révolution


Alors que les éventements de décembre 2010 et janvier 2011 semblent, par un processus contre-révolutionnaire savamment orchestré, avoir été effacés de la mémoire collective tunisienne, le groupe lyonnais  KUNTA met à l’honneur les mouvements contestataires qui ont redonné, l’espace d’un instant, sa dignité à la Tunisie et à l’Egypte.  C’est à travers son tire AOLAD, qui évoque  les 7 ans du conflit syrien perdurant à ce jour, et étouffant le rire des enfants de Damas, de Homs ou de Raqqa, que le groupe fera un clin d’œil à  la véritable Révolution tunisienne, celle qui fût assassinée le 14 janvier 2011.   En effet, c’est sur des images tournées en Tunisie, mais également en Egypte et au Liban que la chanteuse d’origine syrienne, Climène Zarkan, pose sa voix sur une musique hip-hop où se mêlent cuivres (Nans et Léo) et groove éthiopien. Un son ethnique mais surtout éthique qui rappelle que l’Art, et ici la musique, se doit avant tout d’être engagé. Dans face à face avec les paroles en langue arabe, Yovan, le leader du groupe, accompagné par Thomas à la batterie et Colin à la basse, assène un flow incisif  à travers lequel il porte un regard critique sur son époque et sur les enjeux internationaux qui font fi des populations civiles.   Cette volonté d’éveiller les consciences est présente dans le titre AOLAD, mais également dans les autres titres de l’album (dont la date de sortie est prévue pour le 2 novembre). Le pillage des ressources naturelles de l’Afrique, le post colonialisme occidental et le capitalisme sauvage sont autant de sujet traités avec maestria par KUNTA. Des sujet qui ne sont pas sans rappeler les problématiques inhérentes à la Tunisie post 14 janvier : concessions pétrolières illégalement exploitées, ingérence du FMI et de la BCE dans les politiques budgétaires ou vente des institutions publiques aux investisseurs étrangers.   Le clip est réalisé par le talentueux Ghazi Frini , le prodige tunisien du Vjing, qui nous le décrira comme « un hommage à la jeunesse en mouvement, aux mouvements contestataires, à l’étincelle qui est partie de la Tunisie pour se propager partout dans le monde » avant d’ajouter « la dignité est un droit, continuons le combat !  » Ce combat perpétuel pour la Dignité humaine et pour la recherche de Liberté, Ghazi Frini en fait son quotidien. Il a, entre autre animé, un atelier à la maison d’arrêt de Lyon Corbas (2012) où il a repris avec les personnes incarcérées  « Je ne suis l’ombre de personne », performance qu’il avait initialement proposée à Tunis quelques années auparavant.   « Ce n’est pas parce qu’on est en prison qu’on est privé de libertés, et ce n’est pas parce qu’on est dans le civil qu’on est forcément libre » expliquera Ghazi Frini sur les ondes de Radio Nova. La liberté est un état d’esprit, un acte de résistance permanent face au diktat de la pensée unique et de la centralisation de la culture.  C’est cet acte de résistance que  KUNTA incarne, comme un battement de cœur qui bat et qui se bat. […]

La Révolution Tunisienne à l’honneur dans un clip de KUNTA


أخيرا طل علينا الباجي بطلتو المعهودة امثال و اشعار وصحة رقعة مشهودة حكالنا كي العروي على جريدة و عصفور و عركتو مع رشودة  وقال أنو الشاهد قلب الفيستة و عمل بالمتسلفة مردودة تلوح في حجر النهضة و سرق للنداء نوابها القرودة يلوج على شرعية في برلمان عذريتو مفقودة يظهرلي حب يأكد انو النظام البرلماني لعبة مقدودة  خلاتو رئيس منتخب بصلاحيات محدودة لا ينجم ينحي الوزير الأول و لا يورث و لا فترتو ممدودة سألوه على الحلول باش تخرج تونس من هالطريق المسدودة قاللهم كي يطير الشاهد يطير ولدي و تولي الحلول وقتها  موجودة و كان على التوافق اليوم مبادرة مجبودة اليوم البلاد طاحت طيحة سوداء هذا ملخص حديث رئيسكم البوال حمر كي التفاح خدودة بعد ما هزكم للحلقوم الي تناكت فيه صيودة اليوم وضع منيك بلاد باركة الواحد بيعوه في جرودة  قريب يحبسو الشهاري و ما هي الا أيامات معدودة هذا حال شعب هو السبب في الحشية المرفودة ماكم انتخبتوه هاني شامت و كلمتي مقصودة نطلب من ربي يزيدكم طوفان و يمسحكم من وجودا هلكتو البلاد و خليتوا شبابها يتجاوز خلسة الحدودا و اليوم كي فقتوا  وليتوا تزعوكو و نفوسكم مغدودة. باهي نرجع بالتوالي للسنين الخوالي كي قلنا راهي النهضة لاعبتها بوهالي  ما تحبش على الرئاسة اما تجيها من تالي تعين المرزوقي و تحطلو الجبالي تتصالح مع الازلام و تعين المعتمد و الوالي و تقدم و توخر و تقول مانيش حزب اسلامي على خاطر تحب تتغلغل في  الدولة ووضعها البالي و من بعد رشحت الباجي الي ساندها من الأول حطتوا رئيس و خلاتو على جماعتو يتبول و تشقق النداء الى حزب موالي للنهضة تحول و زاد خرجولهم الامارات الي كانت تمول اتفرقع النداء ودفع ضريبة التوافق حتى وزيرهم الاول طلع اكبر منافق  طامع في الرئاسة و النهضة فيه توافق ديما من تالي وكل رئيس فيه ترافق, الكلو من الاسلام و الدين و ربي ومحمد,  الي خلاكم اتبعو في الشيخ بمخ امجمد, كي تنتخبوهم  في بالكم الحسنات ابدات تتلمد, يعطيكم و الله بعصبة في جهنم كلها  تتمرمد, عيشة مع الكفارا تقدم رفاهة بلا دين خير منكم, في أسفل السافلين  بالدين و بربكم وبزك امكم, زعمة المشكلة وين في دينكم و الا في تمخوير ترمكم ؟  قال و قيل قال يعن زبور ام الي جاب حديث رسلكم, لا قريتو الكتاب اما سمعتو كان المفتي و شيوخكم,  هلكتو البلاد دواكم كان طوفان قوي الكل يهزكم, افرحوا بالشهادة وانشاء الله ربكم يغرقكم كلكم, نعاودوا نبنيوا تونس و من جنتكم تفرجوا و موتو بغيظكم. اليوم هاكم جربتوا الدين , و شبعتوا بالخيرات و الفيضانات اجمعين, و زدتو رديتونا الكل مسلمين, ماعدا انا و بعض المشركين من المكرزين , و الدينار قريب يوصل اسفل السافلين , مالا نقولو امين ؟ نحب نفهم علاش الي يتبعوا في النهضة لها الدرجة منيكين ؟ اش عملتو بيه اسلامكم و تدخيل السلطة في الدين ؟ النهضة تحب على السلطة و ما عندهاش اقتصاديين ؟ علمائهم بزعامة شيخهم يعرفو كان يطبقوا خطط الانقلابيين , لا عندهم رؤيا واضحة لا مبادئ و في الاخر حتى مع المثليين ؟ ما هذا يا زبي  الى فين ماشين؟موش كان ولينا كلنا أيتام فرانسا رانا كلنا متزبرين ؟ الطوفان بعثو ربي لتونس باش الامور الكل تبان […]

