Takriz


Alors que la carrière de Azza Besbess a été mise à mal par la ministre de la jeunesse et des sports, Mejdouline Cherni, et que Ons Jabeur est toujours en attente d’une prise en charge d’une partie de ses frais, TAkRIZ a souhaité s’entretenir avec Naïm Barhoumi, champion de culturisme, dont le palmarès ferait pâlir d’envie n’importe quel sportif. Maintes fois champion de Tunisie, Naïm Barhoumi porta haut les couleurs de son pays en remportant, entre autre, le titre de Mister univers WABBA en 2015, et la médaille de bronze aux championnats du monde IFBB en 2016. Pour unique reconnaissance de l’Etat dont il a pourtant été l’ambassadeur : le mépris. Sollicité par la France, il refuse pourtant toutes les propositions qui lui sont faites, dans l’espoir que les autorités reconnaissent son travail autrement qu’à travers un coup de com’ médiatique via lequel ils  espèrent redorer leur image. De son métier de pompier, Naïm Barhoumi arbore son profond respect pour la vie humaine et pour la prévention. Il souhaite mettre en place une campagne de prévention contre les produits dopants utilisés par nos jeunes, avec le soutien du ministère de la jeunesse et des sports, mais ses cris d’alarmes restent à ce jour sans réponse. Fraîchement revenu d’une exhibition à Cologne, Il nous explique :        Avant toute chose, puisque vous acceptez de nous donner cet interview et que nous sommes en pleine polémique autour de la mort de Omar Laabidi, nous souhaitons enfin savoir…. confirmez-vous le fait que vous avez été naturalisé français pour acte de bravoure, en ayant sauvé deux personnes de la noyade ?  Effectivement, c’était deux personnes qui, en état d’ivresse se sont faites braquées par des tiers, et qui ont préféré sauter dans la Seine plutôt que de se faire poignarder. Elles ne savaient pas nager, je les ai ramenées à la rive, tout simplement. C’est pour cela que je n’appellerai pas cela « acte de bravoure », mais un simple devoir citoyen.     Parlons un peu de l’actualité, alors que nos ambassadeurs ridiculisent notre diplomatie en offrant de l’huile d’olive et des dattes  aux politiciens européens, les sportifs, qui avec les artistes sont les plus grands ambassadeurs de la Tunisie à l’étranger, eux, sont totalement ignorés par le gouvernement…Ons Jabbeur, Azza Besbes….vous.  A votre avis, pourquoi ? En fait j’ai envie de vous répondre en vous montrant cette photo. Voilà pourquoi les affaires étrangères et les officiels travaillent : pour faire des photos. En novembre 2016, Youssef Chahed est venu avec une délégation consulaire tunisienne sur mon lieu de travail. Jusqu’alors, je n’avais jamais croisé quiconque, et encore moins Mohamed Ali Chihi, l’ancien ambassadeur de Tunisie en France, qui sourit ici au second plan.     Sur France 24 sport, vous avez porté haut les couleurs du patriotisme qui habitent les sportifs, en criant haut et fort que votre amour pour la Tunisie ne vous permet pas de porter du « bleu blanc rouge ». Votre désarroi est resté sans réponse de la part des autorités. […]

Naïm Barhoumi, ce héros ignoré


Au lendemain de la manifestation qui s’est tenue sur l’avenue Habib Bourguiba en mémoire au jeune Omar Laabidi, ultras des North Vandales tué par la police d’Etat, TAkRIZ a voulu s’entretenir avec Mickaël Correia autour de son livre : Une Histoire Populaire du Football. Journaliste indépendant, Mickaël Correia participe entre autre à l’élaboration collective du mensuel C.Q.F.D : « ce qu’il faut détruire ». Dans son livre, parut en mars 2008, l’auteur rappelle que le football est avant tout un sport populaire, un creuset de résistance, autour duquel est née une contre-culture contestataire. Emancipation du monde ouvrier, fin du colonialisme, montée du féminisme ou révolution Tunisienne : à chaque fois, le football était présent.   Salut Mickaël, dis moi, CQFD a, et ce dès décembre 2010, suivi les mouvements sociaux qui ont « dégagé » Ben Ali. Nous nous sommes d’ailleurs longuement entretenus avec vous  en avril 2011. Est-ce que ce sont le rôle des Leaders, des Dodger’s et des Vandales  (club africain) ou des zapatistes (Espérance Sportive de Tunis) puis le rôle des ultras égyptiens qui t’a donné l’idée d’écrire ce livre ? Quel a été le déclic ?  Ce ne sont ni les ultras tunisiens ni les ultras égyptiens mais les supporters turcs qui ont servi d’étincelle à l’écriture de ce livre. En mai 2014, je suis parti pour CQFD à Istanbul afin de suivre les Carsi, le groupe de supporters ultra du Besiktas. Ces supporters sont réputés pour leur esprit contestataire et ils ont été en première ligne lors du mouvement de la place Taksim en 2013 qui s’est mué en vague protestataire contre le régime autoritaire d’Erdogan. Les Carsi m’ont vraiment politiquement bouleversé et suite à un reportage , je me suis penché de plus près sur l’histoire des ultras, sur leur rôle dans la chute des dictatures en Tunisie puis en Egypte en 2011 et de fil en aiguille, je me suis aperçu qu’il y avait matière à produire un livre qui abordait le football comme un creuset de résistances populaires et comme un instrument d’émancipation. Lorsque TAKRIZ a appelé à la révolution, nous nous sommes dit que ce n’était pas les petits bourgeois de Tunis, qui pleuraient dés qu’ils avaient un ti bobo qui allaient pouvoir affronter les chiens en matraque de Ben Ali. Il nous fallait des « guerriers » agguéris pour occuper la rue, et c’est pour cela que nous nous sommes rapproché des groupes d’ultras afin de « faire foule pour renverser le monde ». Dans ton livre, tu décris le foot comme une pièce de théâtre classique avec ses 3 unités, ne penses-tu pas que le sport c’est aussi la guerre avec ses armées, ses chants et ses étendards ?  C’est plus compliqué que ça. L’éthique sportive que promeut le pouvoir et les institutions est celle du fair-play. Une éthique par essence aristocratique, qui est un prolongement de l’art de la chevalerie (et donc de la guerre) et où, plus que le résultat final, c’est l’honneur de l’individu qui doit être mis en avant. Mais la vraie éthique populaire ce n’est pas cela, c’est […]

Une Histoire populaire du football : carton rouge et drapeau ...


Takriz s’est beaucoup amusé en regardant Klem Ennes en cette soirée du 18 avril 2018….  Tout commence avec une bande annonce censurée parce qu’elle montre un torse nu d’homme, puis c’est un hommage à la palme d’or de 1967 qui est pointée du doigt avec l’affiche de « l’Amour des hommes ».  Mais vous ne pouviez pas le savoir puisque votre abyssale ignorance de pseudo-chroniqueurs ne pouvait reconnaître ici le clin d’oeil à Michelangelo Antonioni et son chef-d’oeuvre Blow-up :   On ne s’improvise pas critique lorsque que l’on ne différencie pas les genres cinématographiques et que l’on confond un cinéma d’auteur, comme l’est le cinéma de Mehdi Ben Attia (à la fois réalisateur et scénariste) et une comédie dramatique à la sauce ramadanesque tout juste bon à amuser la ménagère de plus de 50 ans.   On ne s’improvise pas cinéphile  lorsque que l’on cantonne un acteur à un stéréotype figé en 2013, lorsque que l’on assimile des têtes d’affiche à du « dopage », ou lorsque notre seule référence culturelle est Abdellaziz el Aroui ou une pièce de théâtre qui date de 1921.   On ne s’improvise pas philosophe de l’érotisme et de la pornographie sans avoir lu au préalable Marie-Anne Paveau, Jean Jacques Pauvert ou Ruwen Ogien.   On ne s’improvise pas psychologue et on ne peut comprendre la courbe du deuil lorsque l’on n’a jamais lu de livre de sa vie, ni les écrits d’Elisabeth Kübler-Ross. Car l’Amour des hommes c’est la quête de sens et d’un renouveau, ultime étape de l’acceptation de la perte.   On ne s’improvise pas linguiste en parlant de pornographie sans en comprendre le sens premier. Car la pornographie est une science qui étudie la prostitution et l’utilisation actuelle du terme n’est qu’une perception qui a évolué avec une industrie de production cinématographique ayant pour unique visée l’excitation sexuelle du spectateur. Faut-il pour les réalisateurs tunisiens faire comme Serge Korber et réaliser sous pseudonyme pour pouvoir exercer son art en toute liberté?  Comme l’a si bien dit en introduction Rochdi Belgesmi : « nous voulons évoluer ! »  mais votre ignorance nous en empêche… Mais nous allons arrêter de perdre notre temps avec vous et nous allons conclure ici avec les mots d’Elyes Baccar qui s’est exprimé à votre égard dans  TAkRIZ: « Malheureusement, comme le décrit Umberto Eco, dans « la guerre des faux », certains médias jouent ce jeu du « faire semblant » : celui d’apparaître comme des connaisseurs sans avoir de véritables connaissances, d’être émetteurs d’avis-verdict sans fines analyses, ou d’être de simples casseurs, sans réel motif hormis celui du « buzz »… » car contrairement à Taieb :   « Vous êtes l’ennemi de l’art et de la Liberté » !   La Rédaction

Quand l’ignorance s’invite en guest star des plateaux télé



قبل ما تبدى تقرى القصيدة زيد نقطة على اخر كل حرف و احسب روحك جاي من وراء البلايك من منطقة قاحلة و انتي قارح و اتخيل روحك تجاوب في عبد الرحمان الكافي وزبوبيتو و انتي تحكيلو على    وضع تونس اليوم :بعد نفيس باهي من شيشتي  انقول عليت في المخروقة   ماشروش الازرق قعدونا فوقا حبار غالي عليهم   و انتخاباتهم كي العادة مسروقا باش تربح النهضة و النداء    و الشعب يقطع عروقا قعدهم بن علي على الكوكا اليوم يقعدوا على البوقا من غير ما تحشيه في الحبار احشيه في الغقوقا خليهم يمشوا ينيكو بأحزابهم كل واحد ليه صندوقا نحبوا بترولنا و ضونا  و غازنا و ملحنا و محروقا لا تجيبها انتخابات و برلمان و لامشروع مرزوقا و لا البسكلات و لا خراك طرطور انشقت شقوقا ولا الجعبة و لا الوطد قعدت كان تقطع في طروقا و لا الخرخاري و لا النواب نساوين لساناتها مطلوقا هاي جابتلكم وثايق خيرلك تمسحي بيهم المخروقا لا تنفخيلي كرارزي و لا كرارز الي فدو خلوقا   نضرب بالكف و الشلبوق والصرفاق و الصرفوقا و مانفهم كان ثورة و زنوس مايلة كلها مشنوقا لانحاسب سارق و لا نديرلا  محكمة تحميلا حقوقا نصلبا و نشرب من دما ولحما ناكلا  و نذوقا علي عملتو في بلادي وشبابها و عمر مات مغروقا روحا طلعت في واد بالغرم بوليس وراه لحوقا قالولا تعلم عوم و يصارع في الموت شهادتا منطوقا يا قاتل الروح وين تروح جريمتك موثقا موثوقا اصحابي مكشخين انيابهم و مانحب كان عتوقا تفاهمنا على الماتراك في غقوقكم مرشوقا  اما الي حرق و هج و بعد غربة جبدا شوقا لبلادفيها قحاب تحب تورث و موبنة صرامها مفلوقا نقولا اقعد في بلاد الرومي خيرلك من رجيم معتوقا اشكون هالميبون الي يفتي في بلادكم بفسوقا زيتونة ولت بطيخ و هالمفتي لبسوه بخنوقا جيبولا عصبة سيدا الشيخ و الباجي و هيدوقا نهضة و نداء في دارهم الكبيرة قحابهم  مطلوقا بسيس و بن تيشة و قراش الكل ترمها مرتوقا ماعاد عندي وسع بال باش انكمل حكاية الزروقا تكريز تركن سكن في ريوسنا المغلقة مغلوقا و نفوس ضايقة من وضعكم المنيك مخنوقا حرية و كرامة و التشغيل استحقاق كلمات منطوقا لشعب ناسي  منيك ماشي لانتخابات بثورتنا مسبوقا La rédaction

الزبوبية الزرقة


L’Etat tunisien dépense chaque année plus qu’il ne perçoit. Tel un compte bancaire, il est à découvert (c’est ce qu’on appelle un déficit). Pour combler ce déficit, il a deux solutions : augmenter ces recettes, et lorsque cela n’est pas possible, emprunter aux banques. Sauf que voilà, les banques ne prêtent pas à taux zéro. En juin 2017, la dette publique s’élevait à 66,7% du PIB pour atteindre 71,4% du PIB, soit 76,1 milliards de dinars en 2018. Or plus la dette augmente, plus les intérêts pour la rembourser sont élevés et… plus la dette augmente. Cercle vicieux dans lequel les gouvernement successifs se sont engouffrer et à travers lequel ils ont vendu le pays.    

