histoire


Je hais les indifférents. Pour moi, vivre veut dire prendre parti. Qui vit vraiment ne peut ne pas être citoyen et parti prenant. L’indifférence est apathie, elle est parasitisme, elle est lâcheté, elle n’est pas vie. C’est pourquoi je hais les indifférents. L’indifférence est le poids mort de l’histoire. C’est la boule de plomb pour le novateur, c’est la matière inerte dans laquelle souvent se noient les enthousiasmes les plus radieux, c’est le marécage qui ceint la vieille cité et la défend mieux que les murailles les plus fermes, mieux que ses guerriers, car elle enlise ses assaillants dans ses gouffres boueux, limoneux, et elle les décime et les démoralise et quelques fois elle les oblige à renoncer à leur entreprise héroïque. L’indifférence opère énergiquement dans l’histoire. Elle opère passivement, mais elle opère. C’est la fatalité ; c’est sur quoi l’on ne peut compter ; c’est ce que bouleverse les programmes, renverse les plans les mieux construits ; c’est la matière brute qui se rebelle à l’intelligence et l’étrangle. Ce qui se passe, le mal qui s’abat sur tous, le bien possible qu’un acte héroïque (de valeur universel) peut provoquer, tout ça revient moins à l’initiative de quelques personnes qui activent qu’à l’indifférence, à l’absentéisme de la majorité. Ce qui arrive, arrive non pas parce que certains veulent qu’il arrive, mais parce que la majorité abdique sa volonté, laisse faire, laisse se grouper les nœuds qu’ensuite seule l’épée pourra couper, laisse promulguer les lois qu’ensuite seule la révolte fera abroger, laisse aller au pouvoir les hommes qu’ensuite seul un mutinement pourra renverser. La fatalité qui semble dominer l’histoire n’est que l’apparence illusoire de cette indifférence, de cet absentéisme. Des faits mûrissent à l’ombre, juste quelques mains, à l’abri de tout contrôle, tissent la toile de la vie collective, et la masse ignore, car elle ne s’en soucie point. Les destins d’une époque sont manipules selon des vues étriquées, des buts immédiats, des ambitions et des passions personnelles de petits groupes actifs, et la masse ignore, car elle ne s’en soucie point.   Mais les faits qui ont mûri aboutissent à leur fin ; mais la toile tissée à l’ombre s’accomplit : et alors il semble que c’est la fatalité qui emporte tout et tous, il semble que l’histoire n’est pas un énorme phénomène naturel, une irruption, un séisme, dont tous restent victimes, qui a voulu et qui n’a pas voulu, qui savait et qui ne savait pas, qui a été actif et qui indiffèrent. Ce dernier s’irrite, il voudrait échapper aux conséquences, il voudrait qu’il soit clair que lui n’y était pour rien, qu’il n’était point responsable. Certains pleurnichent piteusement, d’autres blasphèment avec obscénité, mais personne ou peu de personnes se demandent : si j’avais moi aussi fait mon devoir, si j’avais cherche à faire valoir ma volonté, mon conseil, serait-il advenu ce qui est advenu ? Mais personne ou peu de personnes se sentent responsables de leur indifférence, de leur scepticisme, du fait de ne pas avoir offert leurs bras et leur activité à ces petits groupes de […]