كيفاش الباجي حشاهولكم للجواجي


La mort de Slim Bagga a divisé les internautes entre ceux qui ont la mémoire courte, refusant de voir la vérité en face et ceux qui, forts des faits, sont traités de complotistes. Depuis 2011, règlements de compte et mises au silence forcé se succèdent dans une Tunisie sans foi ni loi, où règnent les clans. Ces morts, plus suspectes les unes que les autres jalonnent ce que l’on nous a demandé d’appeler « transition démocratique ». Une information en chassant l’autre, il nous a semblé important de rappeler les faits et de dresser cette liste non exhaustive afin que ces dossiers ne soient pas tous jetés dans les abysses de notre amnésie collective ou classés sans suite. 26.02.2011,  Lasmar Trabelsi, chef de la brigade criminelle, pendaison ( nez cassé et marques au poignets) 02.01.2012, Abdelfattah Amor, avocat, président de la commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation, crise cardiaque 18.10.2012 Lotfi Nagh, membre de la coordination Nidaa Tataouine, crise cardiaque (lynché à mort en public vidéo à l’appui) 31.12.2012, Tarek Mekki, homme politique et opposant historique, crise cardiaque 10.01.2013, Habib Babbour, membre de la coordination Nidaa Tataouine, crise cardiaque 06.02.2013, Chokri Belaïd, homme politique de gauche, mort par balles 06.04.2013, Faouzi Ben M’rad, avocat membre de la commission de défense de Chokri Belaïd, crise cardiaque 25.07.2013, Mohamed Brahmi, homme politique de gauche, tué par balles 22.01.2014, Mohamed Allouche, député et secrétaire général du parti 3eme choix, crise cardiaque 16.04.2014, Sabri Ziadi, avocat chargé du dossier Ennahdha et Nourredine Brihmi, pendaison 02.06.2014, Najib Jendoubi, lieutenant à la sûreté nationale, pendaison 09.10.2014, Montassar Matri, secrétaire général de l’union des syndicats des forces sécuritaires, crise cardiaque ( au lendemain de ses accusation contre Bhiri) 10.04.2016, Abderazak Hammami, avocat secrétaire général du PTPD, crise cardiaque 14.08.2018, Responsable de la migration clandestine ayant causé la mort de dizaines de migrants aux larges Karkhena, crise cardiaque ( à la veille du procès) 29.08.2018, Slim Bagga, journaliste, accident de voiture ( 3 semaines après avoir annoncé son retour) Le décès de Cherif Jeballi, avocat, empoisonné par une substance radio active, viendra hélas bientôt compléter cette liste non exhaustive…mais bien réelle. A vous de voir. La Rédaction

Tunisie : silence, on tue…



Au lendemain de la manifestation qui s’est tenue sur l’avenue Habib Bourguiba en mémoire au jeune Omar Laabidi, ultras des North Vandales tué par la police d’Etat, TAkRIZ a voulu s’entretenir avec Mickaël Correia autour de son livre : Une Histoire Populaire du Football. Journaliste indépendant, Mickaël Correia participe entre autre à l’élaboration collective du mensuel C.Q.F.D : « ce qu’il faut détruire ». Dans son livre, parut en mars 2008, l’auteur rappelle que le football est avant tout un sport populaire, un creuset de résistance, autour duquel est née une contre-culture contestataire. Emancipation du monde ouvrier, fin du colonialisme, montée du féminisme ou révolution Tunisienne : à chaque fois, le football était présent.   Salut Mickaël, dis moi, CQFD a, et ce dès décembre 2010, suivi les mouvements sociaux qui ont « dégagé » Ben Ali. Nous nous sommes d’ailleurs longuement entretenus avec vous  en avril 2011. Est-ce que ce sont le rôle des Leaders, des Dodger’s et des Vandales  (club africain) ou des zapatistes (Espérance Sportive de Tunis) puis le rôle des ultras égyptiens qui t’a donné l’idée d’écrire ce livre ? Quel a été le déclic ?  Ce ne sont ni les ultras tunisiens ni les ultras égyptiens mais les supporters turcs qui ont servi d’étincelle à l’écriture de ce livre. En mai 2014, je suis parti pour CQFD à Istanbul afin de suivre les Carsi, le groupe de supporters ultra du Besiktas. Ces supporters sont réputés pour leur esprit contestataire et ils ont été en première ligne lors du mouvement de la place Taksim en 2013 qui s’est mué en vague protestataire contre le régime autoritaire d’Erdogan. Les Carsi m’ont vraiment politiquement bouleversé et suite à un reportage , je me suis penché de plus près sur l’histoire des ultras, sur leur rôle dans la chute des dictatures en Tunisie puis en Egypte en 2011 et de fil en aiguille, je me suis aperçu qu’il y avait matière à produire un livre qui abordait le football comme un creuset de résistances populaires et comme un instrument d’émancipation. Lorsque TAKRIZ a appelé à la révolution, nous nous sommes dit que ce n’était pas les petits bourgeois de Tunis, qui pleuraient dés qu’ils avaient un ti bobo qui allaient pouvoir affronter les chiens en matraque de Ben Ali. Il nous fallait des « guerriers » agguéris pour occuper la rue, et c’est pour cela que nous nous sommes rapproché des groupes d’ultras afin de « faire foule pour renverser le monde ». Dans ton livre, tu décris le foot comme une pièce de théâtre classique avec ses 3 unités, ne penses-tu pas que le sport c’est aussi la guerre avec ses armées, ses chants et ses étendards ?  C’est plus compliqué que ça. L’éthique sportive que promeut le pouvoir et les institutions est celle du fair-play. Une éthique par essence aristocratique, qui est un prolongement de l’art de la chevalerie (et donc de la guerre) et où, plus que le résultat final, c’est l’honneur de l’individu qui doit être mis en avant. Mais la vraie éthique populaire ce n’est pas cela, c’est […]

Une Histoire populaire du football : carton rouge et drapeau ...


Le sport a toujours été une arme, et ce, tant sur la scène économique que politique, il suffit pour cela de ne citer que le « onze de l’indépendance » auquel  Hammadi Khaldi, joueur du stade tunisien, a participé.  C’est à cause de cette force de frappe, de cette capacité à mobiliser, que nos hommes d’affaires et politiciens tentent depuis toujours d’avoir le monopole du football tunisien, et ce afin de contrôler le peuple et l’argent généré par les manifestations sportives. En effet, le gouvernement tunisien n’a toujours eu qu’un seul adversaire contre lequel il ne pouvait rien. Il ne s’agit ni des opposants politiques qui, lorsqu’ils de terrent en Tunisie sont entretenus avec largesse par ses hommes d’affaires, et sinon sont exilés. Il ne s’agit pas de l’UGTT qui, vitrine d’une opposition de façade, ne cherche que son intérêt propre. Il ne s’agit encore moins de cette société civile, financée à grand coup de donations zabaliennes. La seule force d’opposition, qui de manière hebdomadaire, a affronté dans un corps à corps, souvent létal, le régime policier, ce sont les amoureux du ballon rond. Appelés casseurs ou hooligans par la presse qui jusqu’à aujourd’hui reste teintée de mauve, tifosi par les médias frileux, ou figure de proue de la révolution tunisienne par des historiens comme Mickael Correia, qui, de son regard objectif a suivi les événements de décembre 2010 et janvier 2011, les supporters des diverses équipes du football tunisien, sont la bête noire de l’ordre établi, et c’est pour cela que Majdouline Cherni aboie à grand coup de huis clos. Cependant, ce que le gouvernement oublie c’est que si le sport est une arme politique, c’est avant tout une arme populaire qui n’appartient qu’au peuple. En effet, si les mouvements de contestation en Tunisie ont commencé en 2008 avec le bassin minier, la Révolution a réellement commencé le 8 avril 2010, lors des affrontements entre les supporters de l’Espérance et la police de Zaba. Ce soir là, au journal télévisé de 20h, le ministre de l’intérieur s’affiche en général déchu, rendant visite à ses troupes battues. « Le pays a compris que, s’il le souhaitait, il pouvait battre l’Etat policier qui avait été instauré » se confiera Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ultras de la Curva Sud. Le gouvernement s’entête. Et le 1er mai 2010, pour la première fois, de l’Histoire du championnat tunisien, le Derby tunisois opposant l’Espérance Sportive Tunisienne au Club africain en huis-clos. Les espris s’enflamment et en aout 2010, alors que les pseudos intellectuels tunisiens appelaient à la réélection de Ben Ali  pour 2014 une campagne de Tags effectuée par les zapatistes de l’Espérance sportive de Tunis, envahit les rues de Tunis. Les affrontements dans les rues entre supporters et forces de l’ordre se font de plus en plus violents, et le club africain , en septembre 2010 appelle ses fans à la révolution imminente, car comme ils le chanteront ils « n’oublieront jamais le derby en huis-clos, le message est trés clair, c’est les supporters qui commandent puisqu’ils ont de l’autorité dans […]