Le surendettement pour les nuls




    Alors que Harim el Soltane, objet de propagande turque, hypnotise le Tunisien, un scénario identique se joue à Carthage entre le Calife et son odalisque Sicilienne. Forte de ses expériences passées avec Bourguiba ou Ben Ali, Béji Caïd el Pippa*, comme on la surnommait dans le harem politique, avait durant 5 ans satisfait tous les désirs de son maître afin d’être hissée au rang de favorite. Considérée par ses rivales d’Afek ou de l’U.P.L. comme une experte de la prostitution mondiale, Béji Caïd el Pippa était la seule qui avalait……tout ce que le Calife pouvait déverser dans la gorge profonde d’un peuple à la crédulité abyssale. Dans des vas et viens décisionnels, elle flattait le Calife et prenait plaisir à faire gonfler son orgueil, afin de garder son fauteuil d’osier et d’oseille, pendant que le Maître était en guerre contre toute forme de civilisation. Et si la Religion est l’opium du peuple, Béji Caïd el Pippa quant à elle,  est le kif du Tunisien !       La Rédaction * La Rédaction a choisi de traduire « el Sebsi », longue pipe fine composée d’une tige en bois et d’une tête en argile, par le mot PIPPA. Toute connotation sexuelle est bien évidemment indépendante de notre volonté initiale.      

La putain du Calife


  Lascivement allongée sur son drapeau froissé de la veille, les jambes écartées en guise de bienvenue, la campagne des municipales se donne au plus offrant, sous l’œil impudique des smartphones qui filment la scène en amateur. Dans cette tournante où les partenaires (politiques, financiers, sectaires ou commerciaux) se délectent de ses oranges rondes et juteuses,  la Tunisie se laisse politiquement caresser par les médias qui la font jouir d’une liberté d’expression……hélas simulée. A la fenêtre de cet hôtel de passes politique, Nidaa décide de se présenter en tenancier de  الدار الكبيرة, ancien boxon de la rue el Jazira, et Beji, fort de l’expérience de ces ancêtres, offre pipe et calumet  à qui fera partie de cette grande maison….close.     La Rédaction 

Municipales : Mi-pute, Mi soumise


Le sport a toujours été une arme, et ce, tant sur la scène économique que politique, il suffit pour cela de ne citer que le « onze de l’indépendance » auquel  Hammadi Khaldi, joueur du stade tunisien, a participé.  C’est à cause de cette force de frappe, de cette capacité à mobiliser, que nos hommes d’affaires et politiciens tentent depuis toujours d’avoir le monopole du football tunisien, et ce afin de contrôler le peuple et l’argent généré par les manifestations sportives. En effet, le gouvernement tunisien n’a toujours eu qu’un seul adversaire contre lequel il ne pouvait rien. Il ne s’agit ni des opposants politiques qui, lorsqu’ils de terrent en Tunisie sont entretenus avec largesse par ses hommes d’affaires, et sinon sont exilés. Il ne s’agit pas de l’UGTT qui, vitrine d’une opposition de façade, ne cherche que son intérêt propre. Il ne s’agit encore moins de cette société civile, financée à grand coup de donations zabaliennes. La seule force d’opposition, qui de manière hebdomadaire, a affronté dans un corps à corps, souvent létal, le régime policier, ce sont les amoureux du ballon rond. Appelés casseurs ou hooligans par la presse qui jusqu’à aujourd’hui reste teintée de mauve, tifosi par les médias frileux, ou figure de proue de la révolution tunisienne par des historiens comme Mickael Correia, qui, de son regard objectif a suivi les événements de décembre 2010 et janvier 2011, les supporters des diverses équipes du football tunisien, sont la bête noire de l’ordre établi, et c’est pour cela que Majdouline Cherni aboie à grand coup de huis clos. Cependant, ce que le gouvernement oublie c’est que si le sport est une arme politique, c’est avant tout une arme populaire qui n’appartient qu’au peuple. En effet, si les mouvements de contestation en Tunisie ont commencé en 2008 avec le bassin minier, la Révolution a réellement commencé le 8 avril 2010, lors des affrontements entre les supporters de l’Espérance et la police de Zaba. Ce soir là, au journal télévisé de 20h, le ministre de l’intérieur s’affiche en général déchu, rendant visite à ses troupes battues. « Le pays a compris que, s’il le souhaitait, il pouvait battre l’Etat policier qui avait été instauré » se confiera Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ultras de la Curva Sud. Le gouvernement s’entête. Et le 1er mai 2010, pour la première fois, de l’Histoire du championnat tunisien, le Derby tunisois opposant l’Espérance Sportive Tunisienne au Club africain en huis-clos. Les espris s’enflamment et en aout 2010, alors que les pseudos intellectuels tunisiens appelaient à la réélection de Ben Ali  pour 2014 une campagne de Tags effectuée par les zapatistes de l’Espérance sportive de Tunis, envahit les rues de Tunis. Les affrontements dans les rues entre supporters et forces de l’ordre se font de plus en plus violents, et le club africain , en septembre 2010 appelle ses fans à la révolution imminente, car comme ils le chanteront ils « n’oublieront jamais le derby en huis-clos, le message est trés clair, c’est les supporters qui commandent puisqu’ils ont de l’autorité dans […]

Les ultras, pionniers de la Révolution Tunisienne



En quoi réside notre devoir de citoyen, lorsqu’un jeune lycéen, supporter du club africain,  meurt en martyr , assassiné par la police, et ce dans un pays où cette même jeunesse a versé son sang pour une révolution que les ancêtres ont volée ? Avant d’avancer ici-même un semblant de réponse, replaçons nous dans le contexte.   Nous, jeunesse Tunisienne, nous sommes gouvernés par celui, qui alors que le corps encore chaud des martyrs jonchaient le sol, a nier publiquement l’existence des snippers et donc la Révolution même. Son Prédécesseur, Foued Mbazaa, a pourtant confirmé leur existence. La justice également a confirmé leur existence dans le rendu de jugement accusant Mohamed Sebti Ben Mesbeh Ben Mohamed Mabrouk, officier n°655, tireur d’élite de l’armée de terre.   Nous vivons dans un pays où ce même président a fait passer, en force et par sa seule décision, une loi de réconciliation nationale, offrant à nos bourreaux, à ceux qui ont volé le pays, violé nos soeurs et ruiné la Tunisie, une totale impunité.   Nous vivons dans un pays où la Loi n’a aucune valeur puisqu’elle est bafouée par un « Etat d’Urgence » permanent grâce auquel la Justice peut être établie selon les intêrets de nos dirigeants.   Nous vivons dans un pays où le tribunal militaire règne en maître absolu. Instance où seule l’opacité est Loi, elle enferme, isole et réduit au silence quiconque voudrait parler, allant jusqu’à fermer des pages facebook et arrêter des internautes.   Nous vivons dans un pays où la seule « instance » officiellement habilitée à nous donner un éclairage sur le passé, a été bâillonnée par un parlement corrompu.   Nous vivons dans un pays où ce même parlement, a feint d’écrire une constitution pour ensuite nous ôter le droit de nous exprimer ou de vivre libre. Nous vivons dans un pays où il n’y a pas de cour constitutionnelle, unique garant du droit.    Nous vivons dans un pays où, 7 ans après, la liste des martyrs n’est toujours pas officialisée.   Nous vivons dans un pays où le gouvernement paie des historiens pour effacer l’Histoire et la réécrire à son avantage.   Nous vivons dans un pays où le Tribunal administratif décide d’effacer l’Histoire en blanchissant les terroristes.   Nous vivons dans un pays où les assassinats politiques restent impunis et où les avocats sont réduits au silence.    Nous vivons dans un pays où Omar Laabidi a été sauvagement assassiné, noyé dans la vase et la boue, par une police d’Etat. A l’heure où ces mots se font parole, aucun ministre ni représentant du pouvoir en place n’a pris la peine, ne serait-ce que par respect aux morts et à leur famille, de prendre la parole et de nous accorder le respect qui nous est dû.    Nous vivons dans un pays où la ministre de la jeunesse et des sports, Majdouline Cherni, après avoir marchandé avec la mémoire de son frère, traite ceux qu’elle est sensé défendre de « terroristes ».    Nous vivons dans un pays où […]

Omar Laabidi a été assassiné, et nous maintenant, on fait ...



Alors que le corps de Omar Laabidi, North Vandals, ultra du Club Africain vient d’être mis en terre après avoir été assassiné par des policiers, TAKRIZ a souhaité s’entretenir avec les Ultras afin de leur offrir la possibilité de s’exprimer ouvertement. Depuis des années, les médias consensuels refusent de leur donner la parole, et les cantonnent au rang de voyous  et de casseurs sans foi ni loi. C’est loi d’être le cas, et Maître Ben Meftah, porte parole des Ultras de l’Espérance sportive de Tunis en est le contre-exemple. C’est avec toute la verve et le calme qui sied à sa profession qu’il a accepté de se confier à nous.    C’est la première fois que les ultras toute équipe confondue, acceptent de communiquer avec les médias, via un porte-parole. Comment expliquez-vous ce changement de stratégie ? Avant toute chose, je profite de l’occasion pour dénoncer le meurtre d’un jeune supporter clubiste samedi dernier suite à une poursuite policière,  et  pour exiger des sanctions exemplaires pour les fautifs. La curva sud présente ses condoléances les plus attristées à la famille du défunt : « Que Dieu le tout puissant lui accorde son infinie miséricorde et l’accueille dans son éternel paradis. » Quant à ce que vous appelez « changement de stratégie », après la révolution, les groupes sont passés par un passage à vide pour plusieurs raisons : huis clos, interdiction d’entrée aux stades, puis réduction du nombre des tickets, interdiction des déplacements . Tous ceci a engendré des moments de doutes et de vide. Un manque de confiance terrible s’est installée, petit à petit, au sein des groupes. A un moment donné la situation a dégénéré et il y a eu des affrontements quasi hebdomadaires dans les stades et parfois ailleurs entre les différents groupes d’ultras : Affrontements bien entendu retransmis en directe la plupart du temps. Ces affrontements ont été utilisés par le Ministère de l’intérieur et plusieurs autres intervenants afin de ternir l’image des groupes, ce qui a énormément nuit aux groupes. Par ailleurs, la Tunisie post-révolution s’est caractérisé d’une part par la faiblesse de l’Etat, de l’autre par l’absence de stratégie fiable. C’est pour cela que les forces de l’ordre de la Deuxième République ont choisi cette solution de facilité qui est de reprendre les anciennes méthodes répressives de la politique de Ben Ali contre les groupes d’Ultras : violence, arrestations arbitraires, interdictions d’entrée aux stades, humiliations…. Face à cette situation, les groupes ont fait leurs mea-culpa, ils se sont soudés et ont décidé de commencer une nouvelle ère. Afin de contrer la désinformation et de montrer leur vrai visage, un visage d’artistes et d’artisans, de militants voulant vivre leurs passion en toute Liberté, afin de balayer cette légende urbaine de criminels sauvages, dans une époque où le pouvoir appartient au média, ils ont décidé de communiquer avec eux.  Si j’ai été choisi, c’est que je suis un enfant du virage au sein duquel j’ai vécu durant toute ma jeunesse. J’ai leur confiance car je connais ce mouvement, et ils savent je le […]

Entretien avec Me Seif Allah Ben Meftah, porte parole des ...



