liberté


Alors que les éventements de décembre 2010 et janvier 2011 semblent, par un processus contre-révolutionnaire savamment orchestré, avoir été effacés de la mémoire collective tunisienne, le groupe lyonnais  KUNTA met à l’honneur les mouvements contestataires qui ont redonné, l’espace d’un instant, sa dignité à la Tunisie et à l’Egypte.  C’est à travers son tire AOLAD, qui évoque  les 7 ans du conflit syrien perdurant à ce jour, et étouffant le rire des enfants de Damas, de Homs ou de Raqqa, que le groupe fera un clin d’œil à  la véritable Révolution tunisienne, celle qui fût assassinée le 14 janvier 2011.   En effet, c’est sur des images tournées en Tunisie, mais également en Egypte et au Liban que la chanteuse d’origine syrienne, Climène Zarkan, pose sa voix sur une musique hip-hop où se mêlent cuivres (Nans et Léo) et groove éthiopien. Un son ethnique mais surtout éthique qui rappelle que l’Art, et ici la musique, se doit avant tout d’être engagé. Dans face à face avec les paroles en langue arabe, Yovan, le leader du groupe, accompagné par Thomas à la batterie et Colin à la basse, assène un flow incisif  à travers lequel il porte un regard critique sur son époque et sur les enjeux internationaux qui font fi des populations civiles.   Cette volonté d’éveiller les consciences est présente dans le titre AOLAD, mais également dans les autres titres de l’album (dont la date de sortie est prévue pour le 2 novembre). Le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, le post colonialisme occidental et le capitalisme sauvage sont autant de sujet traités avec maestria par KUNTA. Des sujet qui ne sont pas sans rappeler les problématiques inhérentes à la Tunisie post 14 janvier : concessions pétrolières illégalement exploitées, ingérence du FMI et de la BCE dans les politiques budgétaires ou vente des institutions publiques aux investisseurs étrangers.   Le clip est réalisé par le talentueux Ghazi Frini , le prodige tunisien du Vjing, qui nous le décrira comme « un hommage à la jeunesse en mouvement, aux mouvements contestataires, à l’étincelle qui est partie de la Tunisie pour se propager partout dans le monde » avant d’ajouter « la dignité est un droit, continuons le combat !  » Ce combat perpétuel pour la Dignité humaine et pour la recherche de Liberté, Ghazi Frini en fait son quotidien. Il a, entre autre animé, un atelier à la maison d’arrêt de Lyon Corbas (2012) où il a repris avec les personnes incarcérées  « Je ne suis l’ombre de personne », performance qu’il avait initialement proposée à Tunis quelques années auparavant.   « Ce n’est pas parce qu’on est en prison qu’on est privé de libertés, et ce n’est pas parce qu’on est dans le civil qu’on est forcément libre » expliquera Ghazi Frini sur les ondes de Radio Nova. La liberté est un état d’esprit, un acte de résistance permanent face au diktat de la pensée unique et de la centralisation de la culture.  C’est cet acte de résistance que  KUNTA incarne, comme un battement de cœur qui bat et qui se bat. […]

La Révolution Tunisienne à l’honneur dans un clip de KUNTA


Cette nuit, aux alentours de minuit, on a tué Slim Bagga ! On a tué le courage d’une plume effrontée qui, depuis 1994 osait s’attaquer aux dessous du pouvoir, aux Ben Ali et surtout aux Trabelsi. Depuis Paris où il vivait, il informait pour éveiller les consciences sur cette mascarade politico-familiale qui ont fait de la Tunisie la République  bananière dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Depuis Paris, il avançait à visage découvert sur les papier qu’il écrivait de sa plume acerbe, trébuchant parfois, mais toujours debout. Certains diront qu’il était tenu informé depuis le Palais….soit…comme les vieux flics qui, pour obtenir la vérité, flirtent avec le grand banditisme, les journalistes peuvent également chercher leurs sources dans les bas-fonds du pouvoir. Et Slim Bagga était ce vieux flic qui n’hésitait pas à user de la violence des mots pour obtenir la vérité. Le 9 août, devant une Tunisie en ruine, Slim a eu la nausée, et il leur a dit aux « politiques amateurs et mafieux » aux « scribouillards verreux » et aux « maquignons affairistes » qu’il revenait ! Il les avait prévenus qu’il allait les dénoncer, « sans répit ». Il ne va sans dire que lorsqu’un journaliste annonce qu’il va éradiquer la pègre et leurs journaleux, c’est que cela fait déjà pas mal de temps qu’ils est en possession de documents et d’informations . Corruption ?  Alliance avec des forces étrangères ? Politique de la terreur ? Nous ne le saurons peut-être jamais, car ils l’ont empêché d’écrire…en maquillant leur censure létale par un éclatement de pneu. Ils avaient déja tenté le 28 avril 2013 de le tuer, mais il avait survécu. « Dire la vérité même si ça coûte, surtout si ça coûte »  telle était sa devise…la vérité lui aura coûté, cette fois ci, la vie.   La Rédaction    

Ils ont eu l’Audace, ils ont tué Slim Bagga !


Il y a 20  ans, jour pour jour, mourrait Lounés Matoub, le Rebel. 78 balles pour des chansons, pour un art engagé, épris de Liberté. Du fédéralisme (qui pour lui était l’unique solution dans un pays volontairement divisé par les séquelles du colonialisme) à la laïcité, ce fervent défenseur des Libertés s’est attaqué à l’hymne nationale algérienne (Tabratt i lhukem), symbole d’un pays gangrené par une guerre fratricide entre les généraux corrompus et les islamistes sanguinaires. Incarcéré pour la première fois pour avoir osé demandé une cigarette au procureur lors d’un procès, Matoub devient vite le symbole de politiquement incorrect où la provocation est brodée de poésie et de littérature, unique échappatoire dans un pays où l’avenir est morose.  Guerrier des notes et des refrains au curare, il se produira sur scène en treillis militaire pour affirmer sa volonté de combattre avec les armes qui sont siennes. Traité par les journaux occidentaux de fasciste, blessé par balles à bout portant par la police algérienne, Lounés Matoub continuera à sa battre jusqu’à ce 25 juin 1998 où il fut assassiné. Par les islamistes ?  Par les généraux ? sans doute les deux, car tout comme en Tunisie, le pouvoir en place et les islamistes s’alimentent l’un l’autre pour détruire le Pays et la liberté d’expression… En cette journée TAKRIZ a souhaité reprendre le texte de sa lettre au Président ,  » Monsieur le Président, C’est avec un coeur lourd que je m’adresse à vous. Ces quelques phrases d’un condamné étancheront peut-être la soif de certains individus opprimés. Je m’adresse à vous avec une langue empruntée, pour vous dire, simplement et clairement, que l’Etat n’a jamais été la patrie. D’après Bakounine, c’est l’abstraction métaphysique, mystique, juridique, politique de la patrie. Les masses populaires de tous les pays, aiment profondément leur patrie, mais c’est un amour réel, naturel, pas une idée: un fait. Et c’est pour cela que je me sens franchement le patriote de toutes les patries opprimées » La Rédaction