Lettre aux indifférents


Alors que La Nouvelle-Calédonie est appelée à se prononcer pour ou contre son indépendance lors d’un référendum organisé demain dimanche 4 novembre, TAkRIZ a voulu revenir sur l’histoire de nos frères de sang, les Kanaks. Car c’est le même sang qui fut versé à Nouméa, à Bizerte ou à Sakiète Sidi Youssef : celui des peuples autochtones opprimés, pillés et tués par la France colonisatrice ! Car 165 ans aprés , il s’agit bien d’une colonisation en Nouvelle Calédonie.  L’île est en effet toujours  considérée par l’ONU, avec Gibraltar ou le Sahara occidental, comme l’un des dix-sept territoires non décolonisés que compte encore la planète. En 1853, la Nouvelle Calédonie et son peuple, les Kanaks sont massacrés par les colons, lorsqu’ils ne sont pas décimés par les maladies apportées par les européens. La population Kanak passe alors de 45.000 à 27.000 âmes en l’espace d’un demi siècle. Les Kanaks sont alors parqués dans des camps au nord et à l’est de l’île soit 1/10 du territoire. Comme ils ont  pompé les ressources minières en Afrique, les Caldoches (descendants des colons blancs) profitent de l’explosion du cour mondial du nickel dans les années 60 pour faire fortune et s’approprier encore plus de terres. Comme en Palestine, l’exode des colons vers l’Eldorado inverse l’ordre des choses, en 1969, les Kanaks deviennent minoritaires sur leur propre terre. « Pendant la colonisation française, le peuple kanak est divisé par deux – maladies, massacres. La Kanaky est la seule colonie où l’Etat français crée des réserves comme celles qui existent aux USA pour les Native-Américains. Les gouvernements successifs ont encouragé la migration en Kanaky (il y a des endroits où la migration est encouragée quand il s’agit de poursuivre la colonisation) pour faire des Kanaks une minorité dans leur propre pays. le peuple kanak serait de 39% aujourd’hui. Seulement 4% font des études supérieures. Le boom du nickel profite aux zoreys de l’ile, aux multinationales et à quelques notables kanaks. Mais soyons clairs: c’est une colonie.  La République est coloniale. » explique Françoise Vergès, politologue et figure de la lutte pour la décolonisation des peuples et des arts. Car c’est par les arts que le mouvement indépendantiste prends les armes. En 1975 l’affirmation culturelle met au devant de la scène une culture que les colons français ont voulu réduire à néant, et l’indépendance portée par Jean Marie Djibaou et le FLNKS devient alors une question centrale. Une guerre d’indépendance semblable, à la guerre d’Algérie, s’ouvrent alors. La France, avec la collaboration de ses médias partisans parlera tout comme pour la Kasba « d’événements ». C’est l’assassinat d’Eloi Machoro, le 12 janvier 1985 lors d’un raid du GIGN pour défendre la maison d’un occupant colon, qui mettra le feu au poudre de ce qui sera une véritable guerre d’indépendance. En octobre 1987, des membres du RCPR  sont acquittés par la cour d’assises bien qu’ait été établi qu’ils aient assassiné 10 militants Kanaks dont deux des frères de Jean Marie Djibaou. Ce dernier, en apprenant ce verdict, symbole de la suprématie des […]

Soutien au peuple Kanak


Il y a quelques jours, la Tunisie, au pied du mur, a été contrainte d’émettre des eurobonds à un taux proche de 7% . Malgré ce taux plus qu’avantageux pour les investisseurs, seuls 570 millions ont pu être récoltés sur les 1 milliards prévus (pour la loi finance complémentaire 2018). La dette publique de la Tunisie, qui a augmenté de 230% depuis 2011, s’élève aujourd’hui à 68 milliards de dinars soit  près de 70% du PIB, et le Pays a été incapable de rembourser une dette extérieure de 6 milliards de dinars qui aurait dû être réglée en 2016. La faillite est proche, nous ne parvenons même plus à rembourser les intérêts des emprunts précédents. La dernière fois que la Tunisie était dans cette situation, c’était en 1863-1865, quelques années après, elle se faisait coloniser.      C’est dans ce contexte que la Rédaction a souhaité résumer ici un ouvrage d’Eric Toussaint sorti en 2017 : Le système dette. L’article ci dessous est entièrement composés d’extrait du livre que nous avons lu pour vous.  L’auteur explique :     « L’utilisation de la dette en Tunisie pendant la deuxième moitié du XIXe siècle, était de nature odieuse et a facilité la colonisation du pays. Par la suite, elle ne cessa d’être un outil important de domination et de pillage des ressources naturelles et humaines de la Tunisie. Par ailleurs, nous ne pouvons pas nous empêcher de souligner certaines ressemblances entre la Tunisie du XIXe siècle et la Tunisie contemporaine étranglée par sa dette publique .  De plus, la faiblesse de la Tunisie face à ses créanciers permet à ces derniers d’intervenir de manière notable dans les affaires de la Tunisie. Les créanciers de la Tunisie utilisent les conditions décidées par le FMI et attachées tant aux prêts des institutions financières internationales qu’à ceux de l’Union européenne et de ses États membres pour dicter la politique économique et financière du pays, et ce, il ne faut pas l’oublier, avec l’appui des classes dominantes locales. »   Pour illustrer sa démonstration, l’auteur se base sur l’utilisation de la dette comme arme de colonisation de la Tunisie par la France. Son livre s’ouvre ainsi :   » De l’Amérique latine à la Chine en passant par la Grèce, la Tunisie et l’Égypte, la dette a de tous temps été utilisée comme une arme de domination et de spoliation. Le recours à l’endettement extérieur et l’adoption du libre-échange constituent à partir du XIXe siècle un facteur fondamental de la mise sous tutelle d’économies entières par les puissances capitalistes. L’utilisation de la dette extérieure comme arme de domination a joué un rôle fondamental dans la politique impérialiste des principales puissances capitalistes au cours du XIXe siècle, et cela se poursuit au XXIe siècle sous des formes qui ont évolué. La Tunisie endettée a été envahie par la France en 1881 et transformée en protectorat. Le même sort a été réservé à l’Égypte en 1882 par la Grande-Bretagne.  Jusqu’en 1863, la Tunisie n’empruntait pas à l’étranger. La production agricole assurait la souveraineté alimentaire […]