Les esprits s’échauffent sous le soleil de plomb qu’ils tentent, charlatans alchimistes, de nous faire passer pour de  l’or. Ils savent que la « faim » est proche. Apeurés, ils s’agitent dans leur cage dorée de l’ARP et se mordent mutuellement. Vautours autour du cadavre d’une Nation en décomposition, ils tentent d’arracher, à coup de prises de bec,  un dernier lambeau de « chers » payés pour ce qu’ils valent. L’odeur du sang des victimes de la Révolution sèche sur le trottoir de l’Histoire où ces charognards vont finir, se prostituant pour quelques pièce du théâtre dans lequel ils ont joué. Des cadavres de martyrs, ils n’en veulent pas. Leur liste les hante et jamais elle ne sera officialisée. Fantômes de la Vérité dérangeante, ils sont de ces âmes damnées que l’on ne peux dévorer sans vomir ce qu’on est.  Nos morts hantent les lieux, et lorsque l’obscurité et l’obscurantisme des rapaces affamés s’élèvent devant les professeurs pervers du pacte de Carthage, ils secouent leur chaîne, comme en un dernier râle, pour leur rappeler que jamais ils ne seront en paix. Ne jamais oublier, ne jamais pardonner.  Les esprits s’échauffent sous le soleil de plomb des « balles » masquées et maquillées en accident, et l’odeur nauséabonde des excréments élus, votés et nominés se mêlent à l’odeur du jasmin. Ils étouffent dans un relent amère, enfermés dans le mensonge qu’ils ont arrosé à grand coup d’urée médiatique.  Après avoir rôdé sur le cadavre du pays qu’ils ont sciemment assassiné, les voilà en train de se dévorer mutuellement. Cannibales politiques, ils sont réduits à leurs plus vils instincts. Reptiliens, rampants comme les larves d’une mouche à viande, qui se dandinent tant bien que mal pour avancer entre ses pairs qu’ils n’auront jamais.  Qu’il est jouissif ce spectacle pour celui qui a su rester sur les hauteurs d’âme  : la mise à mort imminente de ces anthropophages dont ils ne restera au final que des eaux usées dans l’égout de l’Histoire.  La Rédaction   

Les charognards


La « Cité de la Culture », autrement appelée ramasse merdes pour collabo artistiques, ouvre ses portes , ou plutôt les ferme violemment à ceux qui osent créer en toute liberté.       Claudia Cardinal, native de Tunisie, ouvrira en grandes pompes, ce soir,  la cinémathèque où elle est à l’honneur  avec une rétrospective de « ses plus beaux films » lit-on sur l’affiche.  Alors que la Tunisie sort tout juste d’une polémique quant à la censure de « Call me by your name », pourtant oscarisé, TAKRIZ a été surpris d’apprendre que le film de MEHDI BEN ATTIA, « Le Fil », où la belle italienne joue le rôle de Sara, mère d’un jeune homosexuel marsois revenu au pays après le décès de son père, n’a pas été programmé.  Au lieu de cela « Chaîne d’or », court métrage réalisé sous la colonisation française, fera les belles heures  d’une soirée inaugurale durant laquelle la culture tunisienne tient sans doute à rendre honneur aux chaînes ( furent-elles d’or) qui la maintiennent sous le joug du politiquement correct.  La question se pose alors du pourquoi ? Pourquoi ce film, tunisien, récompensé aux USA, ne fait-il pas parti de la rétrospective dédiée à Claudia Cardinal ?  En 2010, Abir Bannani, qui y joue l’un des rôles féminins, confiait dans une interview  «Avant le tournage en Tunisie, le ministère de la Culture a mis une condition de ne pas projeter le film en Tunisie». Cette injonction est-elle encore d’actualité aujourd’hui, alors que la liberté d’expression est un droit constitutionnel ?  Lorsque Claudia Cardinal a été contactée par les organisateurs de ce non-événement, elle a spontanément évoqué « Le Fil » de MEHDI BEN ATTIA et a orienté ses interlocuteurs vers la production afin qu’ils se procurent une copie de l’oeuvre. L’enthousiasme initiale céda vite la place à l’homophobie de rigueur, et ce dés la lecture du synopsis. En effet, sitôt leurs petits minois pudibonds confrontés à la réalité filmée de l’homosexualité tunisienne, tous les prétextes étaient bons pour faire machine arrière : l’absence de projecteur 35 mm, un manque de communication, et même l’absence de lecteur Blu-Ray .   Au final, caché derrière le masque de la mauvaise foi , Hichem Ben Ammar fera imprimer le programme sans le film aux senteurs de pêché qui pourtant aurait fait écho au symbole phallique de l’architecture des lieux.  Mohamed Zine El Abidine, sinistre des affaires culturelles et Hichem Ben Ammar, directeur de la Ciné-australopithèque vont surement nous expliquer que « tous les films de l’actrice ne pouvaient être projetés » . Permettez-nous d’en douter et de penser que c’est uniquement le sujet, les scènes de baisers non simulés et les rapports physiques explicites qui privent le cinéma tunisien d’être à l’honneur ce soir, et de céder la place au cinéma colonial.   La cinémathèque est présentée par les médias comme  une institution permettant « de susciter la curiosité et l’intérêt des jeunes à l’égard des films de patrimoine, de collecter et conserver les copies et négatifs de films ». Il semble qu’il ait été omis de préciser que pour y rentrer, une tenue correct était exigée et que le […]

Ce soir, pas de STRING à la cinémathèque : tenue ...


Alors que tous les indicateurs sont au rouge, le peuple lui continue à sortir le drapeau blanc et son doigt bleu.  Il faudrait attendre les municipales, non, attendre 2019…mais sait-on de quoi demain sera fait ?  Les rapports se suivent et se ressemblent :  Le Droit de manifester piétiné  Des violences policières impunies  La Liberté de la Presse bafouée   Une économie à la dérive  L’indice démocratique qui recule   L’émancipation de la femme remise en cause  Refus de lutter contre la corruption L’impunité des Islamistes qui menacent à tout vent  Un Etat et une administration qui financent le terrorisme Des partis politiques qui refusent la transparence financière   Nos enfants meurent dans un fracas médiatique suivi d’un silence d’action, les médecins hospitaliers craquent, les cerveaux partent exercer à l’étranger et les plus démunis meurent en Méditerranée… Et nous, nous attendons pacifiquement que les choses passent, que le temps passe et qu’il corrige spontanément sans que nous n’ayons à bouger ce qui est. Qui est responsable de la situation actuelle ? Car il y a bien un responsable à tout cela ? Est-ce les politiciens corrompus qui ne servent que leur propre intérêt ? Est-ce les électeurs qui ont légitimé de par leur vote ces mêmes politiciens qu’aujourd’hui ils critiquent ? Ou est-ce ceux qui pensaient, influencé par une campagne médiatique sans précédent, qu’une Révolution pouvait être pacifique ?  La situation est trop grave pour que nous nous jetions respectivement la responsabilité : Nous sommes tous responsables, et nous continuons à l’être à travers notre passivité, notre acceptation et cette léthargie que nous tentons d’estomper à travers des statuts facebook.  Une seule question se pose aujourd’hui : Quel pays voulons nous laisser à nos enfants ?  La Rédaction        

EDITO 25.02.2018



  Nièce du grand avocat Maître Vergés, fille et petite fille de politiciens militants des droits de l’Hommes, Françoise Vergès a prêté sa plume à TAKRIZ pour nous expliquer en quoi et pourquoi l’insurrection est un droit qui fait de l’Homme un citoyen conscient. Soutien inconditionnel à la libération de Georges Abdallah, elle a sourit en voyant le Président Macron se faire alpaguer dans les rues de Tunis, et elle tenait, à travers ses mots, à soutenir ceux qui encore et toujours luttent… Chaque jour, à chaque moment, quelque part, une résistance s’élève contre les conséquences de la contre-révolution menée par des dirigeants corrompus, xénophobes ou racistes, par les multinationales, la finance, l’impérialisme et le capitalisme qui présente de nouveaux défis mais nous met aussi en face de choses « vieilles comme le monde ». En effet, si les peuples font face à ce qu’ils ont toujours connu – exploitation, dépossession, prédation, vol, viol – ils sont confrontés à une accélération produite par les nouveaux besoins du capitalisme, par la précarité et la vulnérabilité accrue des peuples du Sud à cause des politiques internationales, des guerres par proxy, du changement climatique, par l’extension de l’industrie du soin et des services qui réclament des femmes raciséés. Pour imaginer de nouvelles théories, il faut écrire une nouvelle histoire, a dit Cedric Robinson, auteur de Black Marxism. Ce que font peuples, minorités, femmes, depuis des siècles, ce qu’ont fait Aimé Césaire, Frantz Fanon, Amilcar Cabral, Angela Davis et des milliers de théoricien.nes, et tant de poètes, écrivains, cinéastes, musiciens. Je ne vais que proposer ici quelques points pour contribuer à cette vaste bibliothèque de la résistance. Au 16ème siècle, l’Europe divise le monde entre vies qui comptent et vies qui ne comptent pas, entre nature à protéger et nature à exploiter. Dans leur pays, les puissances européennes disciplinent peu à peu les forces sociales qui s’opposent à la privatisation des biens communs, au servage, à l’exploitation des enfants par une répression féroce et en leur proposant de devenir des européens dont la vie s’améliorera grâce à l’asservissement de peuples, la destruction de leurs cultures, villes, savoirs, grâce à des pratiques d’appropriation et des pratiques racistes. Avec la « découverte du Nouveau Monde », l’Europe invente une nature sans coût (notion proposée par le sociologue Jason Moore), qui se reproduirait naturellement à l’infini, qui serait là pour servir ses intérêts économiques.  L’humanité (en fait le monde européen) aurait reçu l’assurance que la nature lui a été donnée pour être à son service, et si des ressources s’épuisent, il suffit d’aller plus loin. Extraction minières, déforestation, destruction de villes, accompagnent cette entreprise. Contemporaine de cette nature sans coût À cette remarque de Moore, j’ajoute la notion de travail sans coût, et qui produit aussi l’assurance qu’une source d’une main d’œuvre est à disposition, sur laquelle le droit de mort s’exerce librement, et que cette source ne se tarira pas. Après le génocide des peuples qui habitaient les Amériques et Caraïbes, les Etats d’Europe se tournent vers le continent africain et en font […]

