Poésie


Quelques heures après l’attentat qui a secoué le centre ville de Tunis, un appel sur les réseaux sociaux  invitait les artistes à envahir l’avenue Habib Bourguiba, comme pour montrer que la vie continuait et que jamais la terreur, tant souhaitée, ne s’installerait sur ce qui fût, un certain 14 janvier, l’avenue d’un peuple épris de Liberté. Loin du discours défaitiste et fataliste du Chef de l’Etat qui martèlera son impuissance face un un terrorisme qui, il l’espère, ne fera pas disparaître la Tunisie, la jeune plasticienne Nadya Zarrougui répond à l’appel et organise un événement devant le théâtre municipal le 30 octobre à 18h, y conviant artistes et âmes libres au cri de  « FAITES LA RUE ! »   « Parce que tous les événements ont été récupérés par les politiciens, place aux libres !  Les bombes sont faites pour tagguer sur les murs le cri de notre Liberté et non pour semer la mort et la terreur.  Les artistes sont les seuls qui peuvent lutter contre l’obscurantisme ! A coup de pinceau, à coup de mots ! A pas de danse combattre les pas de bottes ! Occupez les rues, occupez Habib Bourguiba demain. Chantez, dansez, riez : vivez comme vous l’avez toujours fait : VIVEZ LIBRES ! Venez avec vos notes, vos mots et vos couleurs !  Mais venez ! »  Il n’en fallait pas plus pour que plus de 1000 artistes répondent présents à cette appel du coeur qui veut battre et se battre contre l’obscurantisme. Appelée à déclamer des poèmes d’Aimé Césaire, Saadia Mosbah, icône de la lutte contre le racisme en Tunisie, répond immédiatement présent :  « Je crierai son prénom mille et une fois… Aimé… Aimez… Aimer et je conjuguerai le verbe à tous les temps… et j’y ajouterai un autre temps … L’infini… » nous dit-elle, déterminée.  Alors que l’ensemble des commerces de l’avenue Habib Bourguiba ferment, la Librairie el Kitab décide de rester ouverte « nos portes resteront toujours ouvertes malgré tout, nous ne nous laissons pas faire facilement. Stand up for tunisia » . Un symbole de résistance dans cette lutte continue de la raison contre la folie meurtrière, ou le désespoir, qui pousse l’Homme à vouloir tuer d’autres Hommes.  La Résistance par l’Art, pour faire exploser les consciences comme l’a symbolisé l’artiste Mounir Fatmi avec son oeuvre représentant une jeune femme portant une ceinture de livres, prête à faire sauter les carcans culturels dans lesquels on voudrait nous enfermer.  « A l’image de la Tunisie, les JCC, lieu de liberté et de résistance ne plieront pas devant les porteurs de projets obscurantistes et fidèles à leurs convictions continueront à clamer haut et fort que seule la culture est un rempart infranchissable contre l’ignorance et les entreprises mortifères.  Le terrorisme aujourd’hui est un phénomène global et malheureusement personne n’est à l’abri » affirme Néjib Ayed (directeur des JCC) dans un communiqué,  » le festival aura lieu et célébrera les valeurs de tolérance, d’ouverture et de la vie face au nihilisme » suivi du hashtag #nopasaran, « ils ne passeront pas », slogan des républicain en lutte contre les nationalistes franquistes.     Car non, […]

Artistes, faites la rue ! le 30 octobre 18h


Parce que de tout temps, la Poésie engagée a été une arme d’instruction massive, elle a marqué aux vers rouges les périodes sombres de l’Histoire.  De Serge Pey, soutenant la révolte des indiens du Chiapas, à Pablo Neruda, en passant par Aimé Césaire ou Abdelatif Laabidi, les poètes engagés sont des soldats de la rime qui meurent pour certains sur le champs d’une bataille littéraire où chaque mot est un coup porté à l’ordre que l’on veut établi. Comme le disait Sartre dans Qu’est-ce que la littérature, écrire, « c’est se jeter dans la bataille ».       Loin des flonflons de la Cité de la culture, tapis dans le maquis du centre culturel « inspiration plus » de Sousse, Mohamed Bedoui, Taoufik Baba, Fredj Ben Nasr et Othman Baba résistent en déclamant leur patriotisme à la lueur de l’espoir d’une révolution permanente, celle de l’art engagé. Une rencontre littéraire à ne pas rater samedi 27 octobre à Sousse, durant laquelle le patriotisme de Frej Ben Nasr résonnera comme autant de « dégage » dans une Tunisie gangrenée par l’opportunisme et le carriérisme ambiant : حب الخضراء يجمعنا «  كوصايا الوالد للولد قسما بترابك يا وطني بسماءك هلت بالبرد سنطهر أرضك من دنس ونصون العين من الرمد ونرد الكيد على فئة فيزولوا جفاء كالزبد وتظل عصيا ونغني   « نحن العشاق الى الابد   Il n’y a plus de Patrie, juste des partis qui se partagent une nation écartelée entre l’obscurantisme et une débauche importée. On ne lit plus, on like, on ne peint plus, on poste, sur les réseaux sociaux des images éphémères qui se meurent  sur un fil d’actualité qui s’égraine comme le sable de la mémoire collective. Où sont les artistes, les intellectuels, les penseurs, les tribuns ? Où sont les plumes, les pinceaux ? Où est l’art engagé ? Où est l’art qui crie, décrit et écrit les pages de l’Histoire ? Taoufiq Baba :   بلاد شباب يريد كرامة «  و خبزا دون أن تمدّ له الأيادي شباب مشى طويلا على الأقدام يجمّع أصواتا تردّد وتنادي ارحل ارحل و دعنا وحدنا نقاوم جيوب الفساد رحل من أرادوه يرحل وعاد الينا من كان في الإبعاد جاء يركب الأحداث يدّعي الإصلاح والصّلاح يعتلي الكراسي و المناصب يشتري الأصوات دون مزاد يوظّف من لا يستحقّ وظيفا و يهدر أموالا دون تعداد  « آه و آه يابلادي بلادي   Une révolution culturelle est nécessaire dans un pays où les repères sont devenus ceux au sein desquels les bandits de la Républiques se terrent et brûlent notre terre. Cette Révolution, Othman Baba y croit, dans La nuit ne sera pas longue, allégorie de l’obscurantisme dans lequel la Tunisie est plongée. De sa plume naît la lumière et l’espoir : « Ce pays, le mien, le notre Étendue immense de cris, De colère, De courroux et de désarroi On le refera ! » « Nos mots sont des lances… L’essentiel c’est de ne jamais baisser les bras » nous confie-t-il… La lutte continue ! La Rédaction