Le système dette, Eric Toussaint, cas de la Tunisie



Georges Ibrahim Abdallah es un preso político por la causa Palestina. Participó en la lucha en el frente de liberación contra los israelíes cuando invadieron el Líbano. Posteriormente se fue a Francia. Allí organizó un grupo de lucha contra los imperialistas y los sionistas. Fue detenido en 1984 por el uso de un pasaporte con identidad falsa. En su hogar, encontraron un arma que pretenden que sirvió a matar 2 diplomáticos, por lo cual fue condenado. Él asumió los cargos y nunca desmintió el crimen político. Fue en la cárcel donde profundizó sus ideas antiimperialistas y donde ha realizado reiteradas huelgas de hambre en solidaridad con los pueblos oprimidos y presos políticos por dictaduras. En prisión, Georges se adhiere a la plataforma del 19 junio 1999 que reúne a una comunidad en lucha conformada por un centenar de presos comunistas, anarquistas, anti-fascistas y anti-imperialistas, participando así de huelgas de hambre en solidaridad con los presos palestinos revolucionarios en distintas partes del mundo. En 1999 cumplió su condena, pero la gran presión ejercida por Estados Unidos ha provocado que Ibrahim siga tras las rejas. El motivo del que se ha valido el sistema para no liberarlo, es que Georges sigue teniendo « convicciones políticas intactas y muy fuertes”, por lo que suponen que su libertad sería un peligro inminente. Desde entonces ha pasado por audiencias y apelaciones que de nada sirven, pues su situación sigue en punto cero. Tras una búsqueda sistemática de encontrar argumentos que justifiquen la extensión del encarcelamiento ilegal bajo el cual se encuentra Georges, finalmente el 20 de mayo 2010 fue emitida su liberación. Cinco días más tarde, el ministerio público pide un juicio de amparo, entorpeciendo nuevamente su libertad. En enero, el juez que lleva la causa, señaló que lo liberarían con la condición que sea expulsado de Francia. Su país, el Líbano, aceptó recibirlo, sin embargo el Ministro del Interior francés se negó a firmar la orden de expulsión, motivo por el cual sigue encarcelado. El 04 de Abril del 2013 el Tribunal de Casación declaro inválida la orden de liberación emitida unos meses antes, pretextando que su pedido de liberación condicional era inaceptable. La Ministra de Justicia, Cristine Tobira en tiempos en que la izquierda estaba en campaña, prometió que liberarían a Georges si asumían el poder. Como siempre suele ocurrir en estos casos, al asumir, informaron a la familia que las presiones de Estados Unidos eran demasiado fuertes y que nada podían hacer. Una vez más el imperio dicta la pauta de persecución y opresión en contra de los luchadores sociales donde sea que éstos estén. La lucha por la liberación de Georges no sólo continúa, sino que además se ha extendido por distintos países, de manera que todos los Estados se enteren que no permitiremos más presos políticos ni más montajes fascistas. ¡Solidaridad y libertad para Georges! ¡Solidaridad y libertad para todos los presos por luchar! « NO ME VOY ARREPENTIR NO VOY A CEDER SEGUIRÉ LUCHANDO »