78 balles pour une chanson, 25.06.98 Matoub nous quittait…



Le sport a toujours été une arme, et ce, tant sur la scène économique que politique, il suffit pour cela de ne citer que le « onze de l’indépendance » auquel  Hammadi Khaldi, joueur du stade tunisien, a participé.  C’est à cause de cette force de frappe, de cette capacité à mobiliser, que nos hommes d’affaires et politiciens tentent depuis toujours d’avoir le monopole du football tunisien, et ce afin de contrôler le peuple et l’argent généré par les manifestations sportives. En effet, le gouvernement tunisien n’a toujours eu qu’un seul adversaire contre lequel il ne pouvait rien. Il ne s’agit ni des opposants politiques qui, lorsqu’ils de terrent en Tunisie sont entretenus avec largesse par ses hommes d’affaires, et sinon sont exilés. Il ne s’agit pas de l’UGTT qui, vitrine d’une opposition de façade, ne cherche que son intérêt propre. Il ne s’agit encore moins de cette société civile, financée à grand coup de donations zabaliennes. La seule force d’opposition, qui de manière hebdomadaire, a affronté dans un corps à corps, souvent létal, le régime policier, ce sont les amoureux du ballon rond. Appelés casseurs ou hooligans par la presse qui jusqu’à aujourd’hui reste teintée de mauve, tifosi par les médias frileux, ou figure de proue de la révolution tunisienne par des historiens comme Mickael Correia, qui, de son regard objectif a suivi les événements de décembre 2010 et janvier 2011, les supporters des diverses équipes du football tunisien, sont la bête noire de l’ordre établi, et c’est pour cela que Majdouline Cherni aboie à grand coup de huis clos. Cependant, ce que le gouvernement oublie c’est que si le sport est une arme politique, c’est avant tout une arme populaire qui n’appartient qu’au peuple. En effet, si les mouvements de contestation en Tunisie ont commencé en 2008 avec le bassin minier, la Révolution a réellement commencé le 8 avril 2010, lors des affrontements entre les supporters de l’Espérance et la police de Zaba. Ce soir là, au journal télévisé de 20h, le ministre de l’intérieur s’affiche en général déchu, rendant visite à ses troupes battues. « Le pays a compris que, s’il le souhaitait, il pouvait battre l’Etat policier qui avait été instauré » se confiera Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ultras de la Curva Sud. Le gouvernement s’entête. Et le 1er mai 2010, pour la première fois, de l’Histoire du championnat tunisien, le Derby tunisois opposant l’Espérance Sportive Tunisienne au Club africain en huis-clos. Les espris s’enflamment et en aout 2010, alors que les pseudos intellectuels tunisiens appelaient à la réélection de Ben Ali  pour 2014 une campagne de Tags effectuée par les zapatistes de l’Espérance sportive de Tunis, envahit les rues de Tunis. Les affrontements dans les rues entre supporters et forces de l’ordre se font de plus en plus violents, et le club africain , en septembre 2010 appelle ses fans à la révolution imminente, car comme ils le chanteront ils « n’oublieront jamais le derby en huis-clos, le message est trés clair, c’est les supporters qui commandent puisqu’ils ont de l’autorité dans […]

Les ultras, pionniers de la Révolution Tunisienne


En quoi réside notre devoir de citoyen, lorsqu’un jeune lycéen, supporter du club africain,  meurt en martyr , assassiné par la police, et ce dans un pays où cette même jeunesse a versé son sang pour une révolution que les ancêtres ont volée ? Avant d’avancer ici-même un semblant de réponse, replaçons nous dans le contexte.   Nous, jeunesse Tunisienne, nous sommes gouvernés par celui, qui alors que le corps encore chaud des martyrs jonchaient le sol, a nier publiquement l’existence des snippers et donc la Révolution même. Son Prédécesseur, Foued Mbazaa, a pourtant confirmé leur existence. La justice également a confirmé leur existence dans le rendu de jugement accusant Mohamed Sebti Ben Mesbeh Ben Mohamed Mabrouk, officier n°655, tireur d’élite de l’armée de terre.   Nous vivons dans un pays où ce même président a fait passer, en force et par sa seule décision, une loi de réconciliation nationale, offrant à nos bourreaux, à ceux qui ont volé le pays, violé nos soeurs et ruiné la Tunisie, une totale impunité.   Nous vivons dans un pays où la Loi n’a aucune valeur puisqu’elle est bafouée par un « Etat d’Urgence » permanent grâce auquel la Justice peut être établie selon les intêrets de nos dirigeants.   Nous vivons dans un pays où le tribunal militaire règne en maître absolu. Instance où seule l’opacité est Loi, elle enferme, isole et réduit au silence quiconque voudrait parler, allant jusqu’à fermer des pages facebook et arrêter des internautes.   Nous vivons dans un pays où la seule « instance » officiellement habilitée à nous donner un éclairage sur le passé, a été bâillonnée par un parlement corrompu.   Nous vivons dans un pays où ce même parlement, a feint d’écrire une constitution pour ensuite nous ôter le droit de nous exprimer ou de vivre libre. Nous vivons dans un pays où il n’y a pas de cour constitutionnelle, unique garant du droit.    Nous vivons dans un pays où, 7 ans après, la liste des martyrs n’est toujours pas officialisée.   Nous vivons dans un pays où le gouvernement paie des historiens pour effacer l’Histoire et la réécrire à son avantage.   Nous vivons dans un pays où le Tribunal administratif décide d’effacer l’Histoire en blanchissant les terroristes.   Nous vivons dans un pays où les assassinats politiques restent impunis et où les avocats sont réduits au silence.    Nous vivons dans un pays où Omar Laabidi a été sauvagement assassiné, noyé dans la vase et la boue, par une police d’Etat. A l’heure où ces mots se font parole, aucun ministre ni représentant du pouvoir en place n’a pris la peine, ne serait-ce que par respect aux morts et à leur famille, de prendre la parole et de nous accorder le respect qui nous est dû.    Nous vivons dans un pays où la ministre de la jeunesse et des sports, Majdouline Cherni, après avoir marchandé avec la mémoire de son frère, traite ceux qu’elle est sensé défendre de « terroristes ».    Nous vivons dans un pays où […]

Omar Laabidi a été assassiné, et nous maintenant, on fait ...




Alors que le corps de Omar Laabidi, North Vandals, ultra du Club Africain vient d’être mis en terre après avoir été assassiné par des policiers, TAKRIZ a souhaité s’entretenir avec les Ultras afin de leur offrir la possibilité de s’exprimer ouvertement. Depuis des années, les médias consensuels refusent de leur donner la parole, et les cantonnent au rang de voyous  et de casseurs sans foi ni loi. C’est loi d’être le cas, et Maître Ben Meftah, porte parole des Ultras de l’Espérance sportive de Tunis en est le contre-exemple. C’est avec toute la verve et le calme qui sied à sa profession qu’il a accepté de se confier à nous.    C’est la première fois que les ultras toute équipe confondue, acceptent de communiquer avec les médias, via un porte-parole. Comment expliquez-vous ce changement de stratégie ? Avant toute chose, je profite de l’occasion pour dénoncer le meurtre d’un jeune supporter clubiste samedi dernier suite à une poursuite policière,  et  pour exiger des sanctions exemplaires pour les fautifs. La curva sud présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt : « Que Dieu le tout puissant lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel paradis. » Quant à ce que vous appelez « changement de stratégie », après la révolution, les groupes sont passés par un passage à vide pour plusieurs raisons : huis clos, interdiction d’entrée aux stades, puis réduction du nombre des tickets, interdiction des déplacements . Tous ceci a engendré des moments de doutes et de vide. Un manque de confiance terrible s’est installée, petit à petit, au sein des groupes. A un moment donné la situation a dégénéré et il y a eu des affrontements quasi hebdomadaires dans les stades et parfois ailleurs entre les différents groupes d’ultras : Affrontements bien entendu retransmis en directe la plupart du temps. Ces affrontements ont été utilisés par le Ministère de l’intérieur et plusieurs autres intervenants afin de ternir l’image des groupes, ce qui a énormément nuit aux groupes. Par ailleurs, la Tunisie post-révolution s’est caractérisé d’une part par la faiblesse de l’Etat, de l’autre par l’absence de stratégie fiable. C’est pour cela que les forces de l’ordre de la Deuxième République ont choisi cette solution de facilité qui est de reprendre les anciennes méthodes répressives de la politique de Ben Ali contre les groupes d’Ultras : violence, arrestations arbitraires, interdictions d’entrée aux stades, humiliations…. Face à cette situation, les groupes ont fait leurs mea-culpa, ils se sont soudés et ont décidé de commencer une nouvelle ère. Afin de contrer la désinformation et de montrer leur vrai visage, un visage d’artistes et d’artisans, de militants voulant vivre leurs passion en toute Liberté, afin de balayer cette légende urbaine de criminels sauvages, dans une époque où le pouvoir appartient au média, ils ont décidé de communiquer avec eux.  Si j’ai été choisi, c’est que je suis un enfant du virage au sein duquel j’ai vécu durant toute ma jeunesse. J’ai leur confiance car je connais ce mouvement, et ils savent je le […]

Entretien avec Me Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ...


