santé


Alors que les paillettes et le tapis rouge bon marché des JCC fait de la Tunisie un mirage de bourgeoisie clinquante, Nasreddine Shili ( l’homme au déngri et à la baguette du 14 janvier) vient mettre un grand pied dans ce décor de pacotille et d’hypocrisie pour faire place à une réalité dérangeante, celle des bas-fond de la Tunisie où se mêlent drogue, violence, insalubrité et homosexualité. Une Tunisie oubliée, qui pourtant, il y a 8 ans s’est battue pour avoir l’unique droit d’exister.        Dans le quartier de Bab Jdid, deux hommes, Rzouga et Fanta squattent un vieil hammam désaffecté. Sur le froid glacial des céramiques cassées par le temps, comme autant de vie brisées,  ils se réchauffent le coeur et le corps, en vivant une histoire d’amour rythmée par la prise de stupéfiant et d’excès de violence,  liées aux effets secondaires d’une prise de produits psychoactifs dévastateurs.  Car ce sont des fragments de vie dévastées qui sont mises en scène dans ce film où le réalisateur vomit la réalité au visage du spectateur aux oeillères, une réalité telle qu’elle a été avalée, sans être digérée.  Une réalité que l’on n’ose même pas nommer, tout comme le titre français ou anglais du film où le mot « subutex » est littéralement absent et où seul l’ancien titre « tranche de vie » est mis en avant. Une aberration lorsque l’on sait que le film est classé comme long métrage documentaire, à savoir comme un « film de caractère didactique ou informatif qui vise principalement à restituer les apparences de la réalité ».  D’ailleurs à l’heure où la rédaction écrit, la fiche du film a littéralement disparu du site des JCC.  Peut-être que l’image de deux hommes dans un hammam dérange-t-elle dans un pays où l’homosexualité est un délit ? * Depuis le 14 janvier, la nomenklatura tunisienne a trahi. Elle se plait à jouir sous les caresses des médias étrangers en simulant une « exception tunisienne » qui en réalité n’est que prostitution. On parle de cinéma, de liberté d’expression, de multipartisme et de tolérance… Mais où sont passées les revendications de la Révolution ? Où est cette dignité tellement souhaitée ? Une chose est sûre, Rzouga et Fanta n’y ont pas droit à cette dignité pour laquelle 300 personnes sont mortes. Ils squattent des lieux abandonnés, vivotent dans un pays qui se prétend civilisé mais où le traitement de l’hépatite C est un parcours du combattant et où les rayons de la pharmacie centrale sont vides.  Depuis la fermeture du centre «Espoir» de Jbel Oust en 2011, les utilisateurs de drogues injectables (UDI) n’ont plus accès à un centre de sevrage. Seules quelques associations, comme l’association Jeunesse et vie à Sfax, les accompagnent et les aident à combattre la dépendance, dans un pays considéré comme un marché de la drogue à ciel ouvert.  Si l’ecstasy, la cocaïne, les amphétamines, la kétamine ou le LSD sont des drogues qui sont de plus en plus accessibles, les médicaments de substitution, la drogue du pauvre, ( Parkizol, Temesta et Subutex) envahissent le marché parallèle, […]

SUBUTEX de Nasreddine Shili, plus qu’un film, un cri d’alarme ...


Alors que les autorités ont feint de ne pas pouvoir anticiper les catastrophes naturelles, laissant les tunisiens livrés à eux-mêmes, qu’en est-il de la catastrophe organisationnelle et sanitaire qui se prépare au sein des hôpitaux tunisiens pour janvier 2019 ? En effet, suite à une décision unilatérale des autorités, qui réforment uniquement pour reformer sans évaluation des risques, le premier stage d’internat concernant les étudiants en médecine, s’est vu prolongé de deux mois en mai-juin 2018. Ce report a un effet boule de neige, puisque ces internes qui devaient effectuer leur résidanat en janvier 2019,  ne le feront qu’en mars, voire juillet pour certains. Dans les zones dites prioritaires qui manquent de Seniors, ce sont ces résidents en médecines qui assurent la majeure partie du travail,  supervisés par leurs Chef. Certains services, comme les services anesthésie-réanimation de Kairouan dont dépendent les blocs des deux hôpitaux de Kairouan, ne doivent leur survie qu’aux résidents. En janvier, qui va assurer ce service puisque les hôpitaux vont se voir amputer de plus de 600 résidents, toutes spécialités confondues ? Nous ne pensons pas que le chauffeur d’Imed Hammami va pouvoir assurer à lui seul le remplacement de plus de 20% des effectifs soignants. Après un courrier, envoyé au bureau national des collèges de spécialités, et resté sans réponse, l’Organisation Tunisienne des Jeunes Médecins a tiré le signal d’alarme à travers un communiqué officiel daté du 26 septembre. Nos ministres, qui se soignent à l’étranger, en ont fait fi. Que leur importe que des services hospitaliers soient contraints de fermer faute de personnel, que leur importe que les citoyens n’aient plus accès aux soins ni aux médicaments, l’important pour eux, c’est de s’en mettre plein les poches…..de sang sur les mains.   La rédaction      