Comité argentino de solidaridad con Georges Ibrahim Abdallah


La mort de Slim Bagga a divisé les internautes entre ceux qui ont la mémoire courte, refusant de voir la vérité en face et ceux qui, forts des faits, sont traités de complotistes. Depuis 2011, règlements de compte et mises au silence forcé se succèdent dans une Tunisie sans foi ni loi, où règnent les clans. Ces morts, plus suspectes les unes que les autres jalonnent ce que l’on nous a demandé d’appeler « transition démocratique ». Une information en chassant l’autre, il nous a semblé important de rappeler les faits et de dresser cette liste non exhaustive afin que ces dossiers ne soient pas tous jetés dans les abysses de notre amnésie collective ou classés sans suite. 26.02.2011,  Lasmar Trabelsi, chef de la brigade criminelle, pendaison ( nez cassé et marques au poignets) 02.01.2012, Abdelfattah Amor, avocat, président de la commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation, crise cardiaque 18.10.2012 Lotfi Nagh, membre de la coordination Nidaa Tataouine, crise cardiaque (lynché à mort en public vidéo à l’appui) 31.12.2012, Tarek Mekki, homme politique et opposant historique, crise cardiaque 10.01.2013, Habib Babbour, membre de la coordination Nidaa Tataouine, crise cardiaque 06.02.2013, Chokri Belaïd, homme politique de gauche, mort par balles 06.04.2013, Faouzi Ben M’rad, avocat membre de la commission de défense de Chokri Belaïd, crise cardiaque 25.07.2013, Mohamed Brahmi, homme politique de gauche, tué par balles 22.01.2014, Mohamed Allouche, député et secrétaire général du parti 3eme choix, crise cardiaque 16.04.2014, Sabri Ziadi, avocat chargé du dossier Ennahdha et Nourredine Brihmi, pendaison 02.06.2014, Najib Jendoubi, lieutenant à la sûreté nationale, pendaison 09.10.2014, Montassar Matri, secrétaire général de l’union des syndicats des forces sécuritaires, crise cardiaque ( au lendemain de ses accusation contre Bhiri) 10.04.2016, Abderazak Hammami, avocat secrétaire général du PTPD, crise cardiaque 14.08.2018, Responsable de la migration clandestine ayant causé la mort de dizaines de migrants aux larges Karkhena, crise cardiaque ( à la veille du procès) 29.08.2018, Slim Bagga, journaliste, accident de voiture ( 3 semaines après avoir annoncé son retour) Le décès de Cherif Jeballi, avocat, empoisonné par une substance radio active, viendra hélas bientôt compléter cette liste non exhaustive…mais bien réelle. A vous de voir. La Rédaction

Tunisie : silence, on tue…


Il y a 20  ans, jour pour jour, mourrait Lounés Matoub, le Rebel. 78 balles pour des chansons, pour un art engagé, épris de Liberté. Du fédéralisme (qui pour lui était l’unique solution dans un pays volontairement divisé par les séquelles du colonialisme) à la laïcité, ce fervent défenseur des Libertés s’est attaqué à l’hymne nationale algérienne (Tabratt i lhukem), symbole d’un pays gangrené par une guerre fratricide entre les généraux corrompus et les islamistes sanguinaires. Incarcéré pour la première fois pour avoir osé demandé une cigarette au procureur lors d’un procès, Matoub devient vite le symbole de politiquement incorrect où la provocation est brodée de poésie et de littérature, unique échappatoire dans un pays où l’avenir est morose.  Guerrier des notes et des refrains au curare, il se produira sur scène en treillis militaire pour affirmer sa volonté de combattre avec les armes qui sont siennes. Traité par les journaux occidentaux de fasciste, blessé par balles à bout portant par la police algérienne, Lounés Matoub continuera à sa battre jusqu’à ce 25 juin 1998 où il fut assassiné. Par les islamistes ?  Par les généraux ? sans doute les deux, car tout comme en Tunisie, le pouvoir en place et les islamistes s’alimentent l’un l’autre pour détruire le Pays et la liberté d’expression… En cette journée TAKRIZ a souhaité reprendre le texte de sa lettre au Président ,  » Monsieur le Président, C’est avec un coeur lourd que je m’adresse à vous. Ces quelques phrases d’un condamné étancheront peut-être la soif de certains individus opprimés. Je m’adresse à vous avec une langue empruntée, pour vous dire, simplement et clairement, que l’Etat n’a jamais été la patrie. D’après Bakounine, c’est l’abstraction métaphysique, mystique, juridique, politique de la patrie. Les masses populaires de tous les pays, aiment profondément leur patrie, mais c’est un amour réel, naturel, pas une idée: un fait. Et c’est pour cela que je me sens franchement le patriote de toutes les patries opprimées » La Rédaction

