Droit


Georges Ibrahim Abdallah es un preso político por la causa Palestina. Participó en la lucha en el frente de liberación contra los israelíes cuando invadieron el Líbano. Posteriormente se fue a Francia. Allí organizó un grupo de lucha contra los imperialistas y los sionistas. Fue detenido en 1984 por el uso de un pasaporte con identidad falsa. En su hogar, encontraron un arma que pretenden que sirvió a matar 2 diplomáticos, por lo cual fue condenado. Él asumió los cargos y nunca desmintió el crimen político. Fue en la cárcel donde profundizó sus ideas antiimperialistas y donde ha realizado reiteradas huelgas de hambre en solidaridad con los pueblos oprimidos y presos políticos por dictaduras. En prisión, Georges se adhiere a la plataforma del 19 junio 1999 que reúne a una comunidad en lucha conformada por un centenar de presos comunistas, anarquistas, anti-fascistas y anti-imperialistas, participando así de huelgas de hambre en solidaridad con los presos palestinos revolucionarios en distintas partes del mundo. En 1999 cumplió su condena, pero la gran presión ejercida por Estados Unidos ha provocado que Ibrahim siga tras las rejas. El motivo del que se ha valido el sistema para no liberarlo, es que Georges sigue teniendo « convicciones políticas intactas y muy fuertes”, por lo que suponen que su libertad sería un peligro inminente. Desde entonces ha pasado por audiencias y apelaciones que de nada sirven, pues su situación sigue en punto cero. Tras una búsqueda sistemática de encontrar argumentos que justifiquen la extensión del encarcelamiento ilegal bajo el cual se encuentra Georges, finalmente el 20 de mayo 2010 fue emitida su liberación. Cinco días más tarde, el ministerio público pide un juicio de amparo, entorpeciendo nuevamente su libertad. En enero, el juez que lleva la causa, señaló que lo liberarían con la condición que sea expulsado de Francia. Su país, el Líbano, aceptó recibirlo, sin embargo el Ministro del Interior francés se negó a firmar la orden de expulsión, motivo por el cual sigue encarcelado. El 04 de Abril del 2013 el Tribunal de Casación declaro inválida la orden de liberación emitida unos meses antes, pretextando que su pedido de liberación condicional era inaceptable. La Ministra de Justicia, Cristine Tobira en tiempos en que la izquierda estaba en campaña, prometió que liberarían a Georges si asumían el poder. Como siempre suele ocurrir en estos casos, al asumir, informaron a la familia que las presiones de Estados Unidos eran demasiado fuertes y que nada podían hacer. Una vez más el imperio dicta la pauta de persecución y opresión en contra de los luchadores sociales donde sea que éstos estén. La lucha por la liberación de Georges no sólo continúa, sino que además se ha extendido por distintos países, de manera que todos los Estados se enteren que no permitiremos más presos políticos ni más montajes fascistas. ¡Solidaridad y libertad para Georges! ¡Solidaridad y libertad para todos los presos por luchar! « NO ME VOY ARREPENTIR NO VOY A CEDER SEGUIRÉ LUCHANDO »