Les ultras, pionniers de la Révolution Tunisienne


En quoi réside notre devoir de citoyen, lorsqu’un jeune lycéen, supporter du club africain,  meurt en martyr , assassiné par la police, et ce dans un pays où cette même jeunesse a versé son sang pour une révolution que les ancêtres ont volée ? Avant d’avancer ici-même un semblant de réponse, replaçons nous dans le contexte.   Nous, jeunesse Tunisienne, nous sommes gouvernés par celui, qui alors que le corps encore chaud des martyrs jonchaient le sol, a nier publiquement l’existence des snippers et donc la Révolution même. Son Prédécesseur, Foued Mbazaa, a pourtant confirmé leur existence. La justice également a confirmé leur existence dans le rendu de jugement accusant Mohamed Sebti Ben Mesbeh Ben Mohamed Mabrouk, officier n°655, tireur d’élite de l’armée de terre.   Nous vivons dans un pays où ce même président a fait passer, en force et par sa seule décision, une loi de réconciliation nationale, offrant à nos bourreaux, à ceux qui ont volé le pays, violé nos soeurs et ruiné la Tunisie, une totale impunité.   Nous vivons dans un pays où la Loi n’a aucune valeur puisqu’elle est bafouée par un « Etat d’Urgence » permanent grâce auquel la Justice peut être établie selon les intêrets de nos dirigeants.   Nous vivons dans un pays où le tribunal militaire règne en maître absolu. Instance où seule l’opacité est Loi, elle enferme, isole et réduit au silence quiconque voudrait parler, allant jusqu’à fermer des pages facebook et arrêter des internautes.   Nous vivons dans un pays où la seule « instance » officiellement habilitée à nous donner un éclairage sur le passé, a été bâillonnée par un parlement corrompu.   Nous vivons dans un pays où ce même parlement, a feint d’écrire une constitution pour ensuite nous ôter le droit de nous exprimer ou de vivre libre. Nous vivons dans un pays où il n’y a pas de cour constitutionnelle, unique garant du droit.    Nous vivons dans un pays où, 7 ans après, la liste des martyrs n’est toujours pas officialisée.   Nous vivons dans un pays où le gouvernement paie des historiens pour effacer l’Histoire et la réécrire à son avantage.   Nous vivons dans un pays où le Tribunal administratif décide d’effacer l’Histoire en blanchissant les terroristes.   Nous vivons dans un pays où les assassinats politiques restent impunis et où les avocats sont réduits au silence.    Nous vivons dans un pays où Omar Laabidi a été sauvagement assassiné, noyé dans la vase et la boue, par une police d’Etat. A l’heure où ces mots se font parole, aucun ministre ni représentant du pouvoir en place n’a pris la peine, ne serait-ce que par respect aux morts et à leur famille, de prendre la parole et de nous accorder le respect qui nous est dû.    Nous vivons dans un pays où la ministre de la jeunesse et des sports, Majdouline Cherni, après avoir marchandé avec la mémoire de son frère, traite ceux qu’elle est sensé défendre de « terroristes ».    Nous vivons dans un pays où […]

Omar Laabidi a été assassiné, et nous maintenant, on fait ...



Alors que le corps de Omar Laabidi, North Vandals, ultra du Club Africain vient d’être mis en terre après avoir été assassiné par des policiers, TAKRIZ a souhaité s’entretenir avec les Ultras afin de leur offrir la possibilité de s’exprimer ouvertement. Depuis des années, les médias consensuels refusent de leur donner la parole, et les cantonnent au rang de voyous  et de casseurs sans foi ni loi. C’est loi d’être le cas, et Maître Ben Meftah, porte parole des Ultras de l’Espérance sportive de Tunis en est le contre-exemple. C’est avec toute la verve et le calme qui sied à sa profession qu’il a accepté de se confier à nous.    C’est la première fois que les ultras toute équipe confondue, acceptent de communiquer avec les médias, via un porte-parole. Comment expliquez-vous ce changement de stratégie ? Avant toute chose, je profite de l’occasion pour dénoncer le meurtre d’un jeune supporter clubiste samedi dernier suite à une poursuite policière,  et  pour exiger des sanctions exemplaires pour les fautifs. La curva sud présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt : « Que Dieu le tout puissant lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel paradis. » Quant à ce que vous appelez « changement de stratégie », après la révolution, les groupes sont passés par un passage à vide pour plusieurs raisons : huis clos, interdiction d’entrée aux stades, puis réduction du nombre des tickets, interdiction des déplacements . Tous ceci a engendré des moments de doutes et de vide. Un manque de confiance terrible s’est installée, petit à petit, au sein des groupes. A un moment donné la situation a dégénéré et il y a eu des affrontements quasi hebdomadaires dans les stades et parfois ailleurs entre les différents groupes d’ultras : Affrontements bien entendu retransmis en directe la plupart du temps. Ces affrontements ont été utilisés par le Ministère de l’intérieur et plusieurs autres intervenants afin de ternir l’image des groupes, ce qui a énormément nuit aux groupes. Par ailleurs, la Tunisie post-révolution s’est caractérisé d’une part par la faiblesse de l’Etat, de l’autre par l’absence de stratégie fiable. C’est pour cela que les forces de l’ordre de la Deuxième République ont choisi cette solution de facilité qui est de reprendre les anciennes méthodes répressives de la politique de Ben Ali contre les groupes d’Ultras : violence, arrestations arbitraires, interdictions d’entrée aux stades, humiliations…. Face à cette situation, les groupes ont fait leurs mea-culpa, ils se sont soudés et ont décidé de commencer une nouvelle ère. Afin de contrer la désinformation et de montrer leur vrai visage, un visage d’artistes et d’artisans, de militants voulant vivre leurs passion en toute Liberté, afin de balayer cette légende urbaine de criminels sauvages, dans une époque où le pouvoir appartient au média, ils ont décidé de communiquer avec eux.  Si j’ai été choisi, c’est que je suis un enfant du virage au sein duquel j’ai vécu durant toute ma jeunesse. J’ai leur confiance car je connais ce mouvement, et ils savent je le […]

Entretien avec Me Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ...


Sorti en salle hier dans l’Hexagone, Vent du Nord de Walid Mattar redonne à la Tunisie, ses lettres de prolétariat que tant ont bafouées pour quelques sollicitudes et les bonnes grâces du pouvoir en place. Dans un jeu de miroir au tain de mondialisation, le Réalisateur dresse ici le parcours de deux hommes, dont les destins sont liés par le même moyen de production et les mêmes ronds de cuir obsédés par le rentabilité et la productivité.  Vent du Nord, un docu-fiction ? Avec un taux de chômage et de pauvreté élevés, une espérance de vie moindre que dans la moyenne nationale française, les ouvriers des usines automobiles, les mettalos, ou autres manœuvres des Hauts de France sont les oubliés des politiques de relance frileusement ébauchées par les gouvernements successifs. Dés 2000, la situation de la région s’est fortement dégradée, et les revenus, avant redistribution, sont les plus faibles de France.  Chômage, maladies causées par l’exploitation des mines, pauvreté…un Redeyf à la française où le pauvre doit rester pauvre, l’exploité doit rester exploité et où il est interdit de rêver d’un avenir meilleur sous peine d’être violemment réprimé. Si le Réalisateur a choisi, comme cadre tunisien de sa fiction, la Banlieue sud de Tunis  afin de rendre un hommage à sa ville natale, c’est toute la classe populaire tunisienne qui est représentée ici. Ceux là même qui ont fait la Révolution, et qui restent, comble de l’ingratitude, les oubliés de ces néo-politiciens qui omettent, par péché d’orgueil, ceux grâce à qui ils peuvent s’exprimer aujourd’hui. Alors que le film, car c’est bien d’une fiction qu’il s’agit ici, offre au spectateur des prises de vues magnifiques, des dialogues empreints d’un humour certain, et une bande originale sublime composée par Malek Saied, cette impression de plongée en apnée dans la vie de ces oubliés sociaux donne à l’oeuvre une impression de docu-fiction où l’injustice et le système D tiennent les rôles principaux. Certaines séquences, souvent portées par une musique, nominée au festival international du film d’Aubagne, qui nourrit l’image de sa tragi-poésie, sont des photographies à part entière, qui apportent cette touche de Beau dans un environnement où l’recherche de l’esthétique cède la place à la survie. Le quotidien des « oubliés » « Le café de l’avenir » où Foued tue l’ennuie, et qui n’est pas sans rappeler « le café olympique » de Condamnation, fait écho au bar P.M.U. qui ponctue la vie d’Hérvé. Dans cette société de consommation, les loisirs se font rares pour ceux qui ne peuvent se les payer. Des feux d’artifices, une fête foraine occasionnelle ou le cabaret dans lequel on dépense, pour le plaisir des yeux, la moitié de son salaire, sont autant d’échappatoires de fortune dans une vie morose où l’enfant n’a d’autre choix que la play-station ou les balançoires vétustes, rouillées par l’air marin. Alors pour oublier on boit : le p’tit blanc ou le Koudia bon marché (qui reste pourtant trop cher), le mauvais mousseux ou la Celtia, partenaire des nuits solitaires. Heureusement les amis sont là. Ces amis […]