Janvier 2019, une pénurie annoncée de médecins


Alors que le pays en est encore à ses balbutiements en terme de droits, de constitutionnalité et de législation, le rapport dit « colibe » évoque la nécessité de légiférer contre l’appel et l’assistance au suicide, et ce au nom du droit sacré à la vie et de l’intégrité des corps.  Cependant, alors que les charlatans et autres gourous mystiques pullulent comme de la gangrène et exercent frauduleusement une médecine de comptoir au nom d’Allah le guérisseur, un phénomène de plus en plus inquiétant touche la Tunisie : la vente et l’injection illégales de produits pharmaceutiques sous couvert du sport.    Pratique illégale de la pharmacie et de la médecine  L’exercice de la pharmacie est strictement encadré en Tunisie par de très nombreux textes, notamment par la loi n° 73-55 du 3 août 1973, fixant les conditions relatives aux diplômes requis afin de pouvoir s’inscrire auprès du Conseil de l’ordre des pharmaciens. L’ordre des pharmacien a le pouvoir de saisir peut saisir les tribunaux par voie de citation directe, sans préjudice de la faculté de se porter, s’il y a lieu, partie civile dans toute poursuite intentée par le procureur de la République. Cependant, il n’en est rien.   Il suffit d’effectuer une recherche sur facebook pour tomber sur ce genre de publication qui ne semblent choquer personne A noter que sur la liste des médicaments, car il s’agit bien de  « produits destinés à traiter une affection médicale grâce aux principes actifs qu’il contient », on peut retrouver : Le Stanabol :  utilisé chez l’homme pour le traitement de l’anémie et de l’angio-oedème héréditaire. Il est également utilisé chez l’animal pour stimuler le développement musculaire, la production de globule rouge  la densité des os ou l’appétit d’animaux affaiblis. L’Oxandrolone : dérivé synthétique de la testostérone, il est utilisé pour pour le traitement de l’hépatite alcoolique, le syndrome de turner et la perte de poids causée par le VIH. Le Hydrochlorure d’Ephédrine :  utilisée en intraveineuse contre l’hypothension et la diminution la concentration de lipides dans le sang, elle a pour effet secondaires :  des hémorragies cérébrales, des troubles psychiatriques ou encore des arythmies cardiaques qui peuvent à leur tour entraîner des infarctus du myocarde. Nous reviendrons plus tard sur cette substance. Le Clenbutérol : produit vétérinaire utilisé pour traité les infections broncho-pulmonaires chez les chevaux, est vendu en toute transparence sur la toile tunisienne. Les femmes l’utilisent pour maigrir, et les sportifs, en période de sèche afin d’atteindre un taux de graisse au plus bas sans perdre trop de muscle. Une pratique qui relève du dopage et qui n’est pas sans risque ( tremblements, des maux de tête, agitation, insomnies, sautes d’humeur, une augmentation de la quantité de transpiration et surtout une augmentation des risques d’accidents cardiaques et cérébraux). L’Oxymétholone : indiquée dans le traitement d’anémies aplasiques, elle a pour effet secondaires l’œdème, la prise de poids rapide, le priapisme, les modifications de couleur de peau, les dysuries,  les nausées, les vomissements, les douleurs abdominales, la perte d’appétit, l’ictère, la gynécomastie….. La Méthandienone quant à elle provoque des lésions du foie Si la Loi […]

