économie


Le cours du dinar et les taux d’intérêt déchainent les experts cathodiques et facebookiens. Tout le monde y va de ses évidences et de sa recette miracle. Loin de moi ce travers car je ne suis pas sans savoir que l’économie en général et la politique monétaire en particulier, sont tout sauf des sciences exactes. Le Gouvernement et la Banque Centrale : Selon son nouveau statut, l’une des deux missions principales de la Banque Centrale de Tunisie est de veiller à la stabilité des prix (inflation). A travers les taux de refinancement offerts aux banques, la BCT contrôle l’importance du volume des crédits que ces banques peuvent accorder et delà la création monétaire et l’inflation. Si la BCT estime que le risque d’inflation est élevé et décide en conséquence de réduire l’expansion du volume des crédits, les particuliers qui ont besoin de ces crédits vont devoir différer leurs dépenses de consommation ou d’investissement, les entreprises qui ont besoin de ces crédits vont devoir ralentir leur activité ou reporter à plus tard leurs investissements et globalement, la croissance de l’économie nationale peut se trouver ralentie. Avant la promulgation en 2016 du nouveau statut de la BCT, le gouvernement confronté à ce risque de ralentissement de l’économie pouvait faire pression sur la BCT et lui imposer de desserrer les vannes du crédit. Dorénavant, la BCT est indépendante et peut ne pas satisfaire aux injonctions du gouvernement. La loi bancaire part du principe qu’une BCT indépendante du gouvernement et donc du pouvoir politique en matière de conduite de politique monétaire est une garantie pour le citoyen et l’économie nationale contre les risques d’inflation nés de mauvaises décisions d’un pouvoir politique trop souvent préoccupé par des considérations électorales. En répartissant les rôles entre une BCT en charge de l’inflation et un gouvernement en charge de la croissance et de l’emploi, la loi bancaire a cherché à poser les bases d’une croissance non inflationniste. La BCT a été dotée des moyens s’opposer à une politique budgétaire laxiste du gouvernement par une politique monétaire restrictive. Cette indépendance sera très utile chaque fois qu’un gouvernement sera tenté d’acheter des voix d’électeurs en dépensant de l’argent qu’il n’a pas. A la BCT de préserver cette indépendance et d’en faire bon usage. Pour ma part, j’estime que la loi bancaire de 2016 présente des faiblesses au niveau de la composition du conseil chargé de la politique monétaire où les opérateurs économiques me paraissent insuffisamment représentés par rapport aux représentants de l’Etat, ce qui en pratique réduit l’indépendance souhaitée de la BCT par rapport au gouvernement. Ainsi, alors que la loi interdit à la Banque Centrale de financer le Trésor Public, nous constatons qu’en pratique cette interdiction est contournée. Les banques souscrivent aux émissions de Bons du Trésor lancées par l’Etat, mais comme elles n’ont pas suffisamment de dépôts de clientèle pour financer ces achats, elles vont demander à la BCT des refinancements que celle-ci est contrainte de leur accorder parce qu’elle n’est pas réellement indépendante du gouvernement. Dans les circonstances […]

Politiques budgétaire et monétaire: le grand écart


Février 2018, suite à la sanction européenne plaçant la Tunisie dans la liste noire des pays exposés au blanchiment d’argent et au financement du terrorisme, Chédly Ayari, le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) s’est vu gentillement limogé, histoire de calmer un peu les esprits. En Tunisie s’en est ainsi, solidarité oblige, on vole en bande mais on ne tombe qu’en solo. Voici que pointe le bout de son nez Marouane Abbassi, petit chouchou maghrébin de la banque mondiale, alors que Hakim Ben Hammouda, préssenti pour le poste, pleure toutes les larmes de son corps.  Allez, c’est parti, au boulot Marouane, et au pas de course s’il te plait, car il te faut appliquer à la lettre la lettre de recommandation du FMI sinon Christine va se fâcher ! Et c’est parti : le 5 mars , le taux d’intérêt directeur de BCT passe de 5 à 5,75 %, et le 13 juin, lors de sa réunion périodique, le conseil d’administration de la BCT le révise à la hausse de 100 point de base, passant de 5,75 à 6,75 %, et cela pourquoi ? pour limiter l’inflation….du moins parait-il. Depuis, tout a été dit, tout et son contraire, car tout le monde s’est vu expert. Mais commençons par le commencement : Les Banques Centrales ont deux taux principaux : Un taux d’intérêt auquel la banque centrale prête des fonds aux banques commerciales. Un taux de dépôt qui « rémunère » les dépôts des banques commerciales auprès de la banque centrale. Ces dépôts sont typiquement les réserves obligatoires, à savoir une partie des dépôts des clients des banques commerciales que ces dernières doivent déposer à la banque centrale (encore faut-il que ce soit le cas). Augmenter le taux d’intérêt tel que ça a été fait aura deux impacts dans un pays comme la Tunisie dont l’économie informelle est énorme :  Le premier impact est l’augmentation de l’inflation alors qu’on prétend vouloir la limiter. Le second impact est la baisse de l’investissement. Mais alors que faire ? TAKRIZ a posé la question à  Montacer Ben Cheikh, docteur es sciences économiques et maître de conférence « La solution est simple. La banque centrale aurait pu augmenter le taux des réserves obligatoires limitant ainsi la capacité des banques commerciales à accorder des crédits et à augmenter l’offre monétaire. En limitant l’offre monétaire, on baisse nécessairement les prix à la consommation ! Ensuite, la banque centrale aurait pu baisser son taux de dépôt. La BCT peut fixer un taux de dépôt négatif comme c’est le cas de la Banque Centrale Européenne par exemple dont le taux de dépôt est de -0.4%. Ainsi, la banque centrale ne rémunère plus les banques commerciales sur leurs dépôts, mais prélève des droits de garde » Mais augmenter les réserves obligatoires, n’est-ce pas créer une pénurie de liquidités  ? « Augmenter le taux des réserves obligatoires revient à transférer des liquidités des banques commerciales vers la Banque Centrale. Les liquidités ne vont pas disparaître du circuit économique dans ce cas. Les liquidités ne disparaissent essentiellement que lorsqu’elles […]