Sorti en salle hier dans l’Hexagone, Vent du Nord de Walid Mattar redonne à la Tunisie, ses lettres de prolétariat que tant ont bafouées pour quelques sollicitudes et les bonnes grâces du pouvoir en place. Dans un jeu de miroir au tain de mondialisation, le Réalisateur dresse ici le parcours de deux hommes, dont les destins sont liés par le même moyen de production et les mêmes ronds de cuir obsédés par le rentabilité et la productivité.  Vent du Nord, un docu-fiction ? Avec un taux de chômage et de pauvreté élevés, une espérance de vie moindre que dans la moyenne nationale française, les ouvriers des usines automobiles, les mettalos, ou autres manœuvres des Hauts de France sont les oubliés des politiques de relance frileusement ébauchées par les gouvernements successifs. Dés 2000, la situation de la région s’est fortement dégradée, et les revenus, avant redistribution, sont les plus faibles de France.  Chômage, maladies causées par l’exploitation des mines, pauvreté…un Redeyf à la française où le pauvre doit rester pauvre, l’exploité doit rester exploité et où il est interdit de rêver d’un avenir meilleur sous peine d’être violemment réprimé. Si le Réalisateur a choisi, comme cadre tunisien de sa fiction, la Banlieue sud de Tunis  afin de rendre un hommage à sa ville natale, c’est toute la classe populaire tunisienne qui est représentée ici. Ceux là même qui ont fait la Révolution, et qui restent, comble de l’ingratitude, les oubliés de ces néo-politiciens qui omettent, par péché d’orgueil, ceux grâce à qui ils peuvent s’exprimer aujourd’hui. Alors que le film, car c’est bien d’une fiction qu’il s’agit ici, offre au spectateur des prises de vues magnifiques, des dialogues empreints d’un humour certain, et une bande originale sublime composée par Malek Saied, cette impression de plongée en apnée dans la vie de ces oubliés sociaux donne à l’oeuvre une impression de docu-fiction où l’injustice et le système D tiennent les rôles principaux. Certaines séquences, souvent portées par une musique, nominée au festival international du film d’Aubagne, qui nourrit l’image de sa tragi-poésie, sont des photographies à part entière, qui apportent cette touche de Beau dans un environnement où l’recherche de l’esthétique cède la place à la survie. Le quotidien des « oubliés » « Le café de l’avenir » où Foued tue l’ennuie, et qui n’est pas sans rappeler « le café olympique » de Condamnation, fait écho au bar P.M.U. qui ponctue la vie d’Hérvé. Dans cette société de consommation, les loisirs se font rares pour ceux qui ne peuvent se les payer. Des feux d’artifices, une fête foraine occasionnelle ou le cabaret dans lequel on dépense, pour le plaisir des yeux, la moitié de son salaire, sont autant d’échappatoires de fortune dans une vie morose où l’enfant n’a d’autre choix que la play-station ou les balançoires vétustes, rouillées par l’air marin. Alors pour oublier on boit : le p’tit blanc ou le Koudia bon marché (qui reste pourtant trop cher), le mauvais mousseux ou la Celtia, partenaire des nuits solitaires. Heureusement les amis sont là. Ces amis […]

Vent du Nord : une fable libertaire sur la vie ...


La « Cité de la Culture », autrement appelée ramasse merdes pour collabo artistiques, ouvre ses portes , ou plutôt les ferme violemment à ceux qui osent créer en toute liberté.       Claudia Cardinal, native de Tunisie, ouvrira en grandes pompes, ce soir,  la cinémathèque où elle est à l’honneur  avec une rétrospective de « ses plus beaux films » lit-on sur l’affiche.  Alors que la Tunisie sort tout juste d’une polémique quant à la censure de « Call me by your name », pourtant oscarisé, TAKRIZ a été surpris d’apprendre que le film de MEHDI BEN ATTIA, « Le Fil », où la belle italienne joue le rôle de Sara, mère d’un jeune homosexuel marsois revenu au pays après le décès de son père, n’a pas été programmé.  Au lieu de cela « Chaîne d’or », court métrage réalisé sous la colonisation française, fera les belles heures  d’une soirée inaugurale durant laquelle la culture tunisienne tient sans doute à rendre honneur aux chaînes ( furent-elles d’or) qui la maintiennent sous le joug du politiquement correct.  La question se pose alors du pourquoi ? Pourquoi ce film, tunisien, récompensé aux USA, ne fait-il pas parti de la rétrospective dédiée à Claudia Cardinal ?  En 2010, Abir Bannani, qui y joue l’un des rôles féminins, confiait dans une interview  «Avant le tournage en Tunisie, le ministère de la Culture a mis une condition de ne pas projeter le film en Tunisie». Cette injonction est-elle encore d’actualité aujourd’hui, alors que la liberté d’expression est un droit constitutionnel ?  Lorsque Claudia Cardinal a été contactée par les organisateurs de ce non-événement, elle a spontanément évoqué « Le Fil » de MEHDI BEN ATTIA et a orienté ses interlocuteurs vers la production afin qu’ils se procurent une copie de l’oeuvre. L’enthousiasme initiale céda vite la place à l’homophobie de rigueur, et ce dés la lecture du synopsis. En effet, sitôt leurs petits minois pudibonds confrontés à la réalité filmée de l’homosexualité tunisienne, tous les prétextes étaient bons pour faire machine arrière : l’absence de projecteur 35 mm, un manque de communication, et même l’absence de lecteur Blu-Ray .   Au final, caché derrière le masque de la mauvaise foi , Hichem Ben Ammar fera imprimer le programme sans le film aux senteurs de pêché qui pourtant aurait fait écho au symbole phallique de l’architecture des lieux.  Mohamed Zine El Abidine, sinistre des affaires culturelles et Hichem Ben Ammar, directeur de la Ciné-australopithèque vont surement nous expliquer que « tous les films de l’actrice ne pouvaient être projetés » . Permettez-nous d’en douter et de penser que c’est uniquement le sujet, les scènes de baisers non simulés et les rapports physiques explicites qui privent le cinéma tunisien d’être à l’honneur ce soir, et de céder la place au cinéma colonial.   La cinémathèque est présentée par les médias comme  une institution permettant « de susciter la curiosité et l’intérêt des jeunes à l’égard des films de patrimoine, de collecter et conserver les copies et négatifs de films ». Il semble qu’il ait été omis de préciser que pour y rentrer, une tenue correct était exigée et que le […]

Ce soir, pas de STRING à la cinémathèque : tenue ...



Alors que tous les indicateurs sont au rouge, le peuple lui continue à sortir le drapeau blanc et son doigt bleu.  Il faudrait attendre les municipales, non, attendre 2019…mais sait-on de quoi demain sera fait ?  Les rapports se suivent et se ressemblent :  Le Droit de manifester piétiné  Des violences policières impunies  La Liberté de la Presse bafouée   Une économie à la dérive  L’indice démocratique qui recule   L’émancipation de la femme remise en cause  Refus de lutter contre la corruption L’impunité des Islamistes qui menacent à tout vent  Un Etat et une administration qui financent le terrorisme Des partis politiques qui refusent la transparence financière   Nos enfants meurent dans un fracas médiatique suivi d’un silence d’action, les médecins hospitaliers craquent, les cerveaux partent exercer à l’étranger et les plus démunis meurent en Méditerranée… Et nous, nous attendons pacifiquement que les choses passent, que le temps passe et qu’il corrige spontanément sans que nous n’ayons à bouger ce qui est. Qui est responsable de la situation actuelle ? Car il y a bien un responsable à tout cela ? Est-ce les politiciens corrompus qui ne servent que leur propre intérêt ? Est-ce les électeurs qui ont légitimé de par leur vote ces mêmes politiciens qu’aujourd’hui ils critiquent ? Ou est-ce ceux qui pensaient, influencé par une campagne médiatique sans précédent, qu’une Révolution pouvait être pacifique ?  La situation est trop grave pour que nous nous jetions respectivement la responsabilité : Nous sommes tous responsables, et nous continuons à l’être à travers notre passivité, notre acceptation et cette léthargie que nous tentons d’estomper à travers des statuts facebook.  Une seule question se pose aujourd’hui : Quel pays voulons nous laisser à nos enfants ?  La Rédaction        

