de 6% sur les produits culturels prévue par la loi finance 2018 ? Honnêtement en ce qui concerne la hausse sur les produits culturels, je n’arrive pas à me faire un avis « juste ». Car nous ne sommes pas à ça près, le chantier des reformes culturelles est bien plus complexes. En Tunisie, nous les artistes, nous n’avons pas de statuts, pas d’assurance et pas d’institutions qui permettent une paie ou un travail régulier. Partout dans le monde, être artiste c’est se confronter perpétuellement à cette précarité ( faire un saut dans le vide et accepter des hauts très hauts et des bas très très bas), vous imaginez ce que cela peut être en Tunisie ? La production artistique est organiquement liée aux subventions de l’État et n’est pas sur le point de devenir autonome. La culture est encore centralisée (ce chapitre à lui seul nécessite des pages) et en considérant la situation économique, la culture (cinéma théâtre danse arts plastiques…) est sans doute en ce moment un luxe qu’une grande partie des tunisiens ne peut pas se permettre. Le retour de TAKRIZ va également se faire sur la scène politique. Si nous vous nommions ministre de la Culture, quelle serait votre première réforme ? Je ne pense pas un jour être intéressée par ce poste mais si jamais vous me le proposez, la première reforme serait de trouver, créer, inventer, des fonds pour remettre les théâtres et les cinémas a Tunis et en région dans un état correcte (ou les créer la où ils n’existent pas) pour accueillir des spectacles et des films et ainsi, pousser à une production régulière et rentable (avec une billetterie soutenue par l’État pour les plus démunis, je n’invente rien hein!). Il faut faire travailler de manière plus importante les gens de la culture et faire parvenir cette culture partout en Tunisie, avec un vrai réseau de distribution nationale et un vrai accompagnement des projets culturels, jusqu’au moment ou ça joue devant un public. La culture doit être représentée partout dans de bonnes conditions. Je […]

Amira Chebli se confie à TAKRIZ




Je suis énervé J’ai perdu mon arme Ma camera de poing Le jour où j’ai rejoint Par mes poèmes sans point Les 20 ans des révoltés Est-ce juste un hasard Ou bien le prix d’être fêtard Vivre le noir et agiter tard Big Brother n’a pas de répit Et il ne fait pas dans l’oubli Plus rien à perdre Ramassons nos histoires L’Utopie reste le seul chemin !     MACH 26.12.2017

Les 20 ans des révoltés par Mahmoud Chalbi









    "Je suis donc par principe heureux d'apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l'heure actuelle, est trop peu présent sur la place.   Je suis attaché à la liberté de penser et de s’exprimer. Même si j’avais des réserves quant au contenu de certaines paroles, j’applaudis toujours à leur présence, pour autant qu’elles soient sincères et favorables à la révolution; Je suis donc par principe heureux d’apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l’heure actuelle, est trop peu présent sur la place. Vous exprimerez sans doute des positions avec lesquelles je ne serai pas toujours d’accord. Mais, comme j’ai eu l’occasion de le dire, je serai toujours avec la liberté d’expression et de débat, contre toutes les limitations qu’on voudra y mettre . Je renouvelle donc mon souhait de longue vie à votre site, le suivrai avec intérêt, et, si cela se présente, je n’hésiterais pas à y apporter des contributions, en vous autorisant par avance à reproduire tout ou une partie de se que j’ai pu publier ou de ce que je pourrais produire dans l’avenir. Gilbert Naccache

Gilbert Naccache pour Takriz


Dans toutes les avant premières du film, un peu partout en France les premiers questions étaient toujours : est ce que le film va sortir en Tunisie, comment va t il être perçu, quels étaient les réactions des autorités, est ce qu’il y a eu de la censure etc… Comme si cela était normal voire espéré. Et notre réponse était toujours la même : non seulement il n’y a eu aucune censure d’aucune sorte, que nous avons écrit ce que nous avons voulu et tourné ce qu’on écrit, mais en sus nous avons été soutenu par le Ministère de la culture qui a été le premier financeur du film, et le plus important en montant. Depuis, le film est sorti en Tunisie après avoir été présenté au festival de Carthage, et là encore aucune pression, aucune réaction négative (de la police par exemple). Pour moi il est absolument évident qu’il y a là un signe indéniable que les choses ont changé car cela n’aurait pas été possible avant la révolution.  

Nadim Cheikhrouha, producteur de la Belle et la Meute, pour ...