Le droit à l’insurrection de Françoise Vergès


Avant de se ruer vers les listes et les urnes, il convient tout d’abord de savoir pourquoi on va voter ? Vous allez me répondre que c’est un devoir citoyen, qu’une Révolution a eu lieu pour que les Tunisiens puissent avoir des élections libres ? FAUX, la Révolution a eu lieu pour que plus jamais un système de privilèges ne s’installe dans le pays, or ce système est encore là. Les têtes ont changé, mais le système est le même. Une classe de nantis, issu du même cercle « wassiliste » et de nahdhaoui dirigent le pays, se nomment et se rendent services, s’assurant à tous une retraite dorée pour le moment où le pays coulera.   Alors pourquoi aller voter ? Pour équilibrer le pouvoir centraliser à Carthage  ? FAUX, et pour cela il s’uffit de lire la loi : « Article 141 : Le Haut Conseil des collectivités locales est un organisme représentatif des conseils des collectivités locales. Son siège se situe en dehors de la capitale. Le Haut Conseil des collectivités locales examine les questions relatives au développement et à l’équilibre entre les régions, et émet son avis sur les projets de loi relatifs à la planification, au budget et aux finances locales ; son Président peut être invité à assister aux délibérations de l’Assemblée des représentants du peuple. La composition et les attributions du Haut Conseil des collectivités locales sont fixées par loi. Le Haut Conseil régional ne peut qu’émettre un avis.  La municipalité, d’après la loi, n’est qu’une administration parmi d’autres, elle est rattachée au ministère de l’intérieur et n’aura donc aucun pouvoir de décision significatif. Dans son intervention du 22 janvier 2018, le ministre des Affaires locales et de l’Environnement, Riadh Mouakher, a estimé que « si tout va bien, la décentralisation prendrait 27 ans en Tunisie ». Soit 3 plans successifs de 9 ans. Êtes-vous donc  certains que votre vote va changer quelque chose ?       Voter pour un programme ? Soit imaginons que vous alliez voter pour X parce qu’il prévoit de créer un centre sportif dans lequel vous souhaitez à l’avenir y mettre vos enfants. Noble choix que le votre. Mais vous êtes vous demandé comment votre maire va financer ce projet ( si toutefois il tient sa promesse électorale, ce qui serait un miracle) ? Y a-t-il des impôts locaux en Tunisie qui assureraient l’indépendance des élus locaux financièrement ? NON  Au mieux le Maire va demander un financement aux ministères des collectivités locales ( à Tunis) et attendre….qu’on lui dise NON, faute de moyens.     Alors pourquoi ? Pour qui aller voter ? La stratégie actuellement préconisée contre Ennahdha est de voter utile. On nous explique aussi que vous contrer les partis politiques il faut voter citoyens et prioriser les listes d’indépendants. On se dispense de réfléchir au fond de l’offre politique en ne votant que pour faire barrage, on vote non pour ses convictions, mais contre ceux de l’autre. L’élu est tout sauf élu au sens propre, large, philosophique et politique […]

Boycott des municipales


En cette période électorale, le “devoir citoyen” d’aller voter se conjugue à toutes les sauces et à tous les statuts. Mais sait-on seulement ce que veut dire être citoyen ? Si on se contente de la définition donnée, être citoyen c’est avoir des devoirs et des droits au sein d’une citée donnée. Or depuis janvier 2011, on ne nous parle que de devoirs, ce que nous nous devons de faire pour aller vers un soutien inconditionnel à l’ordre imposé : celui d’aller voter pour légitimer le garant de ce dit-ordre, celui de s’engager dans le mieux-être du pays en agissant, souvent de manière bénévole, dans des actions “citoyennes” pour palier aux manquements du dit-ordre, ou celui de payer des impôts pour permettre à l’ordre de financer son assise sur le citoyen. Cercle vicieux de la soumission, premier pas d’une dictature démocratique où chacun tisse avec allégresse la corde qui lui lie les poignets, menottes faites d’exigences partagées devenues évidences, et contre lesquelles il devient impensable de lutter. Mais où est donc la clef de ces menottes ? Où sont donc nos droits de citoyens ? Où est notre droit à la santé ? Celui à l’éducation ou à l’information ? Où est notre droit à la transparence des dépenses publiques ? Notre droit au rassemblement, à la Culture ?Notre droit à une Justice équitable, notre droit d’être dans l’individualité qui est nôtre ? Sommes-nous contraints de n’être que citoyen dans le devoir d’épauler l’Ordre établi ? D’alimenter de notre soumission active ce que Rousseau appelait le “contrat social” imposé par nos politiques, d’appuyer l’intérêt général édité par Ennahdha et Nidaa, parce que ceux-ci sauraient mieux que nous-même quels sont nos besoins ? Celui qui, toujours selon Rousseau nous “oblige à être libre” ? Est-ce qu’être citoyen c’est se soumettre à la volonté du pouvoir en place, sous couvert d’un intérêt général qui ne serait en réalité que l’intérêt de l’Ordre ? Un intérêt qui leur serait « utile » comme l’était le vote qui a mené Sebsi à Carthage ? Non, car être citoyen c’est penser avant tout à l’intérêt collectif et non à celui du pouvoir qui est différent du nôtre. Être citoyen c’est informer et s’informer, car il ne peut y avoir de liberté sans conscience et que la conscience citoyenne se forge à coup de réflexion. Être citoyen c’est oser demander “pourquoi” et oser répondre “non” lorsque cela dessert intérêt général. C’est exiger que le travail pour lequel les élus sont payés soit orienté vers le mieux-être de tous ou, le cas échéant, imposer par n’importe quel moyen leur démission. Être citoyen c’est être le garant de la Démocratie à travers des actions et des plaidoyers, c’est pointer du doigt les dysfonctionnements du Pouvoir et, par n’importe quel moyen, pousser celui-ci à prendre le chemin pour lequel il a été mandaté. Être Citoyen c’est penser au collectif, car les besoins de l’autre aujourd’hui peuvent être les nôtres demain. Le Pouvoir établi est entre les mains d’Hommes non citoyens puisqu’ils […]

Qu’est-ce qu’être Citoyen ?



 Le monde des mortels a connu bien des horreurs. Tant de massacres engendrés par une espèce avide de pouvoir. Les frontières sont les preuves probantes et incontestables du mal qui a été fait, des plaies ouvertes imprégnées par le sang versé. Ce sang coule à flot à la surface de notre Terre Mère. Le petit peuple est toujours sacrifié afin d’asservir une poignée de dirigeants. En vérité, les masses sont volontairement gouvernées par des Etats voyous. Quant a l’Etat central qui occupe cette fraction de la planète, il outrage un président ni mort ni vivant. Un Etat militaire, qui au détriment du peuple, clame l’islam comme religion et bannit toute forme de liberté de pensée ou d’expression. Cependant, contre toute attente, il autorise le droit de culte qui peut-être reconnu ou non ! Cela va des humeurs de ce même Etat schizophrène, entièrement responsable du nivellement de tant de générations. En effet, ce système empêche toute forme de progression. Dans l’ambre, le combat continue au cœur de ce berceau qui maintient à flot nos vies souillées par des lois sordides, contradictoires et complètement  révoltantes. Des lois imposées à chaque citoyen et citoyenne qui n’ont aucun sou pour graisser la patte aux gros ventres qui ont usurpés ce territoire qu’ils nomment « Algérie ». Corruption, oppression et abus de pouvoir sont à l’ordre du jour sur cette partie du globe. L’Histoire des peuples Nord-africains a été ensevelie sous les débris d’une postérité raturée. Le dur  labeur de l’état vers une aliénation certaine, s’est peu à peu enraciné dans les entrailles de l’éducation des enfants de demain.     Nous évoluons discrètement sous cet air vicié. Contraints de s’identifier parfois, sans nulle hostilité manifestée. On se sent profondément terrien. Sans appartenance aucune. On existe, mais toutefois fragmenté. En agonie, face à la presque vie imposée dans un linceul de conformité. Pris au piège de nous-mêmes, où chaque concept, chaque notion à créer ou à inventer, émane de l’Homme pour l’Homme afin de dominer ou de libérer. Bien des penseurs nous ont fait vibrer et bien d’autre enrager. Des civilisations aux connaissances et aux croyances d’hier,  jusqu’aux conceptions de demain. Tant d’avancées nous ont ouverts les yeux et tant d’enseignements nous ont rendus absurdes. Si un pas vers l’avant se façonne, cent en arrière sont inéluctables pour servir l’intérêt d’une minorité impitoyable et sans pitié. Tout précepte, toute croyance, théorie ou concept ne sont que des notions qui étendent vers une appartenance quelconque. Une forme de cellule intellectuelle qui conserve notre cerveau dans un état fœtal « conscient dans l’inconscience ». La soif de domination de certain propulse d’autres sur une vague d’insurrection.     Depuis le début de l’Histoire de l’humanité, l’Homme a clairement démontré que notre espèce est le cancer qui range sa propre chair. À défaut de changement,  la nature reprendra ses droits. Car esclave de ses propres créations, il court vers sa propre destruction mais aussi, de milliers d’autres. L’urgence est universelle. La  révolution d’aujourd’hui est de RENAÎTRE, de mettre en place une  alternative toute a fait nouvelle, […]

Le cimetière des vivants, fédération anarchiste algérienne



Alors que la B.C.T. a décidé de mettre les préservatifs sur la liste des produits de seconde nécessité, nous avons décidé de vous offrir une petite histoire de la capote. Ainsi si vous avez une panne lors de vos ébats pourriez vous combler le vide avec une discussion autour du condom. Ce sont les égyptiens qui, en premier, ont décidé de couvrir leurs bites avec un étui de lin, momifiant ainsi leur pharaonique membre dans l’espoir de tenir les maladies d’Anus-bis loin de leur sexe en érection. Tout au long de l’Antiquité, où les orgies étaient monnaies courantes, nous retrouvons des représentations ma foi fortes intéressantes quant à l’utilisation de ses protections de tissus que l’on devait laver après chaque éjaculation. Mais c’est en Asie, autour du X éme siècle, que l’on va commencer à joindre l’utile à l’agréable. En Chine, le préservatif, en papier de soie, sera huilé pour pénétrer la chair offerte de nos jolies petites chattes aux yeux bridés, quant au Japon (où la taille de l’engin n’est pas connue pour être comparée à un Katana) ce sont des capotes en écailles de tortue, les Kabuta-Gata, qui seront utilisées. Ces godemichés creux, s’enfilant tantôt sur la queue tantôt sur le doigts, ajoutèrent une rigidité somme toute appréciées par les Geishas avides de plaisirs solitaires. « Demum cum coiverit ponat supra glandem et recurrat praeputium » Bravo ! vous venez de lire un extrait du premier article scientifique consacré à la capote. Si on traduit ces mots barbares de Fellope  » c’est seulement lorsqu’il aura des rapports qu’il le place sur le gland en faisant revenir le prépuce », on se demande quel est le mode d’emploi pour les verges circoncises. En velours, en lin ciré ou en boyaux d’animaux – d’où l’expression « Je veux juste que tu puisses kiffer jusqu’à l’aube, donc vas-y monte sur mon Saint Denis funk » ( NDR ah non, merde, ça c’est Joe Star, excusez nous pour cet égarement) – la fashion week du Condom a fait les beaux jours des tapis rouges des cours d’Europe. Mais comme le dis l’age « le plastique c’est fantastique », merci donc Monsieur Goodyear qui produisit la première capote en caoutchouc, suivit de Monsieur Mc Intosh dans son usine d’imperméables. Produit économique et écologique puisque lavable et réutilisable, le préservatif était garanti 5 ans. Il avait donc de longs jours devant lui ( ou de longues nuits, tout dépend comment on prend la chose). Société de consommation oblige, le préservatif va vite devenir un objet à usage unique dans un contexte où le SIDA devient le mal du siècle et où tout comme en Tunisie, aimer peut être fatal ( non non nous ne reviendrons pas sur l’affaire du bisou)  » Gant de vénus »  chez Shakespeare, ou  » sac à peau de Venise » pour le Marquis de Sade, les métaphores ont jalonné les ébats littéraires et ont fait le tour du monde « capotes anglaises », « frensh letters » ou « Der Pariser », des lits adultères. Cependant de toutes les expressions qui ilustres ces quelques […]