Poésie et Résistance !


قبل ما تبدى تقرى القصيدة زيد نقطة على اخر كل حرف و احسب روحك جاي من وراء البلايك من منطقة قاحلة و انتي قارح و اتخيل روحك تجاوب في عبد الرحمان الكافي وزبوبيتو و انتي تحكيلو على    وضع تونس اليوم :بعد نفيس باهي من شيشتي  انقول عليت في المخروقة   ماشروش الازرق قعدونا فوقا حبار غالي عليهم   و انتخاباتهم كي العادة مسروقا باش تربح النهضة و النداء    و الشعب يقطع عروقا قعدهم بن علي على الكوكا اليوم يقعدوا على البوقا من غير ما تحشيه في الحبار احشيه في الغقوقا خليهم يمشوا ينيكو بأحزابهم كل واحد ليه صندوقا نحبوا بترولنا و ضونا  و غازنا و ملحنا و محروقا لا تجيبها انتخابات و برلمان و لامشروع مرزوقا و لا البسكلات و لا خراك طرطور انشقت شقوقا ولا الجعبة و لا الوطد قعدت كان تقطع في طروقا و لا الخرخاري و لا النواب نساوين لساناتها مطلوقا هاي جابتلكم وثايق خيرلك تمسحي بيهم المخروقا لا تنفخيلي كرارزي و لا كرارز الي فدو خلوقا   نضرب بالكف و الشلبوق والصرفاق و الصرفوقا و مانفهم كان ثورة و زنوس مايلة كلها مشنوقا لانحاسب سارق و لا نديرلا  محكمة تحميلا حقوقا نصلبا و نشرب من دما ولحما ناكلا  و نذوقا علي عملتو في بلادي وشبابها و عمر مات مغروقا روحا طلعت في واد بالغرم بوليس وراه لحوقا قالولا تعلم عوم و يصارع في الموت شهادتا منطوقا يا قاتل الروح وين تروح جريمتك موثقا موثوقا اصحابي مكشخين انيابهم و مانحب كان عتوقا تفاهمنا على الماتراك في غقوقكم مرشوقا  اما الي حرق و هج و بعد غربة جبدا شوقا لبلادفيها قحاب تحب تورث و موبنة صرامها مفلوقا نقولا اقعد في بلاد الرومي خيرلك من رجيم معتوقا اشكون هالميبون الي يفتي في بلادكم بفسوقا زيتونة ولت بطيخ و هالمفتي لبسوه بخنوقا جيبولا عصبة سيدا الشيخ و الباجي و هيدوقا نهضة و نداء في دارهم الكبيرة قحابهم  مطلوقا بسيس و بن تيشة و قراش الكل ترمها مرتوقا ماعاد عندي وسع بال باش انكمل حكاية الزروقا تكريز تركن سكن في ريوسنا المغلقة مغلوقا و نفوس ضايقة من وضعكم المنيك مخنوقا حرية و كرامة و التشغيل استحقاق كلمات منطوقا لشعب ناسي  منيك ماشي لانتخابات بثورتنا مسبوقا La rédaction

الزبوبية الزرقة




 » Au combat de chaque tunisienne et de chaque tunisien à vivre dans un pays libéré des ténèbres de l’obscurantisme et des griffes des suceurs de sang. » Othman BABA Enterre ta colère sous mes paupières Lourdes de rêves et de sommeil, Enfouis tes cris aux creux de mes mains Tendues vers demain, Tendues vers l’oubli Et que danse sur le seuil de ma nuit Ton courroux légitime qui agite tes reliefs Et soulève tes vallons. Mon corps d’enfant vieilli avant l’âge trouve refuge Dans les soubresauts De ta poitrine que soulèvent les vents Porteurs de mauvaises nouvelles. A l’aube, ta danse deviendra cavalcade Et tes cris hurlements. Ton souffle chaud et assoiffé embrasera le firmament. Le soleil naissant sera le messager  de ceux qui ont perdu la voix De ceux qui ne trouvent pas la voie De ceux qui ici et là-bas Bousculent les certitudes Piétinent les tabous Et abhorrent la mauvaise foi Ma tête est assez large pour abriter Le silence, le vacarme la vie et le trépas Ma tête est assez large pour concevoir un pays   Où tarissent les larmes Où s’éclipsent les peurs Où fuse la joie Et renaît l’espoir. Ce pays, le mien, le notre Étendue immense de cris, De colère, De courroux et de désarroi On le refera !   Othman Baba , Peinte et poète à qui l’on doit notamment « Peut-être » aux éditions Badaoui, mêle plume et pinceau pour donner sa vision du monde.

La nuit ne sera pas longue, de Othman Baba