Vent du Nord : une fable libertaire sur la vie ...


Les esprits s’échauffent sous le soleil de plomb qu’ils tentent, charlatans alchimistes, de nous faire passer pour de  l’or. Ils savent que la « faim » est proche. Apeurés, ils s’agitent dans leur cage dorée de l’ARP et se mordent mutuellement. Vautours autour du cadavre d’une Nation en décomposition, ils tentent d’arracher, à coup de prises de bec,  un dernier lambeau de « chers » payés pour ce qu’ils valent. L’odeur du sang des victimes de la Révolution sèche sur le trottoir de l’Histoire où ces charognards vont finir, se prostituant pour quelques pièce du théâtre dans lequel ils ont joué. Des cadavres de martyrs, ils n’en veulent pas. Leur liste les hante et jamais elle ne sera officialisée. Fantômes de la Vérité dérangeante, ils sont de ces âmes damnées que l’on ne peux dévorer sans vomir ce qu’on est.  Nos morts hantent les lieux, et lorsque l’obscurité et l’obscurantisme des rapaces affamés s’élèvent devant les professeurs pervers du pacte de Carthage, ils secouent leur chaîne, comme en un dernier râle, pour leur rappeler que jamais ils ne seront en paix. Ne jamais oublier, ne jamais pardonner.  Les esprits s’échauffent sous le soleil de plomb des « balles » masquées et maquillées en accident, et l’odeur nauséabonde des excréments élus, votés et nominés se mêlent à l’odeur du jasmin. Ils étouffent dans un relent amère, enfermés dans le mensonge qu’ils ont arrosé à grand coup d’urée médiatique.  Après avoir rôdé sur le cadavre du pays qu’ils ont sciemment assassiné, les voilà en train de se dévorer mutuellement. Cannibales politiques, ils sont réduits à leurs plus vils instincts. Reptiliens, rampants comme les larves d’une mouche à viande, qui se dandinent tant bien que mal pour avancer entre ses pairs qu’ils n’auront jamais.  Qu’il est jouissif ce spectacle pour celui qui a su rester sur les hauteurs d’âme  : la mise à mort imminente de ces anthropophages dont ils ne restera au final que des eaux usées dans l’égout de l’Histoire.  La Rédaction   

Les charognards



Alors que tous les indicateurs sont au rouge, le peuple lui continue à sortir le drapeau blanc et son doigt bleu.  Il faudrait attendre les municipales, non, attendre 2019…mais sait-on de quoi demain sera fait ?  Les rapports se suivent et se ressemblent :  Le Droit de manifester piétiné  Des violences policières impunies  La Liberté de la Presse bafouée   Une économie à la dérive  L’indice démocratique qui recule   L’émancipation de la femme remise en cause  Refus de lutter contre la corruption L’impunité des Islamistes qui menacent à tout vent  Un Etat et une administration qui financent le terrorisme Des partis politiques qui refusent la transparence financière   Nos enfants meurent dans un fracas médiatique suivi d’un silence d’action, les médecins hospitaliers craquent, les cerveaux partent exercer à l’étranger et les plus démunis meurent en Méditerranée… Et nous, nous attendons pacifiquement que les choses passent, que le temps passe et qu’il corrige spontanément sans que nous n’ayons à bouger ce qui est. Qui est responsable de la situation actuelle ? Car il y a bien un responsable à tout cela ? Est-ce les politiciens corrompus qui ne servent que leur propre intérêt ? Est-ce les électeurs qui ont légitimé de par leur vote ces mêmes politiciens qu’aujourd’hui ils critiquent ? Ou est-ce ceux qui pensaient, influencé par une campagne médiatique sans précédent, qu’une Révolution pouvait être pacifique ?  La situation est trop grave pour que nous nous jetions respectivement la responsabilité : Nous sommes tous responsables, et nous continuons à l’être à travers notre passivité, notre acceptation et cette léthargie que nous tentons d’estomper à travers des statuts facebook.  Une seule question se pose aujourd’hui : Quel pays voulons nous laisser à nos enfants ?  La Rédaction        

EDITO 25.02.2018


  Nièce du grand avocat Maître Vergés, fille et petite fille de politiciens militants des droits de l’Hommes, Françoise Vergès a prêté sa plume à TAKRIZ pour nous expliquer en quoi et pourquoi l’insurrection est un droit qui fait de l’Homme un citoyen conscient. Soutien inconditionnel à la libération de Georges Abdallah, elle a sourit en voyant le Président Macron se faire alpaguer dans les rues de Tunis, et elle tenait, à travers ses mots, à soutenir ceux qui encore et toujours luttent… Chaque jour, à chaque moment, quelque part, une résistance s’élève contre les conséquences de la contre-révolution menée par des dirigeants corrompus, xénophobes ou racistes, par les multinationales, la finance, l’impérialisme et le capitalisme qui présente de nouveaux défis mais nous met aussi en face de choses « vieilles comme le monde ». En effet, si les peuples font face à ce qu’ils ont toujours connu – exploitation, dépossession, prédation, vol, viol – ils sont confrontés à une accélération produite par les nouveaux besoins du capitalisme, par la précarité et la vulnérabilité accrue des peuples du Sud à cause des politiques internationales, des guerres par proxy, du changement climatique, par l’extension de l’industrie du soin et des services qui réclament des femmes raciséés. Pour imaginer de nouvelles théories, il faut écrire une nouvelle histoire, a dit Cedric Robinson, auteur de Black Marxism. Ce que font peuples, minorités, femmes, depuis des siècles, ce qu’ont fait Aimé Césaire, Frantz Fanon, Amilcar Cabral, Angela Davis et des milliers de théoricien.nes, et tant de poètes, écrivains, cinéastes, musiciens. Je ne vais que proposer ici quelques points pour contribuer à cette vaste bibliothèque de la résistance. Au 16ème siècle, l’Europe divise le monde entre vies qui comptent et vies qui ne comptent pas, entre nature à protéger et nature à exploiter. Dans leur pays, les puissances européennes disciplinent peu à peu les forces sociales qui s’opposent à la privatisation des biens communs, au servage, à l’exploitation des enfants par une répression féroce et en leur proposant de devenir des européens dont la vie s’améliorera grâce à l’asservissement de peuples, la destruction de leurs cultures, villes, savoirs, grâce à des pratiques d’appropriation et des pratiques racistes. Avec la « découverte du Nouveau Monde », l’Europe invente une nature sans coût (notion proposée par le sociologue Jason Moore), qui se reproduirait naturellement à l’infini, qui serait là pour servir ses intérêts économiques.  L’humanité (en fait le monde européen) aurait reçu l’assurance que la nature lui a été donnée pour être à son service, et si des ressources s’épuisent, il suffit d’aller plus loin. Extraction minières, déforestation, destruction de villes, accompagnent cette entreprise. Contemporaine de cette nature sans coût À cette remarque de Moore, j’ajoute la notion de travail sans coût, et qui produit aussi l’assurance qu’une source d’une main d’œuvre est à disposition, sur laquelle le droit de mort s’exerce librement, et que cette source ne se tarira pas. Après le génocide des peuples qui habitaient les Amériques et Caraïbes, les Etats d’Europe se tournent vers le continent africain et en font […]