78 balles pour une chanson, 25.06.98 Matoub nous quittait…



Élevé par l’assistance publique, devenu anarchiste au lycée, Albert  Albert, dit Libertade, s’installe à Paris et fréquente l’équipe du Libertaire. Personnage haut en couleur, cet anarchiste individualiste se présentera au élection en 1904 comme candidat abstentionniste, et met en accusation le système, mais également ceux qui y participent, invectivant avec des mots « takriz » ceux qui oppressent et ceux qui suivent. La Rédaction a souhaité lui rendre hommage en republiant ce texte qui a été placardé sur les murs de Paris lors des législatives de 1906, car chacun des mots déposés ici, est taillé sur mesure pour la carrure chétive du citoyen tunisien qui a vendu un soulèvement populaire pour le plaisir de participer à une mascarade politique  !  « C’est toi le criminel, ô Peuple, puisque c’est toi le Souverain. Tu es, il est vrai, le criminel inconscient et naïf. Tu votes et tu ne vois pas que tu es ta propre victime. Pourtant n’as-tu pas encore assez expérimenté que les députés, qui promettent de te défendre, comme tous les gouvernements du monde présent et passé, sont des menteurs et des impuissants ? Tu le sais et tu t’en plains ! Tu le sais et tu les nommes ! Les gouvernants quels qu’ils soient, ont travaillé, travaillent et travailleront pour leurs intérêts, pour ceux de leurs castes et de leurs coteries. Où en a-t-il été et comment pourrait-il en être autrement ? Les gouvernés sont des subalternes et des exploités : en connais-tu qui ne le soient pas ? Tant que tu n’as pas compris que c’est à toi seul qu’il appartient de produire et de vivre à ta guise, tant que tu supporteras, – par crainte,- et que tu fabriqueras toi-même, – par croyance à l’autorité nécessaire,- des chefs et des directeurs, sache-le bien aussi, tes délégués et tes maîtres vivront de ton labeur et de ta niaiserie. Tu te plains de tout ! Mais n’est-ce pas toi l’auteur des mille plaies qui te dévorent ? Tu te plains de la police, de l’armée, de la justice, des casernes, des prisons, des administrations, des lois, des ministres, du gouvernement, des financiers, des spéculateurs, des fonctionnaires, des patrons, des prêtres, des proprios, des salaires, des chômages, du parlement, des impôts, des gabelous, des rentiers, de la cherté des vivres, des fermages et des loyers, des longues journées d’atelier et d’usine, de la maigre pitance, des privations sans nombre et de la masse infinie des iniquités sociales. Tu te plains ; mais tu veux le maintien du système où tu végètes. Tu te révoltes parfois, mais pour recommencer toujours. C’est toi qui produis tout, qui laboures et sèmes, qui forges et tisses, qui pétris et transformes, qui construis et fabriques, qui alimentes et fécondes ! Pourquoi donc ne consommes-tu pas à ta faim ? Pourquoi es-tu le mal vêtu, le mal nourri, le mal abrité ? Oui, pourquoi le sans pain, le sans souliers, le sans demeure ? Pourquoi n’es-tu pas ton maître ? Pourquoi te courbes-tu, obéis-tu, sers-tu ? Pourquoi es-tu l’inférieur, l’humilié, l’offensé, le serviteur, l’esclave ? Tu élabores tout et tu ne possèdes rien ? Tout est par toi […]

Le criminel c’est l’électeur !


Au lendemain de la manifestation qui s’est tenue sur l’avenue Habib Bourguiba en mémoire au jeune Omar Laabidi, ultras des North Vandales tué par la police d’Etat, TAkRIZ a voulu s’entretenir avec Mickaël Correia autour de son livre : Une Histoire Populaire du Football. Journaliste indépendant, Mickaël Correia participe entre autre à l’élaboration collective du mensuel C.Q.F.D : « ce qu’il faut détruire ». Dans son livre, parut en mars 2008, l’auteur rappelle que le football est avant tout un sport populaire, un creuset de résistance, autour duquel est née une contre-culture contestataire. Emancipation du monde ouvrier, fin du colonialisme, montée du féminisme ou révolution Tunisienne : à chaque fois, le football était présent.   Salut Mickaël, dis moi, CQFD a, et ce dès décembre 2010, suivi les mouvements sociaux qui ont « dégagé » Ben Ali. Nous nous sommes d’ailleurs longuement entretenus avec vous  en avril 2011. Est-ce que ce sont le rôle des Leaders, des Dodger’s et des Vandales  (club africain) ou des zapatistes (Espérance Sportive de Tunis) puis le rôle des ultras égyptiens qui t’a donné l’idée d’écrire ce livre ? Quel a été le déclic ?  Ce ne sont ni les ultras tunisiens ni les ultras égyptiens mais les supporters turcs qui ont servi d’étincelle à l’écriture de ce livre. En mai 2014, je suis parti pour CQFD à Istanbul afin de suivre les Carsi, le groupe de supporters ultra du Besiktas. Ces supporters sont réputés pour leur esprit contestataire et ils ont été en première ligne lors du mouvement de la place Taksim en 2013 qui s’est mué en vague protestataire contre le régime autoritaire d’Erdogan. Les Carsi m’ont vraiment politiquement bouleversé et suite à un reportage , je me suis penché de plus près sur l’histoire des ultras, sur leur rôle dans la chute des dictatures en Tunisie puis en Egypte en 2011 et de fil en aiguille, je me suis aperçu qu’il y avait matière à produire un livre qui abordait le football comme un creuset de résistances populaires et comme un instrument d’émancipation. Lorsque TAKRIZ a appelé à la révolution, nous nous sommes dit que ce n’était pas les petits bourgeois de Tunis, qui pleuraient dés qu’ils avaient un ti bobo qui allaient pouvoir affronter les chiens en matraque de Ben Ali. Il nous fallait des « guerriers » agguéris pour occuper la rue, et c’est pour cela que nous nous sommes rapproché des groupes d’ultras afin de « faire foule pour renverser le monde ». Dans ton livre, tu décris le foot comme une pièce de théâtre classique avec ses 3 unités, ne penses-tu pas que le sport c’est aussi la guerre avec ses armées, ses chants et ses étendards ?  C’est plus compliqué que ça. L’éthique sportive que promeut le pouvoir et les institutions est celle du fair-play. Une éthique par essence aristocratique, qui est un prolongement de l’art de la chevalerie (et donc de la guerre) et où, plus que le résultat final, c’est l’honneur de l’individu qui doit être mis en avant. Mais la vraie éthique populaire ce n’est pas cela, c’est […]