Comité argentino de solidaridad con Georges Ibrahim Abdallah


Condamné injustement pour avoir combattu les forces d’occupation de son pays, Georges Ibrahim Abdallah entamera, ce 24 octobre 2018, sa 35ème année d’incarcération sous le numéro d’écrou 2388/A221. Libérable depuis 1999 selon le droit français, une dizaine de demandes de remise en liberté sont, depuis, restées lettres mortes  en raison des pressions des autorités américaines et israéliennes. Pourtant, en 2003, la juridiction régionale de Pau autorise sa libération, mais Dominique Perben, ministre de la Justice, s’y opposera fermement. Sur El Jazeera, Maître Vergès, son avocat, expliquait : « Georges Ibrahim Abdallah est l’un des Hommes que je respecte le plus. Il est impliqué dans des attentats  contre des agents du Mossad et de la CIA. Son pays était occupé. A son procès, il a refusé de répondre, en disant « vous êtes complices de ceux qui ont envahi mon pays ». Il a été condamné à la prison à vie, mais, en France, la prison à vie dans son cas c’est 15 ans. Et au bout de 15 ans il a le droit de demander une liberté conditionnelle. Cette liberté conditionnelle lui a été refusée. Et avec quels arguments ? Le States Departement américain a osé dans une note écrite dire (NDR courrier daté du 9 mars 2007)   » le gouvernement des Etats Unis exprime sa ferme opposition quant à éventualité d’une mise en liberté conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah ». Les Etats Unis se sont comportés envers la France comme un pays protecteur vers un protectorat. (…) Les autorités françaises sont soumises à l’influence d’Israël et des Etats Unis. (…) Le Général de Gaulle n’aurait jamais accepté que la France se comporte envers les Etats Unis comme un pays soumis. (…) Il s’agit de savoir si la France, par rapport aux Etats Unis est un pays indépendant ou bien une fille soumise c’est à dire une prostituée. (…) Ceux qui gouvernent la France aujourd’hui se comportent envers les Etats Unis comme une prostituée envers un proxénète, et cela est intolérable, et le cas de Georges Ibrahim Abdallah illustre parfaitement cette situation. »       En 2013, au son de « Hollande Assassin », des centaines de Tunisiens se sont mobilisés devant l’ambassade de France pour réclamer la libération de Georges ibrahim Abdallah.  Pourtant, alors que la Justice Française continue à se prostituer, Macron,lui, ne semble pas connaitre le plus ancien prisonnier d’opinion européen qui croupit dans les geôles française. Alpagué par la foule, lors de sa visite officiel en Tunisie le 1er février 2018, de « libérer Georges Ibrahim Abdallah »,  Macron, benêt s’étonne « mais qui est-ce ? » , « pourquoi demandent-ils ça » ? Vous avez la mémoire bien courte Monsieur Macron, car en 2012, vous étiez bel et bien secrétaire général adjoint de l’Elysée dans le cabinet de François Hollande, alors que le premier ministre de l’époque, Manuel Valls, a refusé en 2013 de signer l’arrêté d’expulsion obligatoire pour l’application d’une libération que le tribunal d’application des peines venait d’accorder Georges Ibrahim Abdallah. Hillary Clinton aurait-elle plus de pouvoir à l’Elysée que Jupiter lui-même ? Sans doute puisque vous l’avouez d’une soumise […]

TAkRIZ appelle à la libération de Georges Ibrahim Abdallah


Alors que les agressions envers les personnes d’origines subsahariennes se multiplient en Tunisie, que les femmes issues de ces mêmes régions se retrouvent privées de leur passeport et contraintes à effectuer des ménages ou à se prostituer,  et que les facultés publiques affichent des tarifs exorbitants pour les étudiants étrangers,  la loi criminalisant le racisme  va être présentée demain en séance plénière  à l’ARP.  Selon Naoufel Jammali,  « les peines varieront entre 6 mois et un an de prison et seront accompagnées d’amendes allant de 500 à 1000 dinars. Des peines de 3 ans de prison et de lourdes amendes ont également été prévues pour les crimes graves » , ajoutant « il y a maintenant une reconnaissance qu’en Tunisie, il y a un problème de racisme ».  Face à ce problème, des voix se sont levées, et des artistes tels que Slah Mosbah ou  Anis Chouchène ont appelé à ce que cesse ce racisme qu’un  déni collectif tente de minimiser. Dans un pays où des mots comme « ka7louch » ou « oussif » sont employés par tous,  les élus n’ont jamais été pressés de lutter contre les préjugés raciaux. Pourtant la population noire représente le dixième de la population tunisienne et même le quart dans certaines régions du sud. Si la toile s’embrase à chaque fait divers,  le projet de loi quant à lui est passé complètement inaperçu auprès de l’opinion publique et de la société civile, hormis les quelques militants des droits de l’hommes tel que Minority Rights group International dont le représentant à Tunis s’est entretenu avec nous : قانون مناهضة العنصرية هو  ثمرة مجهودات و تحركات و احتجاجات الجمعيات المدنية المناهضة للتمييز العنصري و التي كانت قوة احتجاجية للمطالبة بتجريم الأعمال و الممارسات العنصرية و  بتعزيز مشروع عيش مشترك نحو إعادة الأمل و عدم المس من الكرامة الإنسانية للضحايا العنصرية و باستنكار كل مظاهر العنصرية الممنهجة و الغير ممنهجة من الأفراد المجتمع و من دولة. 9 أكتوبر 2108 هو اعتراف من الدولة على معاناة فئة من المجتمع.. اعتراف بتهميش فئة من المجتمع.. اعتراف بعدم تكفئ في الفرص.. هو اعتراف بحق انسان طل اقصاءه. هذا القانون هو مشرع انسان للذوي البشرة السوداء. La Rédaction, avec une pensée particulière aux « bidoun » d’Arabie Saoudite

Demain sera présentée à l’ARP la loi contre la discrimination ...