EDITO 25.02.2018


  Nièce du grand avocat Maître Vergés, fille et petite fille de politiciens militants des droits de l’Hommes, Françoise Vergès a prêté sa plume à TAKRIZ pour nous expliquer en quoi et pourquoi l’insurrection est un droit qui fait de l’Homme un citoyen conscient. Soutien inconditionnel à la libération de Georges Abdallah, elle a sourit en voyant le Président Macron se faire alpaguer dans les rues de Tunis, et elle tenait, à travers ses mots, à soutenir ceux qui encore et toujours luttent… Chaque jour, à chaque moment, quelque part, une résistance s’élève contre les conséquences de la contre-révolution menée par des dirigeants corrompus, xénophobes ou racistes, par les multinationales, la finance, l’impérialisme et le capitalisme qui présente de nouveaux défis mais nous met aussi en face de choses « vieilles comme le monde ». En effet, si les peuples font face à ce qu’ils ont toujours connu – exploitation, dépossession, prédation, vol, viol – ils sont confrontés à une accélération produite par les nouveaux besoins du capitalisme, par la précarité et la vulnérabilité accrue des peuples du Sud à cause des politiques internationales, des guerres par proxy, du changement climatique, par l’extension de l’industrie du soin et des services qui réclament des femmes raciséés. Pour imaginer de nouvelles théories, il faut écrire une nouvelle histoire, a dit Cedric Robinson, auteur de Black Marxism. Ce que font peuples, minorités, femmes, depuis des siècles, ce qu’ont fait Aimé Césaire, Frantz Fanon, Amilcar Cabral, Angela Davis et des milliers de théoricien.nes, et tant de poètes, écrivains, cinéastes, musiciens. Je ne vais que proposer ici quelques points pour contribuer à cette vaste bibliothèque de la résistance. Au 16ème siècle, l’Europe divise le monde entre vies qui comptent et vies qui ne comptent pas, entre nature à protéger et nature à exploiter. Dans leur pays, les puissances européennes disciplinent peu à peu les forces sociales qui s’opposent à la privatisation des biens communs, au servage, à l’exploitation des enfants par une répression féroce et en leur proposant de devenir des européens dont la vie s’améliorera grâce à l’asservissement de peuples, la destruction de leurs cultures, villes, savoirs, grâce à des pratiques d’appropriation et des pratiques racistes. Avec la « découverte du Nouveau Monde », l’Europe invente une nature sans coût (notion proposée par le sociologue Jason Moore), qui se reproduirait naturellement à l’infini, qui serait là pour servir ses intérêts économiques.  L’humanité (en fait le monde européen) aurait reçu l’assurance que la nature lui a été donnée pour être à son service, et si des ressources s’épuisent, il suffit d’aller plus loin. Extraction minières, déforestation, destruction de villes, accompagnent cette entreprise. Contemporaine de cette nature sans coût À cette remarque de Moore, j’ajoute la notion de travail sans coût, et qui produit aussi l’assurance qu’une source d’une main d’œuvre est à disposition, sur laquelle le droit de mort s’exerce librement, et que cette source ne se tarira pas. Après le génocide des peuples qui habitaient les Amériques et Caraïbes, les Etats d’Europe se tournent vers le continent africain et en font […]

Le droit à l’insurrection de Françoise Vergès


En cette période électorale, le “devoir citoyen” d’aller voter se conjugue à toutes les sauces et à tous les statuts. Mais sait-on seulement ce que veut dire être citoyen ? Si on se contente de la définition donnée, être citoyen c’est avoir des devoirs et des droits au sein d’une citée donnée. Or depuis janvier 2011, on ne nous parle que de devoirs, ce que nous nous devons de faire pour aller vers un soutien inconditionnel à l’ordre imposé : celui d’aller voter pour légitimer le garant de ce dit-ordre, celui de s’engager dans le mieux-être du pays en agissant, souvent de manière bénévole, dans des actions “citoyennes” pour palier aux manquements du dit-ordre, ou celui de payer des impôts pour permettre à l’ordre de financer son assise sur le citoyen. Cercle vicieux de la soumission, premier pas d’une dictature démocratique où chacun tisse avec allégresse la corde qui lui lie les poignets, menottes faites d’exigences partagées devenues évidences, et contre lesquelles il devient impensable de lutter. Mais où est donc la clef de ces menottes ? Où sont donc nos droits de citoyens ? Où est notre droit à la santé ? Celui à l’éducation ou à l’information ? Où est notre droit à la transparence des dépenses publiques ? Notre droit au rassemblement, à la Culture ?Notre droit à une Justice équitable, notre droit d’être dans l’individualité qui est nôtre ? Sommes-nous contraints de n’être que citoyen dans le devoir d’épauler l’Ordre établi ? D’alimenter de notre soumission active ce que Rousseau appelait le “contrat social” imposé par nos politiques, d’appuyer l’intérêt général édité par Ennahdha et Nidaa, parce que ceux-ci sauraient mieux que nous-même quels sont nos besoins ? Celui qui, toujours selon Rousseau nous “oblige à être libre” ? Est-ce qu’être citoyen c’est se soumettre à la volonté du pouvoir en place, sous couvert d’un intérêt général qui ne serait en réalité que l’intérêt de l’Ordre ? Un intérêt qui leur serait « utile » comme l’était le vote qui a mené Sebsi à Carthage ? Non, car être citoyen c’est penser avant tout à l’intérêt collectif et non à celui du pouvoir qui est différent du nôtre. Être citoyen c’est informer et s’informer, car il ne peut y avoir de liberté sans conscience et que la conscience citoyenne se forge à coup de réflexion. Être citoyen c’est oser demander “pourquoi” et oser répondre “non” lorsque cela dessert intérêt général. C’est exiger que le travail pour lequel les élus sont payés soit orienté vers le mieux-être de tous ou, le cas échéant, imposer par n’importe quel moyen leur démission. Être citoyen c’est être le garant de la Démocratie à travers des actions et des plaidoyers, c’est pointer du doigt les dysfonctionnements du Pouvoir et, par n’importe quel moyen, pousser celui-ci à prendre le chemin pour lequel il a été mandaté. Être Citoyen c’est penser au collectif, car les besoins de l’autre aujourd’hui peuvent être les nôtres demain. Le Pouvoir établi est entre les mains d’Hommes non citoyens puisqu’ils […]

Qu’est-ce qu’être Citoyen ?



 Le monde des mortels a connu bien des horreurs. Tant de massacres engendrés par une espèce avide de pouvoir. Les frontières sont les preuves probantes et incontestables du mal qui a été fait, des plaies ouvertes imprégnées par le sang versé. Ce sang coule à flot à la surface de notre Terre Mère. Le petit peuple est toujours sacrifié afin d’asservir une poignée de dirigeants. En vérité, les masses sont volontairement gouvernées par des Etats voyous. Quant a l’Etat central qui occupe cette fraction de la planète, il outrage un président ni mort ni vivant. Un Etat militaire, qui au détriment du peuple, clame l’islam comme religion et bannit toute forme de liberté de pensée ou d’expression. Cependant, contre toute attente, il autorise le droit de culte qui peut-être reconnu ou non ! Cela va des humeurs de ce même Etat schizophrène, entièrement responsable du nivellement de tant de générations. En effet, ce système empêche toute forme de progression. Dans l’ambre, le combat continue au cœur de ce berceau qui maintient à flot nos vies souillées par des lois sordides, contradictoires et complètement  révoltantes. Des lois imposées à chaque citoyen et citoyenne qui n’ont aucun sou pour graisser la patte aux gros ventres qui ont usurpés ce territoire qu’ils nomment « Algérie ». Corruption, oppression et abus de pouvoir sont à l’ordre du jour sur cette partie du globe. L’Histoire des peuples Nord-africains a été ensevelie sous les débris d’une postérité raturée. Le dur  labeur de l’état vers une aliénation certaine, s’est peu à peu enraciné dans les entrailles de l’éducation des enfants de demain.     Nous évoluons discrètement sous cet air vicié. Contraints de s’identifier parfois, sans nulle hostilité manifestée. On se sent profondément terrien. Sans appartenance aucune. On existe, mais toutefois fragmenté. En agonie, face à la presque vie imposée dans un linceul de conformité. Pris au piège de nous-mêmes, où chaque concept, chaque notion à créer ou à inventer, émane de l’Homme pour l’Homme afin de dominer ou de libérer. Bien des penseurs nous ont fait vibrer et bien d’autre enrager. Des civilisations aux connaissances et aux croyances d’hier,  jusqu’aux conceptions de demain. Tant d’avancées nous ont ouverts les yeux et tant d’enseignements nous ont rendus absurdes. Si un pas vers l’avant se façonne, cent en arrière sont inéluctables pour servir l’intérêt d’une minorité impitoyable et sans pitié. Tout précepte, toute croyance, théorie ou concept ne sont que des notions qui étendent vers une appartenance quelconque. Une forme de cellule intellectuelle qui conserve notre cerveau dans un état fœtal « conscient dans l’inconscience ». La soif de domination de certain propulse d’autres sur une vague d’insurrection.     Depuis le début de l’Histoire de l’humanité, l’Homme a clairement démontré que notre espèce est le cancer qui range sa propre chair. À défaut de changement,  la nature reprendra ses droits. Car esclave de ses propres créations, il court vers sa propre destruction mais aussi, de milliers d’autres. L’urgence est universelle. La  révolution d’aujourd’hui est de RENAÎTRE, de mettre en place une  alternative toute a fait nouvelle, […]