La petite Histoire du préservatif



Parce que la Tunisie est au bord de la faillite. Parce que les tunisiens ne mangent plus à leur faim. Parce que le pays est gouverné par des séniles et des incompétents. Parce que la reconstruction du pays sera plus dure si on laisse faire. Pour toutes ces raisons , nous appelons à la désobéissance civile . La désobéissance, comme acte public non violent décidé en conscience, contre les lois imposées par le gouvernement tunisien s’impose aujourd’hui, nous appelons à une insurrection pacifique des consciences, c’est à dire la non soumission au modèle qui nous est imposé par un gouvernement bâtard composé d’obscurantistes et de pseudo progressistes. L’Histoire de la Tunisie est là pour nous apprendre que tous les gouvernements se ressemblent et se valent. Le Tunisien ne s’est jamais hissé au rang de citoyen. Au fond toujours les mêmes procédés, la même injustice sociale, le même régionalisme, les mêmes politiques économiques, et toujours les mêmes têtes au sommet de l’État. Nous voulons la dignité, comme l’a voulue notre première révolution,  c’est à dire la valeur publique qui doit lui être conférée par la République. Nous voulons la dignité et nous croyons son existence incompatible avec le pouvoir tunisien en place, qui s’est « réconcilié » avec nos bourreaux d’hier et les éternelles forces de l’obscurantisme.   Arrêtons de lutter contre toutes ces lois  qu’ils nous imposent, et dégageons les définitivement.   Le temps n’est plus à la parole mais à l’action.   Le pouvoir est entre nos mains, notre responsabilité citoyenne ne peut se limiter à mettre un bulletin dans l’urne, on ne peut laisser notre pays à la dérive, il faut agir avant qu’il ne soit trop tard : Qu’est ce qu’on attend ?    Waterman

Edito 14.01.2018


Je pense que je suis arrivée à un point de dégoût et de mépris envers ceux qui ne veulent toujours pas nous écouter et sont encore obstinés à nous écraser, que je n’ai plus mais alors là, plus du tout la moindre envie d’argumenter ou d’expliquer mes propos. Autrement dit, fhemetou wala yedekom ! C’est bon ! Basta ! On s’en fout royalement et on vous emmerde en long et en large ! Vous savez quoi ? Nous n’allons plus attendre vos soutiens ni vos  approbations ! Et vous savez quoi ? Crevez ! Ça sera mieux ! Et en silence aman ! Assez de chialer pour des bourdes dont vous êtes les premiers responsables !  Crevez ! Ça sera votre seul vrai sacrifice aux générations futures ! Je suis sérieuse rahou, nous ne voulons plus, mais plus jamais nous voudrions continuer à débattre avec vous, sourds, connards, têtus et trouillards. Oui vous qui nous avez gavés de  » La démocratie « ,  » La constitution »,  » La transition politique « ,  » Le gouvernement d’union nationale « ,  » le consensus mon cul « ,  » La réforme de l’intérieur « ,  » La résistance civique « .  Et quand on vous dit, ils vont nous enculer, vous répondez en balbutiant : Mais elle serait quoi l’alternative ?! Nous n’avons pas le choix ! Vous fermez les yeux et le coeur et vous vous obstinez à rester dans vos repères de perdants et de looser !  Eh bien, l’alternative est que je vous emmerde tous car vous n’allez, de toute façon, pas comprendre. Nous vous avons appelé à soutenir le peuple. Au lieu de ça, vous avez soutenu les partis politiques. Nous vous avons prié de maintenir la pression pour réformer la police, la justice, l’économie, l’éducation, l’environnement … par le terrain et le travail collectif. Vous avez préféré les cafés politiques enfermés à huit-clos à théoriser sur la révolution et à rédiger des manifestes politiques dont personne, à part vous, pourrait deviner l’utilité. Nous vous avons déclaré notre amour de la révolution ! Vous nous avez jeté les pierres de la transition politique ! On vous a tendu la main quand nous avons occupé le Bardo pour sauver ce qui reste à sauver. Vous nous avez tourné le dos sous prétexte de l’urgence vitale d’expulser les islamistes du pouvoir. Et vous avez fait quoi après ? Vous avez troqué notre révolution contre votre passé puant à l’image de vos idéaux moisis.   Nous vous avons pardonné ! Nous vous avons rappeler la Rue et les exigences de s’organiser autrement et sans hérarchie et individualisme. Vous vous êtes moqués de nous ! Vous nous avez traité de révolutionnistes et d’adolescents qui n’ont pas les pieds sur terre ! Et encore une fois, nous vous avons donné une leçon de discipline, d’horizontalité, d’engagement désintéressé et de dévouement infaillible aux revendications révolutionnaires ! #ManichMsamah en est le parfait exemple ! Et vous ? Qu’avez vous fait pour sauver la révolution? Bande de trouillards, de conservateurs, de dogmatiques, […]

#FechNestanew #Mkarza : le dernier coup de gueule !  


Tout le monde le sait, le premier ambassadeur d’un pays à l’étranger est l’Artiste. Quelle plus belle vitrine que l’Art dans toute sa splendeur. Tout le monde le sait, oui, tout le monde sauf l’ambassadeur, son excellence Monsieur Poivre d’Arvor, qui était sans doute trop occupé à monter sur les dromadaires de la brigade saharienne.  Aaaah sacré chameau cet Olivier ! Nous sommes et resterons un pays du tiers monde tant que nos artistes seront traités avec autant de mépris. Skander Beldi, alias Flask est un jeune artiste tunisien. Designer-produit, caricaturiste, créateur, peintre, ce touche à tout, boulimique de travail, a préparé ses valises pour se rendre au vernissage de son exposition parisienne à la Fondation de la Maison de Tunisie. Ces petites nénettes des années 80, punk à souhait, se faisaient une joie de faire du shopping avec leur papa, et de choisir leur petites tenues sexy ( qui d’ailleurs ont fait l’objet d’une censure sur mosaïque FM). Oui mais voilà, si les œuvres ont été accueillies à bras ouvert, ce fût à bras d’honneur que l’artiste se vit refuser l’accès à son vernissage, et à bras le corps qu’il tenta de trouver une solution à cette situation plus qu’humiliante, tant pour lui que pour la Tunisie. Skander Beldi, ses valises et ses crayons à la main, a tout essayé pour obtenir le visa d’entrée à sa propre exposition. Il a pris contact avec TLS , prestataire de service qui « recueille pour le compte des autorités françaises, les demandes de visas » un peu partout au Maghreb, et il lui a été répondu que ces derniers ne pouvaient rien faire et par un courrier standard lui expliquaient qu’il devait attendre pour obtenir un rendez-vous. Soit peu importe, il va contacter la Fondation de la maison de la Tunisie : renvoyé vers TLS. Appeler l’institut français de coopération « allez voir TSL ». TLS, TLS, TLS mais qui sont ces gourous qui décident si oui ou non un artiste à le droit de participer en temps et en heure à un événement auquel il est convié, son événement de surcroit ?  Le 28 juin dernier, l’ambassade de France en Algérie a mis fin au contrat avec TSL suite à la gronde des usagers, à quand un changement de prestataire pour la Tunisie ? Au final Skander Beldi a regardé l’inauguration de son vernissage par le biais d’une vidéo postée sur FB, bien installé sur son canapé Tunisien. Toutes ces nénettes étaient à Paris, en train de faire la fête, orphelines mais applaudies. Restait à coté de lui sa fille chérie, poupée qui fait  » non non non non non », un peu comme TLS. Fort heureusement, Skander Beldi prend avec beaucoup de distance cette mésaventure et répond, sur TAKRIZ magazine avec beaucoup d’humour que au final, c’est pas lui qui a raté quelque chose, mais bien les français  !

Artiste ? va te rhabiller !



Napoléon avait qualifié Talleyrand (Noble de Naissance, Prêtre et ecclésiastique de formation, révolutionnaire en 1789 et député de la constituante, Ministre sous Napoléon, et Président du gouvernement à la restauration de la royauté) de « tas de merde dans un bas de soie » Quel rapport avec nos politiciens de la Tunisie post révolutionnaire me direz-vous ? Et bien il suffit de regarder et de voir que l’ensemble de nos politiciens pour voir qu’ils sont aussi opportunistes que Talleyrand …. Nous sommes gouvernés par des tas de merde dans un bas de soie : Des intégristes islamopithèques ont su accaparer tous les rouages de l’état et retourner leur vestes pour s’accrocher au pouvoir en faisant des pseudo-concessions sur leurs principes charia-istes… en donnant à la société civiles des miettes de libertés et en imposant en catimini un mode de vie axé sur la sacro-sainte morale arabo-musulmane… sans oublier de servir leurs propres intérêts (pécuniaires) avec un enrichissement qui laisse rêveur … Capitalisme rime avec islamisme, « qatarisme » et « turkisme » … Une gauche décapitée à la mort de Chokri Belaid qui s’embourgeoise et se disperse comme en témoigne le relooking Brushingué de la poupée qui ne sait que dire « Non » .. Le mari de l’autre. Un recyclage des anciens RCD qui sont devenus subitement de vrais révolutionnaires sous la conduite d’un commis de l’état bourguibien et benaliste… apparemment ce parti a su récupérer toute l’ivraie et laisser le bon grain …. Et nous voilà, pauvre peuple, en 2018, pressé comme des citrons par une fiscalité oppressante et tondus par une inflation galopante … Nous voilà en train de payer le train de vie du gouvernement et des gouvernants qui lui ne se sent pas concerné par la crise… l’austérité, non mais !!!? il y a le prestige de l’état à maintenir …. Nous voilà en train de rembourser via nous impôts, les dettes du pays contractées depuis 2011 … Nous voilà en train de payer les 200 000 emplois fictifs créés par la troïka islamopithèque … Nous avons les dirigeants que l’on mérite (me direz-vous)… Mais savions nous que nous allions trouver de la Merde dans le bas de soie de la révolution de la brouette ?   Le Grand Masturbateur TAkRIZ  

« De la merde dans un bas de soie »