On a souvent présenté le système Ben Ali comme un système mafieux basé sur une forte répression policière, sans se demander si la peur était le seul facteur de cette obéissance populaire et cette résilience à l’oppression.  Dans son livre « la force de obéissance » , Béatrice Hibou (directrice de recherches au CNRS, attachée au Centre d’études et de recherches internationales – Sciences Po) a pourtant apporté, en 2006, une autre analyse de la situation politique Tunisienne, à travers le prisme de l’économie politique et d’un système de dépendance entre un Etat dominant et un peuple obéissant, voire adhérant. Ce mécanisme d’assujettissement est avant tout basé sur une économie d’endettement à laquelle se greffe la fiscalité, la gestion des privatisations, l’organisation de la solidarité et de l’aide sociales. C’est cet ensemble de facteurs qui crée le processus de dépendance mutuelle entre dirigeants et dirigés. La répression et le contrôle policier apparaissent alors moins centraux que les arrangements, les accommodements, les petites ruses calculées, les compromissions au jour le jour, les instrumentalisations réciproques garantissant la légitimation quotidienne du régime. Toute l’économie tunisienne est basée sur l’endettement. La classe qui se veut bourgeoise n’est en réalité que la classe ayant les « garanties » (c’est un bien grand mot) pour pouvoir obtenir des crédits, et/ou facilités de paiements auprès des banques, des fournisseurs ou même des commerces. L’économie d’endettement apparaît comme « une question de culture des deux côtés » : une culture de la connaissance et de la renommée – on continue à prêter sur un nom.  Ce mode de gouvernance ne peut survivre sans un travail normalisateur, voire partisan des appareils de l’Etat ( administration centrale, justice…).C’est ce travail de funambule qui a été effectué depuis l’indépendance qui fait qu’il est bon de survivre en Tunisie. Or lors de sa dernière inspection, le FMI vient de sonner la fin de la récréation. Ce glas a été sonné le 5 juin 2018, la circulaire 2018-06 de la BCT qui incorpore le taux de change comme un nouveau paramètre dans le calcul du ratio de solvabilité des banques. Au vu de la chute abyssale du dinar tunisien, il n’est pas nécessaire d’être expert pour comprendre ce que cela signifie.  Mais cela n’est que le début de la faillite annoncée des PME et de la dévalorisation en bourse des entreprises plus conséquentes. Car il suffit de lire  entre les lignes les conclusions du FMI pour comprendre leurs injonctions : « Money and credit have continued to increase rapidly and the dinar has depreciated further, which will likely create new inflationary pressures in the months ahead »  (Les liquidités et le crédit ont continué à augmenter rapidement et le dinar s’est encore déprécié, ce qui créera probablement de nouvelles pressions inflationnistes dans les mois à venir) : LIMITEZ LES OCTROIS DE CRÉDITS ! Certains y verront ici une bonne chose, puisque cela permettrait, selon les gourous du FMI, de limiter l’inflation. Mais la question est de savoir si l’on pourra survivre à une telle mesure qui, sans nul doute, sera imminente et non progressive, puisque c’est la condition sinequanone au […]

Limitation de l’octroi des crédits : la mort annoncée du ...