Tunisie : la mort en ligne



Alors que la carrière de Azza Besbess a été mise à mal par la ministre de la jeunesse et des sports, Mejdouline Cherni, et que Ons Jabeur est toujours en attente d’une prise en charge d’une partie de ses frais, TAkRIZ a souhaité s’entretenir avec Naïm Barhoumi, champion de culturisme, dont le palmarès ferait pâlir d’envie n’importe quel sportif. Maintes fois champion de Tunisie, Naïm Barhoumi porta haut les couleurs de son pays en remportant, entre autre, le titre de Mister univers WABBA en 2015, et la médaille de bronze aux championnats du monde IFBB en 2016. Pour unique reconnaissance de l’Etat dont il a pourtant été l’ambassadeur : le mépris. Sollicité par la France, il refuse pourtant toutes les propositions qui lui sont faites, dans l’espoir que les autorités reconnaissent son travail autrement qu’à travers un coup de com’ médiatique via lequel ils  espèrent redorer leur image. De son métier de pompier, Naïm Barhoumi arbore son profond respect pour la vie humaine et pour la prévention. Il souhaite mettre en place une campagne de prévention contre les produits dopants utilisés par nos jeunes, avec le soutien du ministère de la jeunesse et des sports, mais ses cris d’alarmes restent à ce jour sans réponse. Fraîchement revenu d’une exhibition à Cologne, Il nous explique :        Avant toute chose, puisque vous acceptez de nous donner cet interview et que nous sommes en pleine polémique autour de la mort de Omar Laabidi, nous souhaitons enfin savoir…. confirmez-vous le fait que vous avez été naturalisé français pour acte de bravoure, en ayant sauvé deux personnes de la noyade ?  Effectivement, c’était deux personnes qui, en état d’ivresse se sont faites braquées par des tiers, et qui ont préféré sauter dans la Seine plutôt que de se faire poignarder. Elles ne savaient pas nager, je les ai ramenées à la rive, tout simplement. C’est pour cela que je n’appellerai pas cela « acte de bravoure », mais un simple devoir citoyen.     Parlons un peu de l’actualité, alors que nos ambassadeurs ridiculisent notre diplomatie en offrant de l’huile d’olive et des dattes  aux politiciens européens, les sportifs, qui avec les artistes sont les plus grands ambassadeurs de la Tunisie à l’étranger, eux, sont totalement ignorés par le gouvernement…Ons Jabbeur, Azza Besbes….vous.  A votre avis, pourquoi ? En fait j’ai envie de vous répondre en vous montrant cette photo. Voilà pourquoi les affaires étrangères et les officiels travaillent : pour faire des photos. En novembre 2016, Youssef Chahed est venu avec une délégation consulaire tunisienne sur mon lieu de travail. Jusqu’alors, je n’avais jamais croisé quiconque, et encore moins Mohamed Ali Chihi, l’ancien ambassadeur de Tunisie en France, qui sourit ici au second plan.     Sur France 24 sport, vous avez porté haut les couleurs du patriotisme qui habitent les sportifs, en criant haut et fort que votre amour pour la Tunisie ne vous permet pas de porter du « bleu blanc rouge ». Votre désarroi est resté sans réponse de la part des autorités. […]

Naïm Barhoumi, ce héros ignoré


  L’acte du don d’organes et de tissus provenant de donneurs  vivants, liens primaires (généralement la famille), et cadavériques, liens secondaires, qui peut être qualifié de don moderne est un acte altruiste sans  aucune contrepartie. Il est  non lucratif  et ne transgresse pas le code de l’éthique.  Il demeure pour l’instant l’unique alternative thérapeutique  susceptible de sauver des vies humaines, et est considéré, à ce titre, comme étant un acte généreux , noble et héroïque permettant d’assurer la continuité de la vie. Au delà des mots Il est évident que, compte tenu de la dégradation prévisible de la santé du client dialysé et ce  malgré une certaine amélioration durant la dernière décade, de la qualité des soins, le  recours à la greffe est l’unique  alternative autorisant la continuité de la vie et par là , la reprise d’une vie normale. Or dans notre pays qui a entamé les greffes rénales en 1986, c’est l’amer constat d’échec de ce flou programmatique relatif à la politique de sensibilisation au don d’organes auquel on fait face depuis plusieurs années, avec une pénurie importante d’organes face à une demande sans cesse croissante et ce eu égard à l’augmentation de l’indicateur de la moyenne de vie du Tunisien d’une part et de  l’augmentation des centres de dialyse d’autre part. Aussi, la dangerosité de cette réduction progressive de l’offre  et les répercussions financières sur la caisse de la CNAM  doivent obligatoirement  inciter tous les intervenants à redoubler d’efforts, autorité publique, structure d’appui et associations citoyennes  à approfondir la réflexion sur les  causes profondes de cette absence d’adhésion  du citoyen Tunisien au don d’organes.   Causes fondamentales de cette grave pénurie La complexité structurelle de la société tunisienne, ouverte voire progressiste  pour certains , recluse ,conservatrice et recroquevillée sur elle-même  pour d’autres .Ce conservatisme allié à  l’absence d’une production  culturelle  qui a été isolée du processus du développement global ont fini par engendrer  une certaine indigence  culturelle. La  répression politique exercée  depuis plus de six décades sur la population , la frustration générée par le culte de la personnalité, l’élitisme grégaire et l’atmosphère  dépressive qui s’en suit ont aggravé de fait  le quotidien des gens La prise en main de la communication par la courroie de transmission du parti état à travers  l’élitisme a  également grandement desservi les intérêts  d’une frange de cette population malade La désinformation volontaire ou involontaire de la part de certains milieux médicaux, paramédicaux et médiatiques due au manque de formation continue Le refus  depuis des décennies, en raison de l’architecture verticale et répressive du pouvoir politique , de l’autorité publique et de l’élite d’ une politique participative par le biais de la consultation et de la concertation a  laissé le Tunisien toutes catégories confondues confronté à une aridité informationnelle. La négligence volontaire de la communication et de l’information, préférant glorifier les responsables en amont plutôt que les acteurs en aval (associations citoyennes d’insuffisants rénaux, de greffés et de donneurs) La faiblesse de la dynamique du site Web dynamique  du Centre National de […]

Don d’organes, l’inertie du gouvernement