Avant toute chose, nous voulions remercier tous nos lecteurs et les amis de Takriz qui ont contribué anonymes ou pas au site. Nous leur souhaitons une très bonne année en espérant que le « takriz » diminuera, surtout chez les jeunes tunisiens.   C’est ainsi que nous avions commencé notre édito en décembre 2002, ainsi que nous l’avions commencé en décembre 2009… Nous voilà aujourd’hui en 2018, 20 ans se sont écoulés depuis que TAKRIZ a jeté sur la société, la politique et le net tunisien son premier pavé. Nous sommes en 2018, et le TYREX du net tunisien s’est une fois de plus réveillé sous les coups répétés de l’injustice et de l’oppression. Durant ces 20 années, nous avons vécu, tour à tour, 10 années de censures, 3 années de lutte acharnée qui ont mené vers le départ de Ben Ali, et vers ces 7 dernières années de désillusion. Dans une Tunisie, restée au temps du jurassique, nous avons connu la prison, la torture, l’espoir d’une Révolution aujourd’hui volée et d’un rêve de liberté confisqué par les dinosaures édentés de la politique. Mais nous nous réveillions pour crier notre étouffement ! En écrivant ces mots, j’ai une pensée pour mon compagnon de route, Foetus, qui, d’où il est, veille :  » Le Tyrex est de nouveau lâché, plus rien ne vas l’arrêter, tu verras, tu seras fier de nous ! Ceux de 98 sont là aussi, y’a Ptyx  et Corsai!re qui reprennent le navire. » J’ai également une pensée pour toi Zou. Oui, je sais, les tunisiens aiment à t’appeler « Ettounsi », mais pour moi, tu resteras « ZOU » à jamais. Paix à ton âme l’ami Zouhair, si TAKRIZ est encore vivant, c’est aussi pour toi, pour qu’à jamais tu restes ancré dans la mémoire des internautes, et dans le coeur des tiens. En écrivant ces mots, mes pensées s’envolent vers tant de choses: colère, tristesse, envie et rage…tout se bouscule. Je n’y arrive pas, c’est trop d’émotions pour moi. Alors je dirai juste : A Vous  A ceux qui sont morts A ceux qui veulent vivre A ceux qui espèrent A ceux qui crèvent A ceux qui rêvent     Waterman

Édito 20 ans



Ne tournons pas autour du pot : je suis contre la liberté d’expression. La liberté d’expression, ce n’est pas du tout dans nos traditions, c’est nul, ça fait de la peine et ça ne sert à rien. L’être humain vit beaucoup mieux sans. Depuis qu’on a inventé ce truc, les gens s’expriment sans cesse, à tort et à travers. Et pour quel profit ? Quel résultat ? Franchement, vous trouvez que la condition humaine s’est améliorée ? Depuis qu’on a le droit de parler, on a avancé en matière de connaissance de la Vérité ? Non, Michel Foucault l’a dit avant moi, à chaque fois que l’on emploie un mot, on trahit la chose qu’il désigne. La parole est douloureusement imprécise, vague, réductrice. À bas l’expression en toute liberté ! Vive le silence, et vive la parole contrainte, aliénée, opprimée. Au moins, avec cette parole là, on sait à quoi s’en tenir : elle est fausse et dangereuse, mais elle ne raconte pas partout qu’elle apportera son salut à l’humanité. Je distinguerais deux catégories de personnes à qui la liberté d’expression cause des torts considérables : d’une part, il y a ceux qui parlent, librement donc, sans réfléchir. Ils sont terribles, ceux-là. Vous les connaissez, ils disent n’importe quoi, sur n’importe quoi, et en général ça dure longtemps. En plus, depuis le début du Vingt et unième siècle, ils ont Facebook, Instagram et tout un tas de merveilles qui permet à leur expression libre de s’épanouir et de résonner au-delà du cercle de leurs intimes. Et puis, il y a ceux qui réfléchissent avant de s’exprimer. Ceux-là, qui sont sans doute minoritaires, sont encore pires. Ils passent leur vie à se demander ce qu’ils pensent et ce qu’ils ressentent. Toujours à l’écoute de leur voix intérieure, ils alimentent la machine à produire du blabla. Quelle perte de temps. Pourquoi les gens s’expriment-ils ? Pourquoi ne gardent-ils pas leurs impressions et leurs opinions pour eux ? Je sais que vous pensez que je plaisante, que je fais l’intéressant. Après tout, je fais des films, et en plus on dit que ce sont des films « d’expression personnelle ». J’ai réalisé Le Fil, qui est vraiment un film libre dans son expression. Et puis Je ne suis pas mort, pareil, et L’Amour des hommes, je ne vous parle même pas de la liberté d’expression qu’il y a dans L’Amour des hommes. C’est vrai. Je bats ma coulpe. La vérité, je vous l’avoue, c’est que je cherche à atteindre un idéal de cinéma sans aucune liberté dans l’expression, et je n’y parviens pas pour le moment. J’essaierai encore. Un jour, je le sais, j’arriverai à faire un film qui n’exprimera rien du tout. Ce jour-là, je crois, j’espère, je serai remarqué à Hollywood. Joyeux anniversaire à TAKRIZ qui a fait beaucoup pour la liberté d’expression en Tunisie ( en croyant bien faire, je crois). Mehdi Ben Attia  

Liberté d’expression par Mehdi Ben Attia


                                                         « Joyeux anniversaire takri-Z »   Je ne suis pas le seul, à sentir en ce moment plus que jamais, la fin approcher… Au bout de 7ans de Révolution, la boucle semble vouloir se boucler. Les jeux sont presque faits. La machine infernale affiche un bouton « ON » et on attend juste le doigt de celui qui va appuyer en premier. 7ans, car il fallait bien que ce soit sous le signe du sept de Zaba, que les mauvais et les « mauveux » se passent discrètement le mot. Cette congrégation s’est enrichie de l’ennemi d’hier, Zaballah qui participe désormais au festin, et qui compte le moment venu, avec toute la bande réunie, lapider, massacrer, et se débarrasser une bonne fois pour toute de cette salope de Révolution. Alors qui va appuyer en premier ? Je veux croire encore, comme sous Ben Ali, que la plume, le verbe et le rire auront raison de la machine. Alors, comment ne pas voir la renaissance de Takriz en ce moment trouble de l’Histoire, comme un signe inespéré et un clin d’œil de Boukornine. Et comment moi, modestement moi Z, qui a été biberonné au lait de Takriz, il y a 20 ans, pourrait rester indifférent à cet appel du ventre. Takriz m’avait aussi ouvert ses colonnes et c’est sous ma première plume anonyme de PTYX, que j’avais rédigé mes premiers coups de gueule. Que ce 20ième anniversaire de la naissance de Takriz, soit le catalyseur de la nouvelle guerre que nous déclencherons contre la machine. Aux anciens et aux anciennes, ceux et celles qui sont rentrés dans les rangs, ceux et celles qui de guerre lasse ont abandonné la lutte, c’est le moment ou jamais de rependre le e-maquis !

Clin d’oeil de Z pour les 20 ans de sa ...


Que dire lorsque l’on a rien à dire ? Que cette question me tombe fatalement dessus à propos de cette Tunisie bien aimée dont je conte tant et tant de fois depuis notre première rencontre en 2010 non pas les mérites- ils vont de soi- mais les injustices –elles ne vont pas de soi- n’est pas la conséquence que trop de mots ont été dits. Non. Tout- ou presque- pourtant a été formulé depuis 7 ans maintenant. Des théories qui verraient la main de forces crypto-américaines occultes derrière la chère Révolution à ceux qui pourfendaient la Troïka comme responsable des maux de la Tunisie depuis au moins la fin du monde ottoman (« Non non je vous assure Ben Jaafar n’a pas participé aux accords de Sykes-Picot » « Qu’est-ce que vous en savez l’islamo-gauchiss- avec deux S- vous vous ne vous rendez pas cooompte – avec trois O- de ce qu’ILS –en majuscule- font ? »), mes oreilles ont dû faire un tri héroïque de ce qui remontait au cerveau. Les palmes de la mauvaise foi étant remportées de main de maître par certains depuis Paris, il ne faut voir dans ma phrase précédente aucune pique à l’adresse de certains des meilleurs esprits de la banlieue nord de Tunis. La densité du commentaire post-révolutionnaire atteignant la couche d’ozone par concentration de forces contraires dans un espace pourtant réduit, poser une caméra revenait à créer un espace de respiration, de réorganisation possible et momentanée de ma pensée dans les chutes d’un évènement . Et surtout déjà percevoir que la lutte serait une course à l’épuisement. Voilà, c’est cela n’avoir rien à dire : commencé à être rattrapé dans la course à l’épuisement. D’une pensée qui tente de réorganiser le trop-plein du présent en 2011, me voici devenu entretemps un œil qui cherche en 2017 chez ses contemporains en Tunisie ce qui s’est peu à peu, sans que je n’y prenne suffisamment garde, ré-enfouit. Un peu comme regarder un poste de télévision éteint sous un portrait de BCE alors que la rue gronde d’un silence bruyant, et me demander quand j’aurai l’envie d’aller ouvrir la fenêtre pour écouter ce qui se passe dehors. Alors voilà, il me faut maintenant poser ma caméra dehors, filmer ce que je ne vois pas, le présent. Et attendre que l’image de l’avenir s’y incarne, un peu à la manière d’une photo dans son bain révélateur, et dont chaque touche se dessine bien avant de se compléter. Bref, j’observe, mais aujourd’hui je n’ai rien à dire.

Que dire quand on n’a rien à dire ?



    في التسعينات، كانت فمة قصة مصورة مصرية (أو كوميكس كيما يقولو غادي) إسمها « المواطن المطحون ». السيد هذا وضعيتو تالمون منيكة أصل، ولى يشبه لهيكل عظمي، ما عندوش معدة ومرمدينو في الخدمة وفي الشارع وفي حياتو الشخصية. هالمواطن المطحون هذا هو توصيف باهي ودقيق للمواطنين اللي عايشين ديكتاتورية. كتونسي كان يعاني من الديكتاتورية، مشكلة المواطنين المطحونين كانت أساسية عندي، خاطر المطحون ما يتكلّمش على حقو، المطحون بسهولة يولّي طحان والخليط يخلي صاحب الطاحونة أو زميمهم (الطحانة) عاملو بشرعو وينيك في البلاد والعباد.   فلسفيا، إنجمو نتسائلو :   من هم ؟ من وراءهم وماهي أهدافهم ؟ شكون جاء قبل ؟ المطحون والطحان وإلا زميمهم ؟ وهل أنو المطحون مسؤول على الوضعية متاعو وهل أن يستاهل الشلابق والبزق اللي ينيك فيهم كل نهار وهو يكشّخ ؟   المطحون زوز أنواع سيدي خويا. المطحون الأول هو مطحون جاهل، موش بمعنى سبّة، لكن بمعنى أنو ما يعرفش. المطحون ما يعرفش اللي البوليس ما عندوش الحق يدخلو زوز صوابع خاطر رشقتلو في العشية معد كاس نعناع أخضر. المطحون ما يعرفش اللي عرفو في الخدمة ما عندوش الحق يحل سروالو عليه ويتبول عليه بالواقفة منغير حتى سبب. المطحون هذا عادة ما يقلب العنف والتمرميد اللي هابط على ظهرو في مجالات أخرى ما عندها حتى علاقة بالمجال اللي يهز فيه في العصبة يوميا. مثلا، المطحون تلقاه مغروم بالكورة للطولة، ويكره أي جمهور موش تابعو، وتنجم تبدل الكورة بالدين مثلا، ويولي يكره جمهور الشيعة، وكيف يفد يتعدى يولي يحاول يطحن في مواطنين مطحونين أخرين، عادة ما يكونو مواطنات مطحونة، فيهبط على مرتو بالضرب، ويمرمد أختو خاطرها ممكن عندها صاحبا أما ياخو المصروف من عندها وهات من هاك اللاوي. المواطن المطحون موش عارف ربي وين مدّيه، وخاصة ما يعرفش اللي موش كان هو مطحون، هذاكا علاش ما يخممش حتى نهار باش يتلم مع مطحونين اخرين باش يوقفو زميم الطحانة عند حدّو.   المواطن المطحون من الصنف الثاني هو الصنف الخطير. هو الصنف اللي تالمون تشبّع بقيم الطحين والتكربيس وفهم اللي عادة ما المطحونين يبلّعو أفامهم وموش فاهمين أنهم هوما الأغلبية، هاذم يولي كيما يقولو الاخوة التروتسكيين « كومبرادور » ولا في أمريكا « الزنوج المناصرين للعبيد ». يعني، في عوض أنهم يفيقو على وضعهم، دورهم الأساسي يولّي أساسا إقناع المطحونين الأصليين أنو ما ينجموش يحسنو حالتهم، أنو « ليس بالإمكان أحسن مما كان »، و »ربي باش يعوضلهم على التمرميد »، أو المقارنات الفاشلة من نوع شوف الصومال ومسلمي بورما وإسكيمو دوز وإحمد ربي على ما عطاك. طبعا زادة فمة منطق التخويف والترهيب من أي محاولة تغيير، « رد بالك فلان توزّر » ولا « هذاكا تبعث وراء الشمس » خاطر تكلّم وفضح المستور، وإلا منطق « خلي أهل البلاء في البلاء ». المطحونين هاذم برتبة طحان مستقبلي باش تلقاهم زادة مع أي فكرة « عامة أو سائدة » كيما الإعدام وحق البوليسية في ضرب المجمرين وضد المثلية وضد وضد وضد. هدف المطحون هو أنو يولي طحان وأنو زميم الطحان يحسسو أن يفرق على المطحون العادي وأنو الطحين متاعو وصّلو باش يرتقي في سلّم الطحين.   نوصلو توة للختام والجواب على السؤال : أش نعملو مع دين ربّهم ؟ بالنسبة للمطحون الأول فالحل واضح : نيك حطلو أمبولة ضو في عينيه، عيّط عليه في أي فرصة، أقرصو من أحناكو (باش ما نقولوش بلاصة […]