En plein débat sur l’égalité successorale qui divise les moralisateurs des deux bords, Habib Ayeb, géographe, professeur à Paris et au Caire et auteur réalisateur à qui l’on doit le documentaire Couscous, les graines de la dignité , a décidé de hausser le débat en y ajoutant, à chaud, quelques éléments sociologiques et anthropologiques qui semblent faire défaut aux ronds de cuir qui nous gouvernent, et dont la méconnaissance de la réalité n’est plus à démontrer. En réponse au papier rédigé par Abou Yaareb Marzouki et repris à des fins tantôt religieuses tantôt laïques, il s’exprime*, car la vie n’est pas qu’arithmétique :      Au delà des questions purement religieuses, Abou Yaareb Marzouki pose ici une véritable question qu’il ne traite hélas qu’à travers ses lunettes de philosophe islamiste : Les risques de fragmentation et donc de disparition du « capital » familial que l’égalité dans l’héritage entre les hommes et les femmes peut engendrer. L’auteur fait une différence entre les propriétés foncières (agricoles) et les propriétés artisanales, industrielles… en soulignant que les risques sont différents selon le cas concerné (agricole ou non agricole). Mais bizarrement, il donne moins d’importance à l’héritage familial foncier qu’il considère, à tort, comme « évident ». J’aurais souhaité apporté une réponse académique, mais le temps me manque. Aussi ai-je décidé de n’apporter que des éléments de réflexion, nécessaires pour dépasser la polémique et alimenter le débat.  Mes convictions personnelles ne remettent nullement en doute le droit à l’égalité successorale, mais cela ne devrait pas interdire une réflexion sérieuse sur les conséquence d’une telle évolution dans la société tunisienne. J’ai choisi ici de traiter les conséquences sur le foncier agricole, dans un contexte caractérisé par la pauvreté paysanne généralisée et par la fragmentation de la terre agricole, elle même produite par la pauvreté paysanne et non pas par les normes sociales et religieuses de l’héritage. Dans le contexte social de la société rurale tunisienne (hors grands propriétaires fonciers-agricoles)  faite de petits paysans dont la surface moyenne des propriétés ne dépasse pas les 5 hectares, la terre agricole « privée » (les terres « tribales » étant régies par des normes tribales locales plus complexes) est régie par deux droits superposés : les droits de propriété et le droit d’usage. C’est généralement le droit d’usage qui est la règle. Pour éviter la fragmentation excessive de la propriété, la terre est le plus souvent confiée, en droit d’usage,  au garçon qui n’a pas de revenus sécurisés et qui est resté vivre au village. La répartition des coûts de production et des bénéfices (argent ou produits) se font selon les règles habituelles du fermage ou du métayage, et selon les relations familiales internes. Ce fonctionnement qui vise d’abord à protéger l’intégrité de la propriété (du capital) familiale n’annule pas les règles de l’héritage dictées par l’interprétation faite des sources religieuses (aux garçons le double de ce qui revient aux filles). Mais dans la pratique, c’est beaucoup plus complexe parce que la société ne fonctionne pas selon les règles de l’arithmétique. Généralement les relations humaines, entre frères et sœurs, […]

Egalité successorale, qu’en sera-t-il des petites terres agricoles privées ?


Alors que le pays en est encore à ses balbutiements en terme de droits, de constitutionnalité et de législation, le rapport dit « colibe » évoque la nécessité de légiférer contre l’appel et l’assistance au suicide, et ce au nom du droit sacré à la vie et de l’intégrité des corps.  Cependant, alors que les charlatans et autres gourous mystiques pullulent comme de la gangrène et exercent frauduleusement une médecine de comptoir au nom d’Allah le guérisseur, un phénomène de plus en plus inquiétant touche la Tunisie : la vente et l’injection illégales de produits pharmaceutiques sous couvert du sport.    Pratique illégale de la pharmacie et de la médecine  L’exercice de la pharmacie est strictement encadré en Tunisie par de très nombreux textes, notamment par la loi n° 73-55 du 3 août 1973, fixant les conditions relatives aux diplômes requis afin de pouvoir s’inscrire auprès du Conseil de l’ordre des pharmaciens. L’ordre des pharmacien a le pouvoir de saisir peut saisir les tribunaux par voie de citation directe, sans préjudice de la faculté de se porter, s’il y a lieu, partie civile dans toute poursuite intentée par le procureur de la République. Cependant, il n’en est rien.   Il suffit d’effectuer une recherche sur facebook pour tomber sur ce genre de publication qui ne semblent choquer personne A noter que sur la liste des médicaments, car il s’agit bien de  « produits destinés à traiter une affection médicale grâce aux principes actifs qu’il contient », on peut retrouver : Le Stanabol :  utilisé chez l’homme pour le traitement de l’anémie et de l’angio-oedème héréditaire. Il est également utilisé chez l’animal pour stimuler le développement musculaire, la production de globule rouge  la densité des os ou l’appétit d’animaux affaiblis. L’Oxandrolone : dérivé synthétique de la testostérone, il est utilisé pour pour le traitement de l’hépatite alcoolique, le syndrome de turner et la perte de poids causée par le VIH. Le Hydrochlorure d’Ephédrine :  utilisée en intraveineuse contre l’hypothension et la diminution la concentration de lipides dans le sang, elle a pour effet secondaires :  des hémorragies cérébrales, des troubles psychiatriques ou encore des arythmies cardiaques qui peuvent à leur tour entraîner des infarctus du myocarde. Nous reviendrons plus tard sur cette substance. Le Clenbutérol : produit vétérinaire utilisé pour traité les infections broncho-pulmonaires chez les chevaux, est vendu en toute transparence sur la toile tunisienne. Les femmes l’utilisent pour maigrir, et les sportifs, en période de sèche afin d’atteindre un taux de graisse au plus bas sans perdre trop de muscle. Une pratique qui relève du dopage et qui n’est pas sans risque ( tremblements, des maux de tête, agitation, insomnies, sautes d’humeur, une augmentation de la quantité de transpiration et surtout une augmentation des risques d’accidents cardiaques et cérébraux). L’Oxymétholone : indiquée dans le traitement d’anémies aplasiques, elle a pour effet secondaires l’œdème, la prise de poids rapide, le priapisme, les modifications de couleur de peau, les dysuries,  les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales, la perte d’appétit, l’ictère, la gynécomastie….. La Méthandienone quant à elle provoque des lésions du foie Si la Loi […]