Une Histoire populaire du football : carton rouge et drapeau ...


Le sport a toujours été une arme, et ce, tant sur la scène économique que politique, il suffit pour cela de ne citer que le « onze de l’indépendance » auquel  Hammadi Khaldi, joueur du stade tunisien, a participé.  C’est à cause de cette force de frappe, de cette capacité à mobiliser, que nos hommes d’affaires et politiciens tentent depuis toujours d’avoir le monopole du football tunisien, et ce afin de contrôler le peuple et l’argent généré par les manifestations sportives. En effet, le gouvernement tunisien n’a toujours eu qu’un seul adversaire contre lequel il ne pouvait rien. Il ne s’agit ni des opposants politiques qui, lorsqu’ils de terrent en Tunisie sont entretenus avec largesse par ses hommes d’affaires, et sinon sont exilés. Il ne s’agit pas de l’UGTT qui, vitrine d’une opposition de façade, ne cherche que son intérêt propre. Il ne s’agit encore moins de cette société civile, financée à grand coup de donations zabaliennes. La seule force d’opposition, qui de manière hebdomadaire, a affronté dans un corps à corps, souvent létal, le régime policier, ce sont les amoureux du ballon rond. Appelés casseurs ou hooligans par la presse qui jusqu’à aujourd’hui reste teintée de mauve, tifosi par les médias frileux, ou figure de proue de la révolution tunisienne par des historiens comme Mickael Correia, qui, de son regard objectif a suivi les événements de décembre 2010 et janvier 2011, les supporters des diverses équipes du football tunisien, sont la bête noire de l’ordre établi, et c’est pour cela que Majdouline Cherni aboie à grand coup de huis clos. Cependant, ce que le gouvernement oublie c’est que si le sport est une arme politique, c’est avant tout une arme populaire qui n’appartient qu’au peuple. En effet, si les mouvements de contestation en Tunisie ont commencé en 2008 avec le bassin minier, la Révolution a réellement commencé le 8 avril 2010, lors des affrontements entre les supporters de l’Espérance et la police de Zaba. Ce soir là, au journal télévisé de 20h, le ministre de l’intérieur s’affiche en général déchu, rendant visite à ses troupes battues. « Le pays a compris que, s’il le souhaitait, il pouvait battre l’Etat policier qui avait été instauré » se confiera Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ultras de la Curva Sud. Le gouvernement s’entête. Et le 1er mai 2010, pour la première fois, de l’Histoire du championnat tunisien, le Derby tunisois opposant l’Espérance Sportive Tunisienne au Club africain en huis-clos. Les espris s’enflamment et en aout 2010, alors que les pseudos intellectuels tunisiens appelaient à la réélection de Ben Ali  pour 2014 une campagne de Tags effectuée par les zapatistes de l’Espérance sportive de Tunis, envahit les rues de Tunis. Les affrontements dans les rues entre supporters et forces de l’ordre se font de plus en plus violents, et le club africain , en septembre 2010 appelle ses fans à la révolution imminente, car comme ils le chanteront ils « n’oublieront jamais le derby en huis-clos, le message est trés clair, c’est les supporters qui commandent puisqu’ils ont de l’autorité dans […]