ولا تقربوا المطاحن ما ظهر منها وما بطن


  Pour un parfait comploteur machiavélique super-puissant et capable de manipuler le monde entier, il n’y a rien de plus facile, ni de plus compliqué que de renverser un dictateur aussi insignifiant que zaba. Ah ! je le dis tout de suite : pour renverser zaba, un bon coup d’Etat classique, à l’ancienne, avec une équipe restreinte et une exécution rapide et furtive, aurait largement suffi. Mais pour les fayots du régime, qui continuent à porter la farine alors qu’il n’y a plus de blénali, c’est impossible que le gars dans lequel ils avaient misé leur froc et leur cul pouvait sauter en un mois comme un vulgaire l’un d’eux. Pour eux, c’est impossible qu’ils soient aussi nuls et que tout leur saute à la gueule sans rien voir venir, voire il se pourrait qu’ils aient été les idiots utiles de leur propre farce. Alors ils inventent une explication des débiles qu’ils sont : le complot selon leur dissonance cognitive de misérables lèches-trous-du-cul c’est un coup en 325 bandes sur 10 millions de boules et sans faire tomber la noire en même temps que la blanche. Voilà : le comploteur machiavélique super-puissant pouvait très bien allonger quelques zéros à une bande d’opportunistes parmi les chiens qui tournaient autour de leur clébard-en-chef et ça aurait très bien fonctionné. Mais il a préféré se dire : « Tiens ! Et si je faisais plutôt un plan complètement WTF qui pouvait foirer sur un rien et qui, s’il réussit, fera de la Tunisie une démocratie ? » Ah oui, Parce qu’en plus, c’est bien connu, les comploteurs adorent les démocraties et détestent les dictatures et régimes mafieux et crapuleux qui concentrent les pouvoirs dans une seule main de marionnettiste. Sérieux ! Un citoyen à Sidi-Bouzid se met le feu, son clan se vénère et déboule tout niquer. Les clans autour, qui sont tout aussi véners, se mettent à tout niquer aussi. Et comme il n’y a rien à niquer dans ce bled, à part le régime, alors c’est le régime qui se fait niquer. Forcément, zaba, qui ne veut pas que son régime se fasse niquer, envoie ses zombies en riposte et raconte à qui veut le croire qu’il combat des terroristes. Mais comme ces terroristes n’ont pas la gueule de terroristes et que tout le monde a vu ça sur facebook, alors les régions proches, qui sont aussi remontées, déboulent tout niquer, toujours forcément le régime, vu qu’il y a toujours rien dans ces zones-là à part ça. Alors zaba se croit malin et envoie plus de zombies et continue à raconter des conneries que seuls ses fayots continuent de gober, croyant qu’à force d’y croire ça allait devenir vrai. Et vu qu’ils gobaient ses conneries et qu’il lui disaient merci, zaba a cru en retour que ça roulait pour lui. Du coup ça se vénère encore plus en Tunisie et encore plus partout. La boule de neige qui rase tout sur son passage devient de plus en plus grosse et atteint les régions […]

C’est l’histoire d’une boule qui devenait de plus en plus ...


Artiste reconnue, vous figurez comme une figure libre de la jeunesse tunisienne, c’est également ce que représente Aziza dans le film TUNIS BY NIGHT. Pensez vous que la Tunisie post 14 janvier est une Tunisie libre ? La Tunisie post 14 janvier est sans doute plus libre que celle d’avant. Cette liberté est encore fragile, d’autant plus intimidée par un contexte de crise socio-économique et d’une pression émanant de la divergence des projets sociétaux existants au sein de la société comme au sein de la classe politique. Le retour des vieilles pratiques est très inquiétant surtout qu’il est accompagné par la présence de certaines figures du passé avec presque autant de pouvoir qu’avant. Il est fort probable que tout cela soit un passage obligé, nous sommes des funambules traversants ce fil fin et coupant mais il faut bien arriver a bon port, enfin il faut y croire, et puis vous êtes là !   Que pensez vous de la hausse de 6% sur les produits culturels prévue par la loi finance 2018 ? Honnêtement en ce qui concerne la hausse sur les produits culturels, je n’arrive pas à me faire un avis « juste ». Car nous ne sommes pas à ça près, le chantier des reformes culturelles est bien plus complexes. En Tunisie, nous les artistes, nous n’avons pas de statuts, pas d’assurance et pas d’institutions qui permettent une paie ou un travail régulier. Partout dans le monde, être artiste c’est se confronter perpétuellement à cette précarité ( faire un saut dans le vide et accepter des hauts très hauts et des bas très très bas), vous imaginez ce que cela peut être en Tunisie ? La production artistique est organiquement liée aux subventions de l’État et n’est pas sur le point de devenir autonome. La culture est encore centralisée (ce chapitre à lui seul nécessite des pages) et en considérant la situation économique, la culture (cinéma théâtre danse arts plastiques…) est sans doute en ce moment un luxe qu’une grande partie des tunisiens ne peut pas se permettre. Le retour de TAKRIZ va également se faire sur la scène politique. Si nous vous nommions ministre de la Culture, quelle serait votre première réforme ? Je ne pense pas un jour être intéressée par ce poste mais si jamais vous me le proposez, la première reforme serait de trouver, créer, inventer, des fonds pour remettre les théâtres et les cinémas a Tunis et en région dans un état correcte (ou les créer la où ils n’existent pas) pour accueillir des spectacles et des films et ainsi, pousser à une production régulière et rentable (avec une billetterie soutenue par l’État pour les plus démunis, je n’invente rien hein!). Il faut faire travailler de manière plus importante les gens de la culture et faire parvenir cette culture partout en Tunisie, avec un vrai réseau de distribution nationale et un vrai accompagnement des projets culturels, jusqu’au moment ou ça joue devant un public. La culture doit être représentée partout dans de bonnes conditions. Je […]

Amira Chebli se confie à TAKRIZ



De France 2  à Arte en passant par CNN, RFI ou TV5 monde, William Irigoyen est un nom que l’on ne présente plus dans le milieu du journalisme. Il dépose ses mots, toujours très justes, sur de nombreux journaux : Le Monde diplomatique, L’Orient littéraire, La Cité... Mais William Irigoyen est également écrivain, on lui doit Jeter le JT – Réfléchir à 20h est-il possible, aux éditions François Bourin, où il dit rêver d’ « une sorte de Vatican II de la grand-messe télévisée ».  Lorsque nous lui avons proposé d’écrire pour TAKRIZ, il a été prudent, mais son volontarisme a fini par prendre le dessus sur toutes les questions qu’il a pu se poser. Le voici donc sur TAKRIZ magazine. C’était le 14 janvier 2011. Ce jour-là, la Tunisie tournait une page de son histoire. Sous la pression du mouvement de contestation populaire qui avait débuté quelques mois plus tôt à Sidi Bouzid le président d’alors, Zine el-Abidine Ben Ali, quittait la scène politique. Après vingt-trois ans de règne musclé, l’autocrate déchu prenait la fuite avec sa femme. Direction : l’Arabie Saoudite. Bien que me trouvant à distance de notre voisin méditerranéen, j’ai vécu tout cela en direct. Le soir même, en effet, je présentais Arte Info, rendez-vous quotidien d’actualité sur la chaîne franco-allemande. Moncef Marzouki, qui allait bientôt devenir numéro un de son pays d’origine, était alors en duplex de son exil français. En lien permanent avec sa patrie, il nous fît le récit des événements. Nous avions prévu trois minutes d’entretien. La discussion dura bien plus. Grâce à cet envoyé spécial – qui n’en était pas un – nous avions l’impression, nous autres Français et Allemands, d’être auprès des Tunisiens, ceux-là même qui, disait-on, avaient été les premiers à vouloir emporter le monde arabe vers un printemps radieux. Nous sentions l’ivresse démocratique d’un peuple qui exigeait des changements profonds, des conditions d’existence plus décentes, une vie meilleure en somme. Sept ans après, une question se pose. Tout cela est-il arrivé ? N’étant pas un spécialiste de ce pays, je laisse à d’autres le soin de répondre. Takriz a sa petite idée là-dessus. Mais peut-il l’exprimer ? Jusqu’à il y a peu, je l’avoue, je ne connaissais pas ce webzine, porté semble-t-il par des maquisards de la liberté. Par la grâce des réseaux sociaux, voilà qu’un beau jour, je reçois une proposition d’écrire ces quelques lignes. Un honneur pour le journaliste apprenant l’arabe que je suis, qui plus est fils d’un pied-noir ayant vécu une partie de sa vie à Sfax. Mais un honneur auquel je réponds par la prudence. Suis-je bien sûr de savoir où je mets les pieds ? Mon interlocutrice me rassure, m’envoie des articles et des liens internet. Les recoupant avec mes propres informations je juge par moi-même. Cette prudence, je la revendique. Il ne faut jamais foncer, tête baissée. Je regarde donc, tente d’en apprendre encore sur ce média mystérieux. Il est peut-être question, lis-je sur le net, que certaines personnes liées à Takriz jouent, à l’avenir, un […]

Takriz de nouveau à l’abordage par William Irigoyen


Il fut un temps où le peuple avait soif de Liberté et de Dignité. Aujourd’hui il se contente de boire la pisse que lui servent les médias numériques. Une pisse contaminée par une absence totale de travail d’investigation et par une autocensure de ces même médias qui tremblent devant l’éventualité d’une condamnation. Big Brother is watching you, et si il est Orwell moins le quart au pays de l’info, l’État d’urgence se charge d’égrainer le temps dans le sablier du tribunal militaire. La Presse s’empresse de se bâillonner elle-même dans un exercice BDSM de bondage où les liens se partagent et se likent dans l’anti-chambre du Donjon Facebook. Soumis à son maître, le 4eme pouvoir n’existe pas en Tunisie. Ne se donne à la lecture qu’un semblant de journalisme qui se contente d’écarter ses lignes pour offrir des informations décongelées : un titre, racoleur, comme une pute sur le trottoir du net, et un contenu, aussi vide que les couilles d’un retraité après une heure de branlette. Facebook est devenu le centre névralgique de ce que nous consommons jusqu’à l’indigestion : un fast-food, au menu duquel sont proposés selfies mégalo et statuts d’intello. On copie, on consomme, et on colle, on se gave comme une oie, bien loin du Capitole : rien n’est digéré. Nos doigts, souillés par ce touché anal médiatique, s’engouffrent au fond de notre gorge pour nous aider à vomir l’information que nous resservons à notre tour aux 5000 amis qui applaudissent devant cet exploit culinaire et littéraire : de la merde ! On nous sert de la merde et nous nous en nourrissons avec une boulimie scatophile, heureux de cette liberté nouvelle qui nous a été donnée à grandes mares de sang. Mais après tout qu’est ce que la vie de plus de 300 personne devant le plaisir de manger goulûment les excréments numériques de ces milliers d’incontinents rectaux au sphincter défoncé par la connerie ambiante. Nourriture spirituelle au goût de fumier politique, composte où se mêlent jasmin fané et cadavres en décomposition, dans le jardin d’une révolution violée.    Tite souris TAkRIZ