Le cimetière des vivants, fédération anarchiste algérienne



  Avec son « mais foutez nous la paix quand même MERDE «  jeté à la figure d’un journaliste français en mars 2015,  lors de la visite de François Hollande, et son tristement célèbre  » barra rahazz » de novembre 2014, Béji Bey avait donné le ton : Les journalistes, moi je leur pisse à la raie ! Les scandales se suivent et se ressemblent, car personne n’a le droit de remettre en question le Bey de Carthage. Un choix s’offre alors aux organes de Presse : redevenir les courtisans qu’ils étaient ou se battre contre le despotisme du vieille acariâtre. Durant les mouvements sociaux de la première semaine de janvier, les deux clans se sont opposés : Les journalistes réprimés, arrêtés, harcelés comme en témoignent les communiqués des différentes ONG pour la liberté de la Presse Communiqué de la FNACC : « […] Michel Picard, correspondant français de RFI, qui couvrait la visite du président tunisien Béji Caïd Essebsi à Ettadhamen, à l’ouest de Tunis. Les policiers lui ont d’abord interdit de discuter avec les personnes rassemblées pour l’inauguration d’une maison des jeunes par Béji Caïd Essebsi. Le journaliste s’est donc éloigné pour mener à bien ses interviews. Un homme, refusant de décliner son identité, l’a saisi par le bras et l’a emmené près d’un véhicule de l’armée. Après avoir attendu 15 minutes sans obtenir aucune information, le journaliste a décidé de reprendre son travail. Plus tard, alors qu’il s’apprêtait à partir, une voiture de la Garde nationale l’a interpellé. Au poste, Michel Picard, dûment accrédité par l’Etat tunisien, a dû répondre à des questions concernant le fait qu’il était non accompagné. Si l’échange est resté courtois, le journaliste a dû signer un document en arabe, sans traduction officielle, avant d’être autorisé à partir [….] ». Communiqué de Reporter sans frontière  décrivant les pressions sur les journalistes et l’arrestation de Mathieu Galtier : « Ces violations de la liberté d’informer commises par des représentants des forces de l’ordre sont inadmissibles pour un état démocratique comme la Tunisie, déclare Yasmine Kacha, directrice du bureau Afrique du Nord de RSF. Les journalistes doivent pouvoir couvrir librement les manifestations qui ont lieu actuellement dans le pays. Nous appelons les autorités à ne pas entraver leur travail.” Communiqué d’Amnesty International Les sites dits « médiatiques » comme Tunisie Numérique qui s’est illustré par son instrumentalisation de l’information :   Sauf que voilà, les journalistes étrangers ( peut-être quelques journalistes tunisiens également) sont des journalistes professionnels, avec une déontologie, une éthique et avec internet la diffusion de l’information est telle, que le fait d’acheter la collaboration des médias numériques ne suffit plus au vieil homme de Carthage pour influencer l’opinion. Soit, reprenons les bonnes vieille méthodes de Ben Ali  !   1. On remet l’ATCE en place pour encadrer voire acheter les journalistes étrangers    2. On accuse le Presse étrangère de vouloir mettre le chaos dans le pays   3. On censure !   Alors oui, il y a eu une journée de la colère de la Presse en Tunisie suite aux agissements de Béji Bey et […]

La Presse en Tunisie, entre collabo et déporté difficile d’y ...



Parce que la Tunisie est au bord de la faillite. Parce que les tunisiens ne mangent plus à leur faim. Parce que le pays est gouverné par des séniles et des incompétents. Parce que la reconstruction du pays sera plus dure si on laisse faire. Pour toutes ces raisons , nous appelons à la désobéissance civile . La désobéissance, comme acte public non violent décidé en conscience, contre les lois imposées par le gouvernement tunisien s’impose aujourd’hui, nous appelons à une insurrection pacifique des consciences, c’est à dire la non soumission au modèle qui nous est imposé par un gouvernement bâtard composé d’obscurantistes et de pseudo progressistes. L’Histoire de la Tunisie est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Le Tunisien ne s’est jamais hissé au rang de citoyen. Au fond toujours les mêmes procédés, la même injustice sociale, le même régionalisme, les mêmes politiques économiques, et toujours les mêmes têtes au sommet de l’État. Nous voulons la dignité, comme l’a voulue notre première révolution,  c’est à dire la valeur publique qui doit lui être conférée par la République. Nous voulons la dignité et nous croyons son existence incompatible avec le pouvoir tunisien en place, qui s’est « réconcilié » avec nos bourreaux d’hier et les éternelles forces de l’obscurantisme.   Arrêtons de lutter contre toutes ces lois  qu’ils nous imposent, et dégageons les définitivement.   Le temps n’est plus à la parole mais à l’action.   Le pouvoir est entre nos mains, notre responsabilité citoyenne ne peut se limiter à mettre un bulletin dans l’urne, on ne peut laisser notre pays à la dérive, il faut agir avant qu’il ne soit trop tard : Qu’est ce qu’on attend ?    Waterman

Edito 14.01.2018


Je pense que je suis arrivée à un point de dégoût et de mépris envers ceux qui ne veulent toujours pas nous écouter et sont encore obstinés à nous écraser, que je n’ai plus mais alors là, plus du tout la moindre envie d’argumenter ou d’expliquer mes propos. Autrement dit, fhemetou wala yedekom ! C’est bon ! Basta ! On s’en fout royalement et on vous emmerde en long et en large ! Vous savez quoi ? Nous n’allons plus attendre vos soutiens ni vos  approbations ! Et vous savez quoi ? Crevez ! Ça sera mieux ! Et en silence aman ! Assez de chialer pour des bourdes dont vous êtes les premiers responsables !  Crevez ! Ça sera votre seul vrai sacrifice aux générations futures ! Je suis sérieuse rahou, nous ne voulons plus, mais plus jamais nous voudrions continuer à débattre avec vous, sourds, connards, têtus et trouillards. Oui vous qui nous avez gavés de  » La démocratie « ,  » La constitution »,  » La transition politique « ,  » Le gouvernement d’union nationale « ,  » le consensus mon cul « ,  » La réforme de l’intérieur « ,  » La résistance civique « .  Et quand on vous dit, ils vont nous enculer, vous répondez en balbutiant : Mais elle serait quoi l’alternative ?! Nous n’avons pas le choix ! Vous fermez les yeux et le coeur et vous vous obstinez à rester dans vos repères de perdants et de looser !  Eh bien, l’alternative est que je vous emmerde tous car vous n’allez, de toute façon, pas comprendre. Nous vous avons appelé à soutenir le peuple. Au lieu de ça, vous avez soutenu les partis politiques. Nous vous avons prié de maintenir la pression pour réformer la police, la justice, l’économie, l’éducation, l’environnement … par le terrain et le travail collectif. Vous avez préféré les cafés politiques enfermés à huit-clos à théoriser sur la révolution et à rédiger des manifestes politiques dont personne, à part vous, pourrait deviner l’utilité. Nous vous avons déclaré notre amour de la révolution ! Vous nous avez jeté les pierres de la transition politique ! On vous a tendu la main quand nous avons occupé le Bardo pour sauver ce qui reste à sauver. Vous nous avez tourné le dos sous prétexte de l’urgence vitale d’expulser les islamistes du pouvoir. Et vous avez fait quoi après ? Vous avez troqué notre révolution contre votre passé puant à l’image de vos idéaux moisis.   Nous vous avons pardonné ! Nous vous avons rappeler la Rue et les exigences de s’organiser autrement et sans hérarchie et individualisme. Vous vous êtes moqués de nous ! Vous nous avez traité de révolutionnistes et d’adolescents qui n’ont pas les pieds sur terre ! Et encore une fois, nous vous avons donné une leçon de discipline, d’horizontalité, d’engagement désintéressé et de dévouement infaillible aux revendications révolutionnaires ! #ManichMsamah en est le parfait exemple ! Et vous ? Qu’avez vous fait pour sauver la révolution? Bande de trouillards, de conservateurs, de dogmatiques, […]

#FechNestanew #Mkarza : le dernier coup de gueule !  