Les ultras, pionniers de la Révolution Tunisienne



Alors que le corps de Omar Laabidi, North Vandals, ultra du Club Africain vient d’être mis en terre après avoir été assassiné par des policiers, TAKRIZ a souhaité s’entretenir avec les Ultras afin de leur offrir la possibilité de s’exprimer ouvertement. Depuis des années, les médias consensuels refusent de leur donner la parole, et les cantonnent au rang de voyous  et de casseurs sans foi ni loi. C’est loi d’être le cas, et Maître Ben Meftah, porte parole des Ultras de l’Espérance sportive de Tunis en est le contre-exemple. C’est avec toute la verve et le calme qui sied à sa profession qu’il a accepté de se confier à nous.    C’est la première fois que les ultras toute équipe confondue, acceptent de communiquer avec les médias, via un porte-parole. Comment expliquez-vous ce changement de stratégie ? Avant toute chose, je profite de l’occasion pour dénoncer le meurtre d’un jeune supporter clubiste samedi dernier suite à une poursuite policière,  et  pour exiger des sanctions exemplaires pour les fautifs. La curva sud présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt : « Que Dieu le tout puissant lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel paradis. » Quant à ce que vous appelez « changement de stratégie », après la révolution, les groupes sont passés par un passage à vide pour plusieurs raisons : huis clos, interdiction d’entrée aux stades, puis réduction du nombre des tickets, interdiction des déplacements . Tous ceci a engendré des moments de doutes et de vide. Un manque de confiance terrible s’est installée, petit à petit, au sein des groupes. A un moment donné la situation a dégénéré et il y a eu des affrontements quasi hebdomadaires dans les stades et parfois ailleurs entre les différents groupes d’ultras : Affrontements bien entendu retransmis en directe la plupart du temps. Ces affrontements ont été utilisés par le Ministère de l’intérieur et plusieurs autres intervenants afin de ternir l’image des groupes, ce qui a énormément nuit aux groupes. Par ailleurs, la Tunisie post-révolution s’est caractérisé d’une part par la faiblesse de l’Etat, de l’autre par l’absence de stratégie fiable. C’est pour cela que les forces de l’ordre de la Deuxième République ont choisi cette solution de facilité qui est de reprendre les anciennes méthodes répressives de la politique de Ben Ali contre les groupes d’Ultras : violence, arrestations arbitraires, interdictions d’entrée aux stades, humiliations…. Face à cette situation, les groupes ont fait leurs mea-culpa, ils se sont soudés et ont décidé de commencer une nouvelle ère. Afin de contrer la désinformation et de montrer leur vrai visage, un visage d’artistes et d’artisans, de militants voulant vivre leurs passion en toute Liberté, afin de balayer cette légende urbaine de criminels sauvages, dans une époque où le pouvoir appartient au média, ils ont décidé de communiquer avec eux.  Si j’ai été choisi, c’est que je suis un enfant du virage au sein duquel j’ai vécu durant toute ma jeunesse. J’ai leur confiance car je connais ce mouvement, et ils savent je le […]

Entretien avec Me Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ...


Alors que la B.C.T. a décidé de mettre les préservatifs sur la liste des produits de seconde nécessité, nous avons décidé de vous offrir une petite histoire de la capote. Ainsi si vous avez une panne lors de vos ébats pourriez vous combler le vide avec une discussion autour du condom. Ce sont les égyptiens qui, en premier, ont décidé de couvrir leurs bites avec un étui de lin, momifiant ainsi leur pharaonique membre dans l’espoir de tenir les maladies d’Anus-bis loin de leur sexe en érection. Tout au long de l’Antiquité, où les orgies étaient monnaies courantes, nous retrouvons des représentations ma foi fortes intéressantes quant à l’utilisation de ses protections de tissus que l’on devait laver après chaque éjaculation. Mais c’est en Asie, autour du X éme siècle, que l’on va commencer à joindre l’utile à l’agréable. En Chine, le préservatif, en papier de soie, sera huilé pour pénétrer la chair offerte de nos jolies petites chattes aux yeux bridés, quant au Japon (où la taille de l’engin n’est pas connue pour être comparée à un Katana) ce sont des capotes en écailles de tortue, les Kabuta-Gata, qui seront utilisées. Ces godemichés creux, s’enfilant tantôt sur la queue tantôt sur le doigts, ajoutèrent une rigidité somme toute appréciées par les Geishas avides de plaisirs solitaires. « Demum cum coiverit ponat supra glandem et recurrat praeputium » Bravo ! vous venez de lire un extrait du premier article scientifique consacré à la capote. Si on traduit ces mots barbares de Fellope  » c’est seulement lorsqu’il aura des rapports qu’il le place sur le gland en faisant revenir le prépuce », on se demande quel est le mode d’emploi pour les verges circoncises. En velours, en lin ciré ou en boyaux d’animaux – d’où l’expression « Je veux juste que tu puisses kiffer jusqu’à l’aube, donc vas-y monte sur mon Saint Denis funk » ( NDR ah non, merde, ça c’est Joe Star, excusez nous pour cet égarement) – la fashion week du Condom a fait les beaux jours des tapis rouges des cours d’Europe. Mais comme le dis l’age « le plastique c’est fantastique », merci donc Monsieur Goodyear qui produisit la première capote en caoutchouc, suivit de Monsieur Mc Intosh dans son usine d’imperméables. Produit économique et écologique puisque lavable et réutilisable, le préservatif était garanti 5 ans. Il avait donc de longs jours devant lui ( ou de longues nuits, tout dépend comment on prend la chose). Société de consommation oblige, le préservatif va vite devenir un objet à usage unique dans un contexte où le SIDA devient le mal du siècle et où tout comme en Tunisie, aimer peut être fatal ( non non nous ne reviendrons pas sur l’affaire du bisou)  » Gant de vénus »  chez Shakespeare, ou  » sac à peau de Venise » pour le Marquis de Sade, les métaphores ont jalonné les ébats littéraires et ont fait le tour du monde « capotes anglaises », « frensh letters » ou « Der Pariser », des lits adultères. Cependant de toutes les expressions qui ilustres ces quelques […]