Indigestion médiatique


Je suis énervé J’ai perdu mon arme Ma camera de poing Le jour où j’ai rejoint Par mes poèmes sans point Les 20 ans des révoltés Est-ce juste un hasard Ou bien le prix d’être fêtard Vivre le noir et agiter tard Big Brother n’a pas de répit Et il ne fait pas dans l’oubli Plus rien à perdre Ramassons nos histoires L’Utopie reste le seul chemin !     MACH 26.12.2017

Les 20 ans des révoltés par Mahmoud Chalbi



    "Je suis donc par principe heureux d'apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l'heure actuelle, est trop peu présent sur la place.   Je suis attaché à la liberté de penser et de s’exprimer. Même si j’avais des réserves quant au contenu de certaines paroles, j’applaudis toujours à leur présence, pour autant qu’elles soient sincères et favorables à la révolution; Je suis donc par principe heureux d’apprendre le retour de TAKRIZ sur la scène publique, et je lui souhaite une vie longue, remplie de débats, pleine de bruits et de cet esprit irrévérencieux qui, à l’heure actuelle, est trop peu présent sur la place. Vous exprimerez sans doute des positions avec lesquelles je ne serai pas toujours d’accord. Mais, comme j’ai eu l’occasion de le dire, je serai toujours avec la liberté d’expression et de débat, contre toutes les limitations qu’on voudra y mettre . Je renouvelle donc mon souhait de longue vie à votre site, le suivrai avec intérêt, et, si cela se présente, je n’hésiterais pas à y apporter des contributions, en vous autorisant par avance à reproduire tout ou une partie de se que j’ai pu publier ou de ce que je pourrais produire dans l’avenir. Gilbert Naccache

Gilbert Naccache pour Takriz


Qui n’a pas rêvé d’épouser une jeune vierge effarouchée qui aura attendu, dans la frustration de ses longues nuits d’hiver, que vous déboursiez des dizaines de milliers de dinars en fêtes pompeuses et offrandes nuptiales pour vous céder le Sacré Graal de son Hymen encore intact. Cela fait cher le centimètre carré de membrane, mais peu importe, vous aurez l’honneur d’avoir été le premier (surement pas le dernier) à avoir eu avec elle une pénétration vaginale. En ce qui concerne les autres types de pénétrations, les voix du Seigneur vous resterons impénétrables. Car si votre dulcinée s’est faite défoncée le cul sur la banquette arrière d’une voiture de location, vous n’en saurez jamais rien, et ce malgré tous les crédits bancaires que vous allez pouvoir contracter pour acheter sa virginité. C’est qu’elle est rusée la garce, et vous bien crédule par la même occasion, elle avait prévu le coup (de bite) et s’était assurée son image de « bent 3ayla » en acceptant de ne donner que son fessier dans l’attente de l’anneau marital. La bouche pleine du foutre de la veille, elle a crié son douloureux plaisir à son premier amour, (pas assez riche pour sa famille, mais bien mieux pourvu que vous), sans que jamais vous n’en sachiez ce qu’il en est.  Pendant que vous vous masturbiez devant votre écran sur cette levrette saccadée jouée par une blonde pulpeuse aux seins siliconés, celle qui allait devenir votre femme goutait, elle, au plaisir bien réel de la chair et mettait à « mâle » la frustration imposée par notre société pudibonde. Plus efficace que les points de suture, quoique plus douloureux lorsque cela est pratiqué de manière sauvage, la sodomie est la clef, pour toute les filles, d’un mariage réussi dans un pays qui rime avec hypocrisie et où  devoir conjugal rime avec vaginal.   Tite Souris TAKRIZ

Sodomie, la clef d’un mariage réussi


L’actualité nous rattrape et on est fou de rage. Les échouages d’énormes quantités de petits poissons sur nos plages de Mahdia à Zarsis. Déjà, quelques jours auparavant, Les iles kerkennah ont vu leurs plages inondées d’hydrocarbures et les dégâts socio-économiques sur les pêcheries fixes de type Charfia sont énormes . Ajoutez à cela la mortalité répétitive des poissons dans la baie de Monastir. La pollution marine dans nos eaux n’a plus besoin de démonstration. Devant une telle ampleur du désastre, on assiste comme d’hab’ à cette incapacité maladive des ministères de tutelle d’anticiper, d’apporter des réponses et de proposer une stratégie à long terme pour une gestion durable et responsable de nos ressources. Malgré l’engagement de la Tunisie aux conventions et autres accords internationaux, rien n’y fait. Ce n’est plus la peine d’envoyer encore des « cadres » a des missions a travers le monde pour encore « adhérer » et « s’engager » … quand on n’a pas les couilles d’appliquer la loi dans son propre bled. Quand, à part Éole, des mafias font la pluie et le beau temps dans nos ports de pêche. Quand les agents chargés d’appliquer la loi sont, pour la plupart, corrompus jusqu’à l’os. Quand des « grandes usines de la mort », inland et outland, sont intouchables a Gabes, a Sfax, a Kasserine et ailleurs. On comprend pourquoi la situation est devenue chaotique et ingérable pour les incapables de dirigeants, des couilles molles, qui comme on le dit ici « ma yia3irfou rabbou khra ken wa9it idhou9ouh »   Avant que le gouvernement n’évoque un pseudo risque d’attentat concernant le problème avec le petit état bédouin des EAU, il a été question de l’expulsion de quelques émirs tourbillonnés venus braconner l’outarde chez nous. C’est vrai qu’ils sont habitués, comme leurs semblables de la même sous région pétrolière et gazifière, à venir exterminer ce qui reste de notre faune désertique. Ces énergumènes qui ont pris du volume après le printemps arabe en tant bras financiers de la politique yankee, s’appuyaient sur une nouvelle nomenklatura dirigeante pour s’adonner à leur sport favori : Le braconnage. En expulsant les émiratis et en accueillant à bras, et fesses ouvertes, des quataris juste après, les représailles ne se sont pas faites attendre. Toujours avec leurs convois d’une dizaine de 4×4, protégés par l’armée et par une unité spéciale de la garde nationale, munis d’autorisations de toutes sortes et de toutes les couleurs (même el omda est partie prenante), il est interdit de les approcher, que dire d’appliquer la loi. Aux dernières nouvelles les quataris, avec à leur tête le demi frère de leur grand manitou, sont dans un lieu dit مخروقة Makhrouga à 130 km au Sud de Tataouine. Armés jusqu’aux dents avec leurs 5 « faucons sacrés »  introduits illégalement en Tunisie et gardés par des serviteurs Indiens. les brigadiers de la chasse de la région ne peuvent pas les approcher que dire de les verbaliser ni même de vérifier les identités des braconniers venus de ce maudit golfe. Bien que dans les autorisations il y est stipulé de « Ne […]

TAKRIZ écologique



شكراً شكراً للسبعة أو ثمانية وزراء إلي تداولوا على وزارة الصحة منذ بداية الثورة، على قراراتهم العظيمة و حوكمتهم الرشيدة. شكراً للعاملين بالوزارة إلي كل واحد فيهم أتعس من صاحبه، و إلي حد منهم ما يعطيك صرف من عدل. شكراً من عند الإطار الطبي و الشبه طبي و المواطنين على تفانيكم و تطويركم لقطاع الصحة في طونص إلي أصبحت اليابان و فرانسا و إنجلترا غايرين منو. شكراً على الفاسدين إلي رجعتوهم يخربوا في سبيطارات صفاقس، إلي يدخلولك بنت عمك تخدم بلاش مناظرة و يعطيوك السبيطار تقيم فيه حفلات زفاف و يهزوا الملاين من الدوايات من الصيدلية لرواحهم وقت إلي المرضى ما خلطوش عليهم. شكرا على قانون المعدات الثقيلة إلي بدلتوه و عطيتو به الحق لرجال الأعمال و الكناترية يصولوا و يجولوا و يحلوا مصحات في زك المدن الكبار و فيهم معدات طبية ثقيلة من غير إحترام قاعدة الشرط العددي للسكان . شكراً على حالة السبيطارات إلي السقف فيها مقعور، و الجرابع تحوس فيهم، و المعدات ملصقة بالسكوتش و الميزانية ما تسمحش بش تصلحوهم ، أما إلي تلقاو فلوس بش تبدلوا الريدوات الكل متاعهم بStore ألومنيوم. شكراً على « تطوير » الدراسات الطبية، إلي زدتوها عام ثم زوز، في خرق واضح للقانون، و حد ما را. شكراً على دبلوم الدكتوراه في الطب إلي تحبو تنحيوه، خاطر طونس زايدة كرزة على باقي دول العالم و تنجم تنحي الديبلوم المستعرف بيه عالميا و تعوضو بحاجة من الحيط، بلعاني بش تمنع الطبة يخرجوا للخارج و تزيد تنكحلهم تكوينهم. شكراً على الصيدلية المركزية إلي ولات أفرغ من مخاخكم، و إلي كل نهار نسمع بدواء آخر تقطع منها. شكراً على ميزانية الصحة إلي نتصورها قريب تولي أقل من ميزانية وزارة الشؤون الدينية. شكراً على أفكار المشاريع الجبارة كبناء 3 كليات طب جديدة، و احنا الطبة حاليا حايرين فيهم و بالرغم حتى من هروبهم للخارج أما قعدوا فما 10% منهم بطالة. كان نقعد نشكر فيكم على المكتسبات إلي حققتوهم ما نسكتش، و نقعد نشكركم صباحا مساء و يوم الأحد. لذا بش نختم رسالة الشكر متاعي ببيت شعر للأديب جلال بريك : « علاش نسكر أنا ؟        تي مو من زبور أم الهم متع زك أمكم »   Docteur TAKRIZ

رسالة شكر من طبيب تونسي


Le journaliste et grand opposant à Ben Ali, Taoufik Ben Brik est un ami de longue date de TAKRIZ. Il est contre cette campagne de diabolisation de ce groupe qu’il considère comme l’un des derniers contre pouvoir, aujourd’hui, en Tunisie, si ce n’est le seul, à l’heure où tout le monde « a fait allégeance » au pouvoir en place. « Ce sont des jeunes qui militent pour la liberté d’expression et qui refusent l’injustice. S’ils usent parfois de violence, c’est pour répondre à celle plus importante dont fait usage la police et derrière elle le système ». Il ajoute qu’il a connu des membres de TAKRIZ quand il était déjà à Paris, qui sont venus lui rendre visite à l’époque de Ben Ali. Il est resté en contact depuis, avec eux. « Ce sont mes amis les plus proches » déclare-t-il, en poursuivant  » ce sont les seuls à dire non à tous les abus ». Qu’on arrête alors de les dénigrer ! »  

Coup de Gueule de TBB en soutien à Takriz