Les classes ont été stratifiées mais la lutte des classes n’est pas devenue archéologique. La finance a érigé la bourgeoisie en mur de l’apartheid face à ceux qui ne rentrent pas dans le rang : pauvres, marginaux, fous, immigrés, réfugiés, sans domiciles… En un mot, les Autres. Pour le bourgeois, deux tâches essentielles ont été assignées à la naissance et lui ont été ingurgitées par l’hypercapitalisme à travers le sein de la cellule familiale (qui n’est autre qu’une cellule cancéreuse pour les libertés individuelles).   1 – La tâche du colon. Les empires ont utilisé les européens pour coloniser l’Amérique en lieu et place de ses habitants originels les amérindiens. Les sionistes ont utilisé les juifs pour coloniser la Palestine en lieu et place de ses habitants originels les palestiniens. L’hypercapitalisme utilise la classe moyenne pour coloniser autant de territoires qu’elle peut en lieu et place de leurs habitants originels ceux qui ne rentrent pas dans le rang. C’est communément appelé gentrification. 2 – La tâche du vampire. Les bourgeois contre les aristocrates puis les bolcheviks contre les tsaristes. Mais l’hypercapitalisme est plus subtil, il invente un rempart à la colère populaire : la classe moyenne. Cet entre-deux classes qui suce jusqu’à la moelle la lutte des individus quand ils s’insurgent contre la finance qui les gouverne. C’est toujours communément appelé révolution. En réalité, c’est l’abolition de l’idée même de révolution dans les méandres d’une classe moyenne servile qui noie avant même son arrivée à la rive de l’hypercapitalisme, toute velléité contestataire.   Cette classe moyenne est tenue en laisse par le spectacle il est vrai mais pas seulement. Toute une organisation sociale sophistiquée fabrique des consommateurs dociles et aseptisés, des petits soldats involontaires et perpétuels. Cette organisation est dirigé par plusieurs corps de métiers d’autorité : soldats, policiers, juges, professeurs, psychiatres, urbanistes… Il n’y a pas que la prison qui soit une prison : les écoles, les asiles et les rues le sont tout autant. Ce sont là les avant-gardes du fascisme hypercapitaliste. L’individu est dés la naissance noyauté par le capitalisme à travers la cellule familiale (qui n’est autre qu’une cellule cancéreuse pour la liberté individuelle).   Sur quel mode opère l’aliéné de classe moyenne ? Sur l’accumulation. Multiplier ce qu’on peut autant qu’on peut de n’importe quelle manière qu’on peut. C’est la doctrine de base. Aucun sens au clonage biologique puisque les êtres humains sont devenus des clones sociaux. Car l’aliéné de classe moyenne est lui-même une accumulation du même pour la finance. La bourgeoisie est l’armée de réservistes de la finance mondiale. La révolution ne pourra s’accomplir que si elle s’attaque en tout premier lieu à la bourgeoisie locale, avant même la finance mondiale.   Le même sens dans la même rue dans la même pensée dans le même corps. Ordre des choses.   Rien ne peut se produire si ce qui se produit n’est pas comestible, c’est-à-dire commercialisable, par le Capital. Puis rejeté, c’est-à-dire déféqué, par le Capital sur la voie publique. Le masque de Guy Fawkes est la propriété […]

MANIFESTE DESTRUCTIVISTE




Tout commence sur un écran, le même qui est en face de vous actuellement et sur lequel vous êtes en train de lire ces lignes. Deux jeunes tunisiens, convaincus que leur pays est devenu libre et que l’on peut s’exprimer sans craindre le bâton, se questionnent, et laissent libre court à leurs pensées. Une caricature de trop, celle du prophète Mohamed, et tout bascule :  Plainte, harcèlement, condamnation, tortures, incarcération pour l’un et emprisonnement pour l’autre, le cauchemar se fait réalité dans une Tunisie muselée par une société où obscurantisme et l’intolérance se font lois. Aujourd’hui c’est l’exil, la solitude et le poids de traumas qu’ils ne pourrons jamais lester. Actuellement la Tunisie est dans une impasse, car personne n’ose proposer. Tout le monde se tait ou, au mieux, suit. On craint intérieurement de se faire railler sur les réseaux sociaux, on a peur que nos propos choquent et que l’on se fasse pointer du doigt comme un agitateur qui pourrait être accusé de « trouble à l’ordre public ». Car nos pensées sont publiques et les réseaux sociaux sont devenus ordre, rigidité et bienséance. Mais qu’est-ce que l’ordre public ? Juridiquement, cela signifie la « paix publique », or nous pouvons nous interroger quant au bienfondé de cette extension à  la pensée et l’expression de celle-ci. Est-ce que le seul fait de réfléchir peut porter préjudice à la quiétude imposée ? Ne sommes nous pas libre d’ébranler les postulats que nous imposent la société et déposer nos réflexions sur un profil qui nous appartient ? L’ordre public est-il l’euphémisme d’une morale puritaine ou celui d’une pensée unique ? Nous avons eu depuis 2011, de nombreux exemples de censures parées de légitimité : une censure populaire ( l’affaire Nadia El Fani, l’affaire Nesma et Persépolis, l’affaire radio Shams) et une censure étatique ( l’arrestation de Hamadi Khlifi ou celles de blogueurs appelant à la destitution du pouvoir en place ) et une auto-censure latente qui bride toutes création tant spirituelle qu’artistique. Jabeur Mejri a osé affirmer qu’il pensait différemment, il a osé croire que sa pensée lui appartenait et qu’il pouvait échanger sur son réseau social avec des personnes qui souhaitaient échanger sur un sujet aussi sensible que l’Islam et la croyance. Il a osé et en a payé le prix fort. TAKRIZ va, pour la première fois s’auto-censurer et se taire, pour le laisser parler :      

Liberté d’expression, arrestation et torture, témoignage de Jabeur Mejri


Avant toute chose, nous voulions remercier tous nos lecteurs et les amis de Takriz qui ont contribué anonymes ou pas au site. Nous leur souhaitons une très bonne année en espérant que le « takriz » diminuera, surtout chez les jeunes tunisiens.   C’est ainsi que nous avions commencé notre édito en décembre 2002, ainsi que nous l’avions commencé en décembre 2009… Nous voilà aujourd’hui en 2018, 20 ans se sont écoulés depuis que TAKRIZ a jeté sur la société, la politique et le net tunisien son premier pavé. Nous sommes en 2018, et le TYREX du net tunisien s’est une fois de plus réveillé sous les coups répétés de l’injustice et de l’oppression. Durant ces 20 années, nous avons vécu, tour à tour, 10 années de censures, 3 années de lutte acharnée qui ont mené vers le départ de Ben Ali, et vers ces 7 dernières années de désillusion. Dans une Tunisie, restée au temps du jurassique, nous avons connu la prison, la torture, l’espoir d’une Révolution aujourd’hui volée et d’un rêve de liberté confisqué par les dinosaures édentés de la politique. Mais nous nous réveillions pour crier notre étouffement ! En écrivant ces mots, j’ai une pensée pour mon compagnon de route, Foetus, qui, d’où il est, veille :  » Le Tyrex est de nouveau lâché, plus rien ne vas l’arrêter, tu verras, tu seras fier de nous ! Ceux de 98 sont là aussi, y’a Ptyx  et Corsai!re qui reprennent le navire. » J’ai également une pensée pour toi Zou. Oui, je sais, les tunisiens aiment à t’appeler « Ettounsi », mais pour moi, tu resteras « ZOU » à jamais. Paix à ton âme l’ami Zouhair, si TAKRIZ est encore vivant, c’est aussi pour toi, pour qu’à jamais tu restes ancré dans la mémoire des internautes, et dans le coeur des tiens. En écrivant ces mots, mes pensées s’envolent vers tant de choses: colère, tristesse, envie et rage…tout se bouscule. Je n’y arrive pas, c’est trop d’émotions pour moi. Alors je dirai juste : A Vous  A ceux qui sont morts A ceux qui veulent vivre A ceux qui espèrent A ceux qui crèvent A ceux qui rêvent     Waterman