Le droit à l’insurrection de Françoise Vergès


Dix ans ont passé depuis le révolte de Gafsa et du bassin minier de Redeyef, évènement considérable, annonciateur de la révolution qui allait emporter le pays trois années plus tard. Au printemps 2008, je me vois encore rédigeant un premier article sur la Tunisie pour Mediapart. Ce média, qui venait tout juste de naître, fut interdit en Tunisie dès le lendemain de la publication de ce papier -titré : « La Tunisie, nouveau nid de l’Islam radical ? ». J’y pointais les méthodes d’intimidation et de mystification de l’opinion publique internationale propre à la dictature tunisienne et posait la question de son rôle dans l’essor du mouvement jihadiste local. La répression était alors totale. Personne ne croyait encore la chute de Ben Ali possible. L’horizon paraissait immuable, les Tunisiens n’étaient pas prêts pour la démocratie, lisais-je régulièrement dans les commentaires laissé par les internautes. Comme ceux du Monde diplomatique et d’autre médias indépendants, mes articles critiques envers le régime tunisien étaient alors traduits et diffusés à l’aide de proxi par les gens de Nawaat ou de Takriz. Un autre temps, une même culture de résistance. Dix années ont passées, mais en Tunisie, cette culture n’a pas disparue. Certes, les souvenirs joyeux du printemps 2011 paraissent aujourd’hui bien loin. Après avoir célébré la révolution puis le vote de la constitution en 2014, l’enthousiasme international s’est peu à peu évanoui, anesthésié par la politique inerte de deux partis trop occupés à ménager une coexistence tactique, un consensus bâti sur mesure pour se maintenir à la tête de l’Etat et empêcher qu’émerge une alternative solide. Deux partis au pouvoir qui ont à la fois mis en péril la justice transitionnelle nécessaire à l’examen de cinquante années de dictature, et enterré le plan de développement économique régional qui manque à la Tunisie depuis l’indépendance. Le résultat de cette politique était écrit d’avance : En cet hiver 2018 se multiplient dans les médias internationaux les témoignages de désespoir d’une part importante de la jeunesse tunisienne, et sa volonté affirmée de s’en prendre à un « système » que ni Ennahda ni Nida Tounes n’ont souhaité attaquer de front, et qu’ils incarne désormais. Un « système » qui, comme au temps de la dictature, ne prend pas la jeunesse tunisienne en considération. La révolution, dont ils ont pourtant été les premiers promoteurs, n’est tout simplement pas arrivée jusqu’à eux, nous disent ces Tunisiens. Leur horizon semble, hélas, toujours immuable, et leur désir d’évasion, toujours aussi grand. Les ressorts de la révolution sont pourtant toujours là. La société civile tunisienne est aujourd’hui bien plus forte qu’il y a dix ans. Mieux structurée autour d’ONG efficaces, telle Bawsala, qui lutte pour plus de transparence au sein de l’Assemblée, elle est l’aiguillon d’un champ politique incapable pour l’heure de répondre aux aspirations des Tunisiens. En Tunisie, aujourd’hui comme il y a dix ans, c’est bien la société qui incarne l’avant-garde. Sa mobilisation ne peut être ignorée par un pouvoir qui se sait de plus en plus faible. La période d’ici aux prochaines élections municipales sera à nouveau […]

La Révolution, toujours vivante, Pierre Puchot



Parce que la Tunisie est au bord de la faillite. Parce que les tunisiens ne mangent plus à leur faim. Parce que le pays est gouverné par des séniles et des incompétents. Parce que la reconstruction du pays sera plus dure si on laisse faire. Pour toutes ces raisons , nous appelons à la désobéissance civile . La désobéissance, comme acte public non violent décidé en conscience, contre les lois imposées par le gouvernement tunisien s’impose aujourd’hui, nous appelons à une insurrection pacifique des consciences, c’est à dire la non soumission au modèle qui nous est imposé par un gouvernement bâtard composé d’obscurantistes et de pseudo progressistes. L’Histoire de la Tunisie est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Le Tunisien ne s’est jamais hissé au rang de citoyen. Au fond toujours les mêmes procédés, la même injustice sociale, le même régionalisme, les mêmes politiques économiques, et toujours les mêmes têtes au sommet de l’État. Nous voulons la dignité, comme l’a voulue notre première révolution,  c’est à dire la valeur publique qui doit lui être conférée par la République. Nous voulons la dignité et nous croyons son existence incompatible avec le pouvoir tunisien en place, qui s’est « réconcilié » avec nos bourreaux d’hier et les éternelles forces de l’obscurantisme.   Arrêtons de lutter contre toutes ces lois  qu’ils nous imposent, et dégageons les définitivement.   Le temps n’est plus à la parole mais à l’action.   Le pouvoir est entre nos mains, notre responsabilité citoyenne ne peut se limiter à mettre un bulletin dans l’urne, on ne peut laisser notre pays à la dérive, il faut agir avant qu’il ne soit trop tard : Qu’est ce qu’on attend ?    Waterman

Edito 14.01.2018


Je pense que je suis arrivée à un point de dégoût et de mépris envers ceux qui ne veulent toujours pas nous écouter et sont encore obstinés à nous écraser, que je n’ai plus mais alors là, plus du tout la moindre envie d’argumenter ou d’expliquer mes propos. Autrement dit, fhemetou wala yedekom ! C’est bon ! Basta ! On s’en fout royalement et on vous emmerde en long et en large ! Vous savez quoi ? Nous n’allons plus attendre vos soutiens ni vos  approbations ! Et vous savez quoi ? Crevez ! Ça sera mieux ! Et en silence aman ! Assez de chialer pour des bourdes dont vous êtes les premiers responsables !  Crevez ! Ça sera votre seul vrai sacrifice aux générations futures ! Je suis sérieuse rahou, nous ne voulons plus, mais plus jamais nous voudrions continuer à débattre avec vous, sourds, connards, têtus et trouillards. Oui vous qui nous avez gavés de  » La démocratie « ,  » La constitution »,  » La transition politique « ,  » Le gouvernement d’union nationale « ,  » le consensus mon cul « ,  » La réforme de l’intérieur « ,  » La résistance civique « .  Et quand on vous dit, ils vont nous enculer, vous répondez en balbutiant : Mais elle serait quoi l’alternative ?! Nous n’avons pas le choix ! Vous fermez les yeux et le coeur et vous vous obstinez à rester dans vos repères de perdants et de looser !  Eh bien, l’alternative est que je vous emmerde tous car vous n’allez, de toute façon, pas comprendre. Nous vous avons appelé à soutenir le peuple. Au lieu de ça, vous avez soutenu les partis politiques. Nous vous avons prié de maintenir la pression pour réformer la police, la justice, l’économie, l’éducation, l’environnement … par le terrain et le travail collectif. Vous avez préféré les cafés politiques enfermés à huit-clos à théoriser sur la révolution et à rédiger des manifestes politiques dont personne, à part vous, pourrait deviner l’utilité. Nous vous avons déclaré notre amour de la révolution ! Vous nous avez jeté les pierres de la transition politique ! On vous a tendu la main quand nous avons occupé le Bardo pour sauver ce qui reste à sauver. Vous nous avez tourné le dos sous prétexte de l’urgence vitale d’expulser les islamistes du pouvoir. Et vous avez fait quoi après ? Vous avez troqué notre révolution contre votre passé puant à l’image de vos idéaux moisis.   Nous vous avons pardonné ! Nous vous avons rappeler la Rue et les exigences de s’organiser autrement et sans hérarchie et individualisme. Vous vous êtes moqués de nous ! Vous nous avez traité de révolutionnistes et d’adolescents qui n’ont pas les pieds sur terre ! Et encore une fois, nous vous avons donné une leçon de discipline, d’horizontalité, d’engagement désintéressé et de dévouement infaillible aux revendications révolutionnaires ! #ManichMsamah en est le parfait exemple ! Et vous ? Qu’avez vous fait pour sauver la révolution? Bande de trouillards, de conservateurs, de dogmatiques, […]

#FechNestanew #Mkarza : le dernier coup de gueule !  