Tunisie : la mort en ligne



  Nièce du grand avocat Maître Vergés, fille et petite fille de politiciens militants des droits de l’Hommes, Françoise Vergès a prêté sa plume à TAKRIZ pour nous expliquer en quoi et pourquoi l’insurrection est un droit qui fait de l’Homme un citoyen conscient. Soutien inconditionnel à la libération de Georges Abdallah, elle a sourit en voyant le Président Macron se faire alpaguer dans les rues de Tunis, et elle tenait, à travers ses mots, à soutenir ceux qui encore et toujours luttent… Chaque jour, à chaque moment, quelque part, une résistance s’élève contre les conséquences de la contre-révolution menée par des dirigeants corrompus, xénophobes ou racistes, par les multinationales, la finance, l’impérialisme et le capitalisme qui présente de nouveaux défis mais nous met aussi en face de choses « vieilles comme le monde ». En effet, si les peuples font face à ce qu’ils ont toujours connu – exploitation, dépossession, prédation, vol, viol – ils sont confrontés à une accélération produite par les nouveaux besoins du capitalisme, par la précarité et la vulnérabilité accrue des peuples du Sud à cause des politiques internationales, des guerres par proxy, du changement climatique, par l’extension de l’industrie du soin et des services qui réclament des femmes raciséés. Pour imaginer de nouvelles théories, il faut écrire une nouvelle histoire, a dit Cedric Robinson, auteur de Black Marxism. Ce que font peuples, minorités, femmes, depuis des siècles, ce qu’ont fait Aimé Césaire, Frantz Fanon, Amilcar Cabral, Angela Davis et des milliers de théoricien.nes, et tant de poètes, écrivains, cinéastes, musiciens. Je ne vais que proposer ici quelques points pour contribuer à cette vaste bibliothèque de la résistance. Au 16ème siècle, l’Europe divise le monde entre vies qui comptent et vies qui ne comptent pas, entre nature à protéger et nature à exploiter. Dans leur pays, les puissances européennes disciplinent peu à peu les forces sociales qui s’opposent à la privatisation des biens communs, au servage, à l’exploitation des enfants par une répression féroce et en leur proposant de devenir des européens dont la vie s’améliorera grâce à l’asservissement de peuples, la destruction de leurs cultures, villes, savoirs, grâce à des pratiques d’appropriation et des pratiques racistes. Avec la « découverte du Nouveau Monde », l’Europe invente une nature sans coût (notion proposée par le sociologue Jason Moore), qui se reproduirait naturellement à l’infini, qui serait là pour servir ses intérêts économiques.  L’humanité (en fait le monde européen) aurait reçu l’assurance que la nature lui a été donnée pour être à son service, et si des ressources s’épuisent, il suffit d’aller plus loin. Extraction minières, déforestation, destruction de villes, accompagnent cette entreprise. Contemporaine de cette nature sans coût À cette remarque de Moore, j’ajoute la notion de travail sans coût, et qui produit aussi l’assurance qu’une source d’une main d’œuvre est à disposition, sur laquelle le droit de mort s’exerce librement, et que cette source ne se tarira pas. Après le génocide des peuples qui habitaient les Amériques et Caraïbes, les Etats d’Europe se tournent vers le continent africain et en font […]