Édito 20 ans



Ne tournons pas autour du pot : je suis contre la liberté d’expression. La liberté d’expression, ce n’est pas du tout dans nos traditions, c’est nul, ça fait de la peine et ça ne sert à rien. L’être humain vit beaucoup mieux sans. Depuis qu’on a inventé ce truc, les gens s’expriment sans cesse, à tort et à travers. Et pour quel profit ? Quel résultat ? Franchement, vous trouvez que la condition humaine s’est améliorée ? Depuis qu’on a le droit de parler, on a avancé en matière de connaissance de la Vérité ? Non, Michel Foucault l’a dit avant moi, à chaque fois que l’on emploie un mot, on trahit la chose qu’il désigne. La parole est douloureusement imprécise, vague, réductrice. À bas l’expression en toute liberté ! Vive le silence, et vive la parole contrainte, aliénée, opprimée. Au moins, avec cette parole là, on sait à quoi s’en tenir : elle est fausse et dangereuse, mais elle ne raconte pas partout qu’elle apportera son salut à l’humanité. Je distinguerais deux catégories de personnes à qui la liberté d’expression cause des torts considérables : d’une part, il y a ceux qui parlent, librement donc, sans réfléchir. Ils sont terribles, ceux-là. Vous les connaissez, ils disent n’importe quoi, sur n’importe quoi, et en général ça dure longtemps. En plus, depuis le début du Vingt et unième siècle, ils ont Facebook, Instagram et tout un tas de merveilles qui permet à leur expression libre de s’épanouir et de résonner au-delà du cercle de leurs intimes. Et puis, il y a ceux qui réfléchissent avant de s’exprimer. Ceux-là, qui sont sans doute minoritaires, sont encore pires. Ils passent leur vie à se demander ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. Toujours à l’écoute de leur voix intérieure, ils alimentent la machine à produire du blabla. Quelle perte de temps. Pourquoi les gens s’expriment-ils ? Pourquoi ne gardent-ils pas leurs impressions et leurs opinions pour eux ? Je sais que vous pensez que je plaisante, que je fais l’intéressant. Après tout, je fais des films, et en plus on dit que ce sont des films « d’expression personnelle ». J’ai réalisé Le Fil, qui est vraiment un film libre dans son expression. Et puis Je ne suis pas mort, pareil, et L’Amour des hommes, je ne vous parle même pas de la liberté d’expression qu’il y a dans L’Amour des hommes. C’est vrai. Je bats ma coulpe. La vérité, je vous l’avoue, c’est que je cherche à atteindre un idéal de cinéma sans aucune liberté dans l’expression, et je n’y parviens pas pour le moment. J’essaierai encore. Un jour, je le sais, j’arriverai à faire un film qui n’exprimera rien du tout. Ce jour-là, je crois, j’espère, je serai remarqué à Hollywood. Joyeux anniversaire à TAKRIZ qui a fait beaucoup pour la liberté d’expression en Tunisie ( en croyant bien faire, je crois). Mehdi Ben Attia  

Liberté d’expression par Mehdi Ben Attia


Que dire lorsque l’on a rien à dire ? Que cette question me tombe fatalement dessus à propos de cette Tunisie bien aimée dont je conte tant et tant de fois depuis notre première rencontre en 2010 non pas les mérites- ils vont de soi- mais les injustices –elles ne vont pas de soi- n’est pas la conséquence que trop de mots ont été dits. Non. Tout- ou presque- pourtant a été formulé depuis 7 ans maintenant. Des théories qui verraient la main de forces crypto-américaines occultes derrière la chère Révolution à ceux qui pourfendaient la Troïka comme responsable des maux de la Tunisie depuis au moins la fin du monde ottoman (« Non non je vous assure Ben Jaafar n’a pas participé aux accords de Sykes-Picot » « Qu’est-ce que vous en savez l’islamo-gauchiss- avec deux S- vous vous ne vous rendez pas cooompte – avec trois O- de ce qu’ILS –en majuscule- font ? »), mes oreilles ont dû faire un tri héroïque de ce qui remontait au cerveau. Les palmes de la mauvaise foi étant remportées de main de maître par certains depuis Paris, il ne faut voir dans ma phrase précédente aucune pique à l’adresse de certains des meilleurs esprits de la banlieue nord de Tunis. La densité du commentaire post-révolutionnaire atteignant la couche d’ozone par concentration de forces contraires dans un espace pourtant réduit, poser une caméra revenait à créer un espace de respiration, de réorganisation possible et momentanée de ma pensée dans les chutes d’un évènement . Et surtout déjà percevoir que la lutte serait une course à l’épuisement. Voilà, c’est cela n’avoir rien à dire : commencé à être rattrapé dans la course à l’épuisement. D’une pensée qui tente de réorganiser le trop-plein du présent en 2011, me voici devenu entretemps un œil qui cherche en 2017 chez ses contemporains en Tunisie ce qui s’est peu à peu, sans que je n’y prenne suffisamment garde, ré-enfouit. Un peu comme regarder un poste de télévision éteint sous un portrait de BCE alors que la rue gronde d’un silence bruyant, et me demander quand j’aurai l’envie d’aller ouvrir la fenêtre pour écouter ce qui se passe dehors. Alors voilà, il me faut maintenant poser ma caméra dehors, filmer ce que je ne vois pas, le présent. Et attendre que l’image de l’avenir s’y incarne, un peu à la manière d’une photo dans son bain révélateur, et dont chaque touche se dessine bien avant de se compléter. Bref, j’observe, mais aujourd’hui je n’ai rien à dire.

Que dire quand on n’a rien à dire ?


Certes, la révolution dite du jasmin nous a apporté des libertés, dont la liberté d’expression, les régimes dictatoriaux nous ayant muselé durant plus d’un demi-siècle. Un acquis inestimable, et espérons-le irréversible. Mais faut-il se contenter d’une liberté institutionnelle, purement formelle ? Non, sans hésitation. C’est maintenant dans nos têtes qu’il faut la faire, la révolution. La vraie liberté n’est pas un cadeau tombé du ciel, c’est le fruit d’un long travail sur soi-même, d’une conquête intérieure. C’est briser la gangue de fer du formatage des parents, de l’école, de la rue et des copains, dans lequel on nous a enfermé depuis l’enfance, nous délester du poids des conventions sociales qui nous a écrasé. Dynamiter les préjugés, les tabous et les interdits, dont on nous a ligotés. La vraie liberté, ce n’est pas déblatérer, pérorer, faire le paon sur les écrans de télévision, après être passé chez le coiffeur pour se faire faire un brushing. C’est arrêter d’applaudir à se peler la paume des mains et apprendre à s’indigner, à s’insurger et à clamer son désaccord. Apprendre à décrypter la langue de bois des discours officiels, à retourner les cartes diffusées par les médias – nationaux ou étrangers – pour découvrir ce qu’elles cachent. Ignorer la doxa et son cortège de morale préfabriquée ( ce que Nietzsche appelait la moraline ) et fabriquer sa propre morale avec ses valeurs intériorisées. La liberté est le combat de toute une vie, exigeant vigilance et ténacité. On ne naît pas homme ( ou femme ) libre, mais on peut le devenir. 30.12.2017 Ali Bécheur

La conquête par Ali Bécheur



Tous les hommes naissent libres, s’exclament les défenseurs des libertés, alors que les humains naissent tous avec un cordon ombilical qui a servi à les faire vivre dans le ventre d’une maman, leur apportant nourriture et oxygène. Briser cette dépendance se fait en coupant le cordon ombilical avec une pince spéciale. Un acte violent qui provoque chez l’enfant le premier traumatisme et le plonge dans un état de détresse et de stress… C’est peut-être la raison pour laquelle on n’a jamais vu, depuis la création de l’espèce humaine, un nouveau-né, rire et applaudir sa venue au monde. Bien au contraire, ils pleurent jusqu’au spasme du sanglot, hurlent de tout leur corps et crient ouaaaaan, ouéééééén, et ce langage commun veut tout simplement dire : Eh merde ! je débarque chez les bruts, les bêtes et les méchants… Après des mois où il a mené tranquillement une vie intra-utérine aquatique, la première violation de la liberté ne se fait pas attendre : On va empêcher par tous les moyens ce bébé de pleurer, de communiquer et d’exprimer au bout de ses larmes son indignation… Un bataillon formé de la mère, du père, des frères et sœurs s’il y’en a, des infirmières, de la mamy si elle est encore en vie, du papy du côté du père, des cousines, des copines, des voisines, de la nounou qui va se faire des sous, et je ne sais qui d’autres… Un bataillon avec des hommes et des femmes, grands, forts et féroces qui s’agitent, s’excitent et des fois s’insultent pour stopper les larmes du bébé et l’empêcher de crier. ـ أميّ علاش يبكي؟؟؟… ـ استناني ساعة لاهية في راجلك ما عرفش يهزّو … شعرة لا قسملوا كرومتو… البهيم يقعد طول عمرو بهيم وكي تكثر عليه البهامة يتحوّل لبgرة… قتلوا أذنّلوا في وذنو باش يطلع مالذريّة الصالحة… قالي أناهو مالآذانات… نعرف كان متاع « الصلاة خير لكم من النوم  » وقتها نبدا مروّح مالسهرية… وتخلط الحماة يديها فارغة… والنافسة ينـّgز عليها قطّوس نفاس… وتاكل بعضها… وأك المولود الجديد يمرمطوا فيه من يد ليد… دزّولوا البزّولة في فمّو… دوّشولوا…. نشّفولوا … لعّقوه وقمّطولوا صىرّتو كيما يقمّطوا البيبيات الكل…  مشطولوا شعرو على جنب كيما الصغار الكل… رشّوه بالقوارص متاع الصغار الكل… علّقولوا مسّاك فيه خمسة وحوتة وحطّوا تحت المخدّة حصن الحصين كيما يعملوا العربان الكل… لبّسوه حوايج بلا لون… لا جوهري لا غبرة على خاطروا في كرش اموا كل ما تعمل écho يغطّي أعضاؤو التناسلية … كان يحبّ يطلع ما يشبّه لحتى حدّ وحتى شيّ…  كان يحبّ يطلع حرّ… فهم نهارتها إلّي الحريّة صعيبة وبحرها غارق وسومها غالي … يعطيوك إسم… وإنت ساكت… تكره مطعم الحليب… تشرب وإنت ساكت… ريحة القوارص تجيبلك الردّان… يفوّحولك وإنت ساكت… يلبّسوك على كيفهم… وإنت ساكت… يعطيوك ورقة وأقلام زيّانة ويقولولك صوّر … تخربش الورقة وإنت ساكت… وتكبر… وتقول توّه انّجم نبكي… تحشم بدموعك… نستنى حتى تسكّر على روحك بيت… وتبكي في الظلام… وإنت ساكت وتفرعن… وتولّي عندك راي وعندك موقف… يطرّد الليل النهار…وإنت ساكت ويمشي في بالك إلّي الحرية انّك تكون خارج زنزانة… غرفة توقيف… خارج السرب… السّيستام… خارج La pensée savante, intelligente, les règles, […]