Si la révolution Tunisienne a influé sur bien des choses, elle a surtout enrichi le vocabulaire des internautes de mots, nés des médias occidentaux, et que tout un chacun s’est mis à employer de ci de là, sans trop comprendre ce qu’ils signifiaient. Nous avons eu tour à tour «  transition démocratique », «technocratie », mais surtout « maçouni ». Ah les francs-maçons…..qui n’a pas vu des triangles se dessiner de manière perverse dans l’architecture urbaine, ou qui n’a pas cherché à voir dans une photo, un signe que X ou Y appartienne à cette loge ? Connue de tous et pourtant tant fantasmée, la Franc-maçonnerie  s’est retrouvée au centre de tout débat stérile. La spontanéité des événements de décembre 2010 et janvier 2011 a été telle qu’il fallait bien trouver une explication autre que le « Takriz » généralisé….alors pourquoi pas les francs-maçons ? Après tout, ils ont bien été aux premières « loges » de la déclaration d’indépendance des USA et de la Révolution française, alors pourquoi pas nous ?  Si la Franc-Maçonnerie tunisienne est une réalité qui remonte à la fin du 19émé siècle et qui perdure de nos jours sous des vitrines associatives tel que l’ATUGE, qu’en est-il réellement ? Les francs-maçons influent-ils sur les débats actuels de société et sur nos politiques ? Autant de questions soulevées ici….mais commençons par le commencement…il était une fois….la Franc-Maçonnerie tunisienne : Qu’est-ce que la Franc Maçonnerie ?   Il n’y a pas de définition de la Franc-maçonnerie. Chaque obédience (courant) a sa définition qui lui est propre. La Tunisie étant, comme nous allons l’expliquer, sous l’influence du Grand Orient de France (GODF), nous allons ici présenter leur définition propre, inscrite dans leur constitution « institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, qui a objet la recherche de la vérité, de l’étude de la morale et la pratique de la solidarité » . Née au XVIIème siècle en Ecosse, la Franc-Maçonnerie est une organisation qui regroupe en son sein des personnes parrainées par leurs pairs afin qu’elles travaillent à des réflexions sur la société dans laquelle elles vivent. Sorte de « Think-tank » hiérarchisé au sein duquel un rite initiatique et symbolique (NDR : on s’amuse comme on peut) permet à chaque membre de gravir les échelons et de se la péter lors des repas de famille. Théâtralisée (accessoires, mise en scène, costumes et répliques au vocabulaire pompeux) les réunions maçonniques ont attisé la curiosité, puis la convoitise. Au fils des ans, c’est devenu « the place to be » et le droit d’entrée, sans couple exigé, se faisait de plus en plus sélectif, jusqu’à devenir une réunion de riches et de puissants (NDR : si tant est que l’on puisse différencier les deux). Durant ces réunions, se discutent des thèmes tels que la laïcité, l’égalité des sexes, la fraternité, et les notions de liberté. Mais ce qui s’y discute surtout c’est le moyen d’imposer les idées maçonniques au sein de la (des) société(s).  « Liberté, solidarité, laïcité, égalité »….tiens tiens….cela ne vous dit rien ? Non, Bouazizi n’était pas franc-maçon, attendez ! Allons-y étape par étape. Oui, la franc Maçonnerie existe en Tunisie, mais […]

Franc Maçonnerie en Tunisie : Entre mythe et réalité



Avant toute chose, nous voulions remercier tous nos lecteurs et les amis de Takriz qui ont contribué anonymes ou pas au site. Nous leur souhaitons une très bonne année en espérant que le « takriz » diminuera, surtout chez les jeunes tunisiens.   C’est ainsi que nous avions commencé notre édito en décembre 2002, ainsi que nous l’avions commencé en décembre 2009… Nous voilà aujourd’hui en 2018, 20 ans se sont écoulés depuis que TAKRIZ a jeté sur la société, la politique et le net tunisien son premier pavé. Nous sommes en 2018, et le TYREX du net tunisien s’est une fois de plus réveillé sous les coups répétés de l’injustice et de l’oppression. Durant ces 20 années, nous avons vécu, tour à tour, 10 années de censures, 3 années de lutte acharnée qui ont mené vers le départ de Ben Ali, et vers ces 7 dernières années de désillusion. Dans une Tunisie, restée au temps du jurassique, nous avons connu la prison, la torture, l’espoir d’une Révolution aujourd’hui volée et d’un rêve de liberté confisqué par les dinosaures édentés de la politique. Mais nous nous réveillions pour crier notre étouffement ! En écrivant ces mots, j’ai une pensée pour mon compagnon de route, Foetus, qui, d’où il est, veille :  » Le Tyrex est de nouveau lâché, plus rien ne vas l’arrêter, tu verras, tu seras fier de nous ! Ceux de 98 sont là aussi, y’a Ptyx  et Corsai!re qui reprennent le navire. » J’ai également une pensée pour toi Zou. Oui, je sais, les tunisiens aiment à t’appeler « Ettounsi », mais pour moi, tu resteras « ZOU » à jamais. Paix à ton âme l’ami Zouhair, si TAKRIZ est encore vivant, c’est aussi pour toi, pour qu’à jamais tu restes ancré dans la mémoire des internautes, et dans le coeur des tiens. En écrivant ces mots, mes pensées s’envolent vers tant de choses: colère, tristesse, envie et rage…tout se bouscule. Je n’y arrive pas, c’est trop d’émotions pour moi. Alors je dirai juste : A Vous  A ceux qui sont morts A ceux qui veulent vivre A ceux qui espèrent A ceux qui crèvent A ceux qui rêvent     Waterman

Édito 20 ans


                                                         « Joyeux anniversaire takri-Z »   Je ne suis pas le seul, à sentir en ce moment plus que jamais, la fin approcher… Au bout de 7ans de Révolution, la boucle semble vouloir se boucler. Les jeux sont presque faits. La machine infernale affiche un bouton « ON » et on attend juste le doigt de celui qui va appuyer en premier. 7ans, car il fallait bien que ce soit sous le signe du sept de Zaba, que les mauvais et les « mauveux » se passent discrètement le mot. Cette congrégation s’est enrichie de l’ennemi d’hier, Zaballah qui participe désormais au festin, et qui compte le moment venu, avec toute la bande réunie, lapider, massacrer, et se débarrasser une bonne fois pour toute de cette salope de Révolution. Alors qui va appuyer en premier ? Je veux croire encore, comme sous Ben Ali, que la plume, le verbe et le rire auront raison de la machine. Alors, comment ne pas voir la renaissance de Takriz en ce moment trouble de l’Histoire, comme un signe inespéré et un clin d’œil de Boukornine. Et comment moi, modestement moi Z, qui a été biberonné au lait de Takriz, il y a 20 ans, pourrait rester indifférent à cet appel du ventre. Takriz m’avait aussi ouvert ses colonnes et c’est sous ma première plume anonyme de PTYX, que j’avais rédigé mes premiers coups de gueule. Que ce 20ième anniversaire de la naissance de Takriz, soit le catalyseur de la nouvelle guerre que nous déclencherons contre la machine. Aux anciens et aux anciennes, ceux et celles qui sont rentrés dans les rangs, ceux et celles qui de guerre lasse ont abandonné la lutte, c’est le moment ou jamais de rependre le e-maquis !

Clin d’oeil de Z pour les 20 ans de sa ...