Le droit à l’insurrection de Françoise Vergès


En cette période électorale, le “devoir citoyen” d’aller voter se conjugue à toutes les sauces et à tous les statuts. Mais sait-on seulement ce que veut dire être citoyen ? Si on se contente de la définition donnée, être citoyen c’est avoir des devoirs et des droits au sein d’une citée donnée. Or depuis janvier 2011, on ne nous parle que de devoirs, ce que nous nous devons de faire pour aller vers un soutien inconditionnel à l’ordre imposé : celui d’aller voter pour légitimer le garant de ce dit-ordre, celui de s’engager dans le mieux-être du pays en agissant, souvent de manière bénévole, dans des actions “citoyennes” pour palier aux manquements du dit-ordre, ou celui de payer des impôts pour permettre à l’ordre de financer son assise sur le citoyen. Cercle vicieux de la soumission, premier pas d’une dictature démocratique où chacun tisse avec allégresse la corde qui lui lie les poignets, menottes faites d’exigences partagées devenues évidences, et contre lesquelles il devient impensable de lutter. Mais où est donc la clef de ces menottes ? Où sont donc nos droits de citoyens ? Où est notre droit à la santé ? Celui à l’éducation ou à l’information ? Où est notre droit à la transparence des dépenses publiques ? Notre droit au rassemblement, à la Culture ?Notre droit à une Justice équitable, notre droit d’être dans l’individualité qui est nôtre ? Sommes-nous contraints de n’être que citoyen dans le devoir d’épauler l’Ordre établi ? D’alimenter de notre soumission active ce que Rousseau appelait le “contrat social” imposé par nos politiques, d’appuyer l’intérêt général édité par Ennahdha et Nidaa, parce que ceux-ci sauraient mieux que nous-même quels sont nos besoins ? Celui qui, toujours selon Rousseau nous “oblige à être libre” ? Est-ce qu’être citoyen c’est se soumettre à la volonté du pouvoir en place, sous couvert d’un intérêt général qui ne serait en réalité que l’intérêt de l’Ordre ? Un intérêt qui leur serait « utile » comme l’était le vote qui a mené Sebsi à Carthage ? Non, car être citoyen c’est penser avant tout à l’intérêt collectif et non à celui du pouvoir qui est différent du nôtre. Être citoyen c’est informer et s’informer, car il ne peut y avoir de liberté sans conscience et que la conscience citoyenne se forge à coup de réflexion. Être citoyen c’est oser demander “pourquoi” et oser répondre “non” lorsque cela dessert intérêt général. C’est exiger que le travail pour lequel les élus sont payés soit orienté vers le mieux-être de tous ou, le cas échéant, imposer par n’importe quel moyen leur démission. Être citoyen c’est être le garant de la Démocratie à travers des actions et des plaidoyers, c’est pointer du doigt les dysfonctionnements du Pouvoir et, par n’importe quel moyen, pousser celui-ci à prendre le chemin pour lequel il a été mandaté. Être Citoyen c’est penser au collectif, car les besoins de l’autre aujourd’hui peuvent être les nôtres demain. Le Pouvoir établi est entre les mains d’Hommes non citoyens puisqu’ils […]

Qu’est-ce qu’être Citoyen ?