A quoi joue la Banque Centrale ?


L’Etat tunisien dépense chaque année plus qu’il ne perçoit. Tel un compte bancaire, il est à découvert (c’est ce qu’on appelle un déficit). Pour combler ce déficit, il a deux solutions : augmenter ces recettes, et lorsque cela n’est pas possible, emprunter aux banques. Sauf que voilà, les banques ne prêtent pas à taux zéro. En juin 2017, la dette publique s’élevait à 66,7% du PIB pour atteindre 71,4% du PIB, soit 76,1 milliards de dinars en 2018. Or plus la dette augmente, plus les intérêts pour la rembourser sont élevés et… plus la dette augmente. Cercle vicieux dans lequel les gouvernement successifs se sont engouffrer et à travers lequel ils ont vendu le pays.    

Le surendettement pour les nuls



Alors que tous les indicateurs sont au rouge, le peuple lui continue à sortir le drapeau blanc et son doigt bleu.  Il faudrait attendre les municipales, non, attendre 2019…mais sait-on de quoi demain sera fait ?  Les rapports se suivent et se ressemblent :  Le Droit de manifester piétiné  Des violences policières impunies  La Liberté de la Presse bafouée   Une économie à la dérive  L’indice démocratique qui recule   L’émancipation de la femme remise en cause  Refus de lutter contre la corruption L’impunité des Islamistes qui menacent à tout vent  Un Etat et une administration qui financent le terrorisme Des partis politiques qui refusent la transparence financière   Nos enfants meurent dans un fracas médiatique suivi d’un silence d’action, les médecins hospitaliers craquent, les cerveaux partent exercer à l’étranger et les plus démunis meurent en Méditerranée… Et nous, nous attendons pacifiquement que les choses passent, que le temps passe et qu’il corrige spontanément sans que nous n’ayons à bouger ce qui est. Qui est responsable de la situation actuelle ? Car il y a bien un responsable à tout cela ? Est-ce les politiciens corrompus qui ne servent que leur propre intérêt ? Est-ce les électeurs qui ont légitimé de par leur vote ces mêmes politiciens qu’aujourd’hui ils critiquent ? Ou est-ce ceux qui pensaient, influencé par une campagne médiatique sans précédent, qu’une Révolution pouvait être pacifique ?  La situation est trop grave pour que nous nous jetions respectivement la responsabilité : Nous sommes tous responsables, et nous continuons à l’être à travers notre passivité, notre acceptation et cette léthargie que nous tentons d’estomper à travers des statuts facebook.  Une seule question se pose aujourd’hui : Quel pays voulons nous laisser à nos enfants ?  La Rédaction        

EDITO 25.02.2018


Parce que la Tunisie est au bord de la faillite. Parce que les tunisiens ne mangent plus à leur faim. Parce que le pays est gouverné par des séniles et des incompétents. Parce que la reconstruction du pays sera plus dure si on laisse faire. Pour toutes ces raisons , nous appelons à la désobéissance civile . La désobéissance, comme acte public non violent décidé en conscience, contre les lois imposées par le gouvernement tunisien s’impose aujourd’hui, nous appelons à une insurrection pacifique des consciences, c’est à dire la non soumission au modèle qui nous est imposé par un gouvernement bâtard composé d’obscurantistes et de pseudo progressistes. L’Histoire de la Tunisie est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Le Tunisien ne s’est jamais hissé au rang de citoyen. Au fond toujours les mêmes procédés, la même injustice sociale, le même régionalisme, les mêmes politiques économiques, et toujours les mêmes têtes au sommet de l’État. Nous voulons la dignité, comme l’a voulue notre première révolution,  c’est à dire la valeur publique qui doit lui être conférée par la République. Nous voulons la dignité et nous croyons son existence incompatible avec le pouvoir tunisien en place, qui s’est « réconcilié » avec nos bourreaux d’hier et les éternelles forces de l’obscurantisme.   Arrêtons de lutter contre toutes ces lois  qu’ils nous imposent, et dégageons les définitivement.   Le temps n’est plus à la parole mais à l’action.   Le pouvoir est entre nos mains, notre responsabilité citoyenne ne peut se limiter à mettre un bulletin dans l’urne, on ne peut laisser notre pays à la dérive, il faut agir avant qu’il ne soit trop tard : Qu’est ce qu’on attend ?    Waterman

Edito 14.01.2018