Figure de la révolte populaire qui a soulevé le bassin minier de Redeyef en 2008, vous avez été arrêté et torturé. Vous avez connu l’exil, un statut de réfugié politique….Gardez vous encore des séquelles de cette période ? De la détention et de la torture qui ont duré de longs mois passés dans une dizaines de prisons tunisiennes, je garde encore des blessures difficiles à cicatriser, d’autant plus que mes tortionnaires sont toujours en liberté. Toutefois, j’essaie de transcender ces épreuves à travers l’écriture. J’essaie de construire au fil des dernière années un témoignage, sous une forme plutôt littéraire, qui me permettrait à la fois d’affronter mes traumatismes les plus refoulés et d’éclairer les gens sur cette facette obscure et sadique du régime de Ben Ali afin que la vérité ne soit pas oubliée. Quant à mon expérience en tant que réfugié politique, elle fut riche, extraordinaire car elle m’avait permis de rencontrer de formidables camarades et amis en France, qui m’ont soutenu et aider à retrouver petit à petit mon équilibre. Le moment crucial de ce parcours d’exilé fut, après maints rassemblements de soutien au soulèvement révolutionnaire, la manifestation du 15 janvier 2011 à Paris: nous étions plus de 30 milles dans la rue à fêter la chute de Ben Ali, à peu près le même nombre de personnes qui s’étaient soulevés à Redeyef en 2008. En mai 2014, alors que vous manifestiez devant le ministère de l’intérieur pour la libération de l’un de vos camarade de lutte vous avez été violemment battus par les forces de l’ordre. Qu’en est il aujourd’hui de la plainte qui a été déposée ? Je n’avais pas déposé de plainte à cette occasion. Nous faisions campagne pour la libération de notre ami et camarade et il ne fallait pas détourner l’opinion publique de notre cause principale. Je me suis donc contenté des excuse d’un cadre du Ministère de l’Intérieur. Par contre, j’ai bel et bien déposé une plainte contre mes tortionnaires de 2008, le procureur a entendu ma déposition mais plus de nouvelles depuis deux ans. Je patiente sans désespérer, je ne suis pas prêt à lâcher l’affaire ! Aujourd’hui vous vous évoluez sur les planches dans une pièce de Jaafar Guésmi. Est ce que l’art est pour vous un nouveau mode de lutte ? Expliquez nous. Jaafar m’a plutôt offert l’opportunité de travailler avec lui en tant qu’assistant à la mise en scène. C’est une expérience extrêmement riche en enseignements et en rencontres humaines et artistiques qui dure depuis plus d’un an. La pièce est aussi bien une allégorie poignante de la Tunisie postcoloniale, avec ses complexités et ses contradictions, qu’une réflexion sur le quatrième art, où le jeu théâtral d’une pléthore de comédiens brillants s’allie aux performances fabuleuses de jeunes circassiens tunisiens. Une tournée internationale est prévue pour 2018. Sinon, pour répondre à votre question: je crois que l’art, et l’art vivant en particulier est un mode de lutte et un catalyseur de conscience collective très important. Il permet de communiquer […]

Moudhafer Laabidi se confie à TAKRIZ



Que dire lorsque l’on a rien à dire ? Que cette question me tombe fatalement dessus à propos de cette Tunisie bien aimée dont je conte tant et tant de fois depuis notre première rencontre en 2010 non pas les mérites- ils vont de soi- mais les injustices –elles ne vont pas de soi- n’est pas la conséquence que trop de mots ont été dits. Non. Tout- ou presque- pourtant a été formulé depuis 7 ans maintenant. Des théories qui verraient la main de forces crypto-américaines occultes derrière la chère Révolution à ceux qui pourfendaient la Troïka comme responsable des maux de la Tunisie depuis au moins la fin du monde ottoman (« Non non je vous assure Ben Jaafar n’a pas participé aux accords de Sykes-Picot » « Qu’est-ce que vous en savez l’islamo-gauchiss- avec deux S- vous vous ne vous rendez pas cooompte – avec trois O- de ce qu’ILS –en majuscule- font ? »), mes oreilles ont dû faire un tri héroïque de ce qui remontait au cerveau. Les palmes de la mauvaise foi étant remportées de main de maître par certains depuis Paris, il ne faut voir dans ma phrase précédente aucune pique à l’adresse de certains des meilleurs esprits de la banlieue nord de Tunis. La densité du commentaire post-révolutionnaire atteignant la couche d’ozone par concentration de forces contraires dans un espace pourtant réduit, poser une caméra revenait à créer un espace de respiration, de réorganisation possible et momentanée de ma pensée dans les chutes d’un évènement . Et surtout déjà percevoir que la lutte serait une course à l’épuisement. Voilà, c’est cela n’avoir rien à dire : commencé à être rattrapé dans la course à l’épuisement. D’une pensée qui tente de réorganiser le trop-plein du présent en 2011, me voici devenu entretemps un œil qui cherche en 2017 chez ses contemporains en Tunisie ce qui s’est peu à peu, sans que je n’y prenne suffisamment garde, ré-enfouit. Un peu comme regarder un poste de télévision éteint sous un portrait de BCE alors que la rue gronde d’un silence bruyant, et me demander quand j’aurai l’envie d’aller ouvrir la fenêtre pour écouter ce qui se passe dehors. Alors voilà, il me faut maintenant poser ma caméra dehors, filmer ce que je ne vois pas, le présent. Et attendre que l’image de l’avenir s’y incarne, un peu à la manière d’une photo dans son bain révélateur, et dont chaque touche se dessine bien avant de se compléter. Bref, j’observe, mais aujourd’hui je n’ai rien à dire.

Que dire quand on n’a rien à dire ?


Plus que jamais, le temps des raves est arrivé. La musique est résistance.  Résistance par le son.  Résistance à la médiocrité.  Résistance a la mort.  Par les fréquences que nous délivrons, nous artistes électroniques, nous bouleversons l’ordre établi de la morosité ambiante et de la léthargie stagnante. Nous avons un devoir de proposer une réponse a cela. Ceci est notre responsabilité.  Les vibrations sonores que nous proférons à l’audience sont notre arme et notre ode a la vie. Nous propageons nos sons pour que les gens dansent, pour qu’ils se sentent vivants. La danse c’est la vie et nous sommes les maitres de cérémonies.  C’est notre droit humain de faire écouter nos musiques et de les partager autour de nous. Nos fréquences sont notre réponse a ce monde et a ce pays que nous aimons. Notre pays, notre patrie, nos terres et nos espaces publics. L’espace public nous appartient. c’est notre droit citoyen et il est de notre responsabilité et devoir d’y propager nos fréquences qu’on passe tant de temps à sculpter et a choisir afin que l’audience en jouisse. Stop à la médiocrité des ondes commerciales. Stop à l’assujettissement à la publicité, au chiffre d’affaires et au taux d’audiences faites sur la médiocrité. Créons une révolution sonore sans attendre qu’elle nous soit autorisée. A nous de la prendre.  Il en va de notre dignité.  Il en va de notre existence. Créez des Raves.  Créez des lieux de fête.  Créez des espaces.  Créez des Raves. Rave ! The Soundboy TAKRIZ

Rave people, rave !