L i b e r t é … Ce mensonge ...


Plus que jamais, le temps des raves est arrivé. La musique est résistance.  Résistance par le son.  Résistance à la médiocrité.  Résistance a la mort.  Par les fréquences que nous délivrons, nous artistes électroniques, nous bouleversons l’ordre établi de la morosité ambiante et de la léthargie stagnante. Nous avons un devoir de proposer une réponse a cela. Ceci est notre responsabilité.  Les vibrations sonores que nous proférons à l’audience sont notre arme et notre ode a la vie. Nous propageons nos sons pour que les gens dansent, pour qu’ils se sentent vivants. La danse c’est la vie et nous sommes les maitres de cérémonies.  C’est notre droit humain de faire écouter nos musiques et de les partager autour de nous. Nos fréquences sont notre réponse a ce monde et a ce pays que nous aimons. Notre pays, notre patrie, nos terres et nos espaces publics. L’espace public nous appartient. c’est notre droit citoyen et il est de notre responsabilité et devoir d’y propager nos fréquences qu’on passe tant de temps à sculpter et a choisir afin que l’audience en jouisse. Stop à la médiocrité des ondes commerciales. Stop à l’assujettissement à la publicité, au chiffre d’affaires et au taux d’audiences faites sur la médiocrité. Créons une révolution sonore sans attendre qu’elle nous soit autorisée. A nous de la prendre.  Il en va de notre dignité.  Il en va de notre existence. Créez des Raves.  Créez des lieux de fête.  Créez des espaces.  Créez des Raves. Rave ! The Soundboy TAKRIZ

Rave people, rave !


Je suis énervé J’ai perdu mon arme Ma camera de poing Le jour où j’ai rejoint Par mes poèmes sans point Les 20 ans des révoltés Est-ce juste un hasard Ou bien le prix d’être fêtard Vivre le noir et agiter tard Big Brother n’a pas de répit Et il ne fait pas dans l’oubli Plus rien à perdre Ramassons nos histoires L’Utopie reste le seul chemin !     MACH 26.12.2017

Les 20 ans des révoltés par Mahmoud Chalbi



Ghazi Beji et Jabeur Mejri, ont été accusés le 5 mars 2012 d’ «atteinte à l’ordre public », «transgression à la morale» et «apport de préjudice à un tiers». Tout deux ont été condamnés à 7 ans et six mois de prison et 1200 dinars d’amende. Tout cela pourquoi ? pour avoir partagé leurs idées sur Facebook. Athéisme, critique de l’Islam, ces deux jeunes ont vu leur vie basculer pour avoir osé croire que la Tunisie post 14 janvier était la Tunisie de la liberté retrouvée. Si Jabeur s’est fait arrêter et a purgé sa peine (quoique gracié), Ghazi lui, a été jugé par contumace. Il est parvenu à fuir la nouvelle dictature Tunisienne, devenu le premier réfugié politique de la Révolution du Jasmin vite fané. TAKRIZ a souhaité laisser à Ghazi une tribune libre sur son magazine, et en c’est 20 ans de lutte pour liberté de la parole et de la pensée. Après 23 ans de censure, voilà le 14 janvier 2011 la chute du régime. Tout à commencé après la révolution du jasmin, le vent de la liberté souffle . Cela faisait 4 ans à l’époque que j’étais au chômage et j’avais espoir que la révolution nous apporte du travail et plus de liberté ! Mais voilà, à la fin de l’année 2011, les barbes commencent à pousser comme des champignons et les discours des intégristes religieux se multiplient : la révolution du travail et de la Liberté est récupérée par les Frères Musulmans, financés par l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite. Dés début 2012 je commence à recevoir des  menaces de mort à cause d’un livre que j’ai écrit «  l’illusion de l’islam ». Le 5 mars 2012 mon ami, athée, Jabeur Mejri est arrêté à Mahdia pour athéisme.3 Jours plus tard, sous les menaces salafistes et activement recherché par la police, j’étais obligé de quitter la Tunisie vers l’inconnu à la recherche de cette Liberté que je n’ai pas trouvé dans mon pays d’origine. Je n’ai pas envie de revenir sur mon exil : des mois de marche à travers plusieurs pays du d’Afrique du Nord aux Balkans, des nuits passées dans les forêts et les montagnes serbes. J’ai traversé 11 pays avant d’arriver en France : Tunisie – Libye – Algérie -Turquie – Grèce – Macédoine – Serbie – Roumanie – Hongrie – Autriche – Suisse – France. Des bombes en Libye, jusqu’à la famine en Europe de l’Est, j’ai tout connu, à ce à cause de ce que j’ai pu écrire ou dire. Liberté vous me dites ? De quelle liberté s’agit-il ? Ce n’est que que grâce aux aides financières de ma famille et des militants j’ai pu croiser que j’ai survécu. Je profite du fait que TAKRIZ m’offre c’est espace de liberté pour m’exprimer et les remercier un à un : – Ma famille – Tewfik Allal et Brigitte Bardet Allal / Fethi Benslama (Manifeste de la liberté) – Feu Abdelwaheb Meddeb ( Radio France culture) – Mouheddine Cherbib (FTCR […]

Témoignage : Ghazi Beji, réfugié politique en France pour avoir ...


    "Je suis donc par principe heureux d'apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l'heure actuelle, est trop peu présent sur la place.   Je suis attaché à la liberté de penser et de s’exprimer. Même si j’avais des réserves quant au contenu de certaines paroles, j’applaudis toujours à leur présence, pour autant qu’elles soient sincères et favorables à la révolution; Je suis donc par principe heureux d’apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l’heure actuelle, est trop peu présent sur la place. Vous exprimerez sans doute des positions avec lesquelles je ne serai pas toujours d’accord. Mais, comme j’ai eu l’occasion de le dire, je serai toujours avec la liberté d’expression et de débat, contre toutes les limitations qu’on voudra y mettre . Je renouvelle donc mon souhait de longue vie à votre site, le suivrai avec intérêt, et, si cela se présente, je n’hésiterais pas à y apporter des contributions, en vous autorisant par avance à reproduire tout ou une partie de se que j’ai pu publier ou de ce que je pourrais produire dans l’avenir. Gilbert Naccache

Gilbert Naccache pour Takriz


Le journaliste et grand opposant à Ben Ali, Taoufik Ben Brik est un ami de longue date de TAKRIZ. Il est contre cette campagne de diabolisation de ce groupe qu’il considère comme l’un des derniers contre pouvoir, aujourd’hui, en Tunisie, si ce n’est le seul, à l’heure où tout le monde « a fait allégeance » au pouvoir en place. « Ce sont des jeunes qui militent pour la liberté d’expression et qui refusent l’injustice. S’ils usent parfois de violence, c’est pour répondre à celle plus importante dont fait usage la police et derrière elle le système ». Il ajoute qu’il a connu des membres de TAKRIZ quand il était déjà à Paris, qui sont venus lui rendre visite à l’époque de Ben Ali. Il est resté en contact depuis, avec eux. « Ce sont mes amis les plus proches » déclare-t-il, en poursuivant  » ce sont les seuls à dire non à tous les abus ». Qu’on arrête alors de les dénigrer ! »  

Coup de Gueule de TBB en soutien à Takriz