 Le monde des mortels a connu bien des horreurs. Tant de massacres engendrés par une espèce avide de pouvoir. Les frontières sont les preuves probantes et incontestables du mal qui a été fait, des plaies ouvertes imprégnées par le sang versé. Ce sang coule à flot à la surface de notre Terre Mère. Le petit peuple est toujours sacrifié afin d’asservir une poignée de dirigeants. En vérité, les masses sont volontairement gouvernées par des Etats voyous. Quant a l’Etat central qui occupe cette fraction de la planète, il outrage un président ni mort ni vivant. Un Etat militaire, qui au détriment du peuple, clame l’islam comme religion et bannit toute forme de liberté de pensée ou d’expression. Cependant, contre toute attente, il autorise le droit de culte qui peut-être reconnu ou non ! Cela va des humeurs de ce même Etat schizophrène, entièrement responsable du nivellement de tant de générations. En effet, ce système empêche toute forme de progression. Dans l’ambre, le combat continue au cœur de ce berceau qui maintient à flot nos vies souillées par des lois sordides, contradictoires et complètement  révoltantes. Des lois imposées à chaque citoyen et citoyenne qui n’ont aucun sou pour graisser la patte aux gros ventres qui ont usurpés ce territoire qu’ils nomment « Algérie ». Corruption, oppression et abus de pouvoir sont à l’ordre du jour sur cette partie du globe. L’Histoire des peuples Nord-africains a été ensevelie sous les débris d’une postérité raturée. Le dur  labeur de l’état vers une aliénation certaine, s’est peu à peu enraciné dans les entrailles de l’éducation des enfants de demain.     Nous évoluons discrètement sous cet air vicié. Contraints de s’identifier parfois, sans nulle hostilité manifestée. On se sent profondément terrien. Sans appartenance aucune. On existe, mais toutefois fragmenté. En agonie, face à la presque vie imposée dans un linceul de conformité. Pris au piège de nous-mêmes, où chaque concept, chaque notion à créer ou à inventer, émane de l’Homme pour l’Homme afin de dominer ou de libérer. Bien des penseurs nous ont fait vibrer et bien d’autre enrager. Des civilisations aux connaissances et aux croyances d’hier,  jusqu’aux conceptions de demain. Tant d’avancées nous ont ouverts les yeux et tant d’enseignements nous ont rendus absurdes. Si un pas vers l’avant se façonne, cent en arrière sont inéluctables pour servir l’intérêt d’une minorité impitoyable et sans pitié. Tout précepte, toute croyance, théorie ou concept ne sont que des notions qui étendent vers une appartenance quelconque. Une forme de cellule intellectuelle qui conserve notre cerveau dans un état fœtal « conscient dans l’inconscience ». La soif de domination de certain propulse d’autres sur une vague d’insurrection.     Depuis le début de l’Histoire de l’humanité, l’Homme a clairement démontré que notre espèce est le cancer qui range sa propre chair. À défaut de changement,  la nature reprendra ses droits. Car esclave de ses propres créations, il court vers sa propre destruction mais aussi, de milliers d’autres. L’urgence est universelle. La  révolution d’aujourd’hui est de RENAÎTRE, de mettre en place une  alternative toute a fait nouvelle, […]

Le cimetière des vivants, fédération anarchiste algérienne



Tout commence sur un écran, le même qui est en face de vous actuellement et sur lequel vous êtes en train de lire ces lignes. Deux jeunes tunisiens, convaincus que leur pays est devenu libre et que l’on peut s’exprimer sans craindre le bâton, se questionnent, et laissent libre court à leurs pensées. Une caricature de trop, celle du prophète Mohamed, et tout bascule :  Plainte, harcèlement, condamnation, tortures, incarcération pour l’un et emprisonnement pour l’autre, le cauchemar se fait réalité dans une Tunisie muselée par une société où obscurantisme et l’intolérance se font lois. Aujourd’hui c’est l’exil, la solitude et le poids de traumas qu’ils ne pourrons jamais lester. Actuellement la Tunisie est dans une impasse, car personne n’ose proposer. Tout le monde se tait ou, au mieux, suit. On craint intérieurement de se faire railler sur les réseaux sociaux, on a peur que nos propos choquent et que l’on se fasse pointer du doigt comme un agitateur qui pourrait être accusé de « trouble à l’ordre public ». Car nos pensées sont publiques et les réseaux sociaux sont devenus ordre, rigidité et bienséance. Mais qu’est-ce que l’ordre public ? Juridiquement, cela signifie la « paix publique », or nous pouvons nous interroger quant au bienfondé de cette extension à  la pensée et l’expression de celle-ci. Est-ce que le seul fait de réfléchir peut porter préjudice à la quiétude imposée ? Ne sommes nous pas libre d’ébranler les postulats que nous imposent la société et déposer nos réflexions sur un profil qui nous appartient ? L’ordre public est-il l’euphémisme d’une morale puritaine ou celui d’une pensée unique ? Nous avons eu depuis 2011, de nombreux exemples de censures parées de légitimité : une censure populaire ( l’affaire Nadia El Fani, l’affaire Nesma et Persépolis, l’affaire radio Shams) et une censure étatique ( l’arrestation de Hamadi Khlifi ou celles de blogueurs appelant à la destitution du pouvoir en place ) et une auto-censure latente qui bride toutes création tant spirituelle qu’artistique. Jabeur Mejri a osé affirmer qu’il pensait différemment, il a osé croire que sa pensée lui appartenait et qu’il pouvait échanger sur son réseau social avec des personnes qui souhaitaient échanger sur un sujet aussi sensible que l’Islam et la croyance. Il a osé et en a payé le prix fort. TAKRIZ va, pour la première fois s’auto-censurer et se taire, pour le laisser parler :      