  Pour un parfait comploteur machiavélique super-puissant et capable de manipuler le monde entier, il n’y a rien de plus facile, ni de plus compliqué que de renverser un dictateur aussi insignifiant que zaba. Ah ! je le dis tout de suite : pour renverser zaba, un bon coup d’Etat classique, à l’ancienne, avec une équipe restreinte et une exécution rapide et furtive, aurait largement suffi. Mais pour les fayots du régime, qui continuent à porter la farine alors qu’il n’y a plus de blénali, c’est impossible que le gars dans lequel ils avaient misé leur froc et leur cul pouvait sauter en un mois comme un vulgaire l’un d’eux. Pour eux, c’est impossible qu’ils soient aussi nuls et que tout leur saute à la gueule sans rien voir venir, voire il se pourrait qu’ils aient été les idiots utiles de leur propre farce. Alors ils inventent une explication des débiles qu’ils sont : le complot selon leur dissonance cognitive de misérables lèches-trous-du-cul c’est un coup en 325 bandes sur 10 millions de boules et sans faire tomber la noire en même temps que la blanche. Voilà : le comploteur machiavélique super-puissant pouvait très bien allonger quelques zéros à une bande d’opportunistes parmi les chiens qui tournaient autour de leur clébard-en-chef et ça aurait très bien fonctionné. Mais il a préféré se dire : « Tiens ! Et si je faisais plutôt un plan complètement WTF qui pouvait foirer sur un rien et qui, s’il réussit, fera de la Tunisie une démocratie ? » Ah oui, Parce qu’en plus, c’est bien connu, les comploteurs adorent les démocraties et détestent les dictatures et régimes mafieux et crapuleux qui concentrent les pouvoirs dans une seule main de marionnettiste. Sérieux ! Un citoyen à Sidi-Bouzid se met le feu, son clan se vénère et déboule tout niquer. Les clans autour, qui sont tout aussi véners, se mettent à tout niquer aussi. Et comme il n’y a rien à niquer dans ce bled, à part le régime, alors c’est le régime qui se fait niquer. Forcément, zaba, qui ne veut pas que son régime se fasse niquer, envoie ses zombies en riposte et raconte à qui veut le croire qu’il combat des terroristes. Mais comme ces terroristes n’ont pas la gueule de terroristes et que tout le monde a vu ça sur facebook, alors les régions proches, qui sont aussi remontées, déboulent tout niquer, toujours forcément le régime, vu qu’il y a toujours rien dans ces zones-là à part ça. Alors zaba se croit malin et envoie plus de zombies et continue à raconter des conneries que seuls ses fayots continuent de gober, croyant qu’à force d’y croire ça allait devenir vrai. Et vu qu’ils gobaient ses conneries et qu’il lui disaient merci, zaba a cru en retour que ça roulait pour lui. Du coup ça se vénère encore plus en Tunisie et encore plus partout. La boule de neige qui rase tout sur son passage devient de plus en plus grosse et atteint les régions […]

C’est l’histoire d’une boule qui devenait de plus en plus ...



De France 2  à Arte en passant par CNN, RFI ou TV5 monde, William Irigoyen est un nom que l’on ne présente plus dans le milieu du journalisme. Il dépose ses mots, toujours très justes, sur de nombreux journaux : Le Monde diplomatique, L’Orient littéraire, La Cité... Mais William Irigoyen est également écrivain, on lui doit Jeter le JT – Réfléchir à 20h est-il possible, aux éditions François Bourin, où il dit rêver d’ « une sorte de Vatican II de la grand-messe télévisée ».  Lorsque nous lui avons proposé d’écrire pour TAKRIZ, il a été prudent, mais son volontarisme a fini par prendre le dessus sur toutes les questions qu’il a pu se poser. Le voici donc sur TAKRIZ magazine. C’était le 14 janvier 2011. Ce jour-là, la Tunisie tournait une page de son histoire. Sous la pression du mouvement de contestation populaire qui avait débuté quelques mois plus tôt à Sidi Bouzid le président d’alors, Zine el-Abidine Ben Ali, quittait la scène politique. Après vingt-trois ans de règne musclé, l’autocrate déchu prenait la fuite avec sa femme. Direction : l’Arabie Saoudite. Bien que me trouvant à distance de notre voisin méditerranéen, j’ai vécu tout cela en direct. Le soir même, en effet, je présentais Arte Info, rendez-vous quotidien d’actualité sur la chaîne franco-allemande. Moncef Marzouki, qui allait bientôt devenir numéro un de son pays d’origine, était alors en duplex de son exil français. En lien permanent avec sa patrie, il nous fît le récit des événements. Nous avions prévu trois minutes d’entretien. La discussion dura bien plus. Grâce à cet envoyé spécial – qui n’en était pas un – nous avions l’impression, nous autres Français et Allemands, d’être auprès des Tunisiens, ceux-là même qui, disait-on, avaient été les premiers à vouloir emporter le monde arabe vers un printemps radieux. Nous sentions l’ivresse démocratique d’un peuple qui exigeait des changements profonds, des conditions d’existence plus décentes, une vie meilleure en somme. Sept ans après, une question se pose. Tout cela est-il arrivé ? N’étant pas un spécialiste de ce pays, je laisse à d’autres le soin de répondre. Takriz a sa petite idée là-dessus. Mais peut-il l’exprimer ? Jusqu’à il y a peu, je l’avoue, je ne connaissais pas ce webzine, porté semble-t-il par des maquisards de la liberté. Par la grâce des réseaux sociaux, voilà qu’un beau jour, je reçois une proposition d’écrire ces quelques lignes. Un honneur pour le journaliste apprenant l’arabe que je suis, qui plus est fils d’un pied-noir ayant vécu une partie de sa vie à Sfax. Mais un honneur auquel je réponds par la prudence. Suis-je bien sûr de savoir où je mets les pieds ? Mon interlocutrice me rassure, m’envoie des articles et des liens internet. Les recoupant avec mes propres informations je juge par moi-même. Cette prudence, je la revendique. Il ne faut jamais foncer, tête baissée. Je regarde donc, tente d’en apprendre encore sur ce média mystérieux. Il est peut-être question, lis-je sur le net, que certaines personnes liées à Takriz jouent, à l’avenir, un […]

Takriz de nouveau à l’abordage par William Irigoyen


Ghazi Beji et Jabeur Mejri, ont été accusés le 5 mars 2012 d’ «atteinte à l’ordre public », «transgression à la morale» et «apport de préjudice à un tiers». Tout deux ont été condamnés à 7 ans et six mois de prison et 1200 dinars d’amende. Tout cela pourquoi ? pour avoir partagé leurs idées sur Facebook. Athéisme, critique de l’Islam, ces deux jeunes ont vu leur vie basculer pour avoir osé croire que la Tunisie post 14 janvier était la Tunisie de la liberté retrouvée. Si Jabeur s’est fait arrêter et a purgé sa peine (quoique gracié), Ghazi lui, a été jugé par contumace. Il est parvenu à fuir la nouvelle dictature Tunisienne, devenu le premier réfugié politique de la Révolution du Jasmin vite fané. TAKRIZ a souhaité laisser à Ghazi une tribune libre sur son magazine, et en c’est 20 ans de lutte pour liberté de la parole et de la pensée. Après 23 ans de censure, voilà le 14 janvier 2011 la chute du régime. Tout à commencé après la révolution du jasmin, le vent de la liberté souffle . Cela faisait 4 ans à l’époque que j’étais au chômage et j’avais espoir que la révolution nous apporte du travail et plus de liberté ! Mais voilà, à la fin de l’année 2011, les barbes commencent à pousser comme des champignons et les discours des intégristes religieux se multiplient : la révolution du travail et de la Liberté est récupérée par les Frères Musulmans, financés par l’argent du Qatar et de l’Arabie saoudite. Dés début 2012 je commence à recevoir des  menaces de mort à cause d’un livre que j’ai écrit «  l’illusion de l’islam ». Le 5 mars 2012 mon ami, athée, Jabeur Mejri est arrêté à Mahdia pour athéisme.3 Jours plus tard, sous les menaces salafistes et activement recherché par la police, j’étais obligé de quitter la Tunisie vers l’inconnu à la recherche de cette Liberté que je n’ai pas trouvé dans mon pays d’origine. Je n’ai pas envie de revenir sur mon exil : des mois de marche à travers plusieurs pays du d’Afrique du Nord aux Balkans, des nuits passées dans les forêts et les montagnes serbes. J’ai traversé 11 pays avant d’arriver en France : Tunisie – Libye – Algérie -Turquie – Grèce – Macédoine – Serbie – Roumanie – Hongrie – Autriche – Suisse – France. Des bombes en Libye, jusqu’à la famine en Europe de l’Est, j’ai tout connu, à ce à cause de ce que j’ai pu écrire ou dire. Liberté vous me dites ? De quelle liberté s’agit-il ? Ce n’est que que grâce aux aides financières de ma famille et des militants j’ai pu croiser que j’ai survécu. Je profite du fait que TAKRIZ m’offre c’est espace de liberté pour m’exprimer et les remercier un à un : – Ma famille – Tewfik Allal et Brigitte Bardet Allal / Fethi Benslama (Manifeste de la liberté) – Feu Abdelwaheb Meddeb ( Radio France culture) – Mouheddine Cherbib (FTCR […]

Témoignage : Ghazi Beji, réfugié politique en France pour avoir ...