La petite Histoire du préservatif


Si la révolution Tunisienne a influé sur bien des choses, elle a surtout enrichi le vocabulaire des internautes de mots, nés des médias occidentaux, et que tout un chacun s’est mis à employer de ci de là, sans trop comprendre ce qu’ils signifiaient. Nous avons eu tour à tour «  transition démocratique », «technocratie », mais surtout « maçouni ». Ah les francs-maçons…..qui n’a pas vu des triangles se dessiner de manière perverse dans l’architecture urbaine, ou qui n’a pas cherché à voir dans une photo, un signe que X ou Y appartienne à cette loge ? Connue de tous et pourtant tant fantasmée, la Franc-maçonnerie  s’est retrouvée au centre de tout débat stérile. La spontanéité des événements de décembre 2010 et janvier 2011 a été telle qu’il fallait bien trouver une explication autre que le « Takriz » généralisé….alors pourquoi pas les francs-maçons ? Après tout, ils ont bien été aux premières « loges » de la déclaration d’indépendance des USA et de la Révolution française, alors pourquoi pas nous ?  Si la Franc-Maçonnerie tunisienne est une réalité qui remonte à la fin du 19émé siècle et qui perdure de nos jours sous des vitrines associatives tel que l’ATUGE, qu’en est-il réellement ? Les francs-maçons influent-ils sur les débats actuels de société et sur nos politiques ? Autant de questions soulevées ici….mais commençons par le commencement…il était une fois….la Franc-Maçonnerie tunisienne : Qu’est-ce que la Franc Maçonnerie ?   Il n’y a pas de définition de la Franc-maçonnerie. Chaque obédience (courant) a sa définition qui lui est propre. La Tunisie étant, comme nous allons l’expliquer, sous l’influence du Grand Orient de France (GODF), nous allons ici présenter leur définition propre, inscrite dans leur constitution « institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, qui a objet la recherche de la vérité, de l’étude de la morale et la pratique de la solidarité » . Née au XVIIème siècle en Ecosse, la Franc-Maçonnerie est une organisation qui regroupe en son sein des personnes parrainées par leurs pairs afin qu’elles travaillent à des réflexions sur la société dans laquelle elles vivent. Sorte de « Think-tank » hiérarchisé au sein duquel un rite initiatique et symbolique (NDR : on s’amuse comme on peut) permet à chaque membre de gravir les échelons et de se la péter lors des repas de famille. Théâtralisée (accessoires, mise en scène, costumes et répliques au vocabulaire pompeux) les réunions maçonniques ont attisé la curiosité, puis la convoitise. Au fils des ans, c’est devenu « the place to be » et le droit d’entrée, sans couple exigé, se faisait de plus en plus sélectif, jusqu’à devenir une réunion de riches et de puissants (NDR : si tant est que l’on puisse différencier les deux). Durant ces réunions, se discutent des thèmes tels que la laïcité, l’égalité des sexes, la fraternité, et les notions de liberté. Mais ce qui s’y discute surtout c’est le moyen d’imposer les idées maçonniques au sein de la (des) société(s).  « Liberté, solidarité, laïcité, égalité »….tiens tiens….cela ne vous dit rien ? Non, Bouazizi n’était pas franc-maçon, attendez ! Allons-y étape par étape. Oui, la franc Maçonnerie existe en Tunisie, mais […]

Franc Maçonnerie en Tunisie : Entre mythe et réalité