Liberté d’expression, arrestation et torture, témoignage de Jabeur Mejri


Ghazi Beji et Jabeur Mejri, ont été accusés le 5 mars 2012 d’ «atteinte à l’ordre public », «transgression à la morale» et «apport de préjudice à un tiers». Tout deux ont été condamnés à 7 ans et six mois de prison et 1200 dinars d’amende. Tout cela pourquoi ? pour avoir partagé leurs idées sur Facebook. Athéisme, critique de l’Islam, ces deux jeunes ont vu leur vie basculer pour avoir osé croire que la Tunisie post 14 janvier était la Tunisie de la liberté retrouvée. Si Jabeur s’est fait arrêter et a purgé sa peine (quoique gracié), Ghazi lui, a été jugé par contumace. Il est parvenu à fuir la nouvelle dictature Tunisienne, devenu le premier réfugié politique de la Révolution du Jasmin vite fané. TAKRIZ a souhaité laisser à Ghazi une tribune libre sur son magazine, et en c’est 20 ans de lutte pour liberté de la parole et de la pensée. Après 23 ans de censure, voilà le 14 janvier 2011 la chute du régime. Tout à commencé après la révolution du jasmin, le vent de la liberté souffle . Cela faisait 4 ans à l’époque que j’étais au chômage et j’avais espoir que la révolution nous apporte du travail et plus de liberté ! Mais voilà, à la fin de l’année 2011, les barbes commencent à pousser comme des champignons et les discours des intégristes religieux se multiplient : la révolution du travail et de la Liberté est récupérée par les Frères Musulmans, financés par l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite. Dés début 2012 je commence à recevoir des  menaces de mort à cause d’un livre que j’ai écrit «  l’illusion de l’islam ». Le 5 mars 2012 mon ami, athée, Jabeur Mejri est arrêté à Mahdia pour athéisme.3 Jours plus tard, sous les menaces salafistes et activement recherché par la police, j’étais obligé de quitter la Tunisie vers l’inconnu à la recherche de cette Liberté que je n’ai pas trouvé dans mon pays d’origine. Je n’ai pas envie de revenir sur mon exil : des mois de marche à travers plusieurs pays du d’Afrique du Nord aux Balkans, des nuits passées dans les forêts et les montagnes serbes. J’ai traversé 11 pays avant d’arriver en France : Tunisie – Libye – Algérie -Turquie – Grèce – Macédoine – Serbie – Roumanie – Hongrie – Autriche – Suisse – France. Des bombes en Libye, jusqu’à la famine en Europe de l’Est, j’ai tout connu, à ce à cause de ce que j’ai pu écrire ou dire. Liberté vous me dites ? De quelle liberté s’agit-il ? Ce n’est que que grâce aux aides financières de ma famille et des militants j’ai pu croiser que j’ai survécu. Je profite du fait que TAKRIZ m’offre c’est espace de liberté pour m’exprimer et les remercier un à un : – Ma famille – Tewfik Allal et Brigitte Bardet Allal / Fethi Benslama (Manifeste de la liberté) – Feu Abdelwaheb Meddeb ( Radio France culture) – Mouheddine Cherbib (FTCR […]

Témoignage : Ghazi Beji, réfugié politique en